Guilhem de Peiteus ( 1071-1126 )
C’est le premier troubadour connu. Au début du XIIème siècle, à trente ans, il est l’un des plus grands seigneurs d’Europe : "Lo coms de Peiteus", Guilhem, septième Comte de Poitou et neuvième
Duc d’Aquitaine. Ce "Trichador de domnas" (trompeur de dames), selon son biographe, est surtout le génial inventeur des mots-clefs et des valeurs qui vont animer le trobar durant plus de
deux siècles.
Bernart de Ventadorn ( ... 1147-1170 ... )
« Bernart de Ventadorn fut du Limousin, du château de Ventadour. Ce fut un homme de pauvre lignage, fils d’un serviteur qui était fournier et qui chauffait le four pour cuire le pain du
château. Il devint bel homme et adroit ; il sut bien chanter et trouver, et devint courtois et instruit…». Bernart de Ventadour compose dans un style
leu e plan, léger et facile, des
chansons réglées à la perfection. Il sait marier
art de trobar et
art d’amor dans lesquels il s’investit tout entier avec talent et maestria : « J’y ai mis mon corps et mon cœur,
mon savoir et mon esprit… ».
Gaucelm Faidit (…1185-1220…)
« Gaucelm Faidit chantait plus mal qu’aucun homme au monde, mais il fit beaucoup d'excellentes mélodies avec de bonnes paroles. Et il se fit jongleur parce qu’il avait perdu tout son avoir au
jeu de dés. C’était un homme qui était d’une grande largesse et il fut très glouton pour manger et boire ; pour cela il devint gros outre mesure. Très long fut le temps des désagréments, sans dons
et sans honneurs à espérer, si bien que plus de vingt ans il alla à pied par le monde et que ni lui ni ses chansons n’étaient appréciés ni souhaités. Et il prit pour femme une prostituée qu’il
emmena longtemps avec lui dans les cours ; elle avait nom Guilhelma Monja. Elle était très belle et très instruite, et elle devint aussi grosse et aussi grasse que lui. »
Avec soixante cinq poésies conservées (
cansos,
tensos,
planhs, chants de croisade et une
rotrouenge en français), son œuvre est l’une des plus abondante du répertoire
des troubadours.
Gui d’Ussel (…1170-1225…)
« Gui d’Ussel fut du Limousin, noble châtelain, et lui, ses frères et son cousin Elias étaient seigneurs d’Ussel, qui est un bon château, et de bien d’autres. Et ses deux frères se nommaient
l’un Ebles et l’autre Peire, et le cousin se nommait Elias. Et tous les quatre étaient troubadours. Gui trouvait des
bonas cansos et Elias des
bonas tensos, et Ebles des
malas
tensos et Peire chantait tout ce que les trois trouvaient… Mais le légat du pape lui fit jurer de ne jamais plus faire de chansons. Et pour lui il abandonna la poésie et le
chant… ».
Bertran de Born (…1159-1195…)
Seigneur d’Hautefort, issu de la petite noblesse du Limousin, il côtoie les rois et les princes, et se mêle ouvertement et sans discrétion des affaires militaires, politiques et littéraires de son
temps. Le baron Bertran de Born est un personnage haut en couleur. Il chante pour semer la discorde, polémiquer et railler ses pairs en versant l’ironie dans les mots de trobar. Bertran aime la
guerre et l’amour et il chante en toute indépendance sa terre et son Limousin :
No·us cugetz qu’eu fassa motz a vendre… « Ne croyez pas que je fasse des mots à vendre ! »
Peire
de Bossinhac (…1160…)
« Peire de Boussignac fut un clerc gentilhomme d’Hautefort du château de Bertran de Born. Il fut trouveur de bons sirventés pour réprimander les dames qui agissaient mal et il reprenait les
sirventés de Bertran de Born. » On ne sait si le troubadour Peire de Bussinhac est originaire de Boussignac (commune de Sainte Fortunade, canton de Tulle) ou d’Hautefort, lieu dit Bussignac,
ainsi que l’affirme son biographe. Deux
sirventé lui sont attribués.
Arnaut de Tintinhac (…1150…)
D’Arnaut de Tintinhac nous ne connaissons que le nom (qui se confond dans le
Breviari d’amor avec celui de Guiraut de Quintenac) et quatre poésies dont le style se rapproche de celui des
premiers troubadours Jaufre Rudel, Bernart Marti ou Marcabru.
Peirol (…1188-1222…)
« Peirol fut un pauvre chevalier d’Auvergne, d’un château qui a nom Pérols et se trouve dans la contrée de Dalfin, au pied de Rochefort. Ce fut un homme courtois et avenant de sa personne… Il
devint jongleur, et il alla par les cours et reçut, de la part des barons, vêtements, deniers et chevaux… ». Peirol est à la fois bon poète, chanteur et instrumentiste. Un mélodiste doué qui
accorde amour avec musique :
Peirol fai / fin e verai / lo sonet per amors / on sos cors estai totz jorns…
Peirol a fait / fine et vraie / la petite mélodie(son) pour l’amour / où son cœur séjourne toujours…
© TROB'ART 2002