Artiste principal :
Jean-Paul Fouchecourt
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- 1 Acte I - "Que ce séjour est agréable"
- 2 Acte I - "Quittez nymphes quittez"
- 3 Acte II - "A l'aspect de ce nuage"
- 4 Acte III - "Dans cette fête"
- 5 "Peut-on être à la fois si tendre"
- 6 Acte IV - "Séjour de l'éternelle paix"
- 7 Acte III - Prélude : "La jeune nymphe que j'adore"
- 8 Acte I - "Que vous connaissez mal"
- 9 Acte IV - "Lieux funestes"
- 10 Acte II - "A mes tristes regards"
- 11 Acte II - Prélude : "Charmes des cœurs ambitieux"
- 12 Acte III - "Cessez de ravager la terre"
- 13 Prologue - "Charmant Bacchus"
Platée (Jean-Philippe Rameau)
La Guirlande de fleurs
Castor et Pollux
Naïs
Les Fêtes de l'Hymen et de l'Amour
Dardanus
Zoroastre
Zaïs
Naïs
Platée
À propos
Airs d'Opéra : Platée - La Guirlande de fleurs - Castor et Pollux - Naïs - Les Festes de l'Hymen et de l'Amour - Dardanus - Zoroastre - Zaïs / Jean-Paul Fouchécourt, ténor - Opera Lafayette - Ryan Brown, direction
Distinctions
5 de Diapason (janvier 2008)
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
64:04 - DDD - Enregistré au Clarice Smith Performing Arts Center à l'Université de Maryland (USA) - Notes en français
Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Platée, opéra en trois actes
Airs de Platée
Acte I - Scène 3 : "Que ce séjour est agréable"
Acte I - Scène 5 : "Quittez, nymphes, quittez"
Acte II - Scène 1 : "À l'aspect de ce nuage"
Acte III - Scène 3 : Marche pour la danse "Dans cette fête" (Mouvement de menuet)
Prologue (Air de Thespis) : Ariette "Charmant Bacchus"
La Guirlande de fleurs, ballet en un acte
Airs du berger Myrtil
Scène 1 : "Peut-on être à la fois si tendre"... "Ranimez-vous"
Castor et Pollux, opéra en cinq actes (Version de 1754)
Air de Castor
Acte IV - Scène 5 : "Séjour de l'éternelle paix"
Naïs, pastorale héroïque en trois actes
Airs de Neptune
Acte III - Scène 1
Prélude "La jeune nymphe que j'adore... Que l'univers entier... Amour, tu termines nos maux"
Ariette "Je vole où m'appelle ton choix"
Acte III - Scène 5 : "Cessez de ravager la terre"
Les Festes de l'Hymen et de l'Amour, opéra-ballet en un prologue et trois entrées
Airs d'Osiris
Acte I - Scène 1 : Gigue - Air gracieux "Que vous connaissez mal... Qu'à la voix d'Osiris"
Sarabande et Loure
Dardanus, opéra en cinq actes (Version de 1744)
Air de Dardanus
Acte IV - Scène 1 : "Lieux funestes"
Zoroastre, opéra en cinq actes
Air de Zoroastre
Acte II - Scène 1 : "À mes tristes regards"
Zaïs, pastorale héroïque en quatre actes
Airs de Zaïs
Acte II - Scène 1 : Prélude "Charmes des cœurs ambitieux" - Ritournelle - Ariette "À mes désirs"
Jean-Paul Fouchécourt, ténor
Opera Lafayette
Direction Ryan Brown
Platée, opéra en trois actes
Airs de Platée
Acte I - Scène 3 : "Que ce séjour est agréable"
Acte I - Scène 5 : "Quittez, nymphes, quittez"
Acte II - Scène 1 : "À l'aspect de ce nuage"
Acte III - Scène 3 : Marche pour la danse "Dans cette fête" (Mouvement de menuet)
Prologue (Air de Thespis) : Ariette "Charmant Bacchus"
La Guirlande de fleurs, ballet en un acte
Airs du berger Myrtil
Scène 1 : "Peut-on être à la fois si tendre"... "Ranimez-vous"
Castor et Pollux, opéra en cinq actes (Version de 1754)
Air de Castor
Acte IV - Scène 5 : "Séjour de l'éternelle paix"
Naïs, pastorale héroïque en trois actes
Airs de Neptune
Acte III - Scène 1
Prélude "La jeune nymphe que j'adore... Que l'univers entier... Amour, tu termines nos maux"
Ariette "Je vole où m'appelle ton choix"
Acte III - Scène 5 : "Cessez de ravager la terre"
Les Festes de l'Hymen et de l'Amour, opéra-ballet en un prologue et trois entrées
Airs d'Osiris
Acte I - Scène 1 : Gigue - Air gracieux "Que vous connaissez mal... Qu'à la voix d'Osiris"
Sarabande et Loure
Dardanus, opéra en cinq actes (Version de 1744)
Air de Dardanus
Acte IV - Scène 1 : "Lieux funestes"
Zoroastre, opéra en cinq actes
Air de Zoroastre
Acte II - Scène 1 : "À mes tristes regards"
Zaïs, pastorale héroïque en quatre actes
Airs de Zaïs
Acte II - Scène 1 : Prélude "Charmes des cœurs ambitieux" - Ritournelle - Ariette "À mes désirs"
Jean-Paul Fouchécourt, ténor
Opera Lafayette
Direction Ryan Brown
Dans cet enregistrement d’airs de ballets et de tragédies de Jean-Philippe Rameau, Jean-Paul Fouchécourt met à l’honneur son collègue Jélyotte qui était un célèbre haute-contre du XVIIIe siècle et
créateur de Platée en 1745 à Versailles.
Ces extraits nous offrent une merveilleuse palette d’émotions, des profonds "Lieux Funestes" (extrait de Dardanus) au Charmant Bacchus (extrait de Platée) plein d’esprit et d’imagination. Fouchécourt fait revivre ces airs avec une malice sans égale.
Ces extraits nous offrent une merveilleuse palette d’émotions, des profonds "Lieux Funestes" (extrait de Dardanus) au Charmant Bacchus (extrait de Platée) plein d’esprit et d’imagination. Fouchécourt fait revivre ces airs avec une malice sans égale.
Rameau et Jélyotte
La carrière de Jélyotte, haute-contre du XVIIIe siècle, fut indissociable des opéras de Rameau. Avec le renouveau qu’a récemment connu Rameau, le haute-contre Jean-Paul Fouchécourt a été lié tout aussi étroitement à Platée, et nous sommes très heureux d’enregistrer des extraits de cette œuvre avec lui. Avec Platée, Rameau apporta une imagination débordante et une grande subtilité musicale à un rôle comique. La variété de coloris de la palette de caractérisation musicale du compositeur est encore plus frappante quand on l’apprécie aux côtés d’autres airs de haute-contre tirés de ses ballets héroïques et de ses tragédies lyriques. Le fait d’associer sur un même disque Platée, la pastorale La Guirlande de fleurs et le profondément émouvant "Lieux funestes" de Dardanus nous permet de découvrir un large éventail d’émotions au sein de l’œuvre de Rameau. Pour Naïs, nous avons accolé des passages qui dans la partition intégrale sont séparés par d’autres pages, et pour Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour et Zaïs, nous avons extrait certains morceaux de leur continuité originale. Tout comme Thespis dans "Charmant Bacchus", le dernier air, nous espérons que le “dieu de la liberté” nous en permettra quelques-unes et, dans le cas Platée, nous autorisera à rire. Rameau, le maître de l’harmonie, avait sûrement la même intention lorsque, par exemple, il confia astucieusement des parties "éméchées" aux instrumentistes qui accompagnent les paroles de Thespis “Dussé-je être mal écouté”.
* *
Rameau fut le compositeur français le plus éminent de son époque, notamment après la mort de Couperin en 1733. Il apporta une contribution importante et durable à la théorie de la musique.
Né à Dijon deux ans avant les naissances de Haendel, Bach et Domenico Scarlatti, Rameau fut pendant la majeure partie du début de sa carrière l’organiste de la cathédrale de Clermont. En 1722 ou 1723, toutefois, il se fixa à Paris, publiant de nouveaux recueils de pièces pour clavecin et son influent Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels, écrit avant son installation dans la capitale. À partir de 1733, il se consacra principalement à la composition d’opéras et à son travail de théoricien, étant également le premier musicien à bénéficier du parrainage d’un riche amateur, dans la maison de qui il avait un appartement. Rameau contribua à diverses formes théâtrales, perpétuant avec certaines d’entre elles la tradition de Lully. Parmi celles-ci il y eut des tragédies lyriques, des comédies lyriques et des comédies-ballets. Il connut son premier succès en 1733 avec Hippolyte et Aricie, mais avec le temps les modes évoluèrent et les œuvres scéniques qu’il écrivit après Les Paladins en 1760 ne furent pas montées de son vivant.
L’art de Jélyotte, haute-contre Pierre de Jélyotte naquit dans le village de Lasseube, près de la ville de Pau dans le sud-ouest de la France, le 13 avril 1713. Il étudia le chant et la composition ainsi que le clavecin, l’orgue, le violon et la guitare à Toulouse, puis il s’installa à Paris en 1733. Selon Constant Pierre, il fit ses débuts au Concert Spirituel en mai de cette même année et fit sensation. Il intégra l’Opéra de Paris (ou l’Académie Royale de Musique, ainsi qu’on l’appelait alors) où il débuta avec le petit rôle d’un Grec dans la reprise du ballet héroïque en trois actes de Colin de Blamont, Les Festes grecques et romaines, le 11 juin 1733. Son interprétation lui valut une critique très favorable dans le numéro de juin du Mercure de France et il fut alors choisi pour chanter l’Amour et l’une des Parques pour la création du premier opéra de Rameau, Hippolyte et Aricie, le 1er octobre 1733. L’instrument de Jélyotte était puissant et très souple, avec un large ambitus allant de fa1 à ré4. Cette voix de ténor aiguë était dénommée haute-contre en français, terme qui évite la confusion des différentes définitions du mot "contre-ténor". Le haute-contre français est un ténor aigu qui peut chanter en voix naturelle de mi1 à ut4. Ce n’est qu’occasionnellement qu’un haute-contre utilise sa voix de fausset dans la partie la plus aiguë de sa tessiture. Jélyotte ne tarda pas à se voir confier des rôles de plus en plus importants à l’opéra. Lors de la création du ballet héroïque de Rameau Les Indes galantes, le 23 août 1735, il chanta les rôles protagonistes de Valère et de Don Carlos dans les premier et deuxième actes. À vingt-deux ans, il était devenu une vedette, et il allait désormais chanter de grands et de petits rôles avec un immense succès jusqu’à ses adieux à la scène en 1755. Après avoir quitté l’Opéra de Paris, Jélyotte continua de chanter au service de la cour dans le cadre de programmes lyriques donnés à Versailles et à Fontainebleau. En 1762, après l’une de ces occasions, le Mercure de France rapporta qu’il était toujours admirable, paraissant savourer l’éclat et la souplesse de sa voix, sans manquer d’être toujours aussi charmant. Cependant, le 9 novembre 1765, il prit sa retraite et rentra chez lui dans le sud-ouest de la France où, après de paisibles années, il s’éteignit le 11 septembre 1797.
De 1733 jusqu’à son départ de l’Opéra de Paris en 1755, Jélyotte chanta 46 personnages dans 41 ouvrages (36 créations et cinq reprises) et se vit confier des rôles importants dans treize des seize compositions de Rameau montées pendant cette période. Le succès des opéras de Rameau était dû en grande partie à l’art de Jélyotte et de sa consœur, la soprano Marie Fel. Jean-Louis de Cahusac, l’un des librettistes de Rameau, souligne ce fait en écrivant q’à l’heure actuelle, l’art lyrique dispose de deux chanteurs qui ont porté le goût, la précision et la légèreté du chant jusqu’à un degré de perfection jusqu’alors inconcevable. Selon de Cahusac, l’art lyrique leur doit ses immenses progrès, car c’est sans doute grâce aux possibilités que Rameau avait vues dans leurs voix éclatantes et flexibles que l’opéra doit les remarquables ouvrages avec lesquels cet illustre compositeur a enrichi le chant français.
Les opéras ici représentés Platée fut créé lors d’une unique représentation à Versailles le 31 mars 1745, dans le cadre des festivités célébrant le mariage du Dauphin, fils héritier de Louis XV, avec une princesse royale espagnole. L’ouvrage fut éclipsé par les autres spectacles donnés à cette occasion, la création d’une comédie-ballet de Voltaire et Rameau, La Princesse de Navarre, et les reprises de Thésée de Lully, Zaïde de Royer et Zélindor, Roi des Sylphes, de Rebel et Francœur. Jélyotte chantait le rôle-titre. Le 9 février 1749, Platée fut redonné avec un livret quelque peu modifié à l’Opéra de Paris, où il connut une série de représentations couronnées de succès. Sa reprise à l’Opéra de Paris en 1754, alors que la « Querelle des Bouffons » battait son plein, paracheva son triomphe. Le ballet en un acte La Guirlande de fleurs fut créé à l’Opéra de Paris (L’Académie Royale de Musique, ainsi qu’on l’appelait alors) le 21 septembre 1751, lors d’une soirée où étaient aussi présentés Les Sauvages de Rameau, l’un des actes de son opéra-ballet Les Indes galantes, et le ballet en un acte de Rebel et Francœur Les Génies tutélaires. Jélyotte chantait le rôle de Mirtil. La tragédie lyrique Castor et Pollux fut créée à l’Opéra de Paris le 24 octobre 1737. Son livret fut sévèrement critiqué, mais l’ouvrage n’en remporta pas moins un grand succès. Le livret fut profondément modifié pour la reprise de 1754. Celle-ci, dont la première eut lieu le 11 janvier 1754, servit d’argument à la "Querelle des bouffons", qui opposait les champions de la tragédie lyrique française à ceux de l’opera buffa italien. Le succès retentissant de Castor et Pollux en 1754 trancha le débat en faveur de l’opéra français. Lors de la reprise, Jélyotte chantait le rôle de Castor. C’est à l’occasion de représentations ultérieures de l’ouvrage en 1755 qu’il fit ses adieux à l’Opéra de Paris. Naïs fut créé à l’Opéra de Paris le 22 avril 1749. Jélyotte endossa le rôle de Neptune, dieu des mers. Le livret nous apprend que la scène représente les rives de l’Isthme de Corinthe, où vont se célébrer les jeux Isthmiques. Naïs est une belle nymphe à la voix envoûtante. Elle a été choisie pour présider aux jeux Isthmiques, qui se déroulent en l’honneur de Neptune. Le ballet héroïque Les Festes de l’Hymen et de l’Amour, constitué de trois actes indépendants précédés d’un prologue, fut créé à Versailles le 15 mars 1747 afin de célébrer le deuxième mariage du Dauphin, le fils du roi Louis XV, avec Marie-Josèphe de Saxe, la future mère des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. La première épouse du Dauphin, pour les noces de qui Rameau avait composé Platée et La Princesse de Navarre en 1745, était morte en couches un an auparavant. Dardanus fut créé à l’Opéra de Paris le 19 novembre 1739, avec Jélyotte dans le rôle-titre. À cause de la grande médiocrité de son livret, l’ouvrage reçut un accueil assez mitigé. Rameau et son librettiste, Charles-Antoine Le Clerc de la Bruère, réécrivirent la majeure partie du texte et de la musique pour la reprise de l’ouvrage à l’Opéra de Paris le 23 avril 1744. Cette fois, encore Jélyotte chantait le rôle-titre. Zoroastre fut créé à l’Opéra de Paris le 5 décembre 1749, alors que la popularité de Rameau auprès du public parisien était à son comble. De fait, depuis janvier 1748, pas moins de six de ses ouvrages avaient été montés par l’Opéra de Paris, poussant le gouvernement à interdire à la direction de l’Opéra de représenter plus de deux œuvres de Rameau par saison afin de ne pas décourager les autres compositeurs. Une fois de plus, Jélyotte se vit confier le rôle-titre. Donné pour la première fois le 29 février 1748, Zaïs, ballet héroïque en quatre actes et un prologue, connut le succès avec une série de trente-six représentations consécutives et fut repris deux fois pour cinquante représentations supplémentaires. Lors de la création, Jélyotte endossa le rôle-titre.
La carrière de Jélyotte, haute-contre du XVIIIe siècle, fut indissociable des opéras de Rameau. Avec le renouveau qu’a récemment connu Rameau, le haute-contre Jean-Paul Fouchécourt a été lié tout aussi étroitement à Platée, et nous sommes très heureux d’enregistrer des extraits de cette œuvre avec lui. Avec Platée, Rameau apporta une imagination débordante et une grande subtilité musicale à un rôle comique. La variété de coloris de la palette de caractérisation musicale du compositeur est encore plus frappante quand on l’apprécie aux côtés d’autres airs de haute-contre tirés de ses ballets héroïques et de ses tragédies lyriques. Le fait d’associer sur un même disque Platée, la pastorale La Guirlande de fleurs et le profondément émouvant "Lieux funestes" de Dardanus nous permet de découvrir un large éventail d’émotions au sein de l’œuvre de Rameau. Pour Naïs, nous avons accolé des passages qui dans la partition intégrale sont séparés par d’autres pages, et pour Les Fêtes de l’Hymen et de l’Amour et Zaïs, nous avons extrait certains morceaux de leur continuité originale. Tout comme Thespis dans "Charmant Bacchus", le dernier air, nous espérons que le “dieu de la liberté” nous en permettra quelques-unes et, dans le cas Platée, nous autorisera à rire. Rameau, le maître de l’harmonie, avait sûrement la même intention lorsque, par exemple, il confia astucieusement des parties "éméchées" aux instrumentistes qui accompagnent les paroles de Thespis “Dussé-je être mal écouté”.
Ryan Brown
* *
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Rameau fut le compositeur français le plus éminent de son époque, notamment après la mort de Couperin en 1733. Il apporta une contribution importante et durable à la théorie de la musique.
Né à Dijon deux ans avant les naissances de Haendel, Bach et Domenico Scarlatti, Rameau fut pendant la majeure partie du début de sa carrière l’organiste de la cathédrale de Clermont. En 1722 ou 1723, toutefois, il se fixa à Paris, publiant de nouveaux recueils de pièces pour clavecin et son influent Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels, écrit avant son installation dans la capitale. À partir de 1733, il se consacra principalement à la composition d’opéras et à son travail de théoricien, étant également le premier musicien à bénéficier du parrainage d’un riche amateur, dans la maison de qui il avait un appartement. Rameau contribua à diverses formes théâtrales, perpétuant avec certaines d’entre elles la tradition de Lully. Parmi celles-ci il y eut des tragédies lyriques, des comédies lyriques et des comédies-ballets. Il connut son premier succès en 1733 avec Hippolyte et Aricie, mais avec le temps les modes évoluèrent et les œuvres scéniques qu’il écrivit après Les Paladins en 1760 ne furent pas montées de son vivant.
L’art de Jélyotte, haute-contre Pierre de Jélyotte naquit dans le village de Lasseube, près de la ville de Pau dans le sud-ouest de la France, le 13 avril 1713. Il étudia le chant et la composition ainsi que le clavecin, l’orgue, le violon et la guitare à Toulouse, puis il s’installa à Paris en 1733. Selon Constant Pierre, il fit ses débuts au Concert Spirituel en mai de cette même année et fit sensation. Il intégra l’Opéra de Paris (ou l’Académie Royale de Musique, ainsi qu’on l’appelait alors) où il débuta avec le petit rôle d’un Grec dans la reprise du ballet héroïque en trois actes de Colin de Blamont, Les Festes grecques et romaines, le 11 juin 1733. Son interprétation lui valut une critique très favorable dans le numéro de juin du Mercure de France et il fut alors choisi pour chanter l’Amour et l’une des Parques pour la création du premier opéra de Rameau, Hippolyte et Aricie, le 1er octobre 1733. L’instrument de Jélyotte était puissant et très souple, avec un large ambitus allant de fa1 à ré4. Cette voix de ténor aiguë était dénommée haute-contre en français, terme qui évite la confusion des différentes définitions du mot "contre-ténor". Le haute-contre français est un ténor aigu qui peut chanter en voix naturelle de mi1 à ut4. Ce n’est qu’occasionnellement qu’un haute-contre utilise sa voix de fausset dans la partie la plus aiguë de sa tessiture. Jélyotte ne tarda pas à se voir confier des rôles de plus en plus importants à l’opéra. Lors de la création du ballet héroïque de Rameau Les Indes galantes, le 23 août 1735, il chanta les rôles protagonistes de Valère et de Don Carlos dans les premier et deuxième actes. À vingt-deux ans, il était devenu une vedette, et il allait désormais chanter de grands et de petits rôles avec un immense succès jusqu’à ses adieux à la scène en 1755. Après avoir quitté l’Opéra de Paris, Jélyotte continua de chanter au service de la cour dans le cadre de programmes lyriques donnés à Versailles et à Fontainebleau. En 1762, après l’une de ces occasions, le Mercure de France rapporta qu’il était toujours admirable, paraissant savourer l’éclat et la souplesse de sa voix, sans manquer d’être toujours aussi charmant. Cependant, le 9 novembre 1765, il prit sa retraite et rentra chez lui dans le sud-ouest de la France où, après de paisibles années, il s’éteignit le 11 septembre 1797.
De 1733 jusqu’à son départ de l’Opéra de Paris en 1755, Jélyotte chanta 46 personnages dans 41 ouvrages (36 créations et cinq reprises) et se vit confier des rôles importants dans treize des seize compositions de Rameau montées pendant cette période. Le succès des opéras de Rameau était dû en grande partie à l’art de Jélyotte et de sa consœur, la soprano Marie Fel. Jean-Louis de Cahusac, l’un des librettistes de Rameau, souligne ce fait en écrivant q’à l’heure actuelle, l’art lyrique dispose de deux chanteurs qui ont porté le goût, la précision et la légèreté du chant jusqu’à un degré de perfection jusqu’alors inconcevable. Selon de Cahusac, l’art lyrique leur doit ses immenses progrès, car c’est sans doute grâce aux possibilités que Rameau avait vues dans leurs voix éclatantes et flexibles que l’opéra doit les remarquables ouvrages avec lesquels cet illustre compositeur a enrichi le chant français.
Les opéras ici représentés Platée fut créé lors d’une unique représentation à Versailles le 31 mars 1745, dans le cadre des festivités célébrant le mariage du Dauphin, fils héritier de Louis XV, avec une princesse royale espagnole. L’ouvrage fut éclipsé par les autres spectacles donnés à cette occasion, la création d’une comédie-ballet de Voltaire et Rameau, La Princesse de Navarre, et les reprises de Thésée de Lully, Zaïde de Royer et Zélindor, Roi des Sylphes, de Rebel et Francœur. Jélyotte chantait le rôle-titre. Le 9 février 1749, Platée fut redonné avec un livret quelque peu modifié à l’Opéra de Paris, où il connut une série de représentations couronnées de succès. Sa reprise à l’Opéra de Paris en 1754, alors que la « Querelle des Bouffons » battait son plein, paracheva son triomphe. Le ballet en un acte La Guirlande de fleurs fut créé à l’Opéra de Paris (L’Académie Royale de Musique, ainsi qu’on l’appelait alors) le 21 septembre 1751, lors d’une soirée où étaient aussi présentés Les Sauvages de Rameau, l’un des actes de son opéra-ballet Les Indes galantes, et le ballet en un acte de Rebel et Francœur Les Génies tutélaires. Jélyotte chantait le rôle de Mirtil. La tragédie lyrique Castor et Pollux fut créée à l’Opéra de Paris le 24 octobre 1737. Son livret fut sévèrement critiqué, mais l’ouvrage n’en remporta pas moins un grand succès. Le livret fut profondément modifié pour la reprise de 1754. Celle-ci, dont la première eut lieu le 11 janvier 1754, servit d’argument à la "Querelle des bouffons", qui opposait les champions de la tragédie lyrique française à ceux de l’opera buffa italien. Le succès retentissant de Castor et Pollux en 1754 trancha le débat en faveur de l’opéra français. Lors de la reprise, Jélyotte chantait le rôle de Castor. C’est à l’occasion de représentations ultérieures de l’ouvrage en 1755 qu’il fit ses adieux à l’Opéra de Paris. Naïs fut créé à l’Opéra de Paris le 22 avril 1749. Jélyotte endossa le rôle de Neptune, dieu des mers. Le livret nous apprend que la scène représente les rives de l’Isthme de Corinthe, où vont se célébrer les jeux Isthmiques. Naïs est une belle nymphe à la voix envoûtante. Elle a été choisie pour présider aux jeux Isthmiques, qui se déroulent en l’honneur de Neptune. Le ballet héroïque Les Festes de l’Hymen et de l’Amour, constitué de trois actes indépendants précédés d’un prologue, fut créé à Versailles le 15 mars 1747 afin de célébrer le deuxième mariage du Dauphin, le fils du roi Louis XV, avec Marie-Josèphe de Saxe, la future mère des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. La première épouse du Dauphin, pour les noces de qui Rameau avait composé Platée et La Princesse de Navarre en 1745, était morte en couches un an auparavant. Dardanus fut créé à l’Opéra de Paris le 19 novembre 1739, avec Jélyotte dans le rôle-titre. À cause de la grande médiocrité de son livret, l’ouvrage reçut un accueil assez mitigé. Rameau et son librettiste, Charles-Antoine Le Clerc de la Bruère, réécrivirent la majeure partie du texte et de la musique pour la reprise de l’ouvrage à l’Opéra de Paris le 23 avril 1744. Cette fois, encore Jélyotte chantait le rôle-titre. Zoroastre fut créé à l’Opéra de Paris le 5 décembre 1749, alors que la popularité de Rameau auprès du public parisien était à son comble. De fait, depuis janvier 1748, pas moins de six de ses ouvrages avaient été montés par l’Opéra de Paris, poussant le gouvernement à interdire à la direction de l’Opéra de représenter plus de deux œuvres de Rameau par saison afin de ne pas décourager les autres compositeurs. Une fois de plus, Jélyotte se vit confier le rôle-titre. Donné pour la première fois le 29 février 1748, Zaïs, ballet héroïque en quatre actes et un prologue, connut le succès avec une série de trente-six représentations consécutives et fut repris deux fois pour cinquante représentations supplémentaires. Lors de la création, Jélyotte endossa le rôle-titre.
Nizam P. Kettaneh
Traductions françaises : David Ylla-Somers
© NAXOS Ltd 2007 – Reproduction interdite
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