Artiste principal :
Stephen Hough
Genre : Classique
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Qualité Studio Masters
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- 1 Barcarolle in F sharp major, Op. 60
- 2 Mazurka in F minor, Op. 63 No. 2
- 3 Mazurka in A minor, Op. 67 No. 4
- 4 Mazurka in C sharp minor, Op. 63 No. 3
- 5 Mazurka in F minor, Op. 68 No. 4
- 6 Polonaise-Fantasy in A flat major, Op. 61
- 7 Nocturne in B major, Op. 62 No. 1
- 8 Nocturne in E major, Op. 62 No. 2
- 9 Allegro maestoso
- 10 Scherzo: Molto vivace
- 11 Largo
- 12 Finale: Presto non tanto
- 13 Berceuse in D flat major, Op. 57
Barcarolle in F sharp major, Op. 60 (Frédéric Chopin)
Mazurka in F minor, Op. 63 No. 2
Mazurka in A minor, Op. 67 No. 4
Mazurka in C sharp minor, Op. 63 No. 3
Mazurka in F minor, Op. 68 No. 4
Polonaise-Fantasy in A flat major, Op. 61
Nocturne in B major, Op. 62 No. 1
Nocturne in E major, Op. 62 No. 2
Piano Sonata No. 3 in B minor, Op. 58
Berceuse in D flat major, Op. 57
À propos
Stephen Hough nous propose pour l’année du bicentenaire son programme Chopin, intelligemment conçu autour des dernières années de la vie de Chopin. De la troisième Sonate à la Polonaise-Fantaisie, en passant par les Mazurkas et les deux derniers Nocturnes, le pianiste britannique témoigne d’un art indéniable pour faire jaillir l’architecture. Un bel album !
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
73:08 - DDD - Enregistré du 4 au 6 mai 2009 à St George’s, Brandon Hill, Bristol - Notes en français, anglais et allemand
Frédéric Chopin (1810–1849)
Barcarolle en fa dièse majeur, op. 60
Polonaise-Fantaisie en la bémol majeur, op. 61
Sonate pour piano n° 3 en si mineur, op. 58
Berceuse en ré bémol majeur, op. 57
Mazurkas
Fa mineur, op. 63 n° 2 - La mineur, op. 67 n° 4 - Ut dièse mineur, op. 63 n° 3 - Fa mineur, op. 68 n° 4
Nocturnes
Si majeur, op. 62 n° 1 - Mi majeur, op. 62 n° 2
Stephen Hough, piano
Chopin mourut en octobre 1849. Durant presque toute sa vie d’adulte, il avait eu à lutter contre une mauvaise santé, mais il se peut fort bien que ses sept mois de séjour au Royaume-Uni, en 1848,
aient accéléré son déclin – il grelotta tout au long du trajet (aller et retour) Londres-Édimbourg, ponctué de haltes en divers endroits humides, pleins de courants d’air. Depuis le 4 St James
Place, sa dernière adresse londonienne, il aurait pu en trois minutes rejoindre à pied la célèbre chapellerie James Lock & Co, au 6 St James Street - la même adresse depuis
1676. Quelques semaines seulement après la mort de Chopin, un certain William Coke II (futur comte de Leicester) entra chez Lock pour retirer une commande. Il avait demandé
un modèle de chapeau extrêmement solide, avec un fond assez bas pour que ses gardes-chasses ne le perdissent pas en heurtant des branches d’arbre lorsqu’ils arpentaient son domaine - Holkham, dans
le Norkolk. Se saisissant du prototype, il sortit et le piétina vigoureusement de tout son poids. Satisfait de ce qu’il était resté intact, il paya les douze shillings convenus et rentra chez lui
avec ce qui allait être le plus important chapeau de l’histoire moderne : le chapeau melon, le bowler anglais, du nom de Thomas et William Bowler qui l’avaient fabriqué sur l’autre rive du
fleuve, à Southwark. Ce chapeau fut le tout premier à combler les fractures sociales au lieu de les souligner, porté qu’il était par les clodos comme par les aristos - tout
comme Chopin fut, peut-être, le tout premier musicien de basse extraction à entrer dans la société de l’aristocratie … selon ses propres mots. Le melon devint le symbole de la moyenne bourgeoisie :
qu’ils soient susceptibles de promotion ou de déchéance sociale, les gens pouvaient brosser son modeste dôme, s’en coiffer et marcher dans la rue sans risquer ni remarque ni censure. Ce couvre-chef
fut aussi très prisé des communautés juives d’Europe et, sous la République de Weimar, il sera populaire comme jamais. Fait révélateur, il n’existe presque aucune photographie de nazis portant le
melon. En 1913, Marcus Rothkowitz, alors âgé de dix ans, arriva à New York après avoir fui Dvinsk (en Russie, dans l’actuelle Lettonie) et la terreur des pogroms. Sans
attendre, toute la famille partit s’installer à Portland, dans l’Orégon, mais lui retourna à New York dans les années 1925 et y entreprit des études d’art. À la fin des années 1940, il avait évolué
vers une totale abstraction, jusqu’à appartenir au groupe des Expressionnistes abstraits. Ce qui n’empêche pas son œuvre d’être, et de loin, la plus « romantique » de son temps. Le flou et le lustre des toiles vibrantes de sa maturité semblent attirer le regardeur dans un univers hypnotique,
mystique ; et si le terme de « romantisme » suggère la vision subjective de l’individu, je ne peux
imaginer peintures incitant moins au partage que celles de Rothko. Il faut en faire l’expérience dans un profond silence, tout seul. Elles furent créées dans un monde de publicité et de pop, mais
leur gravité inflexible nous force à trouver un désert intérieur pour les regarder. Si Rothko fut, en un sens, le plus romantique des Modernistes, Chopin fut certainement le
plus classique des Romantiques non seulement parce que ses œuvres sont, dans leur forme, toujours polies et parfaitement ouvragées mais aussi parce qu’il répugna à leur donner un titre - ces
étiquettes sur les bagages de l’individualisme que Schumann et Liszt puisèrent chez les poètes et dans leurs propres considérations intérieures … des secrets intimes murmurés à l’oreille du public.
Chopin demeura toujours un « monsieur » et les titres de ses œuvres sont de simples cosses - des mots abstraits ne dévoilant guère plus
que la longueur et la trame de l’œuvre à jouer, des crayonnages que les mélodies et les harmonies allaient colorier. Deux Slaves en Occident, à deux moments artistiques
majeurs, dans deux villes majeures … et qui changèrent les idées des gens, créant d’inimitables chefs-d’œuvre. Rothko était autant épris de musique que d’art et, selon son fils Christopher, Mozart
était l’un de ses compositeurs favoris. Chopin aussi adorait Mozart par-dessus tout et ses Variations sur Là ci darem la mano du Don Giovanni de Mozart op. 2 furent la première œuvre
avec laquelle il montra au monde son savoir-faire. Après l’avoir entendue pour la première fois, Schumann s’exclama : « Hut ab, ihr Herren, ein Genie ! » - « Chapeau bas, messieurs, un génie ! ». Je me demande si Mr Lock de St James Street eût acquiescé ?
Stephen Hough
Traduction Hyperion
© Hyperion 2010 – Reproduction interdite
Traduction Hyperion
© Hyperion 2010 – Reproduction interdite
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