Artiste principal :
Barthold Kuijken
Genre : Classique > Musique de chambre
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz)
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Qualité Standard (320 kpbs)
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- 1 I. Adagio
- 2 II. Vivace
- 3 III. Grave
- 4 IV. Allegro
- 5 I. Adagio
- 6 II. Vivace
- 7 III. Cortesemente
- 8 IV. Vivace
- 9 I. Grave
- 10 II. Vivace
- 11 III. Cunando
- 12 IV. Vivace
- 13 I. Andante
- 14 II. Presto
- 15 III. Con tenerezza
- 16 IV. Allegro
- 17 I. Largo
- 18 II. Allegro
- 19 III. Ondeggiando
- 20 IV. Allegro
- 21 I. Cantabile
- 22 II. Vivace
- 23 III. Mesto
- 24 IV. Spirituoso
- 1 I. Sicilienne
- 2 II. Allegro
- 3 III. Dolce, ma non adagio
- 4 IV. Grave-Vivace
- 5 V. Presto
- 6 I. Allegro
- 7 II. Adagio
- 8 III. Allegro assai
- 9 IV. Ondeggiando, ma non adagio
- 10 V. Allegro
- 11 I. Andante
- 12 II. Allegro
- 13 III. Adagio
- 14 IV. Gratioso e semplicemente
- 15 V. Presto
- 16 I. Largo
- 17 II. Allegro
- 18 III. Dolce
- 19 IV. Vivace
- 20 V. Allegro
- 21 I. Andante
- 22 II. Allegro
- 23 III. Tempo giusto
- 24 IV. Vivace
- 25 V. Allegro
- 26 I. Andante
- 27 II. Allegro
- 28 III. Presto
- 29 IV. Dolce
- 30 V. Vivace
DISQUE 1
Sonate en sol mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue") (Georg Philipp Telemann)
Sonate en la majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en mi mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en ré majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en la mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en sol majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
DISQUE 2
Sonate en si mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en ut mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en mi majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en si majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en ré mineur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
Sonate en ut majeur (tirée de "12 Sonates méthodiques pour flûte, violon & basse continue")
À propos
12 Sonates méthodiques pour flûte (ou violon) et basse continue / Barthold Kuijken, flûte traversière - Wieland Kuijken, viole de gambe - Robert Kohnen, clavecin
Distinctions
Diapason d'or (février 1996)
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
67:27 - 70:15 - DDD - Enregistré en "live" en mai et septembre 1994 en l'Eglise de la Congrégation Mémonite de Harlem aux Pays-Bas - Notes en français, anglais & allemand
Georg Philipp Telemann (1681-1767)
Sonate Metodiche pour flûte (ou violon) et basse continue (1728-1732)
(12 Sonates méthodiques)
Sol mineur
La majeur
Mi mineur
Ré majeur
La mineur
Sol majeur
Si mineur
Ut mineur
Mi majeur
Si majeur
Ré mineur
Ut majeur Barthold Kuijken, flûte traversière
Wieland Kuijken, viole de gambe
Robert Kohnen, clavecin
Sonate Metodiche pour flûte (ou violon) et basse continue (1728-1732)
(12 Sonates méthodiques)
Sol mineur
La majeur
Mi mineur
Ré majeur
La mineur
Sol majeur
Si mineur
Ut mineur
Mi majeur
Si majeur
Ré mineur
Ut majeur Barthold Kuijken, flûte traversière
Wieland Kuijken, viole de gambe
Robert Kohnen, clavecin
Les Sonates méthodiques furent écrites en 1728 (pour la première série) et 1732 (pour la seconde), à l’usage des amateurs éclairés désireux de se familiariser avec l’art de l’ornementation ;
en effet, lorsqu’on sait que Quantz se plaignait des musiciens qui détruisaient une œuvre en l’ornementant n’importe comment, on ne s’étonnera pas que Telemann et d’autres proposèrent leurs propres
réalisations ornementées. Ainsi les premiers mouvements de toutes les sonates ici enregistrées sont-ils, dans l’édition originale, dotés d’une ligne supplémentaire définissant les ajouts
ornementaux tels que le compositeur lui-même peut les concevoir : on ne peut pas faire mieux en termes de vérité historique !
