Bernard Vitet est mort

Trompettiste et multi-instrumentiste très actif sur la scène free française, Bernard Viret s’est éteint à l’âge de 79 ans.

Par Marc Zisman | Chers disparus | 8 juillet 2013
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Bernard Vitet est décédé le 3 juillet 2013. Extra-terrestre alternant entre jazz et musique contemporaine, chanson ou théâtre, le compositeur, trompettiste et multi-instrumentiste était âgé de 79 ans. Vitet était de ces inclassables pour qui le fil d’Ariane s’écrivait avant tout en sept lettres : liberté.

Né le 26 mai 1934 à Paris, Bernard Vitet est un étudiant en cinéma qui voit la Vierge le jour où ses oreilles croisent la musique de Miles Davis. Il lâche alors la caméra et s’empare d’une trompette qu’il embarquera tout au long de sa carrière sur les chemins du free jazz notamment et des diverses musiques libertaires de l’époque. Il commence d’abord dans les bases américaines et à Saint-Germain-des-Prés avec Johnny Griffin, Don Byas, Martial Solal, Michel Portal ou bien encore Barney Wilen.

Par la suite, Vitet croisera la route de Jef Gilson, André Hodeir, Yvan Jullien, Jean-Louis Chautemps, François Jeanneau, Georges Arvanitas, Archie Shepp, Jac Berrocal, Steve Lacy, François Tusques (avec lequel il fonde le groupe Free Jazz en 1964), Alan Silva, Jean-Luc Ponty, etc.

On le retrouve même à faire des piges chez Colette Magny, Brigitte Fontaine, Brigitte Bardot ! Colette Magny, Brigitte Fontaine, Serge Gainsbourg, Claude François et Barbara ! En 1976, il forme, avec Jean-Jacques Birgé et Francis Corgé, Un Drame musical instantané, un nouveau trip sans barrières stylistiques, dont l'une des marquantes activités est de remettre au goût du jour le cinéma-concert avec notamment de la musique créée pour les grands classiques signés Robert Wiene, Jean Epstein, Carl T. Dreyer, Marcel L'Herbier et bien d’autres…

La musique contemporaine est aussi son terrain de jeu (avec le GRM notamment), comme également le bricolage : trompette à anche, cor multiphonique, contrebasse à tension variable, alto à sillets, dragon, gigantesque balafon et clavier de poêles à frire et de pots de fleurs mais aussi horloges modales, Bernard Vitet se fait luthier fou en inventant des instruments plus hallucinants les uns que les autres. Ses proches évoquent un être grandement cultivé, latiniste avisé, amateur de littérature et grand aficionados de Bach, Schönberg et Guillaume de Machaut.

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