Charles Ives (1874 - 1954)) est un compositeur américain précurseur dans les domaines de l'atonalité, de la polyrythmie et de la technique du quart de ton. Inspiré par la musique populaire américaine, il a composé plus d'une centaine de "mélodies", pièces courtes et souvent humoristiques...
Artiste principal :
René Eckhardt
Genre : Classique
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- 1 I. Adagio con moto
- 2 IIa. Allegro moderato - Andante
- 3 IIb. "In the Inn": Allegro - Meno mosso
- 4 III. Largo - Allegro - Largo
- 5 IVa. 'a study in "Rag" for 5s, 3s and 2s together'
- 6 IVb. Allegro - Presto - Slow
- 7 V. Andante maestoso
- 8 I. Emerson
- 9 II. Hawthorne
- 10 III. The Alcotts
- 11 IV. Thoreau
Piano Sonata No. 1 (Charles Ives)
Piano sonata No. 2 "Concord"
À propos
René Eckhardt, piano
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
75:33 - DDD - Enregistré en 1995 - Notes en anglais
Charles Ives (1874-1954)
Sonates pour piano
N° 1 (v.1900-1910)
N° 2 "Concord, Mass., 1840–60" (1911-1915) *
René Eckhardt, piano
* Eleonore Pameijer, flûte
Sonates pour piano
N° 1 (v.1900-1910)
N° 2 "Concord, Mass., 1840–60" (1911-1915) *
René Eckhardt, piano
* Eleonore Pameijer, flûte
Personne n’ira vous affirmer qu’on peut écouter les Sonates pour piano de Charles Ives en faisant la vaisselle – sinon, va y’avoir de la casse. Car ce sont là des œuvres touffues, d’une
invraisemblable complexité d’écriture, amples, richissimes, bourrées d’influences en tout genre. Ou plutôt, non, ce ne sont pas des influences : ce sont des sources dans lesquelles Ives a puisé
pour alimenter son propre creuset. Avec des durées respectivement de 35 et 40 minutes, elles ne s’adressent pas réellement aux auditeurs pressés. Mais pour ceux qui voudront bien se laisser perdre
dans ce génial labyrinthe, quel voyage ! Le manuscrit définitif de la Première sonate, écrite entre 1900 et 1910 (Ives prenait toujours son temps, d’autant plus qu’il ne
composait que quand son boulot d’assureur lui laissait quelque loisir), fut perdu ; c’est le compositeur Lou Harrison qui, à partir d’une photocopie à peine lisible,
établit une réécriture complète, qui reçut l’approbation de Ives. On y trouve toutes les idées chères au compositeur, son étonnante soif de diversité, son plaisir à la surprise, sa propension à
superposer les rythmes, les thèmes, les tonalités (In the Inn, « Dans la taverne », est un véritable bordel soigneusement
organisé) ; mais aussi son profond lyrisme, en particulier dans ses lunaires mouvements lents, et son amour des emprunts en tout genre, ragtime, marches militaires,
hymnes d’église, le tout dans un chaos soigneusement organisé, de toute splendeur. Difficile d’imaginer que cet assureur provincial avait développé, dix ou vingt ans avant les plus hardis
européens, des modèles farouchement modernes, et toujours d’actualité. Seconde sonate ensuite, 1911-1915 ; Ives rend hommage à Emerson,
Hawthorne, Thoreau et les Alcotts, cette famille de Massachusetts dont la petite dernière, Louisa Alcott, écrivit Les Quatre filles du docteur March ; elle fut
la disciple de Thoreau, Emerson et Hawthorne… Toujours plus moderne, Ives fixe définitivement de nombreux principes pianistiques, dont le cluster, plus ou moins inventé au titre d’effet sonore par
Jelly Roll Morton et Scott Joplin au début du XXe siècle ; mais Ives, plutôt que le coude recommandé par Morton, exige du pianiste qu’il utilise une règle de bois de
quelque quarante centimètres ! Autres inventions définitivement fixées dans son langage, les superpositions les plus invraisemblables – les plus injouables, aussi – d’harmonies, de rythmes ou de
mètres, de thèmes, de genres et de style : il n’hésitera pas à interpoler un hymne protestant avec une marche militaire délibérément niaise, avec des prismes de couleurs pianistiques absolument
exquis. A souligner également, dans le mouvement The Alcotts, la délirante métamorphose d’après le Cinquième de Beethoven… Ainsi que la présence d’une flûte pour
quelques notes à la fin de l’immense embrasement pianissimo de l’ultime mouvement. Décidément, Ives reste compositeur encore et toujours méconnu en France, alors qu’il fut un
précurseur bien avant Stravinski, Schönberg et tous les autres.
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