Artiste principal :
Pierrick Pedron
Genre : Jazz
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Disponible en
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Qualité Studio Masters
14.99€
10.49€
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz)
11.99€
Qualité Standard (320 kpbs)
9.99€
- 1 Deep in a dream
- 2 Waltz For A King
- 3 You are laughing at me
- 4 Change Partners
- 5 Lover
- 6 A Nightingale Sang In Berkley Square
- 7 Tune Z
- 8 After you've gone
- 9 It never entered my mind
À propos
Album du saxophoniste de jazz français Pierrick Pedron en collaboration avec Thomas Bramerie, Lewis Nash & Mulgrew Miller
Distinctions
4F de Télérama (septembre 2006)
-
Choc Jazzman (septembre 2006)
-
Qualité Studio Masters Garantie (mars 2012)
Inclus
1 Livret numérique
Studio Masters
24 bits / 44.1 kHz
Pierrick Pedron, saxophone alto
Thomas Bramerie, contrebasse
Lewis Nash, batterie
Mulgrew Miller, piano
Thomas Bramerie, contrebasse
Lewis Nash, batterie
Mulgrew Miller, piano
À quoi les musiciens de jazz se reconnaissent-ils entre eux? Plus exactement, à quoi repèrent-ils qu’ils ont affaire à l’un des leurs lorsqu’ils se retrouvent face à un confrère qu’ils n’ont
jamais entendu ? Qu’est-ce qui leur met la puce à l’oreille, leur permet de savoir qu’ils appartiennent à la même communauté ? En préparant ce disque à Paris – et notam-ment son répertoire – avant
d’aller le concrétiser à New York, Pierrick Pedron a largement eu le temps de ruminer ces ques-tions. Car il savait qu’on ne se rend pas impunément dans la capitale du jazz moderne pour enregistrer
en compagnie de musiciens de l’envergure de Mulgrew Miller et Lewis Nash sans courir le risque de se retrouver éclipsé de son propre album par plus talentueux que soi. Ce risque – et c’est le
premier de ses mérites – Pierrick Pedron l’a bravé hardiment. Il en a mesuré l’importance tout en ne se laissant pas dominer par lui. La peur de ne pas être à la hauteur ne lui a pas coupé les
jambes. Ça n’a peut-être l’air de rien quand on ignore à quel point les musiciens se jaugent entre eux et savent immédiatement lire au-delà des apparences; c’est pourtant à une entrée dans l’arène
(ou à une montée sur le ring) qu’il faut comparer ce qui se joue durant les premières minutes d’une rencontre entre jazzmen qui se découvrent. Peu dans les mots, tout dans les notes. On ne propose
pas à des musiciens qui ont touché du doigt la légende du jazz de participer à un disque sans exclure la possibilité qu’ils ignorent leur hôte dès le début de l’action. Ou plutôt: rien n’interdit
de le faire (le professionnalisme des musiciens américains est une réalité dont témoigne, dans leur vocabulaire, l’absence de connotations négatives du mot sideman); rien ne garantit, cependant,
que ces hommes-là donnent tout ce dont ils sont capables. Le minimum de leur service est déjà beaucoup; disposer de l’entièreté de leur talent est une autre affaire.
