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Franz Xaver Anton Murschhauser Œuvres pour orgue
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ALBUM : 1 disque - 46 pistes - Durée totale : 01:14:27
    "Prototypon Longo-Breve Organicum" (Franz Xaver Murschhauser)
  1. 1 Intonatio primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  2. 2 Praeambulum primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  3. 3 Fuga prima primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  4. 4 Fuga secunda primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  5. 5 Fuga finalis primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  6. 6 Praeambulum primi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  7. 7 Praeambulum secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  8. 8 Fuga secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  9. 9 Praeambulum aliud secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  10. 10 Fuga alia secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  11. 11 Fuga secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  12. 12 Toccata arpeggiata secundi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  13. 13 Praeambulum tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  14. 14 Fuga tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  15. 15 Fuga brevissima tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  16. 16 Praeambulum tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  17. 17 Praeambulum brevissimum tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  18. 18 Fuga tertii toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  19. 19 Finale septimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  20. 20 Fuga prima septimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  21. 21 Praeambulum septimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  22. 22 Fuga secunda septimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  23. 23 Intonatio octavi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  24. 24 Praeambulum octavi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  25. 25 Fuga prima octavi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  26. 26 Fuga secunda octavi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  27. 27 Toccata arpeggiata octavi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  28. 28 Praeambulum decimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  29. 29 Fuga decimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  30. 30 Praeambulum decimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  31. 31 Fuga decimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  32. 32 Finale decimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  33. 33 Toccata pro pedali undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  34. 34 Fuga brevis undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  35. 35 Fuga sive Canzon prima undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  36. 36 Fuga sive Canzon secunda undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  37. 37 Praeambulum undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  38. 38 Toccata arpeggiata brevis undecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  39. 39 Praeambulum duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  40. 40 Fuga primi duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  41. 41 Fuga secunda duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  42. 42 Fuga tertia duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  43. 43 Fuga quarta duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  44. 44 Toccata cum Pedali ad libitum duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  45. 45 Toccata duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein
  46. 46 Toccata duodecimi toni Léon Berben, Balthasar König organ (1738), Beilstein

À propos

"Prototypon Longo-Breve Organicum" / Léon Berben, orgue Balthasar König (1738), Beilstein
Détails de l'enregistrement original : 74:50 - DDD 24bit - Enregistré en juillet 2003 - Notes en français, anglais, allemand
Franz Xaver Anton Murschhauser (1663-1738)
"Prototypon Longo-Breve Organicum"

Intonatio primi toni - Praeambulum primi toni - Fuga prima primi toni - Fuga secunda primi toni - Fuga finalis primi toni - Praeambulum primi toni
Praeambulum secundi toni - Fuga secundi toni - Praeambulum aliud secundi toni - Fuga alia secundi toni - Fuga secundi toni - Toccata arpeggiata secundi toni
Praeambulum tertii toni - Fuga tertii toni - Fuga brevissima tertii toni - Praeambulum tertii toni - Praeambulum brevissimum tertii toni - Fuga tertii toni
Finale septimi toni - Fuga prima septimi toni - Praeambulum septimi toni - Fuga secunda septimi toni
Intonatio octavi toni - Praeambulum octavi toni - Fuga prima octavi toni - Fuga secunda octavi toni - Toccata arpeggiata octavi toni
Praeambulum decimi toni - Fuga decimi toni - Praeambulum decimi toni - Fuga decimi toni - Finale decimi toni
Toccata pro pedali undecimi toni - Fuga brevis undecimi toni - Fuga sive Canzon prima undecimi toni - Fuga sive Canzon secunda undecimi toni - Praeambulum undecimi toni - Toccata arpeggiata brevis undecimi toni
Praeambulum duodecimi toni - Fuga primi duodecimi toni - Fuga secunda duodecimi toni - Fuga tertia duodecimi toni - Fuga quarta duodecimi toni - Toccata cum Pedali ad libitum duodecimi toni - Toccata duodecimi toni - Toccata duodecimi toni
Léon Berben, orgue de Balthasar König (1738) de l'église des Carmélites Saint Joseph à Beilstein
Murschhauser, dont Bach possédait et admirait son traité de composition, fut un élève de Johann Kaspar Kerll. Il publia son Prototypon entre 1703 et 1707. Ce cycle se compose, entre autres, de 46 fantaisies et fugues ; les pièces sont de courtes miniatures destinées à accompagner le service divin, toutes ciselées par le véritable orfèvre que fut Murschhauser qui maniait le contrepoint très habilement. Voilà de la musique d'un beau lyrisme, typiquement sud-allemande, aux riches et suaves harmonies.
L’organiste néerlandais Léon Berben — ancien élève de Bob van Asperen et Gustav Leonhardt — est aux commandes de son imposant orgue König de 1738, au tempérament mésotonique *, quasiment inchangé depuis l'origine

