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Zoltán Kodály - Vítezslav Novák Sonates pour violoncelle
Note des internautes :
1 2 3 4 5
Paru le 3 décembre 2003 chez Supraphon
Artiste principal : Jiri Barta
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz) 11.99€
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ALBUM : 1 disque - 6 pistes - Durée totale : 01:12:45
    Sonate pour violoncelle solo, op. 8 (Zoltan Kodaly)
  1. 1 I. Allegro maestoso, ma appassionato Jiri Barta, violoncelle
  2. 2 II. Adagio (con grand´ espressione) Jiri Barta, violoncelle
  3. 3 III. Allegro molto vivace Jiri Barta, violoncelle
  4. Sonate pour violoncelle et piano, op. 4
  5. 4 I. Fantasia - Adagio di molto Jiri Barta, violoncelle - Jan Cech, piano
  6. 5 II. Allegro con spirito Jiri Barta, violoncelle - Jan Cech, piano
  7. Sonate pour violoncelle & piano, op. 68 (Vitezslav Novak)
  8. 6 Allegro appassionato. Pochetino meno mosso. Jiri Barta, violoncelle - Jan Cech,

À propos

Zoltán Kodály : Sonate pour violoncelle solo, op.8 - Sonate pour violoncelle & piano, op.4 - Vítìzslav Novák : Sonate pour violoncelle et piano, op.68 / Jirí Bárta, violoncelle - Jan Cech, piano
Note des internautes : 1 2 3 4 5
Détails de l'enregistrement original : 72:50 - DDD - Enregistré en mars 2001, janvier & mai 2003 au Studio Domovina à Prague - Notes en français, anglais, allemand et tchèque
Zoltán Kodály (1882-1967)
Sonate pour violoncelle seul, op. 8 (1915)
Sonate pour violoncelle et piano, op. 4 (1909/10)

Vítezslav Novák (1870-1949)
Sonate en sol mineur pour violoncelle et piano, op. 68 (1941) Jiří Bárta, violoncelle
Jan Cech, piano
Selon toute évidence, la Sonate de Kodály est son œuvre de musique de chambre la plus connue. Pourtant, il n’est pas aisé d’écrire pour un instrument à cordes solo et d'en faire un violoncelle étonnant, devenu polyphonique ! Kodály réussit en effet le tour de passe-passe de donner l’impression qu’il y a plusieurs instrumentistes. Est-ce grâce à la “scordatura” ? ; technique qui consiste à désaccorder une ou plusieurs cordes d’un instrument pour lui donner soit plus d’ampleur (ce qui est le cas ici), soit plus de possibilités techniques (ce qui est également le cas ici), soit lui permettre des combinaisons harmoniques inexplorées (encore le cas ici… oui, je me répète), métamorphosant ainsi l'instrument tantôt en harpe, tantôt en cornemuse, tantôt en cymbalum… Toujours est-il que Kodály a réussi là un chef-d’œuvre magistral, absolu, auquel tous les grands violoncellistes du monde se frottent un jour où l’autre. Rien d’étonnant, donc, que Jiri (prononcer "Ijri") Bárta, qui en fait dorénavant partie, se soit lancé dans l’aventure. Grâce à sa technique diabolique qui lui permet de faire ce qu'il veut, Bárta nous conduit dans un jeu constant d'ombre et de lumière, fait de lyrisme et d'âpreté, de flamboyance et d'intimité, d'énergie et de flexibilité.
Cette version a aussi le mérite d'un couplage inhabituel avec la Sonate de Novák : une œuvre sombre, née pendant les années les plus désespérantes de la dernière guerre. Novák a malheureusement été quelque peu éclipsé par la renommée d’autres compositeurs tchèques, mais il commence à être redécouvert, et ce n’est que justice.

