Aux XIIème et XIIIème siècles les troubadours sillonnaient l’Europe du Sud et inventaient le Trobar aux sources musicales et poétiques multiples d’un bord à l’autre de la Méditerranée. Un art
savant forgé dans la maîtrise du mot et du son des langues occitanes et dans l’élaboration raffinée des mélodies. Ce fut un âge d’or pour cet art lyrique occitan jusqu’à l’exil de la plupart des
poètes-musiciens à l’époque de la Croisade Albigeoise. Au contraire des Cansos, qui doivent leur existence et leur actualité à la conservation et à l’étude des sources manuscrites médiévales, les
romances séfarades ont traversé les siècles par le biais de la tradition orale. Ces chansons sont des monodies issues de la musique populaire en vogue dans les communautés séfarades installées en
Espagne depuis l’Ancien Testament et jusqu’en 1492, époque de la chute de Grenade et du début de la Reconquista. Ces ballades, qui ont été colportées en Méditerranée, Turquie, Maroc, Bosnie, Grèce
ou Bulgarie, sont en Castillan et continuent, depuis, à chanter le quotidien d’un peuple déraciné.