A ceux qui s’étonneraient que le compositeur britannique Lennox Berkeley ait écrit tant de mélodies d’après des vers français – du Bellay, Cocteau, Apollinaire, Jean Passerat, Louise Labé pour le
présent CD – et que sa musique rappelle si souvent Ravel, on répondra qu’il était d’origine française par sa mère, et qu’il étudia en France avec Nadia Boulanger sur les conseils du même Ravel. Et
pendant son long séjour français, il côtoya Milhaud, Honegger, Roussel ou Poulenc ainsi que toute l’intelligentsia mondiale qui se retrouvait à Paris. Donc… Cela dit, une
fois rentré en Angleterre, Berkeley se trouva dans le cercle de musiciens tels que Britten, de dix ans son cadet certes, mais qui lui fit peut-être un tout petit brin d’ombre sur la scène
internationale dès ses premiers grands succès, allez savoir. Toujours est-il que ce large éventail de mélodies donne une excellente idée du style de Berkeley, et surtout de la palette de styles
qu’il peut adopter, en fonction du texte qu’il met en musique : un style franchement francisant pour les poèmes français, mais beaucoup plus britannique pour les Songs anglais, britannique et modal
– un bien singulier couple. Sachez enfin qu’une bonne moitié de ce CD présente des œuvres en première mondiale discographique ! Eh oui, on en trouve encore, même dans le cas
des compositeurs les plus renommés.