L’originalité de ces Sonates méthodiques, écrite à la maturité, à la fois pour divertir et pour instruire, tient d’une part à l’ornementation en ce qu’elle provient autant du style français (tierce coulée, appogiature…) qu’italien (arpèges, gammes) et, d’autre part, à l’introduction de rondeaux et d’airs à la française entre des mouvements italiens. Le succès de la première série de sonates fut tel que Telemann en publia une seconde série en 1732, la Continuation des Sonates Méthodiques. Telemann n’ayant donné de modèle d’ornementation que pour quelques premiers mouvements, Barthold Kuijken s’est inspiré des indications suggérées par son filleul, C. P. E. Bach, ainsi que celles de Quantz dans son traité.
Un Diapason d’Or fut décerné en février 1996 à ce très bel enregistrement, lors de sa première publication.
L’originalité de ces Sonates méthodiques, écrite à la maturité, à la fois pour divertir et pour instruire, tient d’une part à l’ornementation en ce qu’elle provient autant du style français (tierce coulée, appogiature…) qu’italien (arpèges, gammes) et, d’autre part, à l’introduction de rondeaux et d’airs à la française entre des mouvements italiens. Le succès de la première série de sonates fut tel que Telemann en publia une seconde série en 1732, la Continuation des Sonates Méthodiques. Telemann n’ayant donné de modèle d’ornementation que pour quelques premiers mouvements, Barthold Kuijken s’est inspiré des indications suggérées par son filleul, C. P. E. Bach, ainsi que celles de Quantz dans son traité.
Un Diapason d’Or fut décerné en février 1996 à ce très bel enregistrement, lors de sa première publication.
Georg Philipp Telemann
Sonate MetodicheJan De Winne
Une longue vie doublée d'une inépuisable inspiration firent que Georg Philipp Telemann laissa à la postérité une quantité impressionnante d'œuvres. De son temps, lorsqu'on voulait désigner les «meilleurs» compositeurs de l'époque, son nom était automatiquement cité avec ceux de Bach et de Haendel. Pourtant, par la suite – et tout récemment encore – Telemann fut déprécié par les musicologues qui ne cessaient de le confronter au «grand» Bach. Aujourd'hui par contre, le maître hambourgeois retrouve tout son prestige. Telemann s'est essayé à tous les genres ou presque. Il est frappant de constater que la musique de chambre et plus particulièrement les sonates en solo, furent toutes composées entre 1710 et 1740. On sait pourtant combien il est resté actif jusqu'à sa mort survenue en 1767.
