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Karel Ancerl, direction Ancerl Gold Edition - Volume 26
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz) 11.99€
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ALBUM : 1 disque - 8 pistes - Durée totale : 00:59:50
    Concerto pour orchestre, Sz 116 (Béla Bartok)
  1. 1 I. Introduzione. Andante non troppo Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  2. 2 II. Giuoco delle copie. Allegretto scherzando Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  3. 3 III. Elegia. Andante, non troppo Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  4. 4 IV. Intermezzo interrotto. Allegretto Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  5. 5 V. Finale. Pesante - Presto Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  6. Concerto pour alto & orchestre, Sz 120
  7. 6 I. Moderato Jaroslav Karlovsky, alto - Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  8. Concerto pour alto & orchestre, Sz 120
  9. 7 II. Adagio religioso Jaroslav Karlovsky, alto - Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction
  10. 8 III. Allegro vivace Jaroslav Karlovsky, alto - Orchestre Philharmonique Tchèque - Karel Ancerl, direction

À propos

Bela Bartok : Concerto pour orchestre, Sz116 - Concerto pour alto et orchestre, Sz120 / Jaroslav Karlovsky, alto - Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Karel Ancerl
Note des internautes : 1 2 3 4 5
Détails de l'enregistrement original : 59:56 - ADD stéréo - Enregistré au Rudolfinum de Prague en mars 1963, décembre 1961 et le 20 mars 1962 - Notes en français, anglais, allemand, tchèque
Bela Bartok (1881-1945)

Concerto pour orchestre, Sz 116 (1943, rév. 1945)
Concerto pour alto et orchestre, Sz 120 (1945, complété par Tibor Serly) Jaroslav Karlovsky, alto
Orchestre Philharmonique Tchèque
Direction Karel Ancerl (1908-1973)
Le concerto pour alto est maintenant entièrement achevé sous forme d’esquisse, il ne reste plus qu’à établir la partition, un simple travail mécanique, plus ou moins. À moins d’un événement imprévu, il sera fini d’ici cinq ou six semaines.
    Ainsi écrivait Bartók à l’altiste William Primrose, commanditaire de l’ouvrage. Nous sommes en 1949. Mais l’ “événement imprévu” arriva dix-huit jours plus tard, sous forme de la Camarde. C’est donc un élève et ami de Bartók, Tibor Serly, qui, à travers la difficile sténo musicale du compositeur et en suivant ses indications verbales, réussira à établir une version satisfaisante, que voici. Ce Concerto pour alto ne fut créé que quatre ans après la mort de Bartok, par William Primrose sous la direction de Antal Dorati.
    Quant au Concerto pour orchestre, tout en a été dit, dont beaucoup de bêtises : “ Une œuvre taillée à la mesure des goûts du public américain ” ou “ le compositeur a trahi ses idéaux ”. Pourtant l'œuvre est stupéfiante, génialissime, et le fait qu’elle soit plus immédiatement abordable que certains autres Bartók ne lui ôtent vraiment rien. Ancerl sait faire briller la fabuleuse Philharmonie Tchèque des mille feux qu’allume le compositeur ; il faut dire qu'en 1963 il y a douze ans qu'il la dirige !
    Ces enregistrements de 1961 et 1963, d'une belle clarté, sonnent très bien.
Béla BartókVít Roubícek     Pendant la deuxième guerre mondiale, bien des musiciens de l’Europe menacée (Stravinski, Schoenberg, Hindemith, Martinù et beaucoup d’autres encore) accueillirent avec reconnaissance la possibilité de s’exiler aux USA : ce qui pour eux, outre des certitudes primordiales quant aux moyens d’existence, signifiait également le calme créateur et une vie professionnelle satisfaisante. Toutefois leurs hôtes en profitèrent aussi indirectement puisque ainsi, pendant et surtout après la guerre, leur culture connut une période de puissant essor provoqué en partie par l’afflux de magnifiques artistes du vieux continent dont certains exercèrent aux USA bien longtemps après la guerre. Les Américains dans leur ensemble furent très conscients de la chose et accordèrent de très bonnes conditions de vie et de travail aux nouveaux venus érudits et talentueux.    En dépit de ses convictions intérieures le génial compositeur, pianiste et folkloriste Béla Bartók (1881-1945) opta pour l'exil ; le cœur lourd, il quitta en novembre 1940 sa Hongrie natale après y avoir enterré sa mère à la fin de l’année précédente en brisant ainsi le dernier lien le rattachant à sa patrie devenue fasciste. L’Amérique accueillit Bartók avec affabilité. Les premiers mois, lui et sa femme, la pianiste Ditta Pásztory, eurent suffisamment de possibilités de concerts et Béla obtint même un engagement universitaire satisfaisant. Pourtant, l'effet de nouveauté passé, les Américains cessèrent de s’intéresser à lui. Cet exilé fier et très sensible, que les procédures administratives infinies mortifiaient, se plongea dans les souvenirs du vieux continent et ne rencontra pour ainsi dire plus personne jusqu’à perdre finalement la majorité des possibilités lui assurant son existence. " Je suis au plus haut point découragé, je n’ai plus foi en les hommes, en mon pays, en rien " écrivit cet homme vieilli et brisé en mars 1942. Cependant, dans une certaine mesure la faute lui en incombait car il était devenu injuste envers ses amis et refusait tout ce que le nouveau monde lui offrait ; la faute en revenait aussi en partie à son état de santé qui s’aggravait rapidement. Cette évolution néfaste s’accentua en février 1943 et le compositeur s’effondra.

