Au moment ou votre serviteur jette ces quelques lignes, il fait beau, la fenêtre est ouverte sur le soleil de juin… et il doit louer un disque de Symphonies de Noël ! Bon, à une époque où les
huîtres peuvent se déguster en dehors des mois sans « r » et que l’on trouve des cerises du premier janvier au 31 décembre, pourquoi pas acquérir un enregistrements de pièces dédiées à la
nativité… Et puis ces Six Concertos de Noël ne manquent pas de piquant : quand bien même Corrette les compose dans un langage délibérément à l’ancienne, baroquisant, on est
dans la seconde partie du XVIIIe siècle (sur lequel Corrette surfera presque du début à la fin, de 1709 à 1795) et les hardiesses internationales sont de mise. Ainsi il n’hésite pas à incorporer un
Noël polonais, des Noëls allemands, un Noël suisse et même un Noël américain, aux côtés d’un Noël de Saint-Cyr. Certes, il faut être un assez grand mage pour déceler l’élément polonais, allemand,
suisse, américain ou saint-cyrien dans ces morceaux, mais le charme opère d’un bout à l’autre ! En réalité, à y bien regarder, Corrette utilise dans presque toutes ces pièces
– chacune de ces six symphonies comporte entre trois et huit numéros distincts – des thèmes ou des mélodies empruntées qui à la tradition, qui à d’autres musiciens, de sorte que l’on peut voir dans
cet ensemble une sorte d’encyclopédie des thèmes de la Nativité en ce milieu du XVIIIe siècle.