En 1721, Telemann avait quitté Francfort avec sa femme et ses sept enfants pour déménager à Hambourg et prendre ses fonctions de directeur musical de la ville. Cette charge supposait qu'il livre et dirige la musique de cinq églises et qu'il assume le poste de Cantor au Johanneum. Il devait, en outre, composer la musique accompagnant toutes les manifestations civiles, dont par exemple l'installation annuelle de la milice municipale (la dénommée Kapitänsmusik). En plus de ses obligations officielles, Telemann devint en 1722 directeur de l'opéra de Hambourg, tout en dirigeant un collegium musicum. Ces multiples activités auraient suffi à occuper pleinement le commun des mortels, mais Telemann, toujours à l'éveil de nouveautés aspirait à de plus vastes horizons ; afin d'exploiter pleinement ses capacités musicales (et commerciales), il éprouvait le besoin de se faire connaître d'un public aussi large que possible. Dès 1725 il consacra beaucoup d'énergie à publier ses propres œuvres, en premier lieu l'Harmonische Cottesdienst, 72 cantates solo avec instruments obligés tels le violon, le hautbois, la flûte et la flûte à bec. En 1726-1727 parurent Auszug derjenigen musicalischen und auf die gewonlichen Evangelien verichteten Arien, ainsi que les Sonates sans Basse à deux Flûtes traverses. À partir de 1728 Telemann écrivit de plus en plus de musique purement instrumentale et il publia une revue musicale dans laquelle, si l'on se réfère à la page de titre, il offrait aux lecteurs, tous les quinze jours, des sonates, des airs, des fugues etc. :
"Der Getreue Music-meister welcher so wo für Sänger aïs Instrumentalisten allerhand Cattungen musicalischer Stücke, so auf verschiedene Stimmen und fast alle gebräuchliche Instrumente gerichtet sind, – und moralische, Opern – und andere Arien, dessgleichen TRII, DUETTI, SOLI etc. / SONATEN, OUVERTUREN, etc. / wie auch FUGEN, CONTRAPUNCTE, CANONENS, etc. enthalten, mithin das mehreste, was nur in der Music vorkommen mag, nach Italidnischer, Französischer, Englisher, Polnischer etc., so ernsthaft aïs lebhaft und lustigen Ahrt, und nach alle 14. Tage in einer LECTION vorzutragengedenket durch Telemann. Hamburg, Ao.1728"
« Le Parfait Maître de Musique est destiné aussi bien aux chanteurs qu'aux instrumentistes ; il présente des pièces de style très varié parmi lesquelles différentes tessitures vocales seront représentées accompagnées de presque tous les instruments utilisés de nos jours. Ou y trouvera aussi des œuvres morales et airs divers, des TRIOS, des DUOS, des SOLOS etc, des SONATES, des OUVERTURES, etc, et aussi des FUGUES, du CONTREPOINT, des CANONS etc. bref, tout ce qui peut se faire en musique selon les goûts italien, français, anglais, polonais etc., dans une atmosphère aussi bien sérieuse que vive ou amusante. Ceci paraîtra tous les quinze jours, exposé dans une LEÇON, par Telemann, Hambourg, Ao. 1728 » Le projet est très ambitieux et Telemann explique brillamment ses motivations dans sa préface. On peut considérer ces lignes comme une réponse anticipée aux générations de musicologues qui, par la suite, lui reprochèrent d'avoir été une sorte de « producteu» de musique :
« On pourrait me répliquer qu'il est prétentieux, à moi seul, de proposer un programme où figurent tant de matières différentes. Cette remarque est justifiée, j'en conviens, d'où ma longue hésitation avant de prendre la ferme résolution de mener ce projet à bien. Je m'attends d'ailleurs à suer parfois sang et eau sur certaines leçons bien que jusqu'à présent les notes aient jailli de moi comme coulant de source. Mais vu que l'homme vit pour les seules causes du travail et du service au prochain, je me suis résigné à ne pas me laisser freiner par cet obstacle ; surtout après avoir estimé que ces raisons m'insuffleraient l'énergie nécessaire pour écrire ces pièces, je vis en effet dans un lieu qui pourrait être la patrie de la musique, où les personnalités les plus respectables s'intéressent vivement à cet art.où plusieurs grandes familles comptent parmi elles des virtuoses des deux sexes, où plusieurs étudiants talentueux espèrent que la musique vivra ici éternellement et où les interprètes les plus prestigieux traduisent sur nos scènes les pensées les plus brillantes des compositeurs étrangers. » Nombre de compositions de Telemann furent écrites dans le double but de divertir et d'instruire. Les Sonate Metodiche de 1728 constituent le premier des trois recueils publiés pour donner aux amateurs une idée de l'art de l'ornementation.
