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Qualité Studio Masters
Qualité CD (Lossless 16 bits 44.1 kHz)
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Qualité Standard (320 kpbs)
34.99€
- 1 Acte I : Ouverture
- 2 Acte I : Trio "La mia Dorabella"
- 3 Acte I : Trio "E la fede delle femine"
- 4 Acte I : Trio "Una bella serenata"
- 5 Acte I : Duo "Ah guarda, sorella"
- 6 Acte I : Air "Vorrei dir, e cor non ho"
- 7 Acte I : Quintette "Sento, o Dio"
- 8 Acte I : Chœur "Bella vita militar"
- 9 Acte I : Quintette "Di scrivemi ogni giorno"
- 10 Acte I : Trio "Soave sia il vento"
- 11 Acte I : Récitatif & Air "Ah scostati"
- 12 Acte I : Air "In uomini, in soldati"
- 13 Acte I : Sextuor "Alla bella Despinetta"
- 14 Acte I : Récitatif & Air "Temerari" - "Come scoglio"
- 15 Acte I : Air "Non siate ritrosi"
- 16 Acte I : Trio "E voi ridete?"
- 17 Acte I : Air "Un'aura amorosa"
- 18 Acte I : Final "Ah che tutta"
- 19 Acte I : Allegro "Ecovi il medico"
- 20 Acte I : Andante "Dove son?"
- 21 Acte I : Allegro "Dammi un bacio"
- 1 Acte II : Récitatif "Andante la"
- 2 Acte II : Air "Una donna a quindici anni"
- 3 Acte II : Duo "Prendero quel brunettino"
- 4 Acte II : Duo & chœur "Secondate, aurette aniche"
- 5 Acte II : Quatuor "La mano a me date"
- 6 Acte II : Duo "Il core vi dono"
- 7 Acte II : Rondo "Per pieta"
- 8 Acte II : Air "Donne mie, la fate a tanti"
- 9 Acte II : Duo "Fra gli amplessi"
- 10 Acte II : Andante "Tutti accusan le donne"
- 11 Acte II : Finale "Fate presto"
- 12 Acte II : Quatuor "Tutto tutto, o mia vita"
- 13 Acte II : Maestoso "Bella vita militar"
- 14 Acte II : Scena ultima "Sani e salvi"
- 15 Acte II : Allegro "Molto Fortunato l'uom"
- 1 Ouverture
- 2 Acte I : Introduction "Chantez, chantez Magnanarelles"
- 3 Acte I : Récitatif "C'est donc vrai ?"
- 4 Acte I : Duo "Est-elle jeune et belle ?"
- 5 Acte II : Farandole & chœur
- 6 Acte II : Chanson de Magali "La brise est douce"
- 7 Acte II : Scène & chœur "Place, place aux coureurs"
- 8 Acte II : Récitatif "Eh bien ! Mireille, tu ne les suis donc pas"
- 9 Acte II : Chanson "Voici la chanson mignonne"
- 10 Acte II : Récitatif "Que j'épouse et que j'aime"
- 11 Acte II : Air "Mon cœur ne peut changer !"
- 12 Acte II : Récitatif "Ourrias ! Pourquoi fuir ?"
- 13 Acte II : Couplets "Si les filles d'Arles sont reines"
- 14 Acte II : Récitatif "Adieu ! Permettez-moi de fuir"
- 15 Acte II : Final "Un père parle en père"
- 1 Acte III : Prélude "Voici le Val d'Enfer"
- 2 Acte III : Scène & duo "Ils s'éloignent"
- 3 Acte III : Scène Le pont de Trinquetaille "Ah qu'ai-je fait ?"
- 4 Acte IV - Premier tableau : Chœur des moissonneurs "Amis, voici la moisson"
- 5 Acte IV - Premier tableau : Musette
- 6 Acte IV - Premier tableau : Chanson "Le jour se lève"
- 7 Acte IV - Premier tableau : Cavatine "Heureux petit berger"
- 8 Acte IV - Premier tableau : Récitatif "Mireille! qui m'appelle ?"
- 9 Acte IV - Premier tableau : Duo "Ah ! parle encore ! achève"
- 10 Acte IV - Deuxième tableau : Introduction
- 11 Acte IV - Deuxième tableau : Air "Voici la vaste plaine"
- 12 Acte V : Marche & chœur "Ô vous qui du haut des cieux"
- 13 Acte V : Cavatine "Mon cœur est plein d'un noir souci !"
- 14 Acte V : Scène finale "Ah la voici ! c'est elle !"
