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Maria Callas, soprano La Grande Nuit de l'Opéra. 1958
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Paru le 27 octobre 2009 chez INA Mémoire vive
Artiste principal : Maria Callas
Genre : Classique > Opéra > Extraits
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz) 14.39€
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ALBUM : 2 disques - 21 pistes - Durée totale : 01:31:23
    DISQUE 1
    Mise en relation avec l'Opéra (Bonus)
  1. 1 Mise en relation avec l'Opéra Maria Callas
  2. La forza del destino (Giuseppe Verdi)
  3. 2 Overture Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  4. Norma (Vincenzo Bellini)
  5. 3 "Sediziose voci" Maria Callas, soprano - Jacques Mars, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  6. 4 "Casta diva" Maria Callas, soprano - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  7. 5 "A ! bello a me ritorna" Maria Callas, soprano - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  8. Il Trovatore (Giuseppe Verdi)
  9. 6 "D’amor sull’ali rose" Maria Callas, soprano - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  10. 7 "Miserere" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  11. Il barbiere di Siviglia (The Barber of Seville) (Gioacchino Rossini)
  12. 8 Overture Maria Callas, soprano - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  13. 9 Una voce poca fa Maria Callas, soprano - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  14. DISQUE 2
    Tosca (Giacomo Puccini)
  15. 1 Act II: "Tosca, e un buon falco" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  16. 2 Act II: "Ell a vera per amor del suo Mario" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  17. 3 Act II: "Tal violenza !" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  18. 4 Act II: "Ed or fra noi parliam da buoni amici" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  19. 5 Act II: "Orsu, Tosca, parlate" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  20. 6 Act II: "Floria ! Amore !" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  21. 7 Act II: "La povera mia cena fu interrota" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  22. 8 Act II: "Già, mi dicon venal" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  23. 9 Act II: "Vissi d’arte" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  24. 10 Act II: "Sei troppo bella, Tosca" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  25. 11 Act II: "Tosca, finalmente mia !" Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor
  26. 12 Désannonce Maria Callas, soprano - Albert Lance, tenor - Louis Rialland, tenor - Tito Gobbi, baritone - Jean-Pierre Hurteau, bass - Chœurs de l’Opéra de Paris - Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, conductor

À propos

Œuvres de Verdi, Puccini, Rossini, Bellini / Maria Callas, soprano - Jacques Mars, basse - Albert Lance, ténor - Tito Gobbi, baryton - Jean-Pierre Hurteau, basse - L’Orchestre de l’Opéra de Paris - Georges Sebastian, direction...
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Détails de l'enregistrement original : 48:01 - 43:32 - ADD - Enregistré le 19 décembre 1958 à l’Opéra de Paris pour la RadioTélévision Française - Notes en français et anglais
Giuseppe Verdi (1813-1901)
La Force du Destin (La forza del destino) : Ouverture

Le Trouvère (Il Trovatore)
D’amor sull’ali rose
Miserere

Vincenzo Bellini (1801-1835)
Norma
Sediziose voci
Casta diva
A ! bello a me ritorna

Gioacchino Rossini (1792-1868)
Le Barbier de Séville (Il barbiere di Siviglia)
Ouverture
Una voce poca fa

Giacomo Puccini (1858-1924)
Tosca
Acte II
Tosca, e un buon falco
Ell a vera per amor del suo Mario
Tal violenza !
Ed or fra noi parliam da buoni amici
Orsu, Tosca, parlate
Floria ! Amore !
La povera mia cena fu interrota
Già, mi dicon venal
Vissi d’arte
Sei troppo bella, Tosca
Tosca, finalmente mia !

Maria Callas (1923-1977), soprano
Jacques Mars, basse
Albert Lance, ténor
Louis Rialland, ténor
Tito Gobbi, baryton
Jean-Pierre Hurteau, basse
Chœurs & Orchestre de l’Opéra de Paris
Direction Georges Sebastian

