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Victoires du Jazz 2015 : et les gagnants sont…

La trompettiste Airelle Besson, l’accordéoniste Vincent Peirani et le contrebassiste Stéphane Kerecki sont les trois lauréats de l’édition 2015 des Victoires du Jazz.

Par Clotilde Maréchal | Nominations et Prix | 25 juin 2015
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La 13e édition des Victoires du Jazz s’est déroulée au Théâtre de la Mer de Sète mercredi 24 juin. Trois musiciens ont été sacrés cette année : la trompettiste Airelle Besson, l’accordéoniste Vincent Peirani et le contrebassiste Stéphane Kerecki. Il n’était pas bon être pianiste cette année puisque sur les six nommés, aucun n’a remporté de médailles…

Dans la catégorie Révélation de l’année (Prix Frank Ténot) dans laquelle étaient également nommés les pianistes Yonathan Avishaï et Grégory Privat, c’est Airelle Besson qui a ravi les suffrages des 200 personnalités qui composent l’académie des Victoires du Jazz. En janvier, elle avait été distinguée par l'Académie du Jazz qui lui avait décerné le prix Django Reinhardt désignant le musicien français de l'année… La belle singularité du souffle de la Parisienne est enfin reconnue à sa juste valeur. Cette inconditionnelle de Tom Harrell qui étudia notamment avec Paolo Fresu (à Sienne), embarque sa trompette féline sur les sentiers d’un jazz feutré de toute beauté. A l’image de son dernier album, Prélude, qu’elle a publié chez naïve en octobre 2014 avec le guitariste brésilien Nelson Veras.

Airelle Besson - © Jean-Baptiste Millot


Dans la catégorie Artiste ou formation de l’année, Vincent Peirani l’a emporté face aux pianistes Pierre de Bethmann et Baptiste Trotignon. L’accordéoniste semble être un abonné des Victoire du Jazz puisqu’il était reparti de l’édition 2014 avec le prix de la Révélation de l’année… Dire que Peirani a secoué la planète de l’accordéon jazz est un doux euphémisme… Et son dernier album en date, Living Being paru en janvier 2015, libère encore un peu plus le piano à bretelles du carcan des stéréotypes. « Je voulais monter mon propre groupe, au sein duquel j’avais besoin de me sentir en confiance, expliquait alors l’accordéoniste. Je voulais me sentir en "famille". Pour ces raisons, j'ai fait appel à quatre musiciens, qui sont des amis de longue date ». Naturellement, Peirani s’était alors entouré d’Émile Parisien, son binôme du duo Belle Époque, et avait choisi également le bassiste Julien Herné, le batteur Yoann Serra et le claviériste Tony Paeleman… Living Being est un laboratoire follement organique. Une aire de jeu sur laquelle ces jeunes musiciens comblent le fossé parfois existant entre composition et improvisation, entre harmonies classiques et rythmes jazz…

Vincent Peirani - © Jean-Baptiste Millot


Enfin, Nouvelle Vague est l’Album de l’année de cette édition 2015 des Victoire du Jazz. Le disque du contrebassiste Stéphane Kerecki s’impose ainsi devant Feathers de Thomas Enhco et Take This de Jacky Terrasson. Le disque de Kerecki est une totale réussite. L’œuvre d’un musicien intègre qui conçoit sa vie en musique. Tout comme les réalisateurs de la Nouvelle Vague mettaient en scène leurs univers personnels en travaillant intimement avec des compositeurs (Miles Davis, Michel Legrand, Martial Solal, etc.) et remettaient en question les conceptions esthétiques classiques, le contrebassiste revendique ici la déconstruction spatiale, mais aussi, tout comme le revendiquaient les cinéastes, l'inutilité de certaines scènes, guidées par le simple plaisir de faire du cinéma. « Ce disque, précise Stéphane Kerecki, a été conçu comme une image de ce que j'aime dans ces films : les thèmes qui ont été joués ont été très peu arrangés et considérés comme des matériaux bruts. Une grande part a été laissée à l'improvisation et à l'appropriation de ces thèmes à partir desquels chacun de ces formidables musiciens a construit une partie de l'édifice, en respectant l'esprit de ces films magiques, c'est-à-dire en gardant la plus grande liberté possible ». Le libre choix de laisser la part individuelle et la part collective sur le devant de la scène est ici transcendé. Citons l’excellente collaboration, parlons plutôt de complicité, de Jeanne Added au chant, Émile Parisien aux saxophones, le fidèle John Taylor au piano et Fabrice Moreau à la batterie.

Stéphane Kerecki - © Annabelle Tiaffay


A noter enfin que la cérémonie de ces Victoires du Jazz 2015, enregistrée dans les conditions du direct mercredi 24 juin, sera diffusée samedi 11 juillet sur France 3.

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