- 15 Annonce de fin et distribution
- 1 Cosi amor mi fai languir
- 2 Come raggio di sol
- 3 In questa tomba oscura
- 4 Der Arme Peter, op. 53 n° 3
- 5 Erlkönig, D 328
- 6 Trepak
- 7 La Boue
- 8 Les vents d'orage
- 9 Chanson de Méphistophélès
- 10 Le Séminariste
- 11 Allegretto
- 12 Andnate con moto
- 13 Rondo à la française
- 1 Introduction. Modéré, un peu vif
- 2 Chant d'amour I. Modéré, lourd
- 3 Turangalîla I. Presque lent, rêveur
- 4 Chant d'amour II. Bien modéré
- 5 Joie du sang des étoiles. Vif, passionné, avec joie
- 6 Jardin du sommeil d'amour. Très modéré, très tendre
- 7 Turangalîla II. Un peu vif - bien modéré
- 8 Developpement de l'amour. Bien modéré
- 9 Turangalîla III. Bien modéré
- 10 Final. Modéré, presque vif, avec une grande joie
- 11 Les nouvelles musicales, entracte radiodiffusé en direct
- 1 I. Prologue
- 2 II. Allegro molto
- 3 III. Andante lyrico
- 4 IV. Épilogue
- 5 I. Allegro
- 6 II. Adagio
- 7 III. Rondo
- 8 I. Vif
- 9 II. Modéré
- 10 III. Brazileira
- 11 Valse pour 2 pianos (exclusivité numérique)
- 12 L'Embarquement pour Cythère (exclusivité numérique)
- 13 I. Pour un tombeau sans nom
- 14 II. Pour invoquer Pan, Dieu du vent d'été
- 15 III. Pour que la nuit soit propice
- 16 IV. Pour la danseuse aux crotales
- 17 V. Pour l'Egyptienne
- 18 VI. Pour remercier la pluie au matin
DISQUE 1
Cosi fan tutte (Wolfgang Amadeus Mozart)
DISQUE 2
DISQUE 3
Mireille (Charles Gounod)
DISQUE 4
DISQUE 5
Cosi amor mi fai languir (Alessandro Stradella)
Come raggio di sol (Antonio Caldara)
In questa tomba oscura (Ludwig van Beethoven)
Der Arme Peter, op. 53 n° 3 (Robert Schumann)
Erlkönig, D 328 (Franz Schubert)
Chants et danses de la mort (Modeste Moussorgski)
La Boue
Les vents d'orage
Chanson de Méphistophélès
Le Séminariste
Concerto pour piano & orchestre (Francis Poulenc)
DISQUE 6
Turangalîla-Symphonie (Olivier Messiaen)
Les nouvelles musicales, entracte radiodiffusé en direct (Bonus)
DISQUE 7
Sonate pour 2 pianos (exclusivité numérique) (Francis Poulenc)
Sonate pour 2 pianos (En exclusivité numérique)
Partita pour 2 pianos (en première audition) - En exclusivité numérique) (Georges Auric)
Partita pour 2 pianos (En exclusivité numérique)
Scaramouche, op. 165c (En exclusivité numérique) (Darius Milhaud)
Valse pour 2 pianos (En exclusivité numérique) (Georges Auric)
L'Embarquement pour Cythère (En exclusivité numérique) (Francis Poulenc)
Épigraphes antiques (En exclusivité numérique) (Claude Debussy)
À propos
Œuvres de Mozart, Gounod, Messiaen... / T. Stich Randall, N. Merrimam - Orch. de la Société des Concerts du Conservatoire - H. Rosbaud, dir. - J. Vivalda, N. Gedda - A. Cluytens, dir. - O.N.R.F. - R. Désormière, dir - B. Christoff, basse
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
77:18 - 63:07 - 60:19 - 69:55 - 58:40 - 77:07 - 1 CD Bonus numérique (uniquement disponible en téléchargement sur Qobuz) - Enregistré entre 1950 et 1955 - Notes en français & anglais
Enregistrements inédits
CD I - CD II
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Cosi fan tutte ou L'École des amants, "dramma giocoso" (opéra-bouffe) en deux actes sur un livret de Lorenzo da Ponte, KV 588 (1789)
Première représentation au Burgtheater de Vienne le 16 janvier 1790
CD III - CD IV
Charles Gounod (1818-1893)
Mireille, opéra en cinq actes et sept tableaux (1864. Ici, version de 1863)
Livret de Michel Carré d'après le poème provençal Mirèio de Frédéric Mistral
Première représentation au Théâtre Lyrique à Paris le 19 mars 1864
CD V : Airs et mélodies
Alessandro Stradella (1645-1681)
Cosi amor mi fai languir
Antonio Caldara (1670-1736)
Come raggio di sol
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
In questa tomba oscura
Robert Schumann (1810-1856)
Der Arme Peter, op. 53 n° 3
Franz Schubert (1797-1828)
Erlkönig, D 328
Modeste Moussorgski (1839-1881)
Trepak (Extraits des Chants et danses de la mort)
La Boue
Les vents d'orage
Chanson de Méphistophélès
Le Séminariste
Francis Poulenc (1899-1963)
Concerto pour piano & orchestre (création européenne)
CD VI
Olivier Messiaen (1908-1992)
Turangalîla-Symphonie pour piano principal & orchestre (création européenne)
Bonus
Les nouvelles musicales, entracte radiodiffusé en direct
avec Georges Auric, Dorel Handman, Arthur Honegger, Marcel Landowski, Daniel-Lesur etc.
BONUS de 61:03:08 uniquement disponible en téléchargement (sur Qobuz.com ou autres plateformes)
Ce bonus vous sera offert pour l'achat de l'intégralité du produit numérique.