* Tempérament ancien qui précéda le tempérament “égal”, et selon lequel le ton entier était l’exacte moitié d’une tierce majeure acoustiquement pure (celle que donne la suite des harmoniques naturels)
Franz Xaver Anton MurschhauserLéon Berben

    Franz Xaver Anton Murschhauser naquit, comme le confirme Johann Gottfried Walther dans son « Musicalisches Lexicon », à Zabern en Alsace. Peu de renseignements nous sont parvenus au sujet de la vie de Murschhauser. En 1676 nous le trouvons à Munich, où il reçoit l'enseignement vocal et instrumental (violon et trombone) du Cantor Siegmund Auer au sein de la prestigieuse école de la paroisse St. Pierre. À partir de 1683, il étudie auprès de Johann Caspar Kerll, jusqu'à la mort de celui-ci. Il rend hommage à son professeur dans la préface à son « Academia musica-poetica », parlant de « mon vénérable maître Johann Caspar Kerll, dont j'ai reçu l'instruction dans la haute science, en tant que son disciple favori, quoique indigne, et ce pendant plusieurs années jusqu'à son regretté trépas, d'où en toute gratitude je lui dois et reconnais, ainsi qu'à Dieu, tout ce que j'ai acquis et sais faire ».

    Murschhauser semble avoir joui d'une aisance financière certaine, car en 1682, à l'âge de 19 ans, il racheta les éditions Parstorff. En 1691 il épousa Maria Oberhofer, avec qui il eut quatre enfants. La même année, il fut nommé Directeur Musical de l'église collégiale Notre-Dame à Munich, l'actuelle cathédrale, où il devait rester jusqu'à sa mort. Dans les actes du chapitre il est évoqué en des termes exclusivement élogieux, à l'exception d'une unique entrée : en effet, lorsque le violoniste Franz Grüll arriva une fois en retard pour une répétition, le Directeur Musical « l'accueillit avec des cris indignes de la tribune d'orgues et de l'église, et qui plus est, le saisit par la perruque, ce qui provoqua une consternante tumulte, tandis que les deux en vinrent bientôt aux mains ».

    Deux exécutions du Directeur Musical en public nous sont connues : en 1719, Murschhauser dirigea la musique festive lorsque le prince électeur Max Emanuel regagna Munich après un exil de dix années, puis en 1719 lorsque la duchesse de Neuburg légua à la Frauenkirche de Munich une relique de Saint-Jean de Népomucène. En dehors de ses devoirs en tant que Directeur Musical, Murschhauser poursuivit une activité comme conseiller en facture d'orgues.
    Murschhauser publia, entre autres, deux collections pour orgue : Octitonium novum organicum (Augsbourg, 1696) ainsi que Prototypon longo-breve organicum qui est enregistré ici et qui fut publié primitivement en deux parties (Nuremberg, 1703 et 1707). Les deux collections proposent des cycles de compositions pour la liturgie, des fantaisies et fugues ressemblant à des toccatas. De telles collections de musique d'orgue étaient souvent acquises par des conseils de paroisse pour leurs organistes non professionnels. En effet, à l'époque les organistes jouaient très peu, pour ne pas dire pas du tout de littérature écrite : ils improvisaient. On se serait étonné si un Kerll ou un Bruhns ou quiconque encore avait joué sa propre « Toccata à 3 » d'après la partition. Dans les églises plus modestes, le maître d'école remplissait assez souvent les devoirs d'organiste ; en tant que non-professionnel, il ne dominait sans doute pas, la plupart du temps, l'art de l'improvisation tel que l'exigeait le culte. Aussi ces collections peuvent-elles nous fournir un aperçu des improvisations de Murschhauser, telles qu'elles ont pu sonner au cours des offices.