Or, au studio Systems Two de Brooklyn, Pierrick Pedron a fait mieux que ne pas se laisser intimider : en deux journées de studio, il a non seulement réussi un album qui, par sa fraîcheur, sa fluidité, sa finesse, s’impose comme un grand disque qui hisse son auteur au-dessus de l’ordinaire des musiciens mais il a encore gagné la confiance et l’estime de ceux qu’il avait conviés à ses côtés. Dans le tacite code civil du jazz, on n’achète pas un musicien. Certes, on peut se le « payer », il suffit d’allonger les biftons. Ça ne le fait pas mieux jouer pour autant. On en connaît des histoires de jazzmen venus rafler la mise, entre deux avions, et jouer comme l’ombre d’eux-mêmes. Des producteurs qui s’arrachent les cheveux, des musiciens qui se désespèrent face à une séance qui tourne à la déconfi-ture. De la tension, de la condescendance, de l’indifférence qui finissent par prendre le dessus et de la musique qui s’éloigne inexorablement, comme un rêve qui s’étiole. « Deep in a Dream » est l’exact opposé de ce scénario catastrophe : un rêve éveillé, un vœu accompli. La musique s’y joue, la musique y palpite, la musique en rayonne. Et cette vitalité qu’elle dé-gage, les élans qui l’habitent et les émotions qu’elle convoque n’existent que grâce à l’empathie des hommes qui l’ont fait naître collectivement, avec l’envie de la rendre plus belle que la somme de leurs simples talents. A quoi une telle entente a-t-elle tenu? Pierrick Pedron n’avait jamais joué ni avec Mul-grew Miller, ni avec Lewis Nash, et pourtant tous deux l’accompagnent comme l’un des leurs. C’est perceptible, c’est immanquable. Eux, les géants des clubs new-yorkais, les légataires de la tradition parmi les plus respectés, instrumentistes admirés par leurs pairs et leurs cadets... Eux ont joué avec ce saxophoniste français dont ils ignoraient tout comme ils ont eu l’habitude de le faire, le premier avec Ron Carter, Woody Shaw ou Tony Williams, le second avec Tommy Flanagan, McCoy Tyner ou Cedar Walton. Pas moins. Pour se rendre compte de l’engagement qu’ils ont mis à la ré-ussite de ce disque, il suffit d’entendre certains solos éblouissants de Mulgrew Miller (ou la délicatesse de son interprétation de It Never Entered My Mind en duo avec Pierrick) et juger de la constante présence de Lewis Nash à leurs côtés. Ce n’est pas le moindre des mérites de Pierrick Pedron que d’avoir conquis ces deux forces de la musique, et de leur avoir associé un contrebassiste qui a choisi de vivre dans la métropole new-yorkaise après s’être distingué dans la capitale française: Thomas Bramerie, puissant, présent, ponctuel comme le veut sa position.
Aussi stupéfiante puisse-t-elle être, la virtuosité seule de Pierrick Pedron à l’alto ne suffit pas à expliquer une telle implication. Quand, comme Mulgrew Miller ou Lewis Nash, on a croisé sur son chemin des Kenny Garrett ou des Jackie McLean, l’aisance digitale est une évidence car, jamais, chez les musiciens de ce calibre, il ne serait concevable que la technique puisse être une entrave. Ce qu’ils ont entendu chez Pierrick Pedron qui les a convaincus de sortir de leur réserve, on le devine, ce sont les qualités par lesquelles les jazzmen se distinguent et s’estiment : la pratique d’une véritable langue commune, un même amour pour une tradition assimilée sans servilité (Bird, évidemment, lointain aïeul), une capacité à investir l’instant comme s’il était le dernier, un goût du risque insatiable, une soif de dépassement, le sens du swing, une réactivité immédiate, un contrôle instrumental qui est la clé de leur libre expression, un art de la connivence qui se lit entre les phrases... Il est des musiciens qui dévident des notes; il en est d’autres qui parlent. C’est le mystère de la création qui est à l’œuvre dans le jazz depuis les origines: ces musiciens chez qui «ça» raconte, chez qui «ça» chante... et tous les autres qui peinent à les suivre, à qui la mécanique sert de discours et de cache-misère. «Deep in a Dream» est un grand disque de jazz pour ces raisons-là : la musique s’y joue vite, la musique s’y vit intensément, la musique y brille de la virtuosité de ses interprètes, mais tout cela – ce jeu du jazz, cette pulsation intérieure, ces traits jaillissants – n’aurait pas de sens sans la capacité profonde et partagée des quatre musi-ciens à faire naître les échanges et les envolées qui sont les clés de voûte de leur art oratoire. La maîtrise, la science, l’éloquence, oui, assurément, conditions sine qua non d’un dialogue vif et fertile; mais la surprise, l’inspiration, l’invention ne sont pas données à tout le monde. Pierrick Pedron a la chance de disposer de toutes: elles irradient son disque en profondeur. Les mu-siciens auxquels il s’est confronté à New York l’ont entendu. Ce n’est pas rien; c’est le jeu du jazz qui continue, c’est une histoire qui s’inscrit dans ce miracle d’universalité de la musique qui permet à un pianiste né dans le Mississippi de se découvrir une humanité commune avec un saxophoniste venu de sa Bretagne.
