Artiste principal :
James Ehnes
Genre : Classique > Musique de chambre
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz)
11.99€
Qualité Standard (320 kpbs)
9.99€
- 1 La Ronde des lutins
- 2 I. El paño moruno
- 3 II. Nana
- 4 III. Canción
- 5 IV. Polo
- 6 V. Asturiana
- 7 VI. Jota
- 8 La Capricieuse
- 9 Lotus Land (arr. Fritz Kreisler)
- 10 Hora staccato (arr. Jascha Heifetz)
- 11 Pièce en forme de Habanera
- 12 Étude-Caprice, op. 18 n° 4 (arr. Fritz Kreisler)
- 13 Mazurka, op. 81 n° 1
- 14 Guitarre (arr. Pablo de Sarasate)
- 15 Salut d'amour
- 16 Chanson Louis XIII and Pavane
- 17 Melody, op. 42 n° 3
- 18 Danse espagnole
- 19 Fantasia on "Greensleeves"
- 20 Jamaican Rumba (arr. William Primrose)
- 21 La Nuit (arr. Henri Vieuxtemps)
- 22 Excerpt
- 23 Excerpt
- 24 Excerpt
- 25 Excerpt
- 26 Excerpt
- 27 Excerpt
- 28 Excerpt
- 29 Excerpt
- 30 Excerpt
- 31 Excerpt
- 32 Excerpt
- 33 Excerpt
La Ronde des lutins (Antonio Bazzini)
Suite populaire espagnole (arr. Paul Kochanski) (Manuel de Falla)
La Capricieuse (Sir Edward Elgar)
Lotus Land (arr. Fritz Kreisler) (Cyril Scott)
Hora Staccato (arr. Jascha Heifetz) (Grigoras Dinicu)
Pièce en forme de Habanera (Maurice Ravel)
Étude-Caprice, op. 18 n° 4 (arr. Fritz Kreisler) (Henryk Wieniawski)
Mazurka, op. 81 n° 1 (Jean Sibelius)
Guitarre (arr. Pablo de Sarasate) (Moritz Moszkowski)
Salut d'amour (Sir Edward Elgar)
Chanson Louis XIII and Pavane (Fritz Kreisler)
Melody, op. 42 n° 3 (Piotr Ilyich Tchaikovsky)
Danse Espagnole (Manuel de Falla)
Fantasia on "Greensleeves" (Ralph Vaughan Williams)
Jamaican Rumba (arr. William Primrose) (Arthur Benjamin)
La Nuit (arr. Henri Vieuxtemps) (Félicien David)
Scottish Fantasy (Max Bruch)
Harold in Italy (Hector Berlioz)
À propos
Œuvres de Manuel de Falla, Bazzini, Elgar, Scott, Dinicu, Ravel, Sibelius, Kreisler... / James Ehnes, violon & alto - Eduard Laurel, piano
Distinctions
5 de Diapason (avril 2009)
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
+ 1 DVD - CD : 78:00 - DDD - DVD : 100:00 - NTSC - Format image : 16:9 - Son LPCM Stereo 5.1 Surround - Langue : anglais - Enregistré du 1 au 3 avril 2007 au Fulton Performing Arts Center, Overlake School, Redmond, Washington - Notes en anglais et français
Hommage à douze des plus célèbres instruments à cordes (neuf violons et trois altos de la collection Fulton) et aux luthiers légendaires
CD
Violons
Antonio Bazzini (1818–1897)
La Ronde des lutins
Antonio Stradivari, 1715 « Marsick »
Manuel de Falla (1876-1946)
Suite populaire espagnole (arr. Paul Kochanski)
I. El paño moruno
Giuseppe Guarneri « del Gesù », 1737 « Roi Joseph »
II. Nana
Antonio Stradivari, 1733 « Sassoon »
III. Canción
Antonio Stradivari, 1719 « Duc d’Albe »
IV. Polo
Giuseppe Guarneri « del Gesù », 1742 « Lord Wilton »
V. Asturiana
Antonio Stradivari, 1709 « La Pucelle »
VI. Jota
Antonio Stradivari, 1715 « Baron Knoop »
Danse espagnole
Antonio Stradivari, 1715 « Baron Knoop »
Edward Elgar (1857-1934)
La Capricieuse
Pietro Guarneri (Pierre de Mantoue), 1698 « Shapiro »
Salut d'amour
Antonio Stradivari, 1709 « La Pucelle »
