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La reine Lorraine

Puisque le récital de la grande Lorraine Hunt qui sort ce jour chez Avie est juste magnifique, l’occasion est rêvée pour savourer quelques images de cette mezzo-soprano américaine inoubliable, ici dans Theodora de Haendel mis en scène par Peter Sellars :

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 26 juin 2008
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Lorraine Hunt Lieberson (1946-2006) est une artiste dont on attend plein d’espoir des trésors retrouvés. On ne dispose aujourd’hui que d’une discographie finalement assez chiche, surtout pour ses années de maturité. Des éditions officielles nous rendront-elles un jour sa Mélisande avec Bernard Haitink, sa Charlotte de Werther, ses mélodies françaises, tous les Haendel et les Bach, qu’elle a interprétés avec l’orchestre Emmanuel Music? Cet ensemble américain, fondé en 1970 par son directeur Craig Smith, s’était donné comme première mission d’interpréter l’intégralité des cantates sacrées de Bach dans leur cadre liturgique et compta d’abord Lorraine Hunt parmi ses altistes.

Très vite cependant, Hunt quitta son pupitre pour chanter d’abord les parties de soprano puis de mezzo. Ce qui fit écrire à Craig Smith : « Tout ce que nous chérissions dans son jeu d’altiste, nous le retrouvions là, dans sa manière de chanter. » Ce fut le début d’une brillante carrière internationale, aux Etats-Unis avec les Mozart mis en scène par Peter Sellars, en France dans une extraordinaire Médée de Charpentier dirigée par William Christie, à Glyndebourne dans d’inoubliables Theodora de Haendel, heureusement préservées par le DVD…

A chaque fois, l’artiste subjuguait le public, grâce non seulement à une voix somptueuse et expressive, mais également à une présence scénique et dramatique captivante. Lorraine Hunt s’intéressa également à la musique contemporaine et assura de nombreuses créations dont celles de son époux Peter Lieberson.

Le récital proposé aujourd’hui par Avie permet de l’entendre lors de concerts de 1992, 1995 et 1999 dans des extraits de cantates de Bach et surtout dans l’intégralité du rôle de Dejanira du Hercules de Haendel. Les plages 11 et 12, notamment, sont représentatives de l’art de cette chanteuse de passer de la pure virtuosité au plus bouleversant Lamento. Et bien sûr, toute la scène de la Folie (plage 14) est un moment exceptionnel de théâtre musical.

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