Récital du grand duo de piano Arthur Gold (1917-1990) et Robert Fizdale (né en 1920)
Œuvres de Francis Poulenc, Georges Auric, Darius Milhaud, Claude Debussy... (se reporter au détail des plages 7-1 à 7-18)
Enregistré au Festival d'Aix-en-Provence le 27 juillet 1958 et diffusé le 3 août 1958 sur les ondes de la Radio Télévision Française
Cosi fan tutte
Teresa Stich-Randall, soprano (Fiordiligi)
Nan Merriman, mezzo-soprano (Dorabella)
Rita Streich, soprano (Despina)
Nicolaï Gedda, ténor (Ferrando)
Rolando Panerai, baryton (Guglielmo)
Marcello Cortis, basse (Don Alfonso)
Chœur du Conservatoire de Paris & Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Direction (& continuo) Hans Rosbaud (1895-1962)
(Enregistré le 26 juillet 1955 au Théâtre de l'Archevêché d'Aix-en-Provence et diffusé le 5 août 1955 sur la chaîne nationale RTF)
Mireille
Janette Vivalda, soprano (Mireille)
Nicolaï Gedda, ténor (Vincent)
Christiane Gayraud, contralto (Taven)
Jules Bastin, basse (Ramon)
Michel Dens, baryton (Ourrias)
Madeleine Ignal, soprano (Vincenette)
André Vessières, basse (Ambroise)
Christiane Jacquin, soprano (Clémence)
Robert Tropin, basse (Le Passeur)
Chœur du Conservatoire de Paris & Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Direction André Cluytens (1905-1967)
(Enregistré le 24 juillet 1954 aux Baux-de-Provence et diffusé le 15 août 1954 sur Paris Inter [RTF])
CD V
Boris Christoff, basse - Hans Rosbaud, piano
(Enregistré en juillet 1955, diffusé le 28 juillet 1955 sur Paris Inter [RTF])
Francis Poulenc, piano
Orchestre National de la Radio Télévision Française
Direction Charles Münch (1891-1968)
(Enregistré et diffusé le 24 juillet 1950 sur la chaîne nationale)
CD VI
Yvonne Loriod, piano
Ginette Martenot, ondes Martenot
Orchestre National de la Radio Télévision Française
Direction Roger Désormière (1898-1963)
(Enregistré et diffusé le 25 juillet 1950 sur la chaîne nationale)
CD I - CD II
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Cosi fan tutte ou L'École des amants, "dramma giocoso" (opéra-bouffe) en deux actes sur un livret de Lorenzo da Ponte, KV 588 (1789)
Première représentation au Burgtheater de Vienne le 16 janvier 1790
CD III - CD IV
Charles Gounod (1818-1893)
Mireille, opéra en cinq actes et sept tableaux (1864. Ici, version de 1863)
Livret de Michel Carré d'après le poème provençal Mirèio de Frédéric Mistral
Première représentation au Théâtre Lyrique à Paris le 19 mars 1864
CD V : Airs et mélodies
Alessandro Stradella (1645-1681)
Cosi amor mi fai languir
Antonio Caldara (1670-1736)
Come raggio di sol
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
In questa tomba oscura
Robert Schumann (1810-1856)
Der Arme Peter, op. 53 n° 3
Franz Schubert (1797-1828)
Erlkönig, D 328
Modeste Moussorgski (1839-1881)
Trepak (Extraits des Chants et danses de la mort)
La Boue
Les vents d'orage
Chanson de Méphistophélès
Le Séminariste
Francis Poulenc (1899-1963)
Concerto pour piano & orchestre (création européenne)
CD VI
Olivier Messiaen (1908-1992)
Turangalîla-Symphonie pour piano principal & orchestre (création européenne)
Bonus
Les nouvelles musicales, entracte radiodiffusé en direct
avec Georges Auric, Dorel Handman, Arthur Honegger, Marcel Landowski, Daniel-Lesur etc.
BONUS de 61:03:08 uniquement disponible en téléchargement (sur Qobuz.com ou autres plateformes)
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Récital du grand duo de piano Arthur Gold (1917-1990) et Robert Fizdale (né en 1920)
Œuvres de Francis Poulenc, Georges Auric, Darius Milhaud, Claude Debussy... (se reporter au détail des plages 7-1 à 7-18)
Enregistré au Festival d'Aix-en-Provence le 27 juillet 1958 et diffusé le 3 août 1958 sur les ondes de la Radio Télévision Française
Cosi fan tutte
Teresa Stich-Randall, soprano (Fiordiligi)
Nan Merriman, mezzo-soprano (Dorabella)
Rita Streich, soprano (Despina)
Nicolaï Gedda, ténor (Ferrando)
Rolando Panerai, baryton (Guglielmo)
Marcello Cortis, basse (Don Alfonso)
Chœur du Conservatoire de Paris & Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Direction (& continuo) Hans Rosbaud (1895-1962)
(Enregistré le 26 juillet 1955 au Théâtre de l'Archevêché d'Aix-en-Provence et diffusé le 5 août 1955 sur la chaîne nationale RTF)
Mireille
Janette Vivalda, soprano (Mireille)
Nicolaï Gedda, ténor (Vincent)
Christiane Gayraud, contralto (Taven)
Jules Bastin, basse (Ramon)
Michel Dens, baryton (Ourrias)
Madeleine Ignal, soprano (Vincenette)
André Vessières, basse (Ambroise)
Christiane Jacquin, soprano (Clémence)
Robert Tropin, basse (Le Passeur)
Chœur du Conservatoire de Paris & Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Direction André Cluytens (1905-1967)
(Enregistré le 24 juillet 1954 aux Baux-de-Provence et diffusé le 15 août 1954 sur Paris Inter [RTF])
CD V
Boris Christoff, basse - Hans Rosbaud, piano
(Enregistré en juillet 1955, diffusé le 28 juillet 1955 sur Paris Inter [RTF])
Francis Poulenc, piano
Orchestre National de la Radio Télévision Française
Direction Charles Münch (1891-1968)
(Enregistré et diffusé le 24 juillet 1950 sur la chaîne nationale)
CD VI
Yvonne Loriod, piano
Ginette Martenot, ondes Martenot
Orchestre National de la Radio Télévision Française
Direction Roger Désormière (1898-1963)
(Enregistré et diffusé le 25 juillet 1950 sur la chaîne nationale)
Nota : Pour cause de maintenance technique, le téléchargement numérique sur Qobuz ne sera possible qu'en milieu de semaine (jeudi 19 juin).
Ce coffret est le témoignage inédit des premières années du Festival d'Aix-en-Provence qui fête cette année ses 60 ans d’excellence musicale.