A Systems Two, derrière la porte métallique rouge qui dis-simule l’entrée du studio où ont été gravés nombre des disques les plus marquants de ces quinze dernières années, c’est une affaire de reconnaissance qui s’est nouée, avec pour terrain d’entente, une série de ces chansons américaines qui sont devenues des standards. Des bluettes de comédie musicale, des airs de Broadway, que les jazzmen aiment explorer et ha-biller de nouveaux atours. De tels thèmes ont pour mérite de servir de révélateurs; ils laissent entendre ce qu’un musicien peut avoir de capacité d’invention sur des formes anciennes. Ils sont aussi un excellent véhicule au lyrisme comme à l’intrépidité. Aidé par les encouragements et les suggestions de quelques-uns de ses familiers – le contrebassiste Vincent Artaud, le pianiste Laurent «Barloyd» Courthaliac, et Sébastien Vidal, directeur artistique – Pierrick Pedron les avait mûrement choisis à Paris avant de songer aux moyens de les faire entendre différem-ment au sein d’un song book aux arrangements personnalisés. Histoire de faire redécouvrir ces airs chantés par les plus grandes voix de la musique populaire américaine et repris par les jazzmen pour la délicatesse de leur ligne mélodique ou l’inspiration de leur cheminement harmonique. «Deep in a Dream» se déroule ainsi comme un songe, un enchaînement de chansons mises en scène qui peuvent se passer de paroles tant elles dévoilent, sous l’inspiration de ceux qui les jouent, de profondeur. Mais les standards, quelques-uns comme Lover ou After You’ve Gone en témoignent, sont aussi l’occasion d’exercer ces talents que les musiciens de jazz fourbissent dans le secret de leur travail solitaire : ce faisceau de labeur et d’inspiration, de culture et de sensibilité qui mène à la vélocité sur les tempos casse-cou et aux coups d’éclat qui illuminent un solo et font la différence entre l’honorable et l’exceptionnel. On sait dans quel camp se range notre homme.
Et pourtant, on connaît encore peu Pierrick Pedron. On ne parle pas des musiciens, et notamment de ses pairs altistes qui savent que joue en France ce saxophoniste aussi lyrique que fougueux : Kenny Garrett, rencontré pendant tout un après-midi dans une chambre d’hôtel à échanger en tête à tête sur des phrases de Charlie Parker; Peter King, le disciple anglais de Bird, avec lequel Pierrick a partagé la scène plus d’une fois (Waltz For King lui est dédié); Jon Gordon qu’il a fréquenté lors d’un séjour de plusieurs mois à New York et qui fut son compagnon là-bas de jam sessions... Et, dans nos contrées, des musiciens aussi différents que les frères Belmondo, Magic Malik ou bien Rick Margitza qui l’a accompagné dans son escapade new-yorkaise. Dans cette communauté sans frontières, Pierrick Pedron a commencé de se faire légitimement un nom. Par tout ce qu’il contient, cet album le destine désormais à être entendu aussi de tous ceux pour qui le jazz demeure, parmi les aventures musicales, la plus fascinante et la plus humaine car, d’un bout à l’autre, on y parle de soi et des autres, de ce qu’il est possible de bâtir ensemble quand on ne se connaît pas, d’un échange qui se passe de mots et d’un rêve qui, à force de volonté et d’audace, est devenu réalité : Deep in a dream.