Nous vous offrons deux extraits supplémentaires :
3 premières minutes de la Sonate pour violoncelle & piano de Zoltán Kodály
3 premières minutes de la Sonate pour violoncelle & piano de Vítìzslav Novák

Zoltán Kodály - Vítezslav NovákJaromír Havlík

Zoltán Kodály

    Zoltán Kodály, compositeur, musicologue et pédagogue hongrois, est l'auteur d'une œuvre importante en matière de composition, de pédagogie musicale et aussi de folklore. Né à Kecskemét, il passa sa jeunesse en Slovaquie dans la région de Galanta et de Trnava où son père était cheminot. Il composait déjà lorsqu'il était collégien ; de 1900 à 1905 il étudia l'allemand et le hongrois à l'Université de Budapest parallèlement à la composition à l'Académie de Musique. Soutenu par le mouvement pour le développement de la culture nationale hongroise, il commença à recueillir des chants populaires magyars et y consacra aussi sa thèse scientifique. Dans ce domaine, il ne pouvait manquer de s'associer à Béla Bartók, d'un an plus âgé que lui. Ils sont devenus des amis et collaborateurs indéfectibles. Comme pour Bartók, l'œuvre de Kodály est inséparable de ses activités de folkloriste. Kodály était un mélodiste né, avec un penchant pour un langage aux dimensions rhapsodiques, un compositeur dont l'inspiration était enracinée dans le moule de la mélodie et du caractère modal du chant populaire magyar. Par rapport à Bartók, moderniste et dynamique, Kodály en restait davantage aux conceptions stylistiques traditionnelles.

    La production de musique de chambre de Kodály n'est pas très importante par le nombre : elle comporte deux Quatuors à cordes, la Sonate pour violoncelle et piano, la Sonate pour violoncelle seul, la Sonatine pour violoncelle et piano et le Duo pour violon et violoncelle. Comme on peut le constater, c'est surtout au violoncelle que Kodály portait une grande attention. Il aimait vraiment cet instrument et lui-même en jouait assez bien. Des trois morceaux pour violoncelle, le plus ancien est la Sonate pour violoncelle et piano, op. 4 datant de 1909/10. Composée de deux mouvements, elle se rattache nettement au romantisme tardif.

Sonate pour violoncelle et piano
    Son premier mouvement (Fantasia, Adagio di molto) dans un rythme lent donne de l'espace surtout au léger monologue récitatif du violoncelle passant des registres graves et mélancoliques aux aigus pour redescendre jusqu'à la plus basse corde à vide "ut". Ce monologue passe graduellement à un dialogue richement profilé avec le piano. Comme le nom du mouvement l'indique déjà, la diction musicale est détendue comme une rhapsodie, montant en quelques vagues à un sommet pathétique. La fin, toutefois, est silencieuse, méditative.
    Le deuxième mouvement (Allegro con spirito), d'une grande forme en trois parties, est rapide, plein de vitalité, d'une écriture légère et gracieuse comme une danse en son début et à sa fin, lyrique en son milieu. Les idiomes folkloriques magyars sont évidents, pour ainsi dire à chaque mesure, qu'il s'agisse de tournures mélodiques typiques, d'harmonie, ou d'une métrique et d'un rythme variés. L'entrée méditative du premier mouvement revient en finale.

Sonate pour violoncelle seul
    La Sonate pour violoncelle seul, op. 8, de 1915, est le morceau de chambre de Kodály le plus connu et qui a le plus de succès. Déjà auparavant, dans le Duo pour violon et violoncelle, op. 7 (1914), Kodály avait expérimenté les possibilités des instruments à cordes sans accompagnement de piano. Il construisit sa Sonate d'une manière vraiment magistrale au plan de l'architecture (en trois parties, elle dure plus d'une demi-heure), de la technique et de l'expression. Les experts la classent parmi les œuvres, pour violoncelle, les plus difficiles de toute la littérature mondiale. La dite scordature — accord, d'un demi-ton plus haut, des deux cordes les plus graves du violoncelle — est une particularité.
    Le premier mouvement (Allegro maestoso ma appassionato) porte en soi l'aisance rhapsodique — typique de Kodály — alliée à l'aisance d'un style rubato dans le cadre duquel l'expression musicale monte jusqu'à des registres passionnés, exaltés. Toutefois, la fin du mouvement résonne dans le silence avec deux accords concis en si mineur.
    Le deuxième mouvement (Adagio con grand'espressione) apporte une humeur élégiaque avec les traits typiques des chants traînants magyars.
    Le troisième mouvement final (Allegro molto vivace) revient à la virtuosité à effet sur la trame d'une danse trépidante avec les traits typiques du "style barbare" de Bartók. Pour l'interprète, les exigences sont vraiment maximales : depuis la gamme variée des éléments techniques en passant par le jeu polyphonique, le jeu des flageolets, sur le chevalet, pizzicato, jusqu'aux finesses inépuisables de timbre et d'articulation par lesquelles le violoncelle résonne tantôt comme une cithare, tantôt comme une cornemuse, un tárogáto, un cymbalum... À un moment, même, du mouvement initial, l'instrument, folâtre, donne l'impression d'une musique pour cymbalum.


