C’est que l’on ne joue pas bien souvent les deux Quatuors avec piano de Dvořák, seraient-ils éclipsés par ceux de Schumann et de Brahms ? Ce sont pourtant là des œuvres de la maturité du
compositeur tchèque, respectivement 1875 (l’époque de la Cinquième symphonie) et 1889 (Huitième symphonie !)… et en aucun cas ne devrait-on y voir des morceaux d’épigone ou d’imitateur ; de successeur, oui, naturellement, mais Dvořák ne s’en cachait pas, à juste titre. Il va sans dire que les thèmes d’essence tchèque abondent, dans l’élégance d’écriture
habituelle que l’on sait ; pour des œuvres ainsi abouties, la conception instrumentale présente les caractéristiques symphoniques que l’on peut attendre : les quatre
instruments sont traités en solistes, sans qu’aucun ne tire la couverture vers lui. Quant aux interprètes : trois membres du Quatuor Vlach de Prague, fondé en 1982 et
largement présent sur la scène mondiale, avec la pianiste tchèque Helena Suchárová-Weiser, partenaire habituelle de l’ensemble, pour un fondu musical de toute première classe. Indiscutable
interprétation, donc.