Après 5 ans d'absence discographique, Nelson Veras revient sur la scène musicale en publiant le premier volume d'une série ''Solo session Vol.1''. Enregistré en toute intimité dans son appartement
parisien, le poète de la guitare Nelson Veras nous offre 13 perles musicales à la croisée du jazz et des standards brésiliens.Né en 1977, Nelson Veras quitte à l'âge de 14 ans son Brésil natal pour
étudier 6 mois à l'école de musique ARPEJ à Paris. Au bout de quelques mois, il fréquente assidument les clubs de jazz que les salles de master class. Les personnes qui ont vu débouler ce jeune
guitariste pensent avoir vécu une hallucination collective. Apprécié pour son intégrité autant que pour sa culture musicale façonnée aux standards brésiliens, il devient rapidement l’un des
musiciens les plus sollicités. Il decida donc de s'installer à Paris.En 1992, au festival de Marciac, Nelson Veras fait la rencontre avec Pat Metheny, une étape importante dans son parcours.
Passionné lui-même par les rythmes et les mélodies brésiliennes et ayant vécu quelques temps au Brésil, où il joua avec Milton Nascimento ou Toninho Horta, Pat Metheny tombe en admiration sur
Nelson Veras. Nelson ose lui avouer son peu d’intérêt pour les guitaristes. Nelson veut trouver sa propre voix et ne pas subir aucune influence. Metheny lui répond : « Tu as raison, n’écoute pas de
guitaristes… écoute Wes Montgomery ! » Nelson Veras n'est pas attaché aux talents d'instrumentistes des musiciens, mais à leur personnalité musicale « Si j’admire Malik, ce n’est pas parce qu’il
joue de la flute, précise-t-il. C’est son énergie qui m’inspire et me fait voyager. Pareil avec la batteur Stéphane Galland. Nos rapports seraient tout aussi télépathiques s’il jouait du piano. Ce
que j’aime chez eux, c’est la manière dont ils abordent la musique, ce qu’ils dégagent indépendamment de leurs instruments. » Nelson retrouve cette complicité avec quelque autres artistes, comme le
saxophoniste Steve Coleman avec lequel il a enregistré « Weaving Symbolics » (2006), le piansite Jozef Dumoulin avec qui il collabore dans le groupe Octurn, avec le pianiste Benoit Delbecq
également...Depuis son premier quartette formé à l'âge de 16 ans, avec Eric Barret, Michel Benita et Aldo Romano (avec lequel il joue en première partie d'Herbie Hancock au festival Jazz à Marciac)
jusqu’à ses récentes collaborations avec le collectif Octurn ou l’orchestre de chambre Alter Quintet, Nelson Veras a eu maintes fois l’occasion de prouver son exceptionnelle maitrise instrumentale.
Doté de cette indiscutable virtuosité, il ne s’est pourtant jamais livré à la démonstration stérile. Au contraire, il a su la mettre au service d’un discours original, salué par tous ses
partenaires. Malgré son jeune age, Nelson a déjà une très belle carriere derriere lui faite de très belles rencontres. Il enregistre avec Aldo Romano l'album ''Intervista'' en compagnie de Palle
Danielson et Stéfano di Battista. Il a également joué avec Michel Petrucciani, Gary Peacock, Lee Konitz, Daniel Humair, Michel Graillier.Nelson Veras a naturellement consacré du temps à la pratique
de son instrument, jusqu'à 12 heures par jour. Il a crée un jeu de guitare unique et personnel qui intègre la plupart des techniques propres à la guitare classique et une adaptation à un style tout
à fait innovant. Mise à part sa virtuosité stupéfiante sur l'instrument qui n'est toujours utilisée qu'au service de la musique, ce qui fait le génie de Nelson Veras c'est sa capacité à créer dans
l'instant, sans jamais se répéter et sans jamais utiliser des schémas prémédités. « Cela faisait quelques temps que je n’avais rien enregistré, dit-il. Il m’a donc semblé que la démarche la plus
honnête était de présenter ce que je fais chez moi tous les jours. Seul, je bénéficie d’un état d’esprit particulier pour jouer ce qui me ressemble le plus. » Conçu et enregistré dans l’intimité de
son appartement parisien, « Solo Session Vol. 1 » nous restitue ces moments rares où l’inspiration du moment gagne l’artiste, lorsque le champ d’expression n’est brimé par aucune contrainte
extérieure. Cet album ressemble à Nelson Veras, la reprise de standards de jazz et des chansons brésiliennes chères à son enfance imprègnent largement ce nouveau projet. On y retrouve par exemple
Wave, le premier morceau de Jobim que Nelson a appris à l'âge de 11 ans, une version très personnelle de Besame Mucho. Comme son jeu de guitare l'est, le repertoire de cet album n'était pas
prémédité, les chansons jaillissaient en parcourant sa guitare. Les compositions de Chico Buarque (Nào Fala De Maria, Todo O Sentimento et A Ostra E O Vento) ont seulement été abordées au moment de
l’enregistrement afin de privilégier la spontanéité. « Je me suis souvent laissé guider par le son, explique-t-il. Parfois, c’est simplement les sonorités de ma guitare qui orientent l’évolution
d’un morceau. Une simple variation dans la hauteur du diapason pourra suggérer de nouvelles choses. » Si l'on voulait décrire le jeu de Nelson Veras (chose assez difficile), son s'apparenterait
plus à jeu pianistique qu'à un jeu de guitariste. L’écoute attentive de certaines phrases révèle l’influence sous-jacente de Keith Jarrett et Paul Bley, deux des pianistes préférés de Nelson Veras.
Mais ici encore, les affinités tiennent davantage à la personnalité des musiciens concernés qu’à leurs techniques instrumentales. « Lorsque l’on joue tout seul, le défi consiste à proposer un
discours fluide tout en remplissant certains rôles, certaines fonctions musicales. Il faut garder une cohérence harmonique et rythmique sans que cela devienne une démonstration. » Par ces mots,
Nelson Veras confirme bel et bien sa volonté de transcender le rapport à l’instrument. Peu d'albums de guitare solo ont été édités dans le passé, ce disque deviendra t'il une référence en la
matière ? L'avenir nous le dira...