David S. Ware est mort

Saxophoniste attachant au souffle puissant, l’Américain David S. Ware s’est éteint à l’âge de 62 ans.

Par Marc Zisman | Chers disparus | 22 octobre 2012
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Le saxophoniste de jazz David S. Ware est décédé le 18 octobre au Robert Wood Johnson University Hospital de New Brunswick dans le New Jersey. Il était âgé de 62 ans. Bien qu’ayant commencé à l’aube des années 70, son nom ne s’imposa sur la scène jazz qu’au cours des années 90 lors du revival du mouvement free jazz new-yorkais.

Né à Plainfield dans le New Jersey le 7 novembre 1949, David S. Ware fut fortement influencé par John Coltrane et surtout Sonny Rollins qu’il côtoya. Doté d’un son surpuissant, il offrait un jeu assez unique. Comme Ware le dira lui-même dans une interview : « Les changements d’accords ne m’intéressent pas. Je n’ai pas besoin de ça. Je travaille plutôt sur les concepts… »

David S. Ware avait commencé l’étude du saxophone dès l’âge de dix ans. Quatre ans plus tard, il se rendait régulièrement avec ses amis à Manhattan pour aller écouter du jazz dans les clubs locaux. Au milieu des années 60, il rencontre Sonny Rollins qui lui donne quelques leçons dans son appartement de Brooklyn et l’initie notamment à la respiration circulaire. « Nous étions proche, a déclaré Rollins dans une interview accordée au New York Times au lendemain de la mort de Ware. C’était un musicien très consciencieux. »

A la fin des années 60, David S. Ware part à Boston étudier au Berklee College of Music. C’est à cette époque qu’il rencontre le pianiste Cooper-Moore et le batteur Marc Edwards, avec lesquels il se produira durant les années 70 au sein du groupe de free jazz Apogee. Plus tard, en 1991, il portera un jugement mitigé sur cette aventure. « C’était de l’avant-garde puriste. Au lieu de me lancer dans des solos, je me limitais à exploser ! Je jouais exactement comme si je sortais d’un canon ! »

En 1973, Sonny Rollins invite Apogee à jouer en première partie de l’un de ses concerts au Village Vanguard de New York. « J’ai reçu pas mal de regards mauvais de la part de mes fans », se souvient aujourd’hui Rollins… Cette même année, Ware déménage dans la Grosse Pomme devenant un membre actif de la scène Loft jazz de SoHo. Il se produit et enregistre avec le pianiste et compositeur Cecil Taylor ainsi qu’Andrew Cyrille, Beaver Harris et Milford Graves. A la fin des années 80, il commence enfin à enregistrer en tant que leader mais reste un nom encore très confidentiel au point de devoir travailler partiellement comme chauffeur de taxi pour pouvoir vivre décemment…

Les choses s’arrangent en 1991 quand DIW se décide à l’enregistrer. Distribué aux États-Unis par Columbia, ce label japonais produira notamment son disque Flight Of I. En 1997, le saxophoniste Branford Marsalis travaillant comme conseiller chez Columbia le signe à son tour. Go See The World et Surrendered paraissent ainsi. La nouvelle scène free new-yorkaise explose au milieu des années 90 et David S. Ware se retrouve fortement médiatisé. Sa discographie s’étoffera d’une dizaine de titres tout au long des années 2000.

A la fin des années 90, les reins de David S. Ware lâchent et le saxophoniste passe une décennie sous dialyse. Il subira même une greffe en 2009. Il remontera sur scène et publiera quelques autres albums. Son dernier concert remonte à août 2011 au festival de Saalfelden en Autriche.

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