Réalisés entre 1950 et 1955, ces enregistrements, publiés pour la première fois, présentent des chanteurs, musiciens et compositeurs entrés dans la légende non seulement aixoise mais internationale et montrent également l’étendue du répertoire de ce Festival qui a toujours réserver une place aux créations contemporaines.
En bonus, un 7e disque mais uniquement disponible en téléchargement : un récital des inséparables Arthur Gold (Canadien, 1917-1990) et Robert Fizdale (Américain, né en 1920), un duo de piano bien oublié aujourd'hui alors qu'il fut si célèbre de son vivant. Ils lancèrent leur carrière avec la musique contemporaine où le piano préparé occupa une large place (ils ont à leur actif plusieurs créations d'œuvres de Cage) ; Barber, Milhaud, Poulenc, Auric et Thomson écriront également à leur intention. Par la suite, ils poursuivirent une carrière mondiale en s'imposant dans le répertoire à deux pianos ; c'est à eux que l'on doit la découverte et la création des deux Concertos pour deux pianos de Mendelssohn.
Signalons quelques problèmes techniques pour les raisons évoquées dans la "Note technique" qui suit ; d'abord une coupure importante pendant le Concerto pour piano de Francis Poulenc, à la fin du premier mouvement (CD 5 plage 11, à 8’) et une petite coupure pendant la Turangalîla-Symphonie (CD 6 plage 8, à 2’) ; pour Mireille, un fort mistral soufflait au Val d’enfer, le 24 juillet 1954 ; quelques pointes de vent sont audibles dans Cosi fan tutte le 26 juillet 1955.
Ce coffret est le témoignage inédit des premières années du Festival d'Aix-en-Provence qui fête cette année ses 60 ans d’excellence musicale.
Réalisés entre 1950 et 1955, ces enregistrements, publiés pour la première fois, présentent des chanteurs, musiciens et compositeurs entrés dans la légende non seulement aixoise mais internationale et montrent également l’étendue du répertoire de ce Festival qui a toujours réserver une place aux créations contemporaines.
En bonus, un 7e disque mais uniquement disponible en téléchargement : un récital des inséparables Arthur Gold (Canadien, 1917-1990) et Robert Fizdale (Américain, né en 1920), un duo de piano bien oublié aujourd'hui alors qu'il fut si célèbre de son vivant. Ils lancèrent leur carrière avec la musique contemporaine où le piano préparé occupa une large place (ils ont à leur actif plusieurs créations d'œuvres de Cage) ; Barber, Milhaud, Poulenc, Auric et Thomson écriront également à leur intention. Par la suite, ils poursuivirent une carrière mondiale en s'imposant dans le répertoire à deux pianos ; c'est à eux que l'on doit la découverte et la création des deux Concertos pour deux pianos de Mendelssohn.
Signalons quelques problèmes techniques pour les raisons évoquées dans la "Note technique" qui suit ; d'abord une coupure importante pendant le Concerto pour piano de Francis Poulenc, à la fin du premier mouvement (CD 5 plage 11, à 8’) et une petite coupure pendant la Turangalîla-Symphonie (CD 6 plage 8, à 2’) ; pour Mireille, un fort mistral soufflait au Val d’enfer, le 24 juillet 1954 ; quelques pointes de vent sont audibles dans Cosi fan tutte le 26 juillet 1955.
D’un Festival à l’autre par Bruno Roger
En juillet 2008, le Festival d’Aix-en-Provence fête son soixantième anniversaire.
Cette manifestation née au lendemain de la guerre fut montée dans les fragiles conditions du plein air, investissant les lieux d’une petite ville calme bruissant du seul ruissellement de ses fontaines. Ses créateurs, Gabriel Dussurget et la Comtesse Pastré, l’avaient conçue avec tant de goût et d’intelligence qu’elle n’a fait que se développer depuis lors, été après été, en réussissant le double pari de ne jamais perdre sa cohérence tout en s’ouvrant à la modernité et aux publics.
En soixante saisons estivales, le Festival a permis à des générations d’artistes d’épanouir leurs talents et à des générations de spectateurs de se laisser enchanter sous les étoiles, avec Mozart comme fil d’Ariane. Autour de ce musicien, dont l’œuvre lyrique était encore méconnue après-guerre, sont tout naturellement venus s’agréger compositeurs et œuvres de toutes époques, baroques aussi bien que modernes et en création, pour des soirées dévolues à l’art dans son expression la plus festive. Et le Festival a su, avec l’aide de la Ville, du Musée des Tapisseries et de la Vidéothèque d’Art lyrique, conserver la mémoire de ces grands moments musicaux dont l’Ina, sans lequel ce coffret n’aurait pu voir le jour, a permis la restauration.
Chaque soir d’été, dans les cours et sur les places d’Aix-en-Provence, le miracle de mêler l’exigence au plaisir s’est renouvelé jusqu’à aujourd’hui. Depuis soixante ans, l’identité du Festival d’Aix-en-Provence conjugue ainsi la découverte de jeunes interprètes avec les contributions visuelles originales de peintres, de scénographes, de metteurs en scène, de chorégraphes et de cinéastes : tous ont contribué puissamment à la vitalité du spectacle lyrique des six dernières décennies.
Au fil de ses saisons, le Festival d’Aix-en-Provence n’a cessé de s’épanouir pour rayonner toujours plus intensément dans la vie musicale internationale. D’abord fréquenté par une élite, il a pris une dimension nationale puis européenne et plus ouverte encore grâce au développement des partenariats de production aussi bien qu’aux activités de formation et de professionnalisation proposées au sein de l’Académie européenne de musique. Ces deux axes ont été impulsés puis développés par Stéphane Lissner, directeur jusqu’en 2006.