Cyril Scott (1879-1970)
Lotus Land (arr. Fritz Kreisler)
Giuseppe Guarneri « del Gesù », 1737 « Roi Joseph »
Grigoraş Dinicu (1889-1949)
Hora Staccato (arr. Jascha Heifetz)
Antonio Stradivari, 1713 « Baron d’Assignies »
Maurice Ravel (1875–1937)
Pièce en forme de Habanera
Antonio Stradivari, 1715 « Marsick »
Henryk Wieniawski (1835-1880)
Étude-Caprice, op. 18 n° 4 (arr. Fritz Kreisler)
Pietro Guarneri (Pierre de Mantoue), 1698 « Shapiro »
Jean Sibelius (1865–1957)
Mazurka, op. 81 n° 1
Antonio Stradivari, 1719 « Duc d’Albe »
Moritz Moszkowski (1854-1925)
Guitarre (arr. Pablo de Sarasate)
Antonio Stradivari, 1713 « Baron d’Assignies »
Fritz Kreisler (1875-1962)
Chanson Louis XIII et Pavane
Antonio Stradivari, 1733 « Sassoon »
Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840–1893)
Mélodie, op. 42 n° 3
Giuseppe Guarneri « del Gesù », 1742 « Lord Wilton »
Altos
Ralph Vaughan Williams (1872-1958)
Fantaisie sur Greensleeves
Gasparo Bertolotti (Gasparo da Salò), v.1560
Arthur Benjamin (1893-1960)
Jamaican Rumba (arr. William Primrose)
Giuseppe Guadagnini, 1793 « Rolla »
Félicien David (1810-1876)
La Nuit (arr. Henri Vieuxtemps)
Andrea Guarneri, 1676 « Comte Vitale, ex Landau »
Plages comparatives
Max Bruch (1838-1920)
Extrait de Fantaisie écossaise
(extrait joué sur tous les violons)
Hector Berlioz (1803-1869)
Extrait de Harold en Italie
(extrait joué sur tous les altos)
DVD
Le DVD bonus contient le programme complet ainsi que des interviews avec James Ehnes et David Fulton, propriétaire de la collection d'instruments James Ehnes, violon & alto
Eduard Laurel, piano
Violons
Antonio Stradivari : 1709 « La Pucelle », 1713 « Baron d’Assignies », 1715 « Marsick », 1715 « Baron Knoop » , 1719 « Duc d’Albe » , 1733 « Sassoon »
Giuseppe Guarneri « del Gesù » : 1737 « Roi Joseph », 1742 « Lord Wilton »
Pietro Guarneri (Pierre de Mantoue) : 1698 « Shapiro »
Altos
Gasparo Bertolotti (Gasparo da Salò) : v.1560
Andrea Guarneri : 1676 « Comte Vitale, ex Landau »
Giuseppe Guadagnini : 1793 « Rolla »
Voilà un exercice qui devrait mettre sérieusement à contribution vos oreilles : reconnaître neuf violons et trois altos différents, mais pas n’importe quelles crêpes ! Six Stradivarius, deux
Giuseppe Guarneri, un Pietro Guarneri pour les violons, un Da Saló, un Andrea Guarneri et un Guadagnini côté altos. Car ce sont ces douze merveilles auxquelles rend ici hommage James Ehnes. Bon,
l’exercice est « facilité », si l’on veut, par un extrait de Fantaisie écossaise de Bruch jouée (sans accompagnement) tour à tour sur les neuf violons puis un extrait de Harold
en Italie sur trois altos, mais il n’en reste pas moins épineux. Cela dit, dès lors que l’on commence réellement à déceler les différences, quelle fascination ! Cette magnifique collection
appartient à David Fulton, l’un des anciens vice-présidents de M… (une ultra-célèbre firme de logiciels états-unienne, on ne va quand même pas leur faire de la publicité en prime), mécène,
philanthrope, violoniste amateur passionné, qui l’a généreusement mise à disposition de Ehnes.