Vítezslav Novák

Sonate pour violoncelle et piano
    Vítezslav Novák composa son unique Sonate pour violoncelle et piano, op. 68, de mai à juin 1941 dans les temps difficiles du protectorat de Bohême et Moravie. Par sa construction de grande envergure et son expression fortement dramatique, elle est une des œuvres par lesquelles Novák exprime sa colère, ses protestations contre la terreur nazie et sa volonté de résister aux occupants. Il est étonnant que Novák ait pu puiser autant de force expressive et de tension dramatique dans la réunion de deux seuls instruments.

    La Sonate n'a qu'un seul mouvement qui se divise en trois épisodes contrastés ; les premier et dernier sont rapides et énergiques alors que la partie médiane est brève, élégiaque et méditative. L'ensemble porte nettement les traits d'une grande forme sonate avec deux thèmes, deux développements où s'insère un épisode lyrique. Les idiomes caractéristiques des chants de brigands sont utilisés avec une symbolique éloquente dans la mélodie du thème. Dans l'introduction, le monologue exalté du violoncelle solo s'élève des profondeurs silencieuses et sombres de ce motif simple de quatre tons distincts. Lui succède le thème secondaire contrastant dans un rythme pointé aux accents folkloriques. L'exposition de la sonate (où, traditionnellement, sont présentées les idées principales) est remplacée par le premier développement — passage dramatique, mouvementé, en plusieurs vagues de densité progressive. Il vient ensuite un court apaisement de la tension dans un bref épisode lyrique. La deuxième scène dramatique a la forme d'une fugue sauvage dans un rythme imitant une polka, un passage également énergique avec l'expression d'une révolte opiniâtre s'accentuant dans un final bref, succinct, dans la tonalité principale en sol mineur de ce morceau.

    Novák lui-même parlait de son œuvre comme d'une explosion de haine contre les actes arbitraires des nazis, comme une protestation artistique et aussi humaine. La confession suggestive de cette sonate eut un effet immédiat déjà lors de sa "Première" le 27 février 1942 à Brno, exécutée par Milos Sádlo et Josef Pálenicek. Elle fut donnée peu après à Prague, le 2 mars 1942, interprétée par Frantisek Smetana et Dolly Smetanová-Urbánková.

Jaromír Havlík
Traduit par Emilia Esserová
© Supraphon 2003 - Reproduction interdite


Vítezslav Novák : une synthèse réussie


    Au XXème siècle, l'Europe commençait à être envahie par une profusion de vocables en -isme. Il y avait, entre autres, le romantisme finissant, et son opposé l'impressionnisme, la souriante protestation du "Groupe des Six", l'École de Vienne bien éloignée de tout cela, et puis les Stravinski, Janácek, Bartók que l'on ne pouvait classer nulle part... Vítezslav Novák observait tout cela avec une distante perspicacité. Il opta pour la synthèse de trois éléments, à savoir : le caractère mélodique en affinité avec l'intonation populaire, le son riche en couleurs et l'écriture en imitation culminant dans la fugue. À partir de cette synthèse qui semblait impossible — comme l'union de l'eau, de l'huile et du feu —, Novák créa une œuvre tout à fait naturelle et spontanée.