Johan Joachim Quantz écrivit en son temps qu'il est aisé à un amateur de dé truire toute l'atmosphère d'un adagio en y ajoutant quelques ornements mal choisis. Peut-être poussé par la même réflexion, Telemann a prévu dans les premiers mouvements des Sonate Metodiche toutes les ornementations en les notant sur une portée supplémentaire. En cela, il n'était pas le premier compositeur qui désira démontrer au profane l'art de l'ornementation car en 1688 déjà, Johann Jacob Walter ajoutait une version richement ornée aux sonates pour violon de son Hortulus Musicus. L'opus V de Corelli contient des adagios dont l'ornementation abondante est annotée sur une portée séparée. Il n'est d'ailleurs pas impossible que Telemann ait déjà connu les sonates de Corelli à l'époque ; il les mentionne en tout cas plus tard, en 1751, dans une lettre à Graun. L'assemblage d'ornements provenant de styles différents constitue l'aspect nouveau et original des Sonate Metodiche : Telemann utilise aussi bien les ornements essentiels (wesentlich) joués sur la note dans le style français (battement, tierce coulée, tremblement, appogiatura), que le remplissage mélodique entre les intervalles (arpeggios et gammes) et l'ajout d'un silence expressif sur les temps forts dans le style italien.
Dans les deux recueils des sonates méthodiques il insère des rondeaux et airs à la française entre deux mouvements typiquement italiens. Quantz appelait ce style hybride Vermischter geschmack et le considérait comme la pierre philosophale à laquelle devaient aspirer tous les compositeurs.
Quantz était grand admirateur de Telemann et il est évident que l'adagio orné qui figure dans son Essai d'une Méthode pour aprendre à jouer de la Flûte Traversière (1752) s'inspire directement des Sonate Metodiche. Quantz indique en outre toutes les nuances dynamiques, les spécifiant note par note. Déjà au cours de l'année de publication des Sonate Metodiche, le professeur Johann Christoph Gottsched de Leipzig écrivit une sorte de panégyrique de l'ouvrage :
" J'ai notamment entendu dire à propos de M. Telemann mentionné ci-dessus qu'il savait bien répondre au goût des amateurs. Il suit parfois le goût italien, parfois le goût français, mélangeant les deux de temps à autres. Il évite toute difficulté excessive qui ne plairait au 'aux maîtres et privilégie diverses tonalités charmantes au détriment d'autres plus complexes, même si ces dernières sont plus intéressantes. Cette attitude n'est-elle pas des plus raisonnable ? La musique doit en effet servir au plaisir de l'homme ; un artiste doit donc recevoir d'autant plus d'éloge quand il suscite chez ses auditeurs le sourire et l'enchantement plutôt que des visages remplis d'étonnement anxieux et des mines froncées.» Stimulé par le succès de ses Sonate Metodiche d’une part, et par la demande réitérée de deux nobles hambourgeois, Rudolf et Hieronymus Burmester d'autre part, Telemann publie en 1732 la Continuation des sonates Méthodiques. On lit dans la préface :
" (...) Cet ouvrage Vous doit trop pour n'être pas dédié à vous ; car après avoir honoré son premier volume de Vôtre approbation, Vous en avés par réitérations exigé un second. M'y ayant presque par tout servi d'un stil chantant, dans lequel Vous donnés, j'espère, que Vous daignerés cette Musique de Vôtre parfaite exécution, n'ignorant pas, qu'après les fatigues du jour Vous délassés souvent Vôtre esprit par l'harmonie, les Violons aux mains (...) » La question se pose parfois de savoir pourquoi le premier recueil des Sonate Metodiche de 1728 est destinée au violon et ou la flûte alors que dans la Continuation des sonates Méthodiques de 1732 l'indication est différente : pour flûte ou violon. Pour rendre la confusion encore plus complète, le second recueil est dédié à des violonistes, les tonalités utilisées étant en effet moins confortables à la flûte.
Telemann avait vraisemblablement supposé que le second recueil se devait d'offrir d'autres tonalités que le premier. Pourtant, en examinant ces données de plus près, on peut conclure que les douze sonates conviennent aux deux instruments et que l'intérêt commercial de Telemann, toujours prévalant, l'avait poussé à écrire une musique qui atteindrait le public le plus large possible. Pour ce qui est des ornements figurant sur cet enregistrement, Barthold Kuijken a non seulement suivi les suggestions de Telemann dans les premiers mouvements, mais il s'est aussi conformé aux indications du filleul de ce dernier, C.P.E. Bach. Celui-ci préconisait en effet aux interprètes d'ajouter des ornements partout où ils le jugeaient nécessaire, mouvements rapides inclus.
