Sans doute n’est-ce pas délibéré, mais un CD consacré à un compositeur du nom de Lang dont la photo de couverture montre une langue percée, ça ne manque pas de piquant. Ledit Lang, né en 1957,
écrit une musique pour laquelle il semble ne pas encore exister de nom, du moins selon le critique du Los Angeles Times, ce qui n’empêche pas des orchestres tels que New York, Los Angeles,
San Francisco ou Philadelphie de le jouer sans se demander dans quelle case le ranger.
S’il le faut vraiment, disons que Lang se situe dans une certaine lignée des minimalistes (Reich, Glass, Nyman, Adams), une évidente influence argentine, quelques touches de
jazz et d’Afrique imaginaire, Kurt Weill s’il avait fumé la moquette, Tex Avery s’il avait moqué la fumette, sans doute Frank Zappa dans ses explorations les plus hardies et avant-gardistes… ouffff
! en effet, pas facile de le situer. Le mieux est donc de l’écouter, l’expérience ne manquera pas de sel. Ses pièces ici présentées ne manquent pas d’émotion brute, c’est le moins que l’on puisse
dire, sans oublier une étonnante atmosphère hypnotique due autant aux cellules répétées qu’aux rythmes constamment décalés et déroutants.
Oui, voilà quelque chose de rare, de nouveau, qu’il est bon de découvrir.