    Ce fut pour moi un don du destin d'avoir eu Novák comme professeur (je fus son dernier élève). À cette époque, il avait réalisé depuis longtemps la Symphonie d'Automne par laquelle il avait fait mélancoliquement ses adieux aux joies perdues de sa jeunesse. Pourtant, les compositions qui suivirent, pleines d'énergie créative, démentaient cette avancée dans la vieillesse, excepté peut-être que le ton subjectif avait cédé la place à un message plus objectif, la confession personnelle précédente étant remplacée par un appel au nom de tous. Au temps obscurs et angoissés marqués par l'absence de liberté, le Maître — qui n'avait jamais fait un secret de son athéisme — écrivit pourtant une musique prenant sa source au plus profond de lui-même, De Profundis, et implora les saints dans le Triptyque de Saint Wenceslas. À côté de cela, il composa la Sonate pour violoncelle : sans trâces de la profusion antérieure de couleurs et de mélodies explicites, c'est une œuvre sombre comme si elle avait été coupée dans du bois dur avec un couteau pointu, une œuvre de "colère" comme l'a qualifiée Novák lui-même.

    La seule éclaircie que connut Novák fut l'espoir d'un retour à la liberté. Dans sa Symphonie de Mai d'une vigueur retrouvée, il rejeta l'idée de la fugacité de la jeunesse. Encore maintenant, je le vois arriver à son cours, poser son stylo, scruter la partition et déclarer : " Ce sera ici, à nouveau, du jeune Novak ..."

    Notre génération a traversé l'occupation allemande en Tchécoslovaquie en compagnie de la musique de Novák. Toutefois, après sa mort, il commença à disparaître de notre horizon. Nous étions par trop assoiffés de la musique qui nous avait été jusqu'alors interdite. De telles pauses ont aussi touché d'autres compositeurs, mais pour tous il y a presque invariablement un retour. Ainsi, nous revenons maintenant à la musique de Novák, comme l'on reviendrait à notre ancienne terre, pour la retrouver plus vivante et fortifiante que jamais.

Ilja Hurník
Traduit par Emilia Esserová
© Supraphon 2003 - Reproduction interdite


Jiří Bárta


    Jiří Bárta apparut sur la scène musicale au tournant des années quatre-vingt et trouva rapidement sa place parmi les meilleurs violoncellistes internationaux. Il étudia à Prague avec Josef Chuchro et Mirko Škampa et à Cologne avec Boris Pergamenschikov. En 1991 il fut lauréat de l’"Europäische Förderpreis für Musik" de Dresde et encore du "Rostropovitch-Hammer Award" de Los Angeles. Il joue avec les meilleurs chefs d’orchestre et ensembles tchèques et étrangers. Il est régulièrement invité sur les scènes internationales et les festivals importants (Edimbourg, Berlin, Bratislava, Printemps de Prague, Salzbourg – Schubert Festival 1997, Teatro Colón de Buenos Aires, Suntory Hall de Tokyo, Wigmore Hall de Londres).

    Son enregistrement «Réflexes» pour Supraphon a été jugé comme le meilleur enregistrement tchèque (sur CD) de l’année 2000 et a reçu le "Klassik Heute Empfehlung" de la revue "Klassik Heute". Son enregistrement des sonates de Rachmaninov, Schnittke et Pärt avec le pianiste Lapšanský, a reçu le prix "Zlatá Harmonie" 1995. Ses autres enregistrements pour Supraphon incluent l’intégrale des Suites de Bach pour violoncelle seul, appréciée par la critique, et l'enregistrement de concert des Concertos de Chostakovitch avec l’Orchestre Symphonique de Prague sous la baguette de Maxim Chostakovitch.

    Jiří Bárta est un propagateur enthousiaste de la musique contemporaine tchèque et il coopère avec des compositeurs comme Marek Kopelent, Pavel Zemek ou Petr Eben. À partir de la moitié des années quatre-vingt-dix il collabora régulièrement avec le violoniste Josef Suk non seulement pour les concerts mais aussi les enregistrements des œuvres de Suk et de Dvořák.

    Jiří Bárta joue un violoncelle Gagliano de 1785.

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