« La leçon en fa majeur est une esquisse de la façon dont on s'est accoutumé de nos jours à varier la deuxième reprise des allegros (...) Il est parfois bon de varier en y ajoutant beaucoup d'ornements les passages les plus simples, et réciproquement. Mais cela ne doit pas se faire sans réflexion. Il faut constamment regarder les passages qui précèdent ou qui suivent et avoir une vue de toute la pièce, pour ne rien changer à l'équilibre entre le brillant et le simple, entre le feu et la douceur, entre le triste et le gai, entre le vocal et l'instrumental. » (Versuch über die wahre Art das Clavier zu spielen, 1753)
Sonate MetodicheJan De Winne
Une longue vie doublée d'une inépuisable inspiration firent que Georg Philipp Telemann laissa à la postérité une quantité impressionnante d'œuvres. De son temps, lorsqu'on voulait désigner les «meilleurs» compositeurs de l'époque, son nom était automatiquement cité avec ceux de Bach et de Haendel. Pourtant, par la suite – et tout récemment encore – Telemann fut déprécié par les musicologues qui ne cessaient de le confronter au «grand» Bach. Aujourd'hui par contre, le maître hambourgeois retrouve tout son prestige. Telemann s'est essayé à tous les genres ou presque. Il est frappant de constater que la musique de chambre et plus particulièrement les sonates en solo, furent toutes composées entre 1710 et 1740. On sait pourtant combien il est resté actif jusqu'à sa mort survenue en 1767.
En 1721, Telemann avait quitté Francfort avec sa femme et ses sept enfants pour déménager à Hambourg et prendre ses fonctions de directeur musical de la ville. Cette charge supposait qu'il livre et dirige la musique de cinq églises et qu'il assume le poste de Cantor au Johanneum. Il devait, en outre, composer la musique accompagnant toutes les manifestations civiles, dont par exemple l'installation annuelle de la milice municipale (la dénommée Kapitänsmusik). En plus de ses obligations officielles, Telemann devint en 1722 directeur de l'opéra de Hambourg, tout en dirigeant un collegium musicum. Ces multiples activités auraient suffi à occuper pleinement le commun des mortels, mais Telemann, toujours à l'éveil de nouveautés aspirait à de plus vastes horizons ; afin d'exploiter pleinement ses capacités musicales (et commerciales), il éprouvait le besoin de se faire connaître d'un public aussi large que possible. Dès 1725 il consacra beaucoup d'énergie à publier ses propres œuvres, en premier lieu l'Harmonische Cottesdienst, 72 cantates solo avec instruments obligés tels le violon, le hautbois, la flûte et la flûte à bec. En 1726-1727 parurent Auszug derjenigen musicalischen und auf die gewonlichen Evangelien verichteten Arien, ainsi que les Sonates sans Basse à deux Flûtes traverses. À partir de 1728 Telemann écrivit de plus en plus de musique purement instrumentale et il publia une revue musicale dans laquelle, si l'on se réfère à la page de titre, il offrait aux lecteurs, tous les quinze jours, des sonates, des airs, des fugues etc. :
"Der Getreue Music-meister welcher so wo für Sänger aïs Instrumentalisten allerhand Cattungen musicalischer Stücke, so auf verschiedene Stimmen und fast alle gebräuchliche Instrumente gerichtet sind, – und moralische, Opern – und andere Arien, dessgleichen TRII, DUETTI, SOLI etc. / SONATEN, OUVERTUREN, etc. / wie auch FUGEN, CONTRAPUNCTE, CANONENS, etc. enthalten, mithin das mehreste, was nur in der Music vorkommen mag, nach Italidnischer, Französischer, Englisher, Polnischer etc., so ernsthaft aïs lebhaft und lustigen Ahrt, und nach alle 14. Tage in einer LECTION vorzutragengedenket durch Telemann. Hamburg, Ao.1728"