Avec Bernard Foccroulle, qui a pris la tête du Festival en 2007, l’effort de démocratisation culturelle ainsi que l’indispensable ancrage du Festival dans le paysage aixois se sont accentués ; j’y suis personnellement particulièrement très attaché. Les éditions 2008 et 2009 du Festival devraient voir un certain nombre de réalisations concrètes dans ces deux domaines. Après le succès du Passeport qui permet depuis dix ans aux Aixois de s’approprier les pratiques et le répertoire lyriques, le Festival s’implique aujourd’hui aussi bien dans l’éducation artistique, en tissant des liens avec le monde éducatif, que dans les médiations audiovisuelles qui lui permettent de toucher un très large public gratuitement, par la télévision, la retransmission et demain l’internet.
Ensemble, le Festival d’Aix-en-Provence et la région aixoise forment un lieu unique dans l’Europe de la culture, où la grâce des œuvres du répertoire rencontre la vitalité toujours renouvelée de la création.
60e anniversaire du Festival d’Aix-en-Provence par Emmanuel Hoog
Au-delà de la scène, la radio et la télévision ont ouvert de nouveaux espaces pour la promotion de la musique classique telle qu’elle est célébrée chaque été à Aix-en-Provence. Par les retransmissions en direct sur les ondes ou la diffusion des captations de spectacles sur le petit écran, ces médias ont résolument contribué à élargir et diversifier les publics des concerts et des opéras du rendez-vous aixois. En permettant de restituer ces moments dans leur immédiateté et leur intensité, mais aussi d’en conserver la trace, ils ont aussi permis d’écrire son histoire et d’en assurer la postérité.
Pour fêter le 60e anniversaire de cette belle aventure, l’Ina a souhaité rendre hommage à la richesse de cet héritage radiophonique en faisant revivre les débuts du Festival, à travers les versions inédites d’œuvres programmées lors des premières saisons. Les fidèles d’Aix et tous les amoureux de l’art lyrique y verront déjà l’alchimie subtile qui, au fil des ans, a fait le succès du Festival : l’exigence, le plaisir, l’émotion et l’audace, toujours dans le respect des œuvres et des artistes.
Parce que le patrimoine audiovisuel d’Aix n’est pas seulement fait de sons, les 6 CD de ce coffret trouveront un écho en images sur le site www.ina.fr. Parmi une sélection exceptionnelle d’archives, les amateurs pourront (re)découvrir plusieurs vidéos d’opéras en version intégrale, qui seront aussi diffusées à l’occasion d’une projection publique lors de l’édition du soixantenaire. Une initiative conjointe du Festival d’Aix-en-Provence et de l’Ina qui atteste, une nouvelle fois, que c’est souvent en empruntant les chemins du souvenir que l’avenir commence à s’écrire…
Le Festival d’Aix-en-Provence : les premières années par Renaud Machart
Nous avons choisi d’illustrer, dans ce coffret commémorant les soixante ans de la création du Festival d’Aix-en–Provence, les premières années de programmation imaginées par Gabriel Dussurget (1904-1996), fondateur inspiré de la manifestation en 1948, qui en fut le directeur jusqu’à 1972. Mais célébrer les années de légende de ce rendez-vous estival n’est pas amoindrir le message et la permanence de celui-ci au fil des directoriats qui ont succédé à celui du fondateur (Bernard Lefort – 1974-1982, Louis Erlo et Jean-Louis Pujol – 1982-1996, Stéphane Lissner – 1996-2007, Bernard Foccroulle), puisque ceux-ci ont perpétué, en s’en écartant rarement, les axes de programmation institués par Gabriel Dussurget (Bernard Lefort introduira le bel canto du XIXe siècle, Stéphane Lissner Wagner).
Ces lignes de force de la programmation (opéra et concerts) peuvent être réparties en trois catégories génériques : la musique de Mozart avant tout ; la musique baroque (la redécouverte de Platée de Rameau, en 1956, puis, plus tard, d’opéras de Vivaldi, Purcell, Campra, Haendel) ; la création contemporaine.
Gabriel Dussurget, qui fut surnommé avec admiration « le magicien d’Aix », n’avait pas eu les moyens et le temps, en 1948, de programmer autre chose qu’un opéra de Mozart (Cosi fan tutte, d’emblée, ce qui était culotté alors que l’Opéra de Paris ne l’avait pas à son répertoire et que les mélomanes français qui ne voyageaient pas à Salzbourg ou à Glyndebourne ne connaissaient pas), flanqué de nombreux concerts. Problèmes de logistique, de temps, de budget, premiers pas et tâtonnements. Mais ces premiers pas furent menés de main de maître, si l’on ose dire, et cette première édition du festival fut lancée comme une improvisation inspirée, semblable au « premier jet » d’un couturier construisant une robe par le simple modelage du tissu. 1948 ne fut que la préface de 1949, vrais débuts du festival, mais Dussurget s’est d’emblée imposé en Christian Dior de la chose lyrique.
