Irma Kolassi est morte

Voix majeure de la mélodie française et du répertoire du XXe siècle, la mezzo-soprano française d’origine grecque Irma Kolassi s’est éteinte à l’âge de 93 ans.

Par Max Dembo | Chers disparus | 2 avril 2012
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Irma Kolassi est décédée le 28 mars. La grande mezzo française d’origine grecque était âgée de 93 ans. Les aficionados de mélodie française notamment connaissent l’importance de cette immense voix du XXe siècle trop méconnue ou plutôt oubliée en raison d’une discographie limitée…

Née à Athènes le 28 mai 1918, Irma Kolassi s’envole à seulement quelques mois pour Paris avec sa famille. Là, son oncle violoniste ayant étudié avec Georges Enescu commence à lui apprendre la musique. De retour sur sa terre natale alors qu’elle est âgée de huit ans, elle se lance simultanément dans l’étude du chant et du piano au Conservatoire d'Athènes (Premier Prix à 14 ans), puis à l'Académie Sainte-Cécile de Rome.

Hésitant réellement entre ses deux instruments (elle enchaine les premiers prix de piano comme de chant !), elle commence sa carrière comme chef de chant à l'Opéra d'Athènes et professeur de piano au Conservatoire de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est d’ailleurs là qu’elle fait répéter une jeune soprano du nom de Maria Kagholeropoulos, connue plus tard sous le sobriquet de Maria Callas… En 1949, Kolassi quitte sa ville natale, abandonne le piano et part pour Paris. C'est le début d'une superbe carrière dans le répertoire vocal du XXe siècle, notamment celui des mélodies de Ravel et du Groupe des Six.

Irma Kolassi se produit dans Erwartung de Schönberg sous la direction de Rosbaud, ou encore dans l'Œdipus rex de Stravinsky, et participe à la création de L'Ange de feu de Prokofiev, puis à la création française de Wozzeck. Elle crée aussi des pièces de Jolivet (La Vérité de Jeanne d’Arc en 1956), de Rivier (Requiem en 1954), Tansman (Le Serment en 1954), de Stravinsky (Jocaste à Londres, en 1959), etc. Sa version discographique du Poème de l'amour et de la mer de Chausson reste inégalée. Les mélodies de Duparc, Fauré et Ravel sont l’un de ses terrains de prédilection. En récital, elle est même accompagnée par, entre autres, Nadia Boulanger et Francis Poulenc…

En 1959, Irma Kolassi, rare au disque, reçoit le prix de l’Académie Charles Cros pour son interprétation de Fauré et Duparc. En 1970, elle interrompt sa carrière et se consacre à l'enseignement, à la Schola Cantorum de Bâle notamment.

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