Diapason d'or (01/09/08)
Proche ami de son aîné Chostakovitch, Mieczysław Weinberg appartient à cette génération de compositeurs soviétiques qui n’ont pas encore fait leur grande entrée sur la scène internationale. Il serait temps, puisque Weinberg est mort voici une douzaine d’années déjà…
A la tête de 22 symphonies, de sept opéras et d’une quantité impressionnante d’œuvres concertantes, solistes et de musique de chambre, il mériterait quand même un petit coup d’oreille. D’autant que certains observateurs (oh la belle expression bien vague !) le considèrent comme le troisième larron de la musique soviétique, aux côtés de Chostakovitch et Prokofiev. Possible…
L’establishment soviétique lui mena d’ailleurs une vie de tous les diables, avec le cortège habituel de crétineries telles que « bourgeois nationaliste juif » qui lui valurent quelques temps dans les geôles du coin, dont on n’a jamais vanté le confort. Chostakovitch avait pris sur lui de prendre la fille de Weinberg sous son aile dans le cas d’une incarcération de Madame Weinberg mais heureusement, Staline cassa sa pipe peu après et Weinberg put retourner à sa composition « normale ». D’autant plus que depuis des années, il n’avait le droit d’écrire que des musiquettes pour le cirque et le cinéma… dans ces conditions, on comprend le langage puissamment nostalgique, parfois même éperdu, de tant de ses œuvres, dont celles ici présentées.
Des œuvres qui furent, en leur temps, ardemment défendues par Rostropovitch, Guilels, Kogan ou Sanderling.