Vincent Bessières, Journaliste à Jazzman (Paris)
Or, au studio Systems Two de Brooklyn, Pierrick Pedron a fait mieux que ne pas se laisser intimider : en deux journées de studio, il a non seulement réussi un album qui, par sa fraîcheur, sa fluidité, sa finesse, s’impose comme un grand disque qui hisse son auteur au-dessus de l’ordinaire des musiciens mais il a encore gagné la confiance et l’estime de ceux qu’il avait conviés à ses côtés. Dans le tacite code civil du jazz, on n’achète pas un musicien. Certes, on peut se le « payer », il suffit d’allonger les biftons. Ça ne le fait pas mieux jouer pour autant. On en connaît des histoires de jazzmen venus rafler la mise, entre deux avions, et jouer comme l’ombre d’eux-mêmes. Des producteurs qui s’arrachent les cheveux, des musiciens qui se désespèrent face à une séance qui tourne à la déconfi-ture. De la tension, de la condescendance, de l’indifférence qui finissent par prendre le dessus et de la musique qui s’éloigne inexorablement, comme un rêve qui s’étiole. « Deep in a Dream » est l’exact opposé de ce scénario catastrophe : un rêve éveillé, un vœu accompli. La musique s’y joue, la musique y palpite, la musique en rayonne. Et cette vitalité qu’elle dé-gage, les élans qui l’habitent et les émotions qu’elle convoque n’existent que grâce à l’empathie des hommes qui l’ont fait naître collectivement, avec l’envie de la rendre plus belle que la somme de leurs simples talents. A quoi une telle entente a-t-elle tenu? Pierrick Pedron n’avait jamais joué ni avec Mul-grew Miller, ni avec Lewis Nash, et pourtant tous deux l’accompagnent comme l’un des leurs. C’est perceptible, c’est immanquable. Eux, les géants des clubs new-yorkais, les légataires de la tradition parmi les plus respectés, instrumentistes admirés par leurs pairs et leurs cadets... Eux ont joué avec ce saxophoniste français dont ils ignoraient tout comme ils ont eu l’habitude de le faire, le premier avec Ron Carter, Woody Shaw ou Tony Williams, le second avec Tommy Flanagan, McCoy Tyner ou Cedar Walton. Pas moins. Pour se rendre compte de l’engagement qu’ils ont mis à la ré-ussite de ce disque, il suffit d’entendre certains solos éblouissants de Mulgrew Miller (ou la délicatesse de son interprétation de It Never Entered My Mind en duo avec Pierrick) et juger de la constante présence de Lewis Nash à leurs côtés. Ce n’est pas le moindre des mérites de Pierrick Pedron que d’avoir conquis ces deux forces de la musique, et de leur avoir associé un contrebassiste qui a choisi de vivre dans la métropole new-yorkaise après s’être distingué dans la capitale française: Thomas Bramerie, puissant, présent, ponctuel comme le veut sa position.
Aussi stupéfiante puisse-t-elle être, la virtuosité seule de Pierrick Pedron à l’alto ne suffit pas à expliquer une telle implication. Quand, comme Mulgrew Miller ou Lewis Nash, on a croisé sur son chemin des Kenny Garrett ou des Jackie McLean, l’aisance digitale est une évidence car, jamais, chez les musiciens de ce calibre, il ne serait concevable que la technique puisse être une entrave. Ce qu’ils ont entendu chez Pierrick Pedron qui les a convaincus de sortir de leur réserve, on le devine, ce sont les qualités par lesquelles les jazzmen se distinguent et s’estiment : la pratique d’une véritable langue commune, un même amour pour une tradition assimilée sans servilité (Bird, évidemment, lointain aïeul), une capacité à investir l’instant comme s’il était le dernier, un goût du risque insatiable, une soif de dépassement, le sens du swing, une réactivité immédiate, un contrôle instrumental qui est la clé de leur libre expression, un art de la connivence qui se lit entre les phrases... Il est des musiciens qui dévident des notes; il en est d’autres qui parlent. C’est le mystère de la création qui est à l’œuvre dans le jazz depuis les origines: ces musiciens chez qui «ça» raconte, chez qui «ça» chante... et tous les autres qui peinent à les suivre, à qui la mécanique sert de discours et de cache-misère. «Deep in a Dream» est un grand disque de jazz pour ces raisons-là : la musique s’y joue vite, la musique s’y vit intensément, la musique y brille de la virtuosité de ses interprètes, mais tout cela – ce jeu du jazz, cette pulsation intérieure, ces traits jaillissants – n’aurait pas de sens sans la capacité profonde et partagée des quatre musi-ciens à faire naître les échanges et les envolées qui sont les clés de voûte de leur art oratoire. La maîtrise, la science, l’éloquence, oui, assurément, conditions sine qua non d’un dialogue vif et fertile; mais la surprise, l’inspiration, l’invention ne sont pas données à tout le monde. Pierrick Pedron a la chance de disposer de toutes: elles irradient son disque en profondeur. Les mu-siciens auxquels il s’est confronté à New York l’ont entendu. Ce n’est pas rien; c’est le jeu du jazz qui continue, c’est une histoire qui s’inscrit dans ce miracle d’universalité de la musique qui permet à un pianiste né dans le Mississippi de se découvrir une humanité commune avec un saxophoniste venu de sa Bretagne.
