Hélène Grimaud en domaine privé

La Cité de la Musique accueille la pianiste Hélène Grimaud du 4 au 6 novembre pour un Domaine privé.

Par Max Dembo | Concerts, festivals et tournées | 31 octobre 2011
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Du 4 au 6 novembre, la Cité de la Musique accueillera Hélène Grimaud pour un Domaine privé. C’est par une rencontre avec le public que la pianiste ouvrira ces trois jours, vendredi 4 novembre à 18h00, à l’amphithéâtre de la Cité de la Musique. Le lendemain, samedi 5 novembre, à 20h, dans la salle des concerts, la pianiste jouera Bach, Silvestrov et Dvorák à la tête de l’Orchestre de chambre de la radio bavaroise.

Il y a trois ans, Hélène Grimaud avait signé un disque, entièrement consacré à Bach et à des transcriptions de Bach, avec notamment le Concerto BWV 1052. « Pourquoi la musique de Bach touche-t-elle tout le monde et parle-t-elle à tout le monde ? », se demandait alors la pianiste, qui disait vouloir se rapprocher « du secret de son pouvoir universel ». Car, comme elle l’expliquait dans un entretien accordé à L’Express en octobre 2008 : « Bach est la Bible : je le sais depuis l’enfance, quand j’ai commencé à le jouer chaque jour, comme tant de pianistes. Nul artiste – Shakespeare excepté – n’a su comme lui transmettre chaque éclat du monde en une émotion aussi profonde et intime. Bach nous donne à entendre quelque chose qui s’apparente à la révélation de la vie, comme si sa musique était la conscience de la musique elle-même, son assurance, sa promesse. »

C’est aujourd’hui à la tête de l’Orchestre de chambre de la radio bavaroise qu’elle joue le cantor de Leipzig. Et pour donner la réplique à l’auteur des Concertos brandebourgeois, elle a choisi deux œuvres concertantes du compositeur ukrainien Valentin Silvestrov, qui présente volontiers ses partitions comme une musique « métaphorique » : une musique d’après la musique. Der Bote (1996) est une page dépouillée pour cordes et piano et Zwei Dialoguen mit Nachwort (2002) est dédié à Arvo Pärt.

Ce Domaine privé se poursuivra dimanche 6 novembre à 15h par un concert de l’ensemble Spira Mirabilis autour de Mendelssohn avec Octuor en mi bémol majeur op. 20. Le quotidien britannique The Guardian les décrivait récemment comme « une nouvelle race » de musiciens d’orchestre. L’ensemble Spira mirabilis est en effet une formation récente et bien singulière. Sur leur site, on peut lire une sorte de table des lois, celle des commandements artistiques qu’ils ont adoptés : « 1. jouer sans chef ; 2. étudier les instruments d’époque ; 3. prendre des risques ; 4. ne jouer chaque fois qu’une seule œuvre ; 5. faire du concert une expérience participative. »

Pour leur concert à la Cité de la Musique, ils ont choisi l’Octuor de Mendelssohn, composé alors que celui-ci était âgé de seize ans. Schumann, admiratif, avait salué l’œuvre avec ces mots :

Ce même dimanche 6 novembre, à 16h30, Hélène Grimaud se produira en duo avec le violoncelliste Jan Vogler. C’est à l’automne 2010 que les deux musiciens ont entrepris une tournée chambriste, avec ce programme composé d’œuvres de Schumann, Brahms et Chostakovitch. Les Phantasiestücke op. 73 de Schumann sont écrits à l’origine pour la sonorité feutrée de la clarinette en la, mais sont souvent joués dans leur version pour violoncelle.

Également structurée en trois mouvements, la Sonate pour violoncelle et piano op. 38 de Brahms porte le surnom de « sonate pastorale », sans doute par allusion à la fraîcheur et la spontanéité qui l’animent. Quant à la Sonate pour violoncelle et piano op. 40 de Chostakovitch, la structure classique de ses quatre mouvements ménage des espaces tant pour le lyrisme que pour la virtuosité endiablée.

Le site de la Cité de la Musique

Le site officiel d’Hélène Grimaud

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Hélène Grimaud

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