Artiste principal :
Stephen Coombs
Genre : Classique
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- 1 Prélude
- 2 Fugue
- 3 N° 1 en la mineur - Prélude
- 4 N° 1 en la mineur - Fugue
- 5 N° 2 en ut dièse mineur - Prélude
- 6 N° 2 en ut dièse mineur - Fugue
- 7 N° 3 en ut mineur - Prélude
- 8 N° 3 en ut mineur - Fugue
- 9 N° 4 en ut majeur - Prélude
- 10 N° 4 en ut majeur - Fugue
- 11 Prélude
- 12 Fugue
Prélude et Fugue en ré mineur, op. 62 (Alexandre Glazounov)
Quatre Préludes et Fugues, op. 101
Prélude et Fugue en mi mineur
À propos
Préludes & Fugues en mi mineur & en ré mineur op.62 - 4 Préludes & Fugues op.101 / Stephen Coombs, piano
Détails de l'enregistrement original :
60:22 - DDD - Enregistré à Rosslyn Hill Unitarian Chapel, Hampstead (Londres) en octobre 1995 - Notes en français, anglais, allemand
Alexandre Glazounov (1865-1936)
Prélude et Fugue en ré mineur, op. 62
Quatre Préludes et Fugues, op. 101
N° 1 en la mineur
N° 2 en ut dièse mineur
N° 3 en ut mineur
N° 4 en ut majeur
Prélude et Fugue en mi mineur Stephen Coombs, piano
Prélude et Fugue en ré mineur, op. 62
Quatre Préludes et Fugues, op. 101
N° 1 en la mineur
N° 2 en ut dièse mineur
N° 3 en ut mineur
N° 4 en ut majeur
Prélude et Fugue en mi mineur Stephen Coombs, piano
Ce disque est le troisième volet de cette intégrale des œuvres pour piano de Glazounov. Il s’agit ici de compositions écrites vers la fin de sa vie, entre 1918 et 1926. Voici notre compositeur
devenu Directeur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, et désireux de donner la mesure de son talent dans une forme a priori académique, celle du Prélude et Fugue, mais dans une
conception fort avant-gardiste. Certes, en 1918 (date de composition des Quatre Préludes & Fugues, op. 101), Stravinski et Prokofiev étaient passés par là, Chostakovitch n’allait plus
tarder avec sa Première symphonie : on pourrait donc le qualifier de réactionnaire, ce qui serait très injuste. Le compositeur désire simplement faire du neuf avec de l’ancien, en quelque sorte,
c’est-à-dire démontrer que l’on peut ne rompre aucun pont avec le passé tout en traversant la rivière du 20e siècle.
Stephen Coombs est l’ardent défenseur de cette musique qui mérite d’être enfin redécouverte.
Stephen Coombs est l’ardent défenseur de cette musique qui mérite d’être enfin redécouverte.
Glazounov
Intégrale des œuvres pour pianoStephen Coombs
Comme c’est le cas pour la plupart des compositeurs russes, le piano occupe une place importante dans l’œuvre d’Alexandre Glazounov. On retrouve quasiment toutes les facettes de son talent dans ce grand recueil : son talent de miniaturiste, l’élégance de sa musique de salon, l’audace de ses harmonies et sa maîtrise du contrepoint et des formes de grande envergure. Glazounov occupe également une place à part dans l’évolution de la musique russe en général. Il est en même temps l’héritier de Glinka dans sa quête d’une expression nationale russe, et celui d’Anton Rubinstein dans son désir d’intégrer l’art russe aux courants artistiques de la culture européenne. Glazounov reçut le soutien du compositeur nationaliste Balakirev et eut pour professeur son élève Rimski-Korsakov. Il fut influencé par son ami Tchaïkovski et plus encore par la musique d’Anton Rubinstein – en particulier lorsqu’il était directeur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Bien que sa contribution fût en grande partie ignorée à l’ouest, son œuvre de conciliateur de la musique russe a marqué les générations successives de compositeurs postrévolutionnaires – en particulier la musique de son élève le plus célèbre : Chostakovitch. Prélude et Fugue, op. 62 est la toute première et la plus ouvertement dramatique des six pièces. En ré mineur, elle fut composée en 1899, l’année où Glazounov fut nommé professeur au conservatoire de Saint-Pétersbourg, et il est tentant d’y voir une volonté de proclamer ses références académiques. Cette œuvre ne présente cependant rien de sec ou de poussiéreux. Conçue sur une grande échelle, elle existe aussi dans une version pour orgue symphonique. L’écriture pianistique, fort complexe, est clairement vouée à exhiber les prouesses techniques de l’interprète, avec des lignes musicales parfois écrites en tierces, en sixtes et en accords pairs. Les textures contrapuntiques sont une caractéristique courante de la musique de Glazounov et Chostakovitch – alors étudiant au conservatoire de Saint-Pétersbourg – recueillit quelques aperçus intéressants de cette facette de son œuvre, comme l’atteste ce passage de ses mémoires :
[Glazounov] aimait à nous rappeler combien la polyphonie est l’élément le plus important de la composition. Lorsque Glazounov s’asseyait au piano pour démontrer quelque chose, il mettait toujours l’accent sur la voix d’accompagnement et sur les chromatismes, sur les progressions ascendantes et descendantes, qui donnaient à son jeu ampleur et vie. En 1910 et 1915, Glazounov composa deux autres préludes et fugues pour orgue, mais ce ne fut qu’en 1918 qu’il acheva ses Quatre Préludes et Fugues, op. 101, pour piano – une réalisation imposante. Cette musique dut sembler anachronique en 1918. Stravinski et Prokofiev étaient les nouveaux zélateurs de la musique russe et nous pouvons percevoir les tentatives de Glazounov pour rester en contact avec l’avant-garde dans ses Deux Préludes-Improvisations, également de 1918. Il est donc des plus surprenants qu’il se soit lançé dans une série de préludes et fugues précisément à cette époque. Alors que les jeunes compositeurs riaient tranquillement dans son dos, Glazounov entreprit de démontrer son habileté de compositeur dans ce registre, le plus exigeant intellectuellement. Le résultat est stupéfiant.
Le premier morceau de l’ensemble, le plus long aussi, est en la mineur. Grave et imposant, il présente une ampleur et une solennité qui ne sombrent jamais dans l’interminable. Le deuxième, en do dièse mineur, est plus chromatique et plus complexe, avec un thème sinueux qui semble s’enrouler sur lui-même. Le troisième, en ut majeur, recèle un prélude d’une beauté merveilleusement délicate, tandis que le premier thème de sa fugue repose sur une alternance de quintes et de quartes. Le dernier, en ut majeur, est le plus court, avec une fugue à cinq parties, d’une sonorité imposante. À l’instar de l’op. 62 antérieur, le Prélude et fugue en mi mineur composée en 1926 fut, par la suite, arrangée pour orgue. Glazounov la dédia à son ami Leonid Nicolayev, également professeur de piano de Chostakovitch au conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Une superbe assurance émane du matériau musical qui est – comme l’Idylle, op. 103, composé la même année – surprenant, compte tenu tant de la santé précaire de Glazounov que des difficultés de l’époque. Revenant sur ces années, Chostakovitch se souvint :
Les temps étaient durs et pénibles. Glazounov, qui avait été un bel homme solide, avait perdu un poids catastrophique. Ses vieux vêtements pendaient sur lui comme sur un cintre. Son visage était hagard, tiré. Nous savions qu’il n’avait même plus de papier à musique où consigner ses idées.
En dépit de tous ses problèmes, Glazounov était très respecté et aimé de la plupart de ses étudiants, et la clef de sa survie, alors que tout était contre lui, nous est à nouveau livrée par Chostakovitch :
Vous devez toujours essayer de travailler, quelles que soient les circonstances. Cela peut parfois vous sauver. Je peux ainsi dire que le travail sauva Glazounov ; il était si occupé qu’il n’eut jamais le temps de penser à lui. Après la Révolution, tout changea autour de lui et il vécut dans un monde terrible, qu’il ne comprenait pas. Mais il pensa que s’il mourait, une œuvre importante périrait. Il se sentit responsable des vies de centaines de musiciens et ne mourut pas.
Intégrale des œuvres pour pianoStephen Coombs
Comme c’est le cas pour la plupart des compositeurs russes, le piano occupe une place importante dans l’œuvre d’Alexandre Glazounov. On retrouve quasiment toutes les facettes de son talent dans ce grand recueil : son talent de miniaturiste, l’élégance de sa musique de salon, l’audace de ses harmonies et sa maîtrise du contrepoint et des formes de grande envergure. Glazounov occupe également une place à part dans l’évolution de la musique russe en général. Il est en même temps l’héritier de Glinka dans sa quête d’une expression nationale russe, et celui d’Anton Rubinstein dans son désir d’intégrer l’art russe aux courants artistiques de la culture européenne. Glazounov reçut le soutien du compositeur nationaliste Balakirev et eut pour professeur son élève Rimski-Korsakov. Il fut influencé par son ami Tchaïkovski et plus encore par la musique d’Anton Rubinstein – en particulier lorsqu’il était directeur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Bien que sa contribution fût en grande partie ignorée à l’ouest, son œuvre de conciliateur de la musique russe a marqué les générations successives de compositeurs postrévolutionnaires – en particulier la musique de son élève le plus célèbre : Chostakovitch. Prélude et Fugue, op. 62 est la toute première et la plus ouvertement dramatique des six pièces. En ré mineur, elle fut composée en 1899, l’année où Glazounov fut nommé professeur au conservatoire de Saint-Pétersbourg, et il est tentant d’y voir une volonté de proclamer ses références académiques. Cette œuvre ne présente cependant rien de sec ou de poussiéreux. Conçue sur une grande échelle, elle existe aussi dans une version pour orgue symphonique. L’écriture pianistique, fort complexe, est clairement vouée à exhiber les prouesses techniques de l’interprète, avec des lignes musicales parfois écrites en tierces, en sixtes et en accords pairs. Les textures contrapuntiques sont une caractéristique courante de la musique de Glazounov et Chostakovitch – alors étudiant au conservatoire de Saint-Pétersbourg – recueillit quelques aperçus intéressants de cette facette de son œuvre, comme l’atteste ce passage de ses mémoires :
[Glazounov] aimait à nous rappeler combien la polyphonie est l’élément le plus important de la composition. Lorsque Glazounov s’asseyait au piano pour démontrer quelque chose, il mettait toujours l’accent sur la voix d’accompagnement et sur les chromatismes, sur les progressions ascendantes et descendantes, qui donnaient à son jeu ampleur et vie. En 1910 et 1915, Glazounov composa deux autres préludes et fugues pour orgue, mais ce ne fut qu’en 1918 qu’il acheva ses Quatre Préludes et Fugues, op. 101, pour piano – une réalisation imposante. Cette musique dut sembler anachronique en 1918. Stravinski et Prokofiev étaient les nouveaux zélateurs de la musique russe et nous pouvons percevoir les tentatives de Glazounov pour rester en contact avec l’avant-garde dans ses Deux Préludes-Improvisations, également de 1918. Il est donc des plus surprenants qu’il se soit lançé dans une série de préludes et fugues précisément à cette époque. Alors que les jeunes compositeurs riaient tranquillement dans son dos, Glazounov entreprit de démontrer son habileté de compositeur dans ce registre, le plus exigeant intellectuellement. Le résultat est stupéfiant.
Le premier morceau de l’ensemble, le plus long aussi, est en la mineur. Grave et imposant, il présente une ampleur et une solennité qui ne sombrent jamais dans l’interminable. Le deuxième, en do dièse mineur, est plus chromatique et plus complexe, avec un thème sinueux qui semble s’enrouler sur lui-même. Le troisième, en ut majeur, recèle un prélude d’une beauté merveilleusement délicate, tandis que le premier thème de sa fugue repose sur une alternance de quintes et de quartes. Le dernier, en ut majeur, est le plus court, avec une fugue à cinq parties, d’une sonorité imposante. À l’instar de l’op. 62 antérieur, le Prélude et fugue en mi mineur composée en 1926 fut, par la suite, arrangée pour orgue. Glazounov la dédia à son ami Leonid Nicolayev, également professeur de piano de Chostakovitch au conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Une superbe assurance émane du matériau musical qui est – comme l’Idylle, op. 103, composé la même année – surprenant, compte tenu tant de la santé précaire de Glazounov que des difficultés de l’époque. Revenant sur ces années, Chostakovitch se souvint :
Les temps étaient durs et pénibles. Glazounov, qui avait été un bel homme solide, avait perdu un poids catastrophique. Ses vieux vêtements pendaient sur lui comme sur un cintre. Son visage était hagard, tiré. Nous savions qu’il n’avait même plus de papier à musique où consigner ses idées.
En dépit de tous ses problèmes, Glazounov était très respecté et aimé de la plupart de ses étudiants, et la clef de sa survie, alors que tout était contre lui, nous est à nouveau livrée par Chostakovitch :
Vous devez toujours essayer de travailler, quelles que soient les circonstances. Cela peut parfois vous sauver. Je peux ainsi dire que le travail sauva Glazounov ; il était si occupé qu’il n’eut jamais le temps de penser à lui. Après la Révolution, tout changea autour de lui et il vécut dans un monde terrible, qu’il ne comprenait pas. Mais il pensa que s’il mourait, une œuvre importante périrait. Il se sentit responsable des vies de centaines de musiciens et ne mourut pas.
Stephen Coombs
Traduction Hyperion
© Hyperion 1996 – Reproduction interdite
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