Sans conteste, il y a un mystère Christina Pluhar … La musicienne autrichienne, directrice de l’ensemble L’Arpeggiata, nous avait il y a quelques années éblouit par ses premiers albums chez Alpha (All'Improvviso en 2003, La Tarantella en 2001, La Rappresentatione di Anima et di Corpo d’Emilio de Cavalieri, etc ...). Absente des studios pendant quelques temps, elle explore ici aux côtés de ses invités Philippe Jaroussky et Nuria Rial la musique de Monteverdi de manière extrêmement sensuelle. En réalité, ce premier disque pour Virgin Classics constitue une introduction idéale à la musique de Claudio Monteverdi, dont Pluhar a retenu la plupart des pages les plus expressives, et dont elle livre des interprétations superlatives, d’une présence incroyable. La directrice de L’Arpeggiata, toujours, a insisté sur l’importance de la vocalité dans la musique du premier baroque, mais sans « son sens inné des couleurs et la recherche sans fin sur la liberté des sons et des rythmes » (Goldberg), ses interprétations ne fascineraient pas autant. Ohimè, ch'io cado (plage 2) emportera le mélomane dans une sorte de tarantelle irrésistible, très proche d’un esprit jazzy (suivez la partie de cornet à bouquin). Le duo du Couronnement de Poppée (Pur ti miro, plage 3) et le Lamento della Ninfa sont incroyables de rigueur stylistique (l’attention aux mots, l’évocation d’une atmosphère par les seules accentuations des mots de la langue italienne…) et de liberté improvisatrice (les accompagnements instrumentaux – et il y aussi cette étonnante Moresca d’une plénitude sonore inimaginable, plage 7). Bref, la vie jusqu’au bout de son dernier souffle… Avec ce nouvel opus, la harpiste et théorbiste autrichienne repousse encore davantage les frontières entre les genres et les époques.
CRITIQUES - 11/08/2009 - 19h28
RENCONTRES - 09/02/2009 - 16h27
Sélection CD Claudio Monteverdi en liberté Le maître de Mantoue n'aurait sans doute pas renié cette lecture inventive et décontractée de ses madrigaux par Christina Pluhar et l'Arpeggiata. Nous faire plaisir tout en se faisant plaisir, tel semble le but de ce récital Monteverdi enregistré pour moitié au festival d'Utrecht 2007. Un « bœuf » plus qu'un récital d'ailleurs, son parti pris étant celui de la...