Un concert légendaire, pour la première fois officiellement publié dans son intégralité, où l'histoire du chant se conjugue à l'histoire de France puisqu'il s'agissait de la dernière sortie officielle de René Coty avant sa passation de pouvoir à Charles de Gaulle. Quasiment chassée d'Italie après le scandale de l'Opéra de Rome en janvier de la même année, Maria Callas, reconnaissante à la presse française de l'avoir soutenue dans cette affaire, donna, lors de cette soirée de gala à l'assistance prestigieuse, son tout premier concert à Paris. Diffusée en Eurovision, la soirée fut annoncée par la presse comme le « plus grand spectacle du monde ».
    Un triomphe à la mesure de l'événement (avec plus de 10 rappels) et le début de l'histoire d'amour entre Paris et la Diva.
Opération Paris     Le concert donné par Maria Callas à Paris, le 19 décembre 1958, est une conséquence heureuse de la dramatique représentation de Norma qui se déroula à Rome un an plus tôt.    L’année 1957 avait confirmé Callas comme star absolue. D’Italie en Amérique, cette femme de trente-quatre ans paraissait au meilleur de son art. Pour le grand public, elle incarnait la figure de la diva, poursuivie par un parfum de scandale. Son caractère, ses cachets, ses annulations avaient transformé la prima donna greco-américaine en cible autant qu’en idole – surtout en Italie où le public passe facilement des ovations aux lazzis. Dans ces échauffements, bien peu songeaient à la fatigue des incessants voyages... Tant et si bien que lorsque Maria Callas, engagée pour chanter Norma à l’Opéra de Rome, se découvrit épuisée et aphone, les responsables du théâtre ne voulurent pas l’entendre. Elle devait chanter.     Ce 2 janvier 1958, Callas entra donc sur scène « avec le courage du désespoir ». Après avoir entonné Casta Diva devant un public à peine poli, elle estima impossible de poursuivre la représentation. Retransmise par la RAI, la soirée fut interrompue. Le président de la République, Giovanni Gronchi, dut quitter la salle et Callas devint l’ennemie publique, avec les manifestations d’humeur qu’on sait : groupes injurieux, déclarations bruyantes contre « cette médiocre artiste grecque, devenue italienne par son mariage », invitée à quitter prestissimo le pays qui avait fait sa gloire.    Quelques jours plus tard, Maria Callas, de passage à Paris entre deux avions, recevait à Orly l’accueil enthousiaste d’une foule d’admirateurs entraînés par l’acteur Jean-Claude Pascal. La cantatrice répondit avec chaleur : « Je sais que Paris m’a aidée dans ce moment difficile, j’espère pouvoir chanter bientôt ici pour vous remercier de votre appui ».    Au cours des mois suivants, elle allait se fâcher encore avec la Scala de Milan, puis le Metropolitan Opera de New York... Mais les interminables commentaires sur sa personnalité masquaient une préoccupation plus sérieuse : en s’éloignant des maisons d’opéra, la cantatrice désirait donner davantage de récitals de son choix. Pour marquer ce tournant, elle choisit donc symboliquement Paris - où curieusement elle n’avait encore jamais chanté - et cette soirée de gala donnée à l’Opéra, le 19 décembre, en faveur des œuvres de la Légion d’Honneur.    Tous les détails comptent dans cette opération de séduction organisée par Georges Cravenne avec le mari de la Callas, Battista Meneghini, et les conseils amicaux de Luchino Visconti. En tenant sa promesse, la cantatrice affirmait une proximité de cœur avec la France – et les Français étaient prêts à aduler cette diva qui leur donnait le sentiment d’être un peuple privilégié.     Ensuite, ce concert - comme celui de Rome - se déroulerait en présence d’un président de la République : René Coty dont ce serait la dernière sortie officielle, avant la passation des pouvoirs à Charles de Gaulle. Lors de cette soirée diffusée en Eurovision, les Italiens verraient que Maria savait s’acquitter de ses engagements, à condition d’être en état de le faire. Pour ce gala de bienfaisance, parrainé par le journal Marie-Claire, la cantatrice renonçait à son considérable cachet (cinq millions de francs, le plus important jamais versé par l’Opéra de Paris) et soulignait qu’elle n’était pas une femme d’affaires.     Au programme, l’emblématique Casta diva, deux extraits du Trouvère, l’air de Rosine du Barbier de Séville, puis, en deuxième partie, un acte entier de Tosca déclineraient les différentes facettes de son art, en compagnie de Tito Gobbi, Albert Lance, Jacques Mars, sous la baguette de Georges Sébastian.     La soirée fut annoncée dans la presse comme le « plus grand spectacle du monde ». Le 16 décembre au matin, Maria Callas arrivait gare de Lyon, son caniche Toy dans les bras, et s’engouffrait dans une voiture, suivie par un autre véhicule plein de robes et de cartons à chapeaux.     