« Le Parfait Maître de Musique est destiné aussi bien aux chanteurs qu'aux instrumentistes ; il présente des pièces de style très varié parmi lesquelles différentes tessitures vocales seront représentées accompagnées de presque tous les instruments utilisés de nos jours. Ou y trouvera aussi des œuvres morales et airs divers, des TRIOS, des DUOS, des SOLOS etc, des SONATES, des OUVERTURES, etc, et aussi des FUGUES, du CONTREPOINT, des CANONS etc. bref, tout ce qui peut se faire en musique selon les goûts italien, français, anglais, polonais etc., dans une atmosphère aussi bien sérieuse que vive ou amusante. Ceci paraîtra tous les quinze jours, exposé dans une LEÇON, par Telemann, Hambourg, Ao. 1728 » Le projet est très ambitieux et Telemann explique brillamment ses motivations dans sa préface. On peut considérer ces lignes comme une réponse anticipée aux générations de musicologues qui, par la suite, lui reprochèrent d'avoir été une sorte de « producteu» de musique :
« On pourrait me répliquer qu'il est prétentieux, à moi seul, de proposer un programme où figurent tant de matières différentes. Cette remarque est justifiée, j'en conviens, d'où ma longue hésitation avant de prendre la ferme résolution de mener ce projet à bien. Je m'attends d'ailleurs à suer parfois sang et eau sur certaines leçons bien que jusqu'à présent les notes aient jailli de moi comme coulant de source. Mais vu que l'homme vit pour les seules causes du travail et du service au prochain, je me suis résigné à ne pas me laisser freiner par cet obstacle ; surtout après avoir estimé que ces raisons m'insuffleraient l'énergie nécessaire pour écrire ces pièces, je vis en effet dans un lieu qui pourrait être la patrie de la musique, où les personnalités les plus respectables s'intéressent vivement à cet art.où plusieurs grandes familles comptent parmi elles des virtuoses des deux sexes, où plusieurs étudiants talentueux espèrent que la musique vivra ici éternellement et où les interprètes les plus prestigieux traduisent sur nos scènes les pensées les plus brillantes des compositeurs étrangers. » Nombre de compositions de Telemann furent écrites dans le double but de divertir et d'instruire. Les Sonate Metodiche de 1728 constituent le premier des trois recueils publiés pour donner aux amateurs une idée de l'art de l'ornementation.
Johan Joachim Quantz écrivit en son temps qu'il est aisé à un amateur de dé truire toute l'atmosphère d'un adagio en y ajoutant quelques ornements mal choisis. Peut-être poussé par la même réflexion, Telemann a prévu dans les premiers mouvements des Sonate Metodiche toutes les ornementations en les notant sur une portée supplémentaire. En cela, il n'était pas le premier compositeur qui désira démontrer au profane l'art de l'ornementation car en 1688 déjà, Johann Jacob Walter ajoutait une version richement ornée aux sonates pour violon de son Hortulus Musicus. L'opus V de Corelli contient des adagios dont l'ornementation abondante est annotée sur une portée séparée. Il n'est d'ailleurs pas impossible que Telemann ait déjà connu les sonates de Corelli à l'époque ; il les mentionne en tout cas plus tard, en 1751, dans une lettre à Graun. L'assemblage d'ornements provenant de styles différents constitue l'aspect nouveau et original des Sonate Metodiche : Telemann utilise aussi bien les ornements essentiels (wesentlich) joués sur la note dans le style français (battement, tierce coulée, tremblement, appogiatura), que le remplissage mélodique entre les intervalles (arpeggios et gammes) et l'ajout d'un silence expressif sur les temps forts dans le style italien.
Dans les deux recueils des sonates méthodiques il insère des rondeaux et airs à la française entre deux mouvements typiquement italiens. Quantz appelait ce style hybride Vermischter geschmack et le considérait comme la pierre philosophale à laquelle devaient aspirer tous les compositeurs.
