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Disparition de Michel Glotz

Le célèbre impresario, ami de Maria Callas et d’Herbert von Karajan, a été emporté par une crise cardiaque à l’âge de 79 ans.

Par Marc Zisman | Chers disparus | 16 février 2010
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Michel Glotz est décédé le 16 février. Selon l’AFP, l'impresario et ancien producteur de disques, qui fut l'ami de certains des plus grands musiciens du XXe siècle comme Maria Callas et Herbert von Karajan, a succombé à une crise cardiaque à l'âge de 79 ans.

Michel Glotz aura personnifié comme peu de ses confrères l'âge d'or du disque classique en participant, notamment comme directeur artistique, à plus de mille enregistrements dont plus de cent gravures d'opéras, pour EMI, Deutsche Grammophon, RCA, Philips et Sony.

Né le 1er février 1931, cet ancien élève de la pianiste Marguerite Long a passé neuf ans, de 1957 à 1966, chez Pathé Marconi-EMI, côtoyant le chef d'orchestre britannique Thomas Beecham ou le compositeur Francis Poulenc, avant de fonder en 1966 à Paris une agence artistique, Musicaglotz, toujours en activité.

Glotz fut surtout le complice de trois artistes réputés difficiles mais qui lui vouaient une confiance absolue : le pianiste Alexis Weissenberg, la soprano Maria Callas et le chef autrichien Herbert von Karajan, qui en a fait le superviseur de ses enregistrements chez DG de 1976 jusqu'à sa mort en 1989.

Michel Glotz a obtenu plusieurs Grammy Awards pour ses enregistrements, dont un pour l'intégrale de 1978 des neuf symphonies de Beethoven par Karajan et l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Sa destinée vouée à la musique aura croisé celles de Plácido Domingo, Montserrat Caballé, Mstislav Rostropovitch, Teresa Berganza, Georges Prêtre, Yo-Yo Ma, José Carreras, Ruggero Raimondi ou encore Anne-Sophie Mutter.

Au sein de son bureau de concerts, Glotz continuait à accompagner la carrière et les projets de jeunes artistes, comme le ténor Xavier Mas et la soprano Karen Vourc’h. Il avait évoqué son parcours exceptionnel dans deux ouvrages. En 1981, il avait signé Révéler les Dieux, livre préfacé par Karajan et centré sur son métier d’impresario, terme à l’ancienne qu’il préférait à celui, plus moderne mais plus froid, d’agent artistique.

Il fut à une certaine période dans les années 70 et 80 l'un des parrains du métier de la musique classique. En France, son influence était considérable et ce n'est pas faire injure mais compliment à sa mémoire, que de dire qu'il blindait littéralement de ses artistes les festivals à l'époque, les saisons musicales... et les plateaux du Grand Echiquier, en pleine gloire.

Il fut l'ami longtemps d’Alexis Weissenberg et leur collaboration exceptionnelle conduisit cet artiste si singulier aux plus hauts sommets, jusqu'à son regrettable retrait de l'estrade. Il en façonna l'image publique d'une certaine manière, et en fit une star.

Fut-il un grand Directeur artistique pour le disque ? Il fut à tout le moins, pour Karajan, l'homme de confiance de ses disques pendant une période de production particulièrement copieuse du Maestro. L'homme était impressionnant humainement. En tant qu'agent il avait à coup sûr bousculé et modernisé le milieu des agents dans les années 70 par son usage des médias et par son souci de l'image de ses artistes. Sans Michel Glotz, on n'imagine pas une carrière à la Lang Lang aujourd'hui…

En 2002, il avait consigné ses souvenirs sous le titre La Note bleue, une vie pour la musique chez Jean-Claude Lattès.

Les enregistrements produits par Michel Glotz disponibles sur Qobuz

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Michel Glotz consacrée à Karajan (1ère partie)

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Michel Glotz consacrée à Karajan (2e partie)

Le site officiel de l'agence Musicaglotz

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