Concerto pour orchestre

    Bartók fut désespéré face à sa maladie. Qu’adviendra-t-il de sa famille s’il ne peut plus travailler ? Au moment où cette catastrophe se profila à l’horizon, ses amis Szigeti et Reiner lui trouvèrent une commande de compositions orchestrales pour le chef d’orchestre Serge Koussevitzki. Bartók se remit à composer après trois années d’inactivité ! Poussé par de nouvelles espérances, fiévreusement et avec joie il travailla pendant tout le mois de septembre sur son Concerto pour orchestre et l’acheva le 8 octobre 1943, sans que cela ne porta aucunement atteinte à sa santé pourtant bien endommagée car le sang incurablement malade qui circulait dans son corps était comme une bombe à retardement. Le célèbre chef d’orchestre fut enthousiasmé par Bartók et dit de son œuvre que c’était la "meilleure composition orchestrale de ces 25 dernières années". Lorsque Koussevitzki avec son Orchestre Symphonique de Boston présenta le 1er décembre 1944 à New York ce morceau en première audition, Bartók confessa qu'il avait écrit son Concerto pour orchestre en ayant à l’idée l’utilisation virtuose de divers instruments solistes ainsi que de groupes entiers d’instruments et de préparer pour les musiciens de Boston une composition représentative de l'excellence de leur brillant orchestre.
    Le concerto est, à vrai dire, une symphonie à cinq mouvements dont le noyau est l’Elégie centrale (3e mouvement), encadrée par les deux mouvements qui la précèdent et les deux qui la suivent formant le "circuit intérieur", ludiques et presque espiègles dans leur expression et puis ensuite deux parties extrêmes énergiques, la première étant une introduction essentiellement agressive et dure et le Final une synthèse monumentale. Pourquoi l’Elégie (autrement dit, musique triste) se trouve-t-elle au centre de la composition ? La réponse nous est donnée par la dédicace en tête de la partition : "Written for the Koussevitzky Music Foudation in memory of Mrs. Natalie Koussevitzky". Le climat de l'Elégie en souvenir de Madame Koussevitzki est à relier aux deux thèmes basés sur un intervalle de quarte et de seconde qui introduisent le premier mouvement et qui planent sur tous les autres motifs de l'œuvre.
    Le premier mouvement est considéré comme le plus accompli artistiquement ; remarquons entre autres le canon à six voix des cuivres d’une expression puissante dans le dernier tiers du mouvement (6:57-7:52), dont l’obstination projette une impression apparemment assourdissante non seulement sur l’auditeur mais aussi auparavant sur le compositeur lui-même. Du point de vue musical, la deuxième partie intitulée "Jeu des couples" est intéressante, elle aussi, les thèmes étant exécutés par duos d'instruments à vent. De façon tout à fait exceptionnelle, dans la progression simultanée des différents duos, est assigné à chaque pair d’instruments un intervalle précis à respecter obligatoirement : ainsi les bassons jouent en sixtes, les clarinettes en septièmes, etc. Le quatrième mouvement, Intermezzo interrotto (Intermezzo interrompu), peut être considéré comme un doux souvenir de son pays mais – comme d’ailleurs le titre du mouvement le laisse entendre – Bartók n’évoque pas seulement ce qu’il y avait de beau, et c’est ainsi qu'à côté de la mélodie sonore (Calmo) merveilleusement émouvante, modulant dans pas moins de douze tons, nous trouvons aussi un burlesque persiflage de Lehár ("On me connaît bien chez Maxime", de La Veuve joyeuse), dont Bartók, encore au temps où il était dans son pays, ne supportait pas la platitude. L’œuvre culmine dans un Finale où la vitalité légendaire de Bartók l’emporte sur l’ironie, le désespoir et la désolation. Un passage à savourer ici est le fugato, magistral ; le mouvement s’achève en une vaste coda au rythme rapide.
    Le plus imposant morceau orchestral de Bartók – écrit au moins pour une triple formation de cuivres, une bonne quantité de percussions, des cordes et deux harpes – connut en peu de temps une grande popularité bien qu'un peu diminuée par le cercle des spécialistes qui affirma que le compositeur " a trahi ses précédents idéaux créateurs en s’inclinant devant le goût du public américain ". Toutefois comme Bartók n’a jamais voulu être mis sur le piédestal d'un génie inaccessible, il faut plutôt y voir la sage "simplicité" d’un virtuose mûr, phénomène si courant dans les toutes dernières œuvres des maîtres... Par ironie du sort, le monde a commencé à apprécier l’œuvre de Bartók dans son ensemble pour ainsi dire immédiatement après sa mort.
    La partition du Concerto pour orchestre, qui exprime la profondeur et l’étendue de l'univers intérieur du compositeur dans les années mouvementées de la guerre, fut éditée dès 1946. Cette composition exige les plus grands efforts de la part des interprètes aussi bien que du chef d’orchestre, et même de nos jours, les ensembles professionnels ne sont pas tous capables de l’exécuter avec une qualité optimale.