Quantz était grand admirateur de Telemann et il est évident que l'adagio orné qui figure dans son Essai d'une Méthode pour aprendre à jouer de la Flûte Traversière (1752) s'inspire directement des Sonate Metodiche. Quantz indique en outre toutes les nuances dynamiques, les spécifiant note par note. Déjà au cours de l'année de publication des Sonate Metodiche, le professeur Johann Christoph Gottsched de Leipzig écrivit une sorte de panégyrique de l'ouvrage :
" J'ai notamment entendu dire à propos de M. Telemann mentionné ci-dessus qu'il savait bien répondre au goût des amateurs. Il suit parfois le goût italien, parfois le goût français, mélangeant les deux de temps à autres. Il évite toute difficulté excessive qui ne plairait au 'aux maîtres et privilégie diverses tonalités charmantes au détriment d'autres plus complexes, même si ces dernières sont plus intéressantes. Cette attitude n'est-elle pas des plus raisonnable ? La musique doit en effet servir au plaisir de l'homme ; un artiste doit donc recevoir d'autant plus d'éloge quand il suscite chez ses auditeurs le sourire et l'enchantement plutôt que des visages remplis d'étonnement anxieux et des mines froncées.» Stimulé par le succès de ses Sonate Metodiche d’une part, et par la demande réitérée de deux nobles hambourgeois, Rudolf et Hieronymus Burmester d'autre part, Telemann publie en 1732 la Continuation des sonates Méthodiques. On lit dans la préface :
" (...) Cet ouvrage Vous doit trop pour n'être pas dédié à vous ; car après avoir honoré son premier volume de Vôtre approbation, Vous en avés par réitérations exigé un second. M'y ayant presque par tout servi d'un stil chantant, dans lequel Vous donnés, j'espère, que Vous daignerés cette Musique de Vôtre parfaite exécution, n'ignorant pas, qu'après les fatigues du jour Vous délassés souvent Vôtre esprit par l'harmonie, les Violons aux mains (...) » La question se pose parfois de savoir pourquoi le premier recueil des Sonate Metodiche de 1728 est destinée au violon et ou la flûte alors que dans la Continuation des sonates Méthodiques de 1732 l'indication est différente : pour flûte ou violon. Pour rendre la confusion encore plus complète, le second recueil est dédié à des violonistes, les tonalités utilisées étant en effet moins confortables à la flûte.
Telemann avait vraisemblablement supposé que le second recueil se devait d'offrir d'autres tonalités que le premier. Pourtant, en examinant ces données de plus près, on peut conclure que les douze sonates conviennent aux deux instruments et que l'intérêt commercial de Telemann, toujours prévalant, l'avait poussé à écrire une musique qui atteindrait le public le plus large possible. Pour ce qui est des ornements figurant sur cet enregistrement, Barthold Kuijken a non seulement suivi les suggestions de Telemann dans les premiers mouvements, mais il s'est aussi conformé aux indications du filleul de ce dernier, C.P.E. Bach. Celui-ci préconisait en effet aux interprètes d'ajouter des ornements partout où ils le jugeaient nécessaire, mouvements rapides inclus.
« La leçon en fa majeur est une esquisse de la façon dont on s'est accoutumé de nos jours à varier la deuxième reprise des allegros (...) Il est parfois bon de varier en y ajoutant beaucoup d'ornements les passages les plus simples, et réciproquement. Mais cela ne doit pas se faire sans réflexion. Il faut constamment regarder les passages qui précèdent ou qui suivent et avoir une vue de toute la pièce, pour ne rien changer à l'équilibre entre le brillant et le simple, entre le feu et la douceur, entre le triste et le gai, entre le vocal et l'instrumental. » (Versuch über die wahre Art das Clavier zu spielen, 1753)
Jan De Winne
Traduction : Valérie Winteler
© Accent 2007 – Reproduction interdite
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