A Systems Two, derrière la porte métallique rouge qui dis-simule l’entrée du studio où ont été gravés nombre des disques les plus marquants de ces quinze dernières années, c’est une affaire de reconnaissance qui s’est nouée, avec pour terrain d’entente, une série de ces chansons américaines qui sont devenues des standards. Des bluettes de comédie musicale, des airs de Broadway, que les jazzmen aiment explorer et ha-biller de nouveaux atours. De tels thèmes ont pour mérite de servir de révélateurs; ils laissent entendre ce qu’un musicien peut avoir de capacité d’invention sur des formes anciennes. Ils sont aussi un excellent véhicule au lyrisme comme à l’intrépidité. Aidé par les encouragements et les suggestions de quelques-uns de ses familiers – le contrebassiste Vincent Artaud, le pianiste Laurent «Barloyd» Courthaliac, et Sébastien Vidal, directeur artistique – Pierrick Pedron les avait mûrement choisis à Paris avant de songer aux moyens de les faire entendre différem-ment au sein d’un song book aux arrangements personnalisés. Histoire de faire redécouvrir ces airs chantés par les plus grandes voix de la musique populaire américaine et repris par les jazzmen pour la délicatesse de leur ligne mélodique ou l’inspiration de leur cheminement harmonique. «Deep in a Dream» se déroule ainsi comme un songe, un enchaînement de chansons mises en scène qui peuvent se passer de paroles tant elles dévoilent, sous l’inspiration de ceux qui les jouent, de profondeur. Mais les standards, quelques-uns comme Lover ou After You’ve Gone en témoignent, sont aussi l’occasion d’exercer ces talents que les musiciens de jazz fourbissent dans le secret de leur travail solitaire : ce faisceau de labeur et d’inspiration, de culture et de sensibilité qui mène à la vélocité sur les tempos casse-cou et aux coups d’éclat qui illuminent un solo et font la différence entre l’honorable et l’exceptionnel. On sait dans quel camp se range notre homme.
Et pourtant, on connaît encore peu Pierrick Pedron. On ne parle pas des musiciens, et notamment de ses pairs altistes qui savent que joue en France ce saxophoniste aussi lyrique que fougueux : Kenny Garrett, rencontré pendant tout un après-midi dans une chambre d’hôtel à échanger en tête à tête sur des phrases de Charlie Parker; Peter King, le disciple anglais de Bird, avec lequel Pierrick a partagé la scène plus d’une fois (Waltz For King lui est dédié); Jon Gordon qu’il a fréquenté lors d’un séjour de plusieurs mois à New York et qui fut son compagnon là-bas de jam sessions... Et, dans nos contrées, des musiciens aussi différents que les frères Belmondo, Magic Malik ou bien Rick Margitza qui l’a accompagné dans son escapade new-yorkaise. Dans cette communauté sans frontières, Pierrick Pedron a commencé de se faire légitimement un nom. Par tout ce qu’il contient, cet album le destine désormais à être entendu aussi de tous ceux pour qui le jazz demeure, parmi les aventures musicales, la plus fascinante et la plus humaine car, d’un bout à l’autre, on y parle de soi et des autres, de ce qu’il est possible de bâtir ensemble quand on ne se connaît pas, d’un échange qui se passe de mots et d’un rêve qui, à force de volonté et d’audace, est devenu réalité : Deep in a dream.
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