Concerto pour alto

    À la même époque où la pensée torturée de Bartók ressuscitait grâce au travail envisagé pour Koussevitzki, l’excellent altiste écossais William Primrose lui passa commande d’un concerto pour son instrument. Pourtant Bartók ne se mit à la tâche qu’au printemps 1945, donc seulement après avoir achevé sa sonate pour violon seul pour Menuhin et le Troisième concerto pour piano. Le 8 septembre 1945 le compositeur écrivit à Primrose : " Je suis heureux de pouvoir vous communiquer que votre Concerto pour alto est terminé dans son esquisse et il ne me reste plus qu’à en écrire la partition, ce qui dans une certaine mesure n’est plus qu’un travail mécanique. S’il ne se produit rien de particulier, je pourrai le faire en cinq à six semaines. " Ce jour-là il ne restait plus à Bartók que 18 jours à vivre. Dans ce qu’il a laissé on a trouvé 15 feuilles de papier à musique non numérotées, couvertes des esquisses du concerto pour alto, mais en même temps aussi d’autres morceaux (!). L’élève de Bartók, Tibor Serly (1901-1978), compositeur et théoricien magyaro-américain, entreprit de reconstruire la composition, de compléter les parties manquantes et d’en réaliser la partition. Les données d’orchestration manquant totalement, on ne pouvait prendre en considération que ce que Bartók avait dit dans la lettre en question : "l’orchestration est transparente, mieux ordonnée que pour le concerto pour violon". Le compositeur indiquait le déroulement harmonique dans son système original sténographique, il n’effaçait pas les corrections mais les portait dans la version originale. Serly passa deux ans de sa vie sur ce tronçon du concerto pour alto et bien qu’il déploya de grands efforts pour que ses rectifications soient faites dans l’esprit de Bartók, elle n'est pas intégralement l'œuvre du compositeur, raison pour laquelle cette merveilleuse composition n’est pas donnée sur les scènes de concert aussi souvent qu’elle le mériterait malgré tout. Exécutée par Primrose elle fut donnée en première mondiale le 2 décembre 1949 à Minneapolis.
    " Dans certains passages l’interprète ne se sentira pas à l’aise et ceux-ci seront peut-être même injouables " écrivit Bartók. Le concerto est vraiment particulièrement difficile du point de vue technique et intonation et dans son effet final il s’appuie entièrement sur la partie solo dominante. Les trois parties de la composition s’écoulent en attacca ininterrompu mais leurs limites sont tout à fait reconnaissables pour l’auditeur. Le premier mouvement provient d’un seul thème avec des intervalles complexes, reflétant l’âme tourmentée de Bartók. Le mouvement lent nostalgique et songeur représente un moment de répit avant le finale plein de tempérament avec des thèmes splendides bien plus proches de la musique populaire roumaine que hongroise. Par sa limpidité formelle, sa concentration musicale et le travail thématique raffiné, le Concerto pour alto, comme le Concerto pour orchestre et le dernier concerto pour piano, ferment prématurément la dernière période créative de Bartók qui encore de nos jours fait l’admiration par la clarté du style et l'humilité dans l'approche des questions fondamentales de l’existence humaine.

Vít Roubícek
Traduction de Ivan Vomácka
© Supraphon 2004 – Reproduction interdite


Jaroslav Karlovský

    L’altiste tchèque Jaroslav Karlovský (1925-1997) commença sa formation musicale à Klatovy, sa ville natale où il étudia au collège. Les leçons qu’il y reçut de Velkoborský son professeur de violon chevronné, lui permirent à partir de 1942 de subvenir à ses besoins en faisant de la musique en Allemagne, de 1943 à 1945, en tant que membre de l’Orchestre de l’Opéra de Duisbourg. Ce n’est qu’après la guerre qu’il fit ses études au Conservatoire de Prague avec Ladislav Èerný, et dont il fut diplômé en 1950. Membre de l’Orchestre Philharmonique tchèque et à partir de 1961 altiste du Quatuor de la ville de Prague, Karlovský fut également soliste, notamment dans le domaine du répertoire contemporain. En 1969 il partit pour le Canada où, avec d’autres exilés tchèques, il fonda le Czech String Quartet (1968-1974). À la disparition de celui-ci, il devint membre du groupe d’altistes de l’Hamilton Philharmonic Orchestra. Il enseigna à l’Université de Victoria en Colombie britannique canadienne, où il forma plusieurs grands musiciens professionnels.

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