Un peu plus tard, à l’hôtel Ritz, radieuse, elle reprenait devant trois cents journalistes son discours de l’année précédente : « Après mon affaire de Rome, les Français ont été les seuls à essayer de comprendre ce qui m’était arrivé… J’ai été tellement touchée par le comportement des journalistes français que j’ai juré de venir chanter pour vous remercier… d’ailleurs, j’ai appris le français bien avant l’italien ».     Au Palais Garnier, tout était prévu pour l’accueillir, à commencer par la suspension provisoire de l’interdiction des chiens – puisqu’il fallait que Toy puisse accompagner sa maîtresse. Après les incidents qui avaient entraîné la catastrophe romaine (loges trop froides, courants d’air), un spécialiste était chargé de surveiller les courbes hygrométriques.      Côté salle, le tout Paris musical et mondain, français et international, était annoncé, spécialement 450 privilégiés qui - pour la somme de 35.000 francs - resteraient au dîner de gala, organisé dans le grand foyer. Un plan des loges, affiché dans le hall de l’Opéra, permettait de rêver des personnalités présentes, dans des rapprochements parfois inattendus : Brigitte Bardot et Elisabeth Schwarzkopf dans la même loge, Michèle Morgan et La Bégum, Yves Montand, Louise de Vilmorin, Gérard Philipe, mais aussi Charlie Chaplin, l’Agha Kha, Jean Cocteau, Francis Lopez, le duc et la duchesse de Windsor, sans oublier Aristote Onassis...     Au début de la soirée du 19 décembre, le ghota s’agite, se dévisage, se retrouve, s’embrasse, rivalise d’élégance. Des « jeunes filles du monde », vêtues par de grands couturiers, sont chargées de distribuer les programmes d’un kilo (comportant une biographie et un disque de la Callas).     Quand le président Coty apparaît dans la loge présidentielle, accompagné de l’ambassadeur d’Italie, la salle se lève pour l’applaudir, longuement. Les présidents des deux chambres, Jacques Chaban-Delmas et Gaston Monnerville sont également présents, ainsi que plusieurs ministres. Le récital peut commencer.    Est-ce la tension liée à l’événement ? Le début du concert manque un peu d’assurance : l’orchestre de l’Opéra ne semble pas à son meilleur dans l’ouverture de La Force du destin, et La Callas a donné des Casta Diva plus parfaites. Pourtant, la force de l’expression l’emporte dès ce premier grand air. Et si les chœurs sont par instants à la peine, l’art dramatique de la cantatrice transfigure les deux extraits du Trouvère.     Mieux encore, dans un contraste saisissant, elle donne ensuite un radieux air de Rosine qui justifie l’enthousiasme du public. A l’entracte, la diva est présentée au président Coty, toujours affable : « Madame, vous m’avez semblé admirable. Et vous savez qu’il se trouve que je m’y connais en musique italienne… ce soir, j’ai connu un des plus grands moments de ma vie ». En deuxième partie, un acte entier de Tosca permet aux Parisiens d’entrevoir le génie théâtral de l’artiste, en symbiose avec Tito Gobbi. La salle demandera pas moins de dix rappels.     Le dîner est à la mesure de ce qui précède. Comme la diva ne supporte pas les chandeliers, on a fait venir d’Espagne des candélabres à piles pour éclairer les tables. Le menu comporte du caviar d’Iran, des brioches de foie gras truffé et une « Salade d’arpèges Casta diva ». On offre aux dames des cadeaux signés Dior, Chanel ou Hermès. Toute la puissance du monde semble rassemblée autour de l’artiste. Fasciné par ce rayonnement, Aristote Onassis lui téléphonera dès le lendemain ; puis il invitera le couple Callas Meneghini à passer l’été suivant sur son yacht. On connaît la suite...    En attendant, la presse se livre à ses analyses. Beaucoup d’articles mondains mettent en scène le luxe de cette nuit à l’Opéra, et brodent sur l’image de la diva romantique. On précise que la circulation automobile a diminué de moitié pendant la diffusion du concert, présenté par Pierre Tchernia.     La télévision doit toutefois présenter quelques excuses après les interviews insolentes de Pierre Dumayet demandant pendant l’entracte à Meneghini : « Est-il vrai que votre femme a pesé 110 kilos ? » Ou à Tito Gobbi : « Est-il vrai que vous préfériez chanter avec la Tebaldi plutôt qu’avec Maria Callas ?  ». Claude Rostand regrette que Paris découvre la Callas dans un récital plutôt que dans une œuvre entière.     Quoiqu’il en soit, le concert de l’Opéra, marque un moment heureux dont Maria elle-même entretiendra le souvenir : « Je me sens incapable de dire à quel point je suis reconnaissante aux Parisiens de l’accueil inoubliable qu’ils m’ont réservé ». Un an après Rome, l’opération Paris a réussi.
Benoît Duteurtre
© INA Mémoire vive 2009 – Reproduction interdite

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