Quant il n’y en a plus, il y en a encore ! C’est incroyable comme les archéologues de Hyperion savent encore dégoter des concertos romantiques inconnus, déterrant ainsi tous les compositeurs
secondaires, mineurs, moi-aussi, ces musiciens maintenant oubliés, parfois à juste titre, parfois un peu indûment, qui furent pourtant les grandes stars de leur époque.
L’Allemand Julius Benedict, dont la majeure partie de la carrière se déroula en Grande-Bretagne, appartient à cette classe des célèbres-de-leur-temps. Chef d’orchestre des
grands opéras et orchestres anglais, il se fit le champion de bien des compositeurs contemporains, plaçant parfois quelques-unes de ses œuvres dans le programme pour se faire plaisir. Ainsi le
Concerto en ut mineur Op. 45, publié à Leipzig en 1852, et le Concerto en mi bémol majeur Op. 89 (antérieur malgré le numéro d’opus plus élevé) ne brisent-ils aucune tradition,
préférant rester dans le giron de Beethoven un peu, de Mendelssohn pas mal, de Weber plus encore, de Schumann parfois, avec quelques touches lisztiennes par-ci par-là, en particulier dans le
traitement virtuose du piano. Autre inconnu-de-nos-jours, très-célèbre-en-son-temps, Walter Macfarren fut un professeur respecté de la très respectable Royal Academy of Music
de Londres. Son Concertstück date de 1881, et c’est là son unique œuvre pour piano et orchestre qui nous soit parvenue. Entre Grieg et Mendelssohn, le cœur balance ! Ah, le pouvoir
d’influence des grands compositeurs sur les âmes moins bien trempées… Mais bon, ne boudons pas notre plaisir : Howard Shelley joue ces œuvres comme si elles étaient d’immenses chefs-d’œuvre au lieu
des très dignes et aimables morceaux d’époque qu’elles sont, leur conférant ainsi une respectabilité du meilleur aloi.