- 1 I. Adagio - Allegro molto
- 2 II. Largo
- 3 III. Scherzo. Molto vivace
- 4 IV. Allegro con fuoco
- 5 Ouverture de concert
- 6 Ouverture de concert
À propos
Symphonie n° 9 "Du Nouveau Monde" en mi mineur, op. 95 *
Ouvertures
Dans la Nature, op. 91 *
Othello, op. 93 ** Orchestre Philharmonique Tchèque
Direction Karel Ancerl (1908-1973)
un événement en 1961Bohuslav Vítek
Il serait vraiment bien difficile de rassembler tous les enregistrements réalisés jusqu’à présent de la Symphonie n° 9 en mi majeur dite "Du Nouveau Monde" de Antonín Dvořák. De toute façon par leur nombre total ils figureraient à l’une des premières places du palmarès mondial et aucune autre œuvre du répertoire tchèque ne pourrait leur faire concurrence. Une place toute particulière, aux côtés de l’enregistrement déjà légendaire de Talich réalisé par Supraphon en 1954, revient au disque de Karel Ančerl datant de 1961. À cette époque il s’agissait d’un grand événement, surtout pour deux raisons. Bien qu’il existât déjà de nombreux enregistrements en Europe et aussi Outre-mer, celui de Talich était toujours considéré comme un modèle incomparable. Il était unique en son genre dans la Tchécoslovaquie d’alors et pendant bien des années aussi le seul à être diffusé sur les ondes. Le nouvel enregistrement de l’Orchestre Philharmonique Tchèque était donc attendu avec une attention extraordinaire. La seconde raison consistait dans la stéréophonie très prometteuse pour l’avenir et Supraphon figurait parmi ceux ayant su en saisir l’évolution dès ses toutes premières formes (à la fin des années cinquante).
L'interprétation de Ancerl
La symphonie, cette œuvre très célèbre, composée en 1892 aux USA et exécutée en 1893 avec un grand succès à New York où son auteur était alors premier directeur du Conservatoire national, dans son nouvel habit sonore rayonna dans des couleurs fascinantes et avec une charge dynamique vraiment idéale. De plus l’interprétation de cette Symphonie du Nouveau Monde avait une tout autre conception que celle de Talich. Et ce trait justement, même tant d’années plus tard, en dépit des techniques nouvelles encore plus progressives d’enregistrement, n’a rien perdu de sa particularité intéressante ni de son attrait. Le sens qu’avait Ančerl pour interpréter parfaitement la composition musicale tout en observant soigneusement le programme strictement déterminé du rythme et de la dynamique, donna à cette partition tant de fois exécutée une forme admirable dans laquelle le chef-d’œuvre de Dvořák resplendit dans un jour tout à fait nouveau. Il suffit pour cela à Ančerl de mettre en valeur et de souligner les éléments qui pourtant sont évidents déjà dans la partition initiale. Dans l’introduction du premier mouvement remarquons sa construction et la préparation logiquement réfléchie de son thème principal que les cors de chasse exécutent d’une manière fascinante. De même à la fin du premier mouvement les timbales rappellent aux auditeurs qu’en général dans la grande masse orchestrale disparaît leur solo d’un grand effet, prescrit par le compositeur. Le largo se déroule dans un rythme ferme sans grande oscillation dans le discours musical et même avec l’intéressante présence dramatique des cordes jouant en sourdine dans la partie médiane. Bien peu de chefs d’orchestre surent souligner aussi nettement que le fit Karel Ančerl la brillante organisation réalisée par Dvořák du thème et du motif dans le quatrième mouvement. Ce ne sont là que certaines des nombreuses différences dans les conceptions de Karel Ančerl et de Václav Talich ainsi que de la majorité d’autres chefs d’orchestre même plus jeunes et contemporains. De pair à toutes ces vues « plus modernes » le ravissant trio dans le scherzo ne peut nous échapper ainsi que de nombreux autres passages sortant directement de l’identité musicale tchèque caractéristique.
Les Ouvertures
Outre l’enregistrement de cette œuvre très célèbre on peut voir comment Karel Ančerl interprète les compositions à programme de Dvořák. En 1892 avant de partir pour les USA Dvořák fit ses adieux à Prague avec trois ouvertures faisant partie à l’origine du cycle "Nature - Vie - Amour" dont la première composition ("Dans la nature") et la troisième ("Othello") figurent sur le présent CD. En 1962/63 Supraphon réalisa une nouvelle version stéréophonique du répertoire fondamental de Dvořák (Rusalka, Svatební košile / la Femme du spectre, les poèmes symphoniques et ouvertures). Les poèmes symphoniques d’après le recueil Guirlande de K. J. Erben furent confiés à Zdeněk Chalabala, à cette époque l’un des meilleurs chefs d’orchestre d’opéra, et les ouvertures à Karel Ančerl. Cette fois encore il s’agit d’enregistrements vraiment extraordinaires. Dans toutes les ouvertures Karel Ančerl déclencha un véritable feu d’artifice orchestral. Dans "Othello" il fit ressortir le caractère dramatique qui notamment en finale prend une force extraordinaire. Quant à l’ouverture "Dans la nature", Ančerl y retient l’attention par le programme sonore qu’il a génialement mis au point. À ce sujet, soulignons le remarquable travail, sans pareil encore de nos jours, effectué par František Burda, ingénieur du son de Supraphon). Par ailleurs la partition ne perd en rien de sa profondeur philosophique – certains passages (le solo du cor anglais au début de la reprise) prennent un air presque mystique et sacré.
L’enregistrement réalisé par Ančerl de toute la trilogie des ouvertures ("Carnaval", la deuxième ouverture qui est aussi la plus célèbre, figure sur un autre disque compact de cette même édition) est un argument très convaincant dans la discussion sur l’attrait pour l’auditeur de cette partition de Dvořák et son actualité sur les scènes mondiales de concert.
Bohuslav Vítek
Traduit par Emilia Esserová
© Supraphon 2002. Reproduction interdite








