Plutôt que de nous donner des Livres entiers de madrigaux de Monteverdi, l’ensemble anglais I Fagiolini préfère – ainsi qu’il le fit dans – opérer un choix d’œuvres reliées par leur caractère intimement musical. Le présent CD propose donc dix pièces puissamment émouvantes, doucement tourmentées, autrement dit : profondes et tendres. Inutile de s’appesantir sur l’évident génie de Monteverdi, que ce soit dans les pièces les plus légères ou les plus tragiques : chaque instant ménage d’infinies surprises, harmoniques et mélodiques, et s’il n’a pas approché le monde tourmenté de son contemporain Gesualdo (qui, en réalité, reste solidement ancré dans la Renaissance), il n’en a pas moins révolutionné le langage de son époque, ouvrant ainsi la voie au baroque naissant.
I Fagiolini ont soigneusement choisi ces œuvres de manière à ce qu’elles évoluent du plus sombre au plus lumineux, mais aussi du plus « ancien » au plus moderne, quasiment comme une sorte de pasticcio d’opéra ; la parenté des sujets entre les divers madrigaux est d’ailleurs on ne peut plus évidente, à telle enseigne que deux de ces morceaux partagent un seul et même texte ! On trouvera donc deux Zefiro torna, l’un de 1614, l’autre de 1632, fascinante observation de l’évolution monteverdienne.
Enfin, pour ceux qui se demandent encore d’où vient le curieux nom de l’ensemble I Fagiolini (« les fayots, les haricots »), on les renverra au site d’Internet avec l’explication complète !
CRITIQUES - 11/08/2009 - 19h28