    Le traité de composition de Murschhauser, Academia musica-poetica bipartita (Augsbourg, 1721) —qui d'après l'affirmation de Johann Philipp Kirnberger fut connu de Jean-Sébastien Bach dont la bibliothèque comportait un exemplaire— était entièrement redevable à l'enseignement du XVIIe siècle. Johann Mattheson commence sa critique acerbe de cette publication dans sa « Critica Musica » (1722-25) avec des mots qu'on peut traduire approximativement comme suit : « Les illuminants ciseaux mélo-poétiques au service de la minable chatte fangeuse, sise à la soi-disant haute école de composition de Notre-Dame à Munich », ce qui renvoie sans doute aux mots qu'on lit sur la page titre d'Academia musica-poetica : ...et explique bien et avec force exemples, afin d'éclairer amplement l'enseigne de l'excellent Sieur Mattheson, et à travers eux de montrer au compositeur, qui se débat dans les affres de la dernière mode venue, la voie du Parnasse ». Or, la cinglante critique de Mattheson n'est que symptomatique de la rivalité entre les compositeurs contrapuntistes, plutôt conservateurs, et les compositeurs allemands modernes qui se réclamaient du style de l'opéra italien. En revanche, Kirnberger par exemple, pour étayer ses propres arguments, fait appel aux affirmations concordantes de Johann Joseph Fux (« Gradus ad Parnassum ») et de Murschhauser.

    La collection enregistrée ici, Prototypon longo-breve organicum, s'intègre dans une importante série de collections d'origine sud-allemande et autrichienne. Parmi elles on peut citer « Harmonia organica » de Johann Erasmus Kindermann (1645), « Tabulatura in cymbalo et organo intonationum brevium per octo tonos » de Sebastian Anton Scherer (1664), « Modulatio organica » de Johann Kaspar Kerll (1686), « Apparatus musico-organisticus » de Georg Muffat (1690) et « Ars Magna » de Johann Speth (1693), qui à leur tour s'appuyent sur une longue tradition d'édition de collections destinées à la liturgie. Murschhauser dédia le Prototypon au diacre de l'église collégiale Notre-Dame, tandis qu'il cacha son propre nom dans le monogramme de ses initiales qu'il fit graver sur la page titre, car, suite à une plainte du Maître de chapelle de la Cour de Munich Giuseppe Antonio Bernabei, il n'avait plus le droit de porter le titre de « Kapellmeister ».

    Ici, Murschhauser rassemble des interludes, préludes et postludes destinés à des cantiques polyphoniques. Le caractère utilitaire de la collection est mis en relief par l'indication de coupures éventuelles, permettant d'ajuster la durée des pièces aux besoins ponctuels. Quant à l'emploi des modes, Murschhauser se montre plutôt conservateur : il se limite aux huit tons habituels de la polyphonie classique. Or en réalité il a composé des morceaux dans les tons majeurs et mineurs. Les tonalités représentées ici —Ré, Ut, Fa, Sol majeur et ré, mi, sol et la mineur— sont celles qui entraînent le moins de risques dans le tempérament mésotonique. Un contemporain de Murschhauser, J.C.F. Fischer, se montrera beaucoup plus ouvert à l'expérimentation et au risque dans son cycle « Ariadne musica » (publié en 1702), en y employant jusqu'à 20 tonalités [Cycle enregistré sur CD AEOLUS AE-10321]. En revanche, dans le domaine du contrepoint Murschhauser se révèle on ne peut plus habile. Il exploite les procédés compositionnels les plus variés, allant jusqu'au contrepoint double et parvenant ainsi à créer un langage à la fois typiquement sud-allemand et pourtant personnel, fait de lyrisme et de « délectation harmonique de l'âme », de sorte que l'orgue –aux dires d'Athanasius Kircher– fait « entendre l'harmonie avec un plaisir extrême ». C'est ainsi que Max Seiffert, dans la préface de l'édition du Prototypon (« Denkmäler der Tonkunst in Bayern »), reconnaît à Murschhauser une « remarquable puissance créatrice et une habileté contrapuntique ».