Pour compléter le volume, un DVD redonne tout le programme du CD avec l’image, et éclaire l’auditeur-spectateur sur bien d’autres aspects de ces instruments, sans oublier une interview du violoniste et de David Fulton – en anglais, et votre serviteur n’a point dégoté de sous-titres, mais peut-être suis-je un gros nul ??? – qui explique l’histoire de sa collection, des instruments eux-mêmes et des grands violonistes qui les ont possédé ou joués, comme Heifetz ou Menuhin.
Bref, un magnifique document, royalement servi par le royal violoniste James Ehnes.
Pour compléter le volume, un DVD redonne tout le programme du CD avec l’image, et éclaire l’auditeur-spectateur sur bien d’autres aspects de ces instruments, sans oublier une interview du violoniste et de David Fulton – en anglais, et votre serviteur n’a point dégoté de sous-titres, mais peut-être suis-je un gros nul ??? – qui explique l’histoire de sa collection, des instruments eux-mêmes et des grands violonistes qui les ont possédé ou joués, comme Heifetz ou Menuhin.
Bref, un magnifique document, royalement servi par le royal violoniste James Ehnes.
Hommage L’évolution des instruments de musique s’est faite parallèlement à celle de la musique elle-même à travers l’histoire. Les familles instrumentales – cordes, vents et
percussions – sont restées constantes, mais les instruments eux-mêmes ont continuellement évolué. Les flûtes actuelles n’ont pas grande relation avec les flûtes jouées par les Grecs anciens, et
Bach aurait été étonné par le piano de concert d’aujourd’hui. Mais les instruments à cordes sont une exception : les instruments les plus convoités sont ceux qui ont été faits il y a plusieurs
centaines d’années, dans une petite région du nord de l’Italie, par une poignée de luthiers légendaires. Nos meilleurs instruments à cordes possèdent une combinaison parfaite
de beauté sonore, d’étendue de couleurs, de clarté et de puissance. Il n’est pas rare de voir un instrument qui possède une ou deux de ses qualités, mais il est exceptionnel que tous ces éléments
soient réunis dans le même instrument. Les artisans qui ont fait les instruments présentés dans cet enregistrement ont signé des violons et des altos qui n’ont jamais été surpassés. Pourquoi les
instruments à cordes ont-ils atteint leur apogée à cette époque particulière ? Le mystère demeure. Sans doute la seule explication raisonnable est-elle que la lutherie n’est pas seulement un
artisanat, mais une forme d’art. Comme beaucoup de formes d’art, la lutherie a eu son « âge d’or », où de brillants artistes, vivant à proximité, à un moment de forte demande,
s’inspirèrent l’un l’autre pour créer des œuvres d’une grandeur sans égale. Au fil des siècles, les instruments de cette époque ont été dispersés à travers le monde. Mais,
régulièrement, des particuliers ont réuni d’importantes collections de ces magnifiques violons, altos, violoncelles, offrant l’occasion unique de les découvrir dans un contexte, et permettant aux
musiciens non seulement de les apprécier individuellement, mais de les comparer et de les opposer. David Fulton a rassemblé l’une des plus belles collections privées, contenant bon nombre des
instruments à cordes les plus renommés au monde. Cet enregistrement est le fruit de sa volonté de créer aujourd’hui un document historique sur ces instruments. Le violon a
trouvé sa forme actuelle dans les années 1500. On considère souvent Andrea Amati (v.1505–v.1578) comme le père du violon « moderne ». Amati travailla à Crémone, ville de la vallée du Pô
dans le nord de l’Italie actuelle. Bien que seuls quelques-uns de ses instruments survivent aujourd’hui, c’est grâce à son succès que Crémone est devenue la capitale de la lutherie en Italie et la
patrie de nombre d’éminents luthiers, dont les membres de la famille Guarneri, Antonio Stradivari, Carlo Bergonzi et les descendants d’Amati lui-même : Hieronymus, Antonio, Nicolò et Hieronymus
II. Dès le début des années 1700, la lutherie était à son apogée. Le plus grand luthier de l’époque fut incontestablement Antonio Stradivari (1644–1737), dit
Stradivari. La plus ancienne étiquette connue de Stradivari affirme qu’il fut l’élève de Nicolò Amati, encore que beaucoup d’experts pensent aujourd’hui que c’était une invention hardie du jeune
luthier pour se rendre plus crédible. Il ne fait cependant aucun doute que le jeune Stradivari, comme tous ses contemporains, fut fortement influencé par Amati. Dès la trentaine, il commença à
signer des instruments pour certaines des familles les plus renommées et les plus fortunées d’Europe, notamment à la cour d’Espagne et pour la famille Médicis à Florence. Son « âge d’or »
commença au début des années 1700 (se situant approximativement entre 1709 et 1720, encore que certains experts le fassent remonter à 1703, voire à 1700) ; ce sont les instruments de cette
période qui ont défini le prototype du violon. Ses violons de ces années parviennent à une synthèse parfaite entre perfection sonore et beauté de conception, et sont recherchés tant par les
interprètes que par les collectionneurs. Giuseppe Guarneri « del Gesù » (1698–1745) fut le plus grand facteur de l’une des célèbres familles de luthiers.