Dussurget n’avait découvert Aix-en-Provence qu’en décembre 1947, lors d’une promenade de reconnaissance avec Henri Lambert, son compagnon depuis 1928, et la Comtesse Lily Pastré, chez qui les deux hommes passaient Noël. Lily Pastré (1891-1974) était une mécène excentrique et amie des arts « qui avait l’air d’un lit défait », disait sans méchanceté Dussurget, qui n’a pas manqué de rappeler qu’elle était aussi une « femme pleine de générosité et profondément anti-conventionnelle, une sorte de hippie fortunée. » Celle qui avait passé la guerre à cacher des réfugiés et des artistes juifs (dont Clara Haskil, qui jouera lors du premier festival, en 1948, ou la harpiste Lily Laskine) dans son château de Montredon, au bord de la mer, près de Marseille, et avait été l’un des premiers soutiens de l’Abbé Pierre, voulait créer un festival de musique dans la région. Ainsi que Dussurget en a témoigné plus tard, il fut « évident que le cadre de la vieille cité serait idéal pour l’organisation de concerts. » Car il était « question – alors – de se limiter à cette forme de manifestations, l’opéra ne venant que bien après dans les préoccupations de la Comtesse Pastré, d’Henri Lambert et moi-même. » D’ailleurs, l’intitulé des premiers festivals est : « Festival international de musique » et non, comme plus tard, « Festival international d’Art lyrique » (aujourd’hui, on dit et écrit : « Festival d’Aix-en-Provence »).
Il y eut, pour le public de cette première édition, la révélation d’un indiscutable état de grâce qui devait naturellement beaucoup à la qualité musicale des concerts, mais aussi à l’esprit de ces lieux magiques, « cette aimable ville d’aristocrates qui vit encore dans sa forme d’autrefois », et surtout à cette cour bien sonnante du Palais de l’Archevêché, « salle étincelante dont le plafond était le ciel sombre étoilé », écrira Dussurget dans des Mémoires inédits. L’installation par le décorateur et costumier Georges Wakhévitch (1907-1984) d’un petit théâtre à baldaquins dans un coin de celle-ci ne tiendra qu’un été, car, en 1949, le peintre, décorateur et affichiste A[dolphe] M[ouron] Cassandre (1901-1968), y construit une scène en « dur », ancêtre de celle, semi-permanente, qu’on connaît aujourd’hui en ces lieux.
Cet été 1948, la distribution du Cosi fan tutte était un cast d’emprunt, à la Scala de Milan notamment, et n’était en rien celle qui allait faire la réputation des lieux et de sa programmation : ni Teresa Stich-Randall, ni Teresa Berganza n’étaient encore dans le circuit et il faudra attendre un peu pour que ce qu’il faut bien appeler une « troupe », qui était en fait une communauté d’admiration et d’amitié, se constitue, au fil des découvertes du talent scout qu’était Dussurget.
Et ces chanteurs, au devenir glorieux pour la plupart, n’étaient alors pas des vedettes : « On pense aujourd’hui que c’étaient des affiches de stars. Ce n’était pas le cas. Je constituais des distributions sans chercher les vedettes. L’aurions-nous voulu, nous n’aurions pas eu l’argent, mais, de toute manière, ce n’était pas notre choix artistique. On allait chercher des jeunes qui étaient peu ou pas connus du tout. On écoutait à foison, et on tenait à ce qu’ils soient disponibles pour des répétitions, dans l’esprit d’un vrai travail d’équipe. » Jusqu’à la fin de sa vie, Dussurget ira à la rencontre des jeunes talents. Le ténor français Roberto Alagna fut d’ailleurs sa dernière « trouvaille ».
Le Cosi fan tutte de 1955, pour la première fois sur support discographique, en est un exemple parlant : certes, Teresa Berganza n’est pas encore découverte en Dorabella (elle débute à la scène, à l’instigation de Dussurget, en 1957 et ne forme pas encore son célèbre duo des « deux Teresa » avec Teresa Stich Randall, qui est la Fiordiligi d’Aix depuis 1953), mais les hommes sont déjà ceux qui seront pendant des années les hérauts des productions mozartiennes aixoises. Nous avions publié en 1993, dans la même collection, en hommage à Gabriel Dussurget, le Cosi fan tutte de 1957. Celui-ci, représenté deux ans plus tôt, nous semble un utile complément qu’apprécieront les amateurs.
S’il y eut des créations lyriques à Aix-en-Provence (Les Caprices de Marianne de Henri Sauguet, par exemple, en 1954), Gabriel Dussurget fut également attentif aux œuvres instrumentales et symphoniques de son temps. Selon Dominique Jameux, le Festival d’Aix-en-Provence était « alors le seul festival international (à part Donaueschingen, spécialisé), à admettre, à côté de Mozart et de Campra, la meilleure musique contemporaine de l’époque. » Car Dussurget ne s’intéressait pas seulement à la musique tonale et « traditionnelle » du temps, celle de Sauguet ou de Gian Carlo Menotti, par exemple, mais aussi à celle de jeunes avant-gardistes tels Pierre Boulez (dont le fameux Marteau sans maître est donné, en 1955, en création française à Aix, un mois après sa création mondiale à Baden Baden), Luigi Nono ou Iannis Xenakis…
Nous avons souhaité graver pour la première fois l’enregistrement inédit de la création européenne, à Aix, en 1950, de deux compositions d’esthétiques très différentes : la Turangalîla-Symphonie (1946-1948) de Olivier Messiaen (1908-1992) et le Concerto pour piano et orchestre (1949) de Francis Poulenc (1899-1963), qui avaient connu leurs créations mondiales quelques mois plus tôt aux Etats-Unis. Le Concerto de Poulenc, malgré la direction et le jeu inégaux de Charles Münch et Francis Poulenc, lui-même au piano, est un témoignage de prime valeur (en dépit d’un arrêt de la transmission que nous avons laissé tel quel sur ce disque – voir la note technique).
La lecture par Roger Désormière de la Turangalîla-symphonie surprendra par sa rapidité (c’est probablement l’une des plus courtes en minutage de toute la riche discographie de l’œuvre). Comme l’a écrit Olivier Messiaen dans son Salut à Déso, « Désormière subjuguait littéralement ses musiciens », mais on trouverait naturellement à redire à l’écoute, partition en mains, de cette exécution : d’évidence, l’Orchestre National était peu familier de ce langage rythmique d’une ahurissante difficulté. Mais là aussi, le document est exceptionnel.