    Un intérêt particulier revêt les divers types de préludes (appelés également toccata, arpeggiata et preambulum) tels que nous les rencontrons non seulement chez Murschhauser. Beaucoup de ces préludes se trouvent dans des manuscrits compilés en Allemagne Centrale (par exemple « Andreas Bach Buch », le manuscrit « Möller », la tabulature de « Mylau »). Les œuvres qui y sont réunies puisent leurs racines, en fin de compte, dans Pachelbel et son cercle ; de fait, elles sont de souche sud-allemande. Nous retrouvons plusieurs aspects de ces préludes, comme par exemple des figures d'arpèges, des structures monothématiques ou monorythmiques, ainsi que des trilles en chaîne, chez Kerll déjà, le professeur de Murschhauser. À travers les contacts fort développés entre les compositeurs de l'Allemagne du Sud et Centrale —Pachelbel, Froberger, Kerll et Krieger ont ainsi servi de vecteurs— et la diffusion de manuscrits et d'imprimés, ce type de prélude a été disséminé dans tout le centre de l'Allemagne aussi, étant ainsi incorporé dans les manuscrits évoqués.

    Depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, l'influence française dans la musique allemande a été très importante. C'est ainsi, par exemple, qu'on a copié des partitions et tables d'ornements, transcrit pour instruments à clavier des pièces instrumentales tirées d'opéras français et pris connaissance des œuvres pour clavier de Jacques Champion de Chambonnières et Nicolas-Antoine Lebègue entre autres. Des influences françaises se font sentir aussi dans les préludes monorythmiques que nous venons d'évoquer : ils sont fortement structurés rythmiquement (par exemple Arpeggiata secondi toni) et comportent souvent une abondance d'agréments. Parmi les ornements les plus usités figure justement l'arpeggio. Aujourd'hui, l'emploi d'arpèges à l'orgue est plutôt dénigré, bien qu'on trouve notées dans beaucoup de pièces, soit des indications d'arpèges, soit les mêmes écrites en toutes notes —il suffit de citer la célèbre Toccata en ré mineur BWV 565 de Bach, le Prélude BWV 921, Nun komm der Heiden Heiland, BWV 660a et Liebster Jesu BWV 664, ou encore le Prélude en la, BuxWV 151 de D. Buxtehude. Certes, on ne connaît pas de sources contemporaines qui recommandent d'arpéger à l'orgue. Pourtant, un organiste allait-il arpéger du lundi au samedi sur le clavicorde (à pédales !) ou sur le clavecin —qui servaient non seulement à travailler mais aussi à donner des leçons— quitte à s'abstenir de ce type d'agrément une fois assis le dimanche à son orgue ?

Léon Berben (Cologne, juillet 2003)
Traduction par Kurt Lueders
© Aeolus 2003 – Reproduction interdite



Léon Berben


    Léon Berben, né en1970 à Heerlen (Pays Bas), étudia l'orgue et le clavecin au « Koninklijk Conservatorium » de La Haye et au « Sweelinck Conservatorium » d'Amsterdam auprès de Rienk Jiskoot, Bob van Asperen, Gustav Leonhardt et Ton Koopman.
    Il s'est produit en tant que soliste au clavecin et à l'orgue (de préférence historique), et a joué avec des orchestres et ensembles tels que « The Amsterdam Baroque Orchestra », « Das Freiburger Barockorchester », « Musica ad Rhenum » et « La Real Camara ».
    Depuis mars 2000, il est claveciniste de l'ensemble « Musica Antiqua Köln » (Reinhard Goebel).
    Il a donné des concerts en Europe, dans les Pays Baltiques, en Asie ainsi qu'aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Il a enregistré des disques pour Glossa, Hungaroton, Brillant Classics et, en tant que membre de Musica Antiqua Köln, pour la Deutsche Grammophon/Archiv Produktion.



L'orgue Balthasar König (1738)


    L'Orgue de l'église carmélite Saint.Joseph de Beilstein (au bord de la Moselle) est l'œuvre du facteur d'orgue Balthasar König, né en 1684 à Ingolstadt. Vers 1711, à l'âge de 27 ans, König s'était installé à Bad Münstereifel pour y créer son propre atelier. Pour autant qu'on sache, l'orgue de l'Abbaye de Niederehe (1714, I/9 + Péd. de 1861) est sa première œuvre dans la région de l'Eifel. L'entreprise de Bad Münstereifel se fit rapidement une excellente réputation dans toute la région, de sorte qu'en 1741 Balthasar König ouvrit un nouvel atelier à Cologne. Il mourut en 1756 lors de la construction d'un orgue pour Menden.

    Très vraisemblablement l'orgue de Beilstein fut construit en 1738. En tout cas, cette date est inscrite dans les belles boiseries de la tribune, qui fut certainement construite au même moment que l'orgue.
    La composition de l'orgue de Beilstein comporte —à côté de certains éléments tels que nous les attribuons aux orgues baroques de l'Allemagne du sud— des éléments stylistiques très caractéristiques de l'orgue baroque français. Ces éléments marqueront par la suite le style de l'orgue « Rhin – Meuse ». Au grand orgue le jeu caractéristique de « Voix humaine » trouve sa place à côté de l'éclatante « Trompette ». Au clavier d'écho nous trouvons le jeu de « Cromorne », provenant lui aussi de la facture française. Les jeux composés de « Tintinabel » et « Solcena » sont tous les deux résolument typiques de la facture de Balthasar König. La « Solcena » est tout simplement une « Sesquialtera » (2 2/3' plus 1 3/5'), tandis que « Tintinabulum » n'est autre que le petit jeu de clochette (1 3/5' plus 1'). Il est intéressant de noter que le jeu de « Nassart » (Nazard) se compose ici de deux rangs, dont un rang de tierce : 1 3/5' plus 1 1/3' qui reprend sur le 2 2/3').

    L'orgue survécut sans dégâts à la sécularisation. En 1805 l'église abbatiale devint l'église paroissiale Saint-Joseph. La seule transformation que l'orgue a dû subir, fut entreprise en 1867, lorsqu'on fit appel au facteur d'orgues Heinrich Voltmann de Klausen, pour réparer l'orgue qui était devenu injouable. Voltmann enleva quelques jeux de mutations simples et composées, afin de romantiser le caractère de l'instrument. Il construisit aussi une nouvelle console en fenêtre sur le côté gauche de l'orgue. À part quelques petites réparations il n'y a pas eu d'interventions jusqu'en 2001.
    Déjà vers la fin des années 1950 le musicologue et expert d'orgues Clemens Reutter avait attribué l'orgue au facteur Balthasar König, alors que pendant un certain temps une légende circulait, qui disait que « le fameux Silbermann » en était le créateur. (Lequel des deux frères célèbres, par contre, ne fut jamais précisé...).
    En 2001 on fit appel aux ateliers Hubert Fasen d'Oberbettingen (facteur qui avait déjà magnifiquement restauré le petit joyau de Niederehe en 1998) pour restaurer l'orgue précieux. Ces travaux furent achevés en décembre 2002. Hubert Fasen ne procéda pas seulement à une reconstitution de la composition d'origine, mais rétablit aussi le tempérament mésotonique d'après Balthasar König.

Christoph Martin Frommen
Traduction : Kurt Lueders
© Aeolus 2003 – Reproduction interdite

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