Malgré son nom, Johan Roman fut un compositeur tout ce qu’il y a de suédois. Le premier musicien suédois, même, à accéder à une réelle notoriété internationale. Ce contemporain de Bach, à lui seul,
posa les fondations de la musique moderne en Suède, après avoir joué plusieurs années dans l’orchestre de Händel à Londres. Tour à tour chef de l’Orchestre royal, membre de l’Académie des sciences,
compositeur, linguiste, violoniste et hautboïste, il représente le typique « honnête homme » de son époque.
Les présentes sonates pour flûte et basse continue empruntent résolument au goût germanique, ce qui ne surprendra pas lorsque l’on sait qu’il voyagea longtemps en Allemagne,
sans oublier son long séjour auprès de Händel (l’une des sonates cite d’ailleurs directement un thème du grand Saxon) ; il introduisit même la musique hyper-contemporaine de Telemann à
l’Orchestre de la cour suédoise.
On l’aura compris, voici un nouveau venu parmi les compositeurs de la fin du baroque, le baroque suédois dont on ne savait pas grand’chose jusqu’ici.