On a voulu ajouter, en bonus, le contenu de l’entracte, diffusé en direct par la radiodiffusion nationale, avec les réactions à chaud des compositeurs Georges Auric et Arthur Honegger et de quelques critiques présents. Francis Poulenc, dont le Concerto avait été reçu de manière très contrastée par la critique, a rappelé dans une lettre à Darius Milhaud du 6 septembre 1950 que les débats autour de cette « atroce Turangalîla » (il révisera son jugement en 1961, et fera amende honorable dans une lettre à Messiaen) avaient continué sur le parvis du Palais de l’Archevêché : « Roland [Manuel] et Arthur [Honegger] se sont pris à partie ; quant à Georges [Auric] et moi, cela a été épique. Georges vert, encore indisposé d’un mélange de grippe et de melon glacé et moi rouge comme une pivoine nous sommes dit pendant sept minutes les pires choses, Georges défendant Messiaen, moi à bout de nerfs de la malhonnêteté de cette œuvre écrite pour la foule et l’élite, le bidet et le bénitier, tout ceci dans une affreuse tradition Dukas, Marcel Dupré. On nous entourait comme dans un combat de coqs. » Heureuse époque où les compositeurs s’empoignaient presque pour ou contre une œuvre nouvelle…
Quand Mireille (1864) fut mise à l’affiche du festival de l’été 1954 par Gabriel Dussurget, la version originale en cinq actes de cette partition de Charles Gounod (1818-1993), l’auteur fameux de Faust (1859), était méconnue et n’avait été retrouvée que quinze ans plus tôt. Depuis 1889, on donnait cet opéra d’après Mirèio (1859), le poème en provençal de Frédéric Mistral, dans une version trafiquée en trois actes avec dialogues parlés. Représentée dans les carrières des Baux-de-Provence, en pleine campagne aixoise, dans les lieux mêmes (le Val d’enfer) qui en ont inspiré une partie du poème original, cette captation est aussi un document exceptionnel, d’autant que l’enregistrement effectué par EMI en parallèle de ces représentations est irrégulièrement indisponible. Ce qu’on perd par les interventions d’un speaker parlant parfois sur la musique, on le regagne en vérité et en atmosphère.
Nous avons déjà publié dans la collection « INA, mémoire vive » des récitals mythiques donnés au Festivals d’Aix-en-Provence, comme ceux de Teresa Stich-Randall, en 1956, et d’Elisabeth Schwarzkopf, en 1954, toutes deux accompagnées par Hans Rosbaud.
Le chef autrichien, « frêle et magistral » – comme le décrit Jean Lacouture, qui fut le directeur des consciences musicales aixoises et le chef attitré des productions mozartiennes pendant les premières années du festival (il mourut en 1962), posait volontiers sa baguette de chef pour se mettre au piano à l’occasion de ces récitals (il tenait également lui-même le continuo au clavier dans les opéras).
Le programme que nous avons choisi d’inscrire au menu de ce coffret commémoratif fut donné par la basse bulgare Boris Christoff, avec Rosbaud, dans un répertoire d’arie antiche italiennes, de lieders mais aussi de mélodies russes que la basse chante avec des qualités que la journaliste du Monde Anne Rey décrit ainsi dans un article nécrologique : « [Il] avait une voix droite, son souffle était dosé, son émission économique, ses nuances vives et nettes. » Ce n’est pas le plus connu de ces moments musicaux dont Aix avait le secret, mais c’est sûrement l’un des plus touchants. Christoff fut peu invité à chanter en France, mais Gabriel Dussurget fut de ceux qui le firent – comme souvent avant les autres.
Note techniqueJean-François Pontefract
Ce coffret est un remarquable résumé de l’évolution des techniques d’enregistrement de la Radiodiffusion Télévision Française.
En 1950, on utilisait des lignes téléphoniques plus ou moins spécialisées pour transmettre la modulation captée sur place vers des magnétophones et des machines de gravure directe 78 tours installés à Paris au Centre Pistor. Le son transitant par ces lignes était de qualité assez médiocre, tronqué à environ 7 kHz, et surtout, on n’était pas à l’abri d’une panne de transmission (1). Cette bande passante réduite et les bruits parasites dûs aux « autocommutateurs » et aux diaphonies de lignes n’étaient pas perceptibles pour l’auditeur qui écoutait la transmission sur les ondes moyennes ou les grandes ondes de la RTF dont la bande passante était coupée dans les aigus aux alentours de 5 kHz. En 1954, la RTF inaugure une nouvelle préfiguration de chaîne musicale en Modulation de Fréquence (MF) qui sera à la source de France Musique (en passant par France IV, Haute Fidélité). Il était exclu d’utiliser des lignes téléphoniques de médiocre qualité. On a donc enregistré sur place en utilisant des magnétophones envoyés de Paris ou de la station régionale de Marseille, qui ont donc permis une plus «haute fidélité » de la reproduction musicale et mettaient à l’abri des pannes de transmission. Les aléas du direct et la relative rusticité du matériel utilisé n’évitaient pas les bruits parasites (petits crachements d’amplification de ligne par exemple et souffle de bande, présence de grillons ou de souffleurs trop près des microphones) et surtout les bruits induits par le vent qui parfois souffle violemment à Aix ou aux Baux-de-Provence.
En juillet 2008, le Festival d’Aix-en-Provence fête son soixantième anniversaire.
