Rien n'est sans doute plus difficile que de faire de l'humour musical. En dehors de quelques tentatives de burlesque et de jeux de mots chez Satie, la seule forme d'humour musical à peu près valable demeure la parodie et le détournement. En son temps, Offenbach ne se privait pas de réutiliser sur un mode bouffon les airs d'opéra les plus célèbres - un des meilleurs exemples étant les « citations » du Guillaume Tell de Rossini dans La Belle Hélène. Aujourd'hui, Ludovic Bource s'est amusé, dans le cadre du second volet des aventures d'OSS 117 à détourner les rythmes les plus superficiels des films des sixties.
Ce détournement ne se limite pas, comme on pourrait s'y attendre, aux films d'espionnages, que caricature déjà le film par essence. La parodie va plus loin, et c'est l'esprit tout entier d'une époque qu'elle s'efforce d'intégrer. The Wizard of Gstaad s'inspire certes des ouvertures les plus classiques des James Bond, avec ses rythmes amples et angoissants. Mais, déjà avec Birds French Kiss ou Around the Pool, on est sur le terrain du film romantique à la Doris Day. Panic Plane ressort quant à lui du ressort de la comédie d'aventures type L'Homme de Rio de Philippe de Broca avec Belmondo. L'intégration directe de « hits » des sixties, tel que Loving You, ou, surtout, Everybody Loves Somebody étant également une excellente tactique dans cette optique parodique. À noter enfin, la connotation souvent humoristique de titres comme My Most Beautiful Favorite Theme ou On ne meurt que trois fois.
Bien que dépendante du film, la musique de Ludovic Bource possède son autonomie et son langage humoristique propre. Autant la réalisation pousse la parodie et l'irrévérence jusqu'à la satire, autant la musique se conçoit davantage comme un détournement légèrement nostalgique - parfois presque un hommage.