Eh oui de la musique utilitaire, voilà ce quécrivit si souvent Bach. Sil avait été employé par la paroisse de Roissy-en-France plutôt que par celle de Leipzig, il aurait écrit de la musique daéroport sans aucun état dâme, et sans doute avec le même génie tranquille et inflexible. Ainsi, pour chaque décollage du dimanche matin, il devait pondre une nouvelle cantate certes, il ne se priva pas de recycler parfois des Œuvres plus anciennes, sinon, quand aurait-il trouvé le temps de concevoir, délever ... VOIR TOUTE LA PRESENTATION
et souvent denterrer tous ses marmots ? et bon an, mal an, il ne fabriqua pratiquement que dinvraisemblables chefs-dŒuvre, dont ces trois cantates, parmi les plus belles.
Deux datent de 1726, Leipzig ; et en parlant de recyclage, Gott soll allein mein Herze haben réutilise un concerto pour orgue, lui-même le résultat dune récup à partir dun concerto pour hautbois, perdu, mais quil ne fut pas trop difficile de reconstituer (soit dit en passant). Quant au début de Widerstehe doch der Sünde de 1714, il comporte parmi les harmonies les plus extravagantes de Bach, dont le tout premier accord carrément dissonant. Les chromatismes tordus de la fugue finale sembleraient évoquer, selon certains commentateurs, les coups tout aussi tordus du Malin Bah, les fugues, cest toujours un peu tordu, non ? Diable diable
Ces trois Œuvres sont chantées par le magnifique contreténor James Bowman (*1941) quil nest sans doute pas nécessaire de présenter. Quil suffise de rappeler que cest pour lui que Britten a conçu la « Voix dApollon » dans son ultime opéra La Mort à Venise. Masquer la suite