Cette manifestation née au lendemain de la guerre fut montée dans les fragiles conditions du plein air, investissant les lieux d’une petite ville calme bruissant du seul ruissellement de ses fontaines. Ses créateurs, Gabriel Dussurget et la Comtesse Pastré, l’avaient conçue avec tant de goût et d’intelligence qu’elle n’a fait que se développer depuis lors, été après été, en réussissant le double pari de ne jamais perdre sa cohérence tout en s’ouvrant à la modernité et aux publics.
En soixante saisons estivales, le Festival a permis à des générations d’artistes d’épanouir leurs talents et à des générations de spectateurs de se laisser enchanter sous les étoiles, avec Mozart comme fil d’Ariane. Autour de ce musicien, dont l’œuvre lyrique était encore méconnue après-guerre, sont tout naturellement venus s’agréger compositeurs et œuvres de toutes époques, baroques aussi bien que modernes et en création, pour des soirées dévolues à l’art dans son expression la plus festive. Et le Festival a su, avec l’aide de la Ville, du Musée des Tapisseries et de la Vidéothèque d’Art lyrique, conserver la mémoire de ces grands moments musicaux dont l’Ina, sans lequel ce coffret n’aurait pu voir le jour, a permis la restauration.
Chaque soir d’été, dans les cours et sur les places d’Aix-en-Provence, le miracle de mêler l’exigence au plaisir s’est renouvelé jusqu’à aujourd’hui. Depuis soixante ans, l’identité du Festival d’Aix-en-Provence conjugue ainsi la découverte de jeunes interprètes avec les contributions visuelles originales de peintres, de scénographes, de metteurs en scène, de chorégraphes et de cinéastes : tous ont contribué puissamment à la vitalité du spectacle lyrique des six dernières décennies.
Au fil de ses saisons, le Festival d’Aix-en-Provence n’a cessé de s’épanouir pour rayonner toujours plus intensément dans la vie musicale internationale. D’abord fréquenté par une élite, il a pris une dimension nationale puis européenne et plus ouverte encore grâce au développement des partenariats de production aussi bien qu’aux activités de formation et de professionnalisation proposées au sein de l’Académie européenne de musique. Ces deux axes ont été impulsés puis développés par Stéphane Lissner, directeur jusqu’en 2006.
Avec Bernard Foccroulle, qui a pris la tête du Festival en 2007, l’effort de démocratisation culturelle ainsi que l’indispensable ancrage du Festival dans le paysage aixois se sont accentués ; j’y suis personnellement particulièrement très attaché. Les éditions 2008 et 2009 du Festival devraient voir un certain nombre de réalisations concrètes dans ces deux domaines. Après le succès du Passeport qui permet depuis dix ans aux Aixois de s’approprier les pratiques et le répertoire lyriques, le Festival s’implique aujourd’hui aussi bien dans l’éducation artistique, en tissant des liens avec le monde éducatif, que dans les médiations audiovisuelles qui lui permettent de toucher un très large public gratuitement, par la télévision, la retransmission et demain l’internet.
Ensemble, le Festival d’Aix-en-Provence et la région aixoise forment un lieu unique dans l’Europe de la culture, où la grâce des œuvres du répertoire rencontre la vitalité toujours renouvelée de la création.
Bruno Roger
Président du Festival d’Aix-en-Provence
© INA mémoire vive 2008 – Reproduction interdite
60e anniversaire du Festival d’Aix-en-Provence par Emmanuel Hoog
Au-delà de la scène, la radio et la télévision ont ouvert de nouveaux espaces pour la promotion de la musique classique telle qu’elle est célébrée chaque été à Aix-en-Provence. Par les retransmissions en direct sur les ondes ou la diffusion des captations de spectacles sur le petit écran, ces médias ont résolument contribué à élargir et diversifier les publics des concerts et des opéras du rendez-vous aixois. En permettant de restituer ces moments dans leur immédiateté et leur intensité, mais aussi d’en conserver la trace, ils ont aussi permis d’écrire son histoire et d’en assurer la postérité.
Pour fêter le 60e anniversaire de cette belle aventure, l’Ina a souhaité rendre hommage à la richesse de cet héritage radiophonique en faisant revivre les débuts du Festival, à travers les versions inédites d’œuvres programmées lors des premières saisons. Les fidèles d’Aix et tous les amoureux de l’art lyrique y verront déjà l’alchimie subtile qui, au fil des ans, a fait le succès du Festival : l’exigence, le plaisir, l’émotion et l’audace, toujours dans le respect des œuvres et des artistes.
Parce que le patrimoine audiovisuel d’Aix n’est pas seulement fait de sons, les 6 CD de ce coffret trouveront un écho en images sur le site www.ina.fr. Parmi une sélection exceptionnelle d’archives, les amateurs pourront (re)découvrir plusieurs vidéos d’opéras en version intégrale, qui seront aussi diffusées à l’occasion d’une projection publique lors de l’édition du soixantenaire. Une initiative conjointe du Festival d’Aix-en-Provence et de l’Ina qui atteste, une nouvelle fois, que c’est souvent en empruntant les chemins du souvenir que l’avenir commence à s’écrire…
Emmanuel Hoog
Président directeur général de l’INA
© INA mémoire vive 2008 – Reproduction interdite
Le Festival d’Aix-en-Provence : les premières années par Renaud Machart
Nous avons choisi d’illustrer, dans ce coffret commémorant les soixante ans de la création du Festival d’Aix-en–Provence, les premières années de programmation imaginées par Gabriel Dussurget (1904-1996), fondateur inspiré de la manifestation en 1948, qui en fut le directeur jusqu’à 1972. Mais célébrer les années de légende de ce rendez-vous estival n’est pas amoindrir le message et la permanence de celui-ci au fