Roy Campbell est mort

Trompettiste discret mais attachant de la scène free, le jazzman californien Roy Campbell s’est éteint à l’âge de 61 ans.

Par Marc Zisman | Chers disparus | 10 janvier 2014
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Roy Campbell, Jr. est décédé le 9 janvier 2014. Acteur discret mais passionnant de la scène free, le trompettiste bifurqua parfois vers le bop et même le rhythm’n’blues. Malgré une discographie plutôt mince sous son nom, Campbell participa à de nombreux albums. Il restera comme l’un des souffleurs les plus sensuels de l’avant-garde de ces dernières décennies, offrant un jeu hérité de celui de Lee Morgan – son héros – mais lorgnant parfois vers Don Cherry. Tout au long de sa carrière, il croisera le fer avec des musiciens plutôt « goûtus » comme Yusef Lateef, Woody Shaw, Cecil Taylor, David Murray, Matthew Shipp, Rashied Ali, Eddie Harris, Sunny Murray, Sun Ra, Charles Tyler, John Zorn, Mat Maneri, Marilyn Crispell ou bien encore William Parker…

Né à Los Angeles en 1952, Roy Campbell grandit à New York, étudiant d’abord le piano avec son père et touchant également à la flûte et au violon. Il attaque la trompette vers l’âge de 15 ans. Fan de Lee Morgan, il rencontre son idole à la fin des années 60 au Bronxwood Inn et intègre, en 1971, le worshop Jazzmobile. Là, il travaille ainsi avec quelques maîtres nommés Kenny Dorham, Lee Morgan, Howard McGhee et Joe Newman. Son univers est encore bien loin de celui de l’avant-garde naissante et il joue alors au sein des big-bands du Manhattan Community College. La décennie suivante, il pose enfin les pieds sur la planète free et étudie notamment aux côtés de Yusef Lateef la théorie musicale, la composition et les arrangements.

En 1972, il fonde son premier groupe, Spectrum. De 1974 à 1976, il co-dirige avec Radha Reyes Botofasina le groupe Spirits of Rhythm dont les sidemen occasionnels se nomment Omar Hakim, Rodney Jones, Kenny Kirkland, J.T. Lewis, Zane Massey, Cecil McBee, Jr., Andy McCloud, Marcus Miller, Charles Neville des Neville Brothers, Ricardo Strobert, Rudy Walker, Kenny Washington ou bien encore Bobby Watson.

En 1978, sa rencontre avec le contrebassiste William Parker marque un tournant. En 1990, Roy Campbell s’installe durant deux ans aux Pays-Bas, jouant régulièrement avec Ruud Bergamin, Klaas Hekman et Don Cherry. Il monte plusieurs formations et joue parfois même avec d’autres types de musiciens, comme le groupe de rock indé Yo La Tengo. Il souffle également aux côtés de William Parker, Peter Brötzmann, Matthew Shipp et d’autres virtuoses de l’improvisation. De retour sur sa terre natale, il dirige son groupe Other Dimensions In Music ainsi que le Pyramid Trio avec William Parker et Hamid Drake. Il fait occasionnellement l’acteur dans des films indépendants et quelques pièces de théâtre, joue avec des danseurs et accompagne aussi des poètes comme Umar Bin Hassan des Last Poets.

De sa mince discographie personnelle, on pourra extraire New Kingdom (Delmark) en 1991, La Tierra del Fuego (Delmark) en 1993, Communion (Silkheart) en 1994, Pyramid (Silkheart) en 1995, Pastoral Composure avec Matthew Shipp (Thirsty Ear) en 2000, Ethnic Stew And Brew (Delmark) en 2001 et It's Krunch Time (Thirsty Ear) la même année.

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