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Ave Maris Stella Vénération de la Vierge au Moyen-Age
Note des internautes :
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Paru le 1 janvier 2007 chez Christophorus
Artiste principal : Estampie
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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz) 11.99€
Qualité Standard (320 kpbs) 9.99
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ALBUM : 1 disque - 15 pistes - Durée totale : 01:03:28
  1. 1 Ave maris stella Estampie, Ensemble
  2. 2 Ave generosa Estampie, Ensemble
  3. 3 Ave mater, O Maria Estampie, Ensemble
  4. 4 Stabat juxta Christi crucem Estampie, Ensemble
  5. 5 Ave, donna santissima Estampie, Ensemble
  6. 6 Dansse real Estampie, Ensemble
  7. 7 Regenbogen tagewise Estampie, Ensemble
  8. Saltarello (trk 8) ( Anonymous)
  9. 8 Saltarello (trk 8) Estampie, Ensemble
  10. 9 Humils, forfaitz, repres e penedens Estampie, Ensemble
  11. 10 Vos quid admiramini / Gratissima / Gaude gloriosa Estampie, Ensemble
  12. 11 Ave gloriosa, mater salvatoris Estampie, Ensemble
  13. 12 Santa Maria, strela do dia Estampie, Ensemble
  14. 13 Da que deus mamou Estampie, Ensemble
  15. Ave maris stella (trk 14)
  16. 14 Ave maris stella (trk 14) Estampie, Ensemble
  17. Stella splendens (trk 15)
  18. 15 Stella splendens (trk 15) Estampie, Ensemble

À propos

Œuvres de H. von Bingen, O. von Wolkenstein, G. Riquier, Ph. de Vitry, du Codex Las Huelgas, Codex Paris fr.844, Codex London BM add.29987, Codex Cividale... / Estampie
Note des internautes : 1 2 3 4 5
Détails de l'enregistrement original : 65:59 - DDD - Enregistré en juillet 1990 par la Radio Sud-Ouest Allemande à Stuttgart - Notes en français, anglais & allemand, textes chantés donnés dans la langue originale (latin, allemand ou espagnol) sans traduction
Hymne cistercien de la Sainte Croix : Ave maris stella
Hildegard Von Bingen (1098-1179) : Ave generosa
Oswald von Wolkenstein (v.1377-1445) : Ave mater, o Maria
Codex Las Huelgas : Stabat juxta Christi crucem (Instrumental)
Laudario Di Cortona : Ave, donna santissima
Codex "Paris fr.844" : Dansse real (Instrumental)
Manuscrit de Colmar : Regenbogen tagewise
Codex de Londres BM add.29987 : Saltarello (Instrumental)
Guiraut Riquier (v.1230-v.1300) : Humils, forfaitz, repres e penedens
Philippe de Vitry (1291-1361) : Gratissima virginis species - Vos qui admiramini
Codex Cividale : Ave gloriosa, mater salvatoris
Cantigas de Santa Maria (N° 100) : Santa Maria, strela do dia
Cantigas de Santa Maria (N° 77) : Da que deus mamou
Codex Faenza 117 : Ave maris stella (Instrumental)
Codex Llibre Vermell : Stella splendens
Estampie
(Sigrid Hausen, chant, flûte, corne de chamois - Mona Spägele, chant - Michael Popp, harpe & flûtes - Ernst Schwindl, vielle, orgue portatif & cloches - Johannes Bengen, santour & percussions)
Bien que les Evangélistes n’aient attaché que fort peu d’importance au personnage historique de Marie, la femme de Nazareth, elle devint, au cours des temps, l’objet d’un culte intensif très varié et qui prit, selon les circonstances historiques, des formes très diverses.
Les chrétiens du Moyen Age vénéraient essentiellement quatre femmes en Marie : la mater dolorosa pleurant la mort de son fils, le Sauveur, et pleurant par là même tout le malheur du monde ; la regina coeli, terrae et maris, reine céleste et vénérable portant la couronne et le sceptre ; l’auxiliatrix, le recours dans le malheur, celle qui intervient auprès de Dieu en faveur des pécheurs ou est elle-même à l’origine directe de miracles ; la virgo, vierge intacte et pure, incarnation moyenâgeuse idéale de la femme et de l’amante.
    À ces quatre aspects du culte marial s’ajoute une infinité d’autres titres et de périphrases : ancilla dei, stella maris, generosa, splendens (dans un seul Minnelied, on ne trouve pas moins de 72 appellations différentes !). Les catégories dolorosa, regina, auxiliatrix et virgo correspondent à quatre genres musicaux : le Planctus (lamentation), le chant de louange, le récit miraculeux (essentiellement dans les Cantigas de Santa Maria) et le Minnelied spirituel.
    L’ensemble Estampie a affirmé sa renommée en terres moyenâgeuses où son art fait merveille.
Vénération de la Vierge au Moyen AgeJoachim Berenbold
    Premier morceau de l’enregistrement, l’hymne Ave maris stella. « L’étoile de la mer » indique le chemin aux navigateurs, et c’est ainsi qu’elle guide aussi le croyant sur le chemin de sa vie. Dans le culte marial chrétien, se retrouvent de nombreux aspects provenant de cultures pré-chrétiennes centrées autour de la mère. C’est ainsi que, dans la haute civilisation crétoise déjà, l’Etoile de Vénus devint Etoile de la Mer et de la Navigation.
    Hildegard de Bingen est la première femme compositeur connue, mais sa renommée est surtout due à ses visions mystiques. La plupart des personnalités importantes de l’époque, empereurs et papes, étaient en contact avec elle. Elle était pénétrée de l’idée d’une harmonie divine englobant toutes choses. Aussi voyait-elle dans ses compositions, des « symphoniae harmoniae celestis » la révélation de l’harmonie céleste. Dans l’Ave generosa, Marie est vénérée en tant que vierge pure dont l’union chaste et divine est chantée avec euphorie.
    Oswald de Wolkenstein, châtelain et diplomate, est le dernier des Minnesänger du Moyen Age. Lors des voyages qu’il entreprit à travers toute l’Europe, il découvrit également en Italie et en France la composition polyphonique et utilisa pour son poème Ave Mater, o Maria, la forme musicale d’une Lauda à quatre voix.
    Le cloître cistercien de Las Huelgas, près de Burgos, était au Moyen Age un des hauts-lieux de la musique polyphonique de la péninsule ibérique. Le manuscrit renferme le répertoire de chants polyphoniques utilisé à Las Huelgas, chants qui parfois, pour des circonstances particulières, étaient substitués aux chorals à une voix. Stabat juxta Christi crucem, une pièce instrumentale, est un Planctus reprenant les lamentations de Marie au pied de la Croix.
    Ave, donna santissima est un chant religieux à tendance populaire, ce que l’on appelle une Lauda. Cette poésie prend sa source dans la renaissance de la piété populaire due à St. François d’Assise, piété qui s’opposa sciemment à l’église officielle. Dans ce chant de louange, Marie est, dans son Immaculée Conception, délicatement comparée aux rayons du soleil qui font briller leur éclat dans un verre d’eau sans véritablement toucher le liquide. C’est ainsi que le Christ vint s’enfermer dans le corps vierge de Marie.
    Regenbogen tagewise est un poème populaire inscrit à son répertoire par le Minnesänger Regenbogen. Il été repris dans le "Manuscrit de Colmar", l’un des derniers recueils de chants des Minnesänger de tout le Moyen Age. La « Tagewise » est la transposition religieuse d’un texte de chant profane à la louange du jour qui se lève et décrivant en général les adieux de l’amant à l’aimée, au petit matin. C’était là un procédé fort courant, au Moyen Age. Ce chant a pour thème l’Annonciation et la Passion du Christ, transposées toutefois dans un décor courtois, Dieu apparaissant sous les traits d’un Prince et Marie sous ceux d’une jeune vierge de la noblesse.
    Guiraut Riquier fut le dernier grand troubadour provençal. Après l’anéantissement quasi total de la culture du sud de la France, au cours des croisades albigeoises, les musiciens durent rechercher de nouveaux champs d’activité dans les régions avoisinantes. Guiraut ne trouva refuge que pour une décennie auprès du Roi Alfonse X le Sage d’Espagne, grand ami des arts. Mais l’art des troubadours touchait à sa fin et Guiraut le dit lui-même dans l’un de ses chants : « Je suis venu trop tard. » Dans son chant marial, Humils, forfaits, repres e penedens (humble et plein de remords), il confesse ses péchés à la Vierge, dernier recours dans son désespoir et il l’implore : « Pour nous, Maîtresse, Vierge royale, vous êtes devenue la Mère du Fils du Dieu tout-puissant : demandez-lui de nous guider! »
    Philippe de Vitry passait à son époque pour avoir révolutionné la musique ; il ne se borna pas à créer un système de notation musicale conservé jusqu’à ce jour dans ses grandes lignes, mais contribua également à donner aux formes musicales du motet, de la ballade, du virelai et du rondeau, une importance qu’elles allaient conserver. Il tenta en outre de libérer la composition musicale de toute contrainte, tant ecclésiastique que courtoise. Gratissima virginis species est un motet à deux textes sur un ténor instrumental à deux voix. Les textes traitent tous deux de la vénération de Marie.
    Le trope à deux voix Ave gloriosa, mater salvatoris est une œuvre du Codex Cividale du Frioul. Le fait qu’il se retrouve dans douze autres sources, montre bien le degré de popularité de cette œuvre. La mélodie en est très simple, les deux voix étant parallèles et consonantes. Cette oeuvre a été composée pour la fête de l’anniversaire de Marie, le 8 septembre, il s’agit d’une invocation à la Vierge sous ses divers noms.
    Les Cantigas de Santa Maria sont contenus dans l’un des plus volumineux manuscrits de la musique moyenâgeuse. C’est le Roi Alfonse, dit « le Sage » grand ami des arts, qui fit faire cette superbe anthologie. À côté de chants de louange, elle renferme essentiellement le récit des miracles de Marie. Les mélodies sont dues au Roi lui-même, ainsi qu’aux nombreux troubadours séjournant à sa cour. « Sainte Marie, Etoile du jour, montre-nous le chemin qui mène à Dieu et guide-nous » tel est le refrain du chant de louange Santa Maria, strela do dia.
    Da que Deus mamou raconte l’un des innombrables miracles attribués à la Vierge : plusieurs médecins annoncent à une malade, sa fin prochaine. Du fond de son désespoir elle invoque Marie qui lui dit de se faire transporter dans son lit devant l’église Santa Maria de Lugo et de continuera prier avec ferveur. Au bout de quelques jours, le miracle se produit et la condamnée est guérie devant la population et l’évêque.
    Le Codex Faenza renferme la plus grande collection de musique instrumentale moyenâgeuse qui nous ait été transmise. Les 48 pièces pour deux voix sont toutes des diminutions de chants et de danses alors fort connus. Ave maris stella reprend, dans la voix du bas, l’hymne entendu au début, tandis que résonne un dessus nouvellement composé.
    Le Llibre Vermell est un manuscrit de l’abbaye de Montserrat. Les moines de Montserrat voyaient dans l’extraordinaire montagne sur laquelle était bâtie leur abbaye, une reproduction de la Vierge. Si l’on en croit la légende, la Madone de Montserrat, appelée « Morenata » la petite maure, fut, au 9e siècle, déposée par un ange dans un champ où elle fut trouvée par des bergers. Le Stella splendens, au rythme entraînant, décrit le cortège des pélerins montant vers la Morenata: « Etoile resplendissante sur la montagne, tel un rayon de soleil miraculeux, écoute le peuple. Joyeux, tous viennent vers toi, pauvres et riches, jeunes et vieux. Princes et magnats d’origine royale, puissants de ce monde, prélats et barons avec leurs nobles suites, moines, prêtres, soldats, paysans, écrivains et avocats, tous, pleins de remords, ne connaissent leurs péchés et prient, le genou en terre : Ave Maria. »

Joachim Berenbold
Traduction : Jean-Pierre Dauphin
© Christophorus 2007 – Reproduction interdite

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Estampie
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Vieux label allemand de musique sacrée et liturgique.

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