Son grand-père Andrea Guarneri (1626–1698) débuta comme apprenti de Nicolò Amati et produisit de nombreux instruments magnifiques, dont l’alto présenté dans cet enregistrement. Les deux fils
d’Andrea, Giuseppe (« filius Andrea », « fils d’André ») et Pietro (« Pierre de Mantoue »), furent également d’excellents luthiers, dont les violons sont
généralement même considérés comme supérieurs à ceux de leur père. Giuseppe « filius Andrea » eut lui aussi deux fils : Pietro (« Pierre de Venise ») et Giuseppe, qu’on surnomme
aujourd’hui « del Gesù », en raison de la présence des caractères IHS (abréviation grecque pour Jésus) et d’une croix sur ses étiquettes. « Del Gesù » ne connut ni la renommée
ni la fortune de Stradivari de son vivant, mais il est désormais considéré comme son égal. Pendant que Stradivari faisait des instruments pour bon nombre des Européens les plus riches et les plus
influents, « del Gesù » destinait ses violons, pense-t-on, aux musiciens locaux. Cela pourrait expliquer dans une certaine mesure le nombre relativement restreint d’instruments qui
survivent ; on estime qu’il reste environ cent quarante violons, et un seul violoncelle (portant l’étiquette de son père, mais révélant clairement le travail du jeune « del Gesù »). En
revanche, on connaît plus de six cents Stradivari. On a souvent comparé les violons de Stradivari et de Guarneri « del Gesù ». Bon nombre de grands violonistes ont
eu plaisir à utiliser des instruments des deux facteurs (Henryk Wieniawski, Fritz Kreisler, Jascha Heifetz, Yehudi Menuhin, Arthur Grumiaux, Itzhak Perlman), mais beaucoup d’autres sont restés
fidèles toute leur vie à l’un ou à l’autre. C’est le légendaire Niccolò Paganini qui apporta aux instruments de « del Gesù » la reconnaissance qu’ils méritaient lorsqu’il fit d’un
« del Gesù » de 1742 son principal instrument de concert, même s’il possédait aussi et jouait des Stradivari. Il y a beaucoup d’idées fausses sur ces instruments et sur leur adéquation au
concert. On pense souvent que les Stradivari d’avant 1700 ne sont pas des instruments de « concert » idéals – idée manifestement démentie pour peu qu’on ait l’occasion d’entendre certains
des plus grands violons de cette période. D’aucuns considèrent les violons de la période « longue » de Stradivari (1692–1699, environ, avec certaines exceptions notables) comme une
expérience infructueuse, alors que certains de ces violons sont parmi les plus grands instruments de concert, remarquables pour leur incroyable sonorité pénétrante et leur timbre clair et net. De
même, on prête une supériorité aux instruments de « del Gesù » d’après 1740. S’il est vrai que la plupart de ses violons exceptionnels proviennent de cette période, on ne peut
raisonnablement affirmer qu’ils sont vraiment d’un niveau supérieur, sur le plan sonore, à certains de ses meilleurs violons antérieurs. Quant à la « supériorité » de l’un des luthiers
sur l’autre, c’est une question qui n’a pas de réponse. Différents types de musiciens apprécieront différents instruments. À mon avis, les meilleurs violons de chaque facteur ont certains avantages
sur ceux de l’autre, suivant le répertoire, l’acoustique dans laquelle ils sont joués, et ce que l’interprète essaie de faire musicalement. En fin de compte, ces instruments sont des outils
expressifs, et les grands exemples des deux luthiers sont pratiquement sans limites dans leurs capacités ; toutes les insuffisances dans les interprétations données sur ces instruments sont la
faute du musicien, et non du luthier.
1698 Pietro Guarneri (Pierre de Mantoue) « Shapiro »
Les instruments de Pietro Guarneri de Mantoue (1655–1720) sont extrêmement rares. Lui-même était à la fois musicien et luthier, et l’on pense que cette double carrière
est l’une des raisons pour lesquelles il fit si peu d’instruments (on connaît quarante-deux violons, une viole ténor et un violoncelle). Ce violon est particulièrement intéressant du fait de sa
belle fleur de lys marquetée dans chaque coin, aussi bien devant qu’au dos.
1709 Antonio Stradivari « La Pucelle »
Ce célèbre violon est l’un des Strad les mieux conservés qu’on connaisse. Son surnom lui vint lorsque le grand luthier, marchand et restaurateur J.B. Vuillaume vit le
violon pour la première fois vers 1850 et s’exclama qu’il était « comme une pucelle ! » Autrement dit, le violon n’avait jamais été ouvert depuis qu’il avait quitté les mains de
Stradivari. Vuillaume a modernisé l’instrument, remplaçant le manche, la barre et la garniture. Le violon n’a pas subi de modifications ni de réparations depuis cette époque. Il conserve toujours
les chevilles et le cordier de Vuillaume, ce dernier étant sculpté d’une belle effigie de Jeanne d’Arc (« la Pucelle d’Orléans »). Ce violon n’a jusqu’à maintenant jamais été enregistré.
1713 Antonio Stradivari « Baron d’Assignies »
Ce violon est remarquable pour sa sonorité brillante et puissante, et pour la fraîcheur de son état de conservation. Il ne semble guère avoir été très utilisé et était
inconnu des experts modernes jusqu’en 1955. David Fulton n’en est que le troisième propriétaire connu. L’un des aspects remarquables de sa facture est l’épaisseur de sa table, 2,9 mm, soit un quart
de millimètre de plus que tout autre violon connu de Stradivari.
1715 Antonio Stradivari « Marsick »
J’ai eu le grand plaisir d’utiliser ce violon comme instrument de concert depuis septembre 1999. Bien que le nom du violoniste belge Martin-Pierre Marsick soit attaché
à cet instrument, il ne lui a appartenu que pendant un an (1879–1880). On peut retracer ses propriétaires d’environ 1870 jusqu’aux premières années du XXe siècle. À un certain moment
ensuite, le violon partit pour l’Union soviétique, où il resta jusqu’à ce que le marchand britannique Peter Biddulph l’acquière vers 1990. Il existe un autre Strad « Marsick » de 1705,
qui fut ensuite l’instrument de concert de David Oïstrakh. Il semble également que Marsick ait eu un Strad de 1726 pendant quelque temps au tournant du XXe siècle.
1715 Antonio Stradivari « Baron Knoop »
Ce violon, l’un des instruments les plus célèbres de Stradivari, doit son nom au grand collectionneur que fut le baron Johann Knoop (1846–1918), qui possédait l’une
des plus grands collections d’instruments à cordes de tous les temps. D’après le grand marchand britannique Alfred Hill, ce violon était le préféré du baron. Il est baptisé « Bevan »
(propriétaire ultérieur) dans le livre de Hill sur Stradivari, spécialement cité comme un instrument « de premier ordre ». Jascha Heifetz utilisa ce violon entre décembre 1936 et janvier
1938.
1719 Antonio Stradivari « Duc d’Albe »
La provenance de cet instrument peut être retracée jusqu’en 1788, année où il fut confié par le duc d’Albe à Vicenzo Ascensio de Madrid pour réparation (une
inscription d’Ascensio est encore visible sur l’étiquette). Comme tant de grands violons, il se retrouva chez le marchand français Vuillaume vers 1850 et fut ensuite vendu à Wilhelm von Booth, un
noble allemand dont la famille le garda jusqu’en 1911. Alors qu’il était en la possession d’Otto Booth (le fils de Wilhelm) au tournant du XXe siècle, le violon résida en Afrique du Sud,
et était, selon Arthur Hill, le seul Stradivari dans cette région du monde à cette époque.
1733 Antonio Stradivari « Sassoon »
Cet exemple typique de la dernière période de Stradivari est dans un très bon état de conservation, après avoir passé l’essentiel de son histoire connue entre les
mains de musiciens amateurs et de collectionneurs. Le violon fut acheté en 1892 par la famille Roussy (propriétaire du lait Nestlé) et resta en sa possession pendant soixante-quinze ans. Pendant
une bonne partie de ce temps, il semble que le violon n’ait pratiquement pas été joué ; de 1924 jusqu’en 1966, il séjourna dans un coffre à Londres. De manière typique des instruments tardifs
de Stradivari, l’érable du fond, des éclisses et de la volute est assez simple, et le vernis est d’une teinte un peu plus brune que celui qu’il utilisa à son « âge d’or ».
1737 Giuseppe Guarneri « del Gesù » « Roi Joseph »
Ce violon est l’un des exemples les plus superbes de la fin de la période médiane du luthier, alliant une grande beauté de facture à une sonorité stupéfiante. Son
fond est fait d’un seul morceau d’érable scié sur dosse, trait quelque peu inhabituel dans le travail de « del Gesù ». Ce violon, qui serait le premier de « del Gesù » à avoir
voyagé aux États-Unis, est souvent considéré comme son plus grand chef-d’œuvre – d’où son surnom. Il est intéressant de noter que ce violon était autrefois surnommé le Joseph Guarneri
« Roi », mais qu’on l’appelle maintenant Guarneri « Roi Joseph » – peut-être pour éviter la confusion avec un « del Gesù » de 1735 qui est également surnommé
« Roi ».
1742 Giuseppe Guarneri « del Gesù » « Lord Wilton »
Ce célèbre violon fut le dernier instrument de concert de Yehudi Menuhin, qui l’acquit en 1978, bien qu’il l’ait joué dès les années 1940. Son état est quasi parfait,
et il est reconnu depuis de nombreuses générations comme l’un des « del Gesù » les plus exceptionnels sur le plan sonore. Il était particulièrement apprécié de la famille Hill, qui lui
accorda une place importante dans son livre de 1931 sur la famille des luthiers.
v.1560 Gasparo Bertolotti (Gasparo da Salò)
Tandis qu’Andrea Amati développait le violon moderne à Crémone, Gasparo da Salò (1540–1609), ainsi qu’on appelle habituellement Gasparo Bertolotti, faisait des
instruments robustes, mais exceptionnels sur le plan sonore, à Brescia. Les altos de Gasparo da Salò sont convoités pour leur timbre profond et résonant, encore que leurs grandes dimensions les
rendent difficiles à jouer pour les altistes qui n’ont pas de longs bras et de longs doigts. Malheureusement, beaucoup de ses instruments ont été réduits en taille au fil des ans pour être plus
« pratiques » à jouer (ce fut également le sort de la plupart des premiers violoncelles de Stradivari, dont les dimensions sont maintenant considérées comme anormalement grandes). Cet
instrument conserve ses dimensions originales. Bien que la longueur du corps de l’alto ne soit nullement standardisée, celui-ci, avec 44,8 cm, est près de 3 cm plus long que ce que l’on considère
généralement comme un alto « entier ».
1676 Andrea Guarneri « Comte Vitale, ex Landau »
Cet alto, l’un des plus célèbres au monde, est l’un des cinq altos connus de ce luthier. Ayant été entre les mains d’amateurs et de collectionneurs pendant deux cents
ans, il est dans un état de conservation presque parfait. C’est un exemple rare d’un instrument crémonais qui conserve son manche d’origine, encore que celui-ci ait été repositionné par le célèbre
luthier Carlo Mantegazza il y a de nombreuses années pour usage moderne. On trouve une référence à cet instrument dans le journal d’un collectionneur, le comte Cozio di Salabue, à la date du 1er
avril 1816, qui dit qu’il appartient au comte Vitale de Milan, dont les initiales (S.V.) sont gravées sur le talon. Ayant appartenu ensuite à Sir William Curtis (membre du parlement de Londres de
1790 à 1826, et lord-maire en 1795), il aurait été utilisé pour des séances de musique de chambre avec le roi Georges IV.
1793 Giuseppe Guadagnini « Rolla »
Giuseppe Guadagnini (1753–1805) était le fils de l’éminent luthier J.B. Guadagnini. Comme son père, il travailla dans différentes villes ; cet alto a été fait à
Parme. Il est de dimensions relativement petites, avec un corps de 39,7 cm seulement. Il est crucial d’associer le bon archet à un instrument à cordes. La différence qu’un
archet particulier peut produire pour la sonorité d’un violon ou d’un alto est étonnante, et difficile à expliquer. Un grand archet peut ajouter de la profondeur à un instrument brillant, éclaircir
la sonorité d’un instrument moelleux, ou apporter davantage de clarté et de puissance. L’association d’un grand archet et d’un grand violon n’est cependant pas la garantie de bons résultats. Une
mauvaise combinaison peut étouffer la sonorité d’un instrument ou exagérer une qualité particulière plus qu’il n’est souhaitable. Les archets utilisés pour cet
enregistrement ont été faits par les deux archetiers les plus illustres : François-Xavier Tourte (1747–1835) et Dominique Peccatte (1810–1874). David Fulton possède l’une des plus grandes
collections d’archets au monde, et j’ai passé de longues heures à comparer différents archets sur différents instruments, essayant de trouver l’alliance parfaite. Pour les neuf violons, j’ai
utilisé quatre archets différents : un Tourte pour les deux violons « del Gesù », un autre Tourte pour les Stradivari « Baron Knoop », « Pucelle » et « Duc
d’Albe », un autre Tourte encore, de ses débuts, pour le Stradivari « Sassoon », et un Peccatte pour les Stradivari « Marsick » et « Baron d’Assignies » ainsi que
le Pietro Guarneri. J’ai utilisé un archet différent pour chacun des altos : des Tourte pour le Guarneri et le Gasparo da Salò, et un Peccatte pour le Guadagnini. Choisir le
répertoire pour ce projet représentait un défi particulier. Il était important pour moi que l’enregistrement tienne debout sur le seul plan du mérite musical et qu’il propose un programme
intéressant et agréable indépendamment du fait qu’il réunisse tant d’instruments différents. Je voulais également choisir un répertoire qui mette en valeur les qualités spéciales des violons et
altos individuels. Grâce à mon amitié avec David Fulton, j’ai pu apprendre à connaître assez bien chacun de ces violons et de ces altos au fil des années qui ont débouché sur l’enregistrement.
Toutes les pièces de cet enregistrement ont été choisies en vue d’un instrument particulier, dans l’idée de mettre en valeur une qualité sonore de l’instrument en question.
Les extraits de la Fantaisie écossaise de Bruch et de Harold en Italie de Berlioz sur les plages comparatives sont ceux que j’ai utilisés au fil des ans pour essayer violons et altos.
Couvrant toute l’étendue de l’instrument, ces extraits sont un moyen rapide d’explorer les possibilités sonores d’un violon ou d’un alto donné. La différence de timbre entre deux instruments est
souvent très subtile, et, bien sûr, la personnalité de l’interprète est l’élément le plus déterminant pour la sonorité produite par n’importe quel violon ou alto. Néanmoins, j’espère que l’auditeur
verra que chacun de ces magnifiques instruments a une voix unique et personnelle.
James Ehnes
Traduction : Dennis Collins
© Onyx Classics 2008 – Reproduction interdite
Traduction : Dennis Collins
© Onyx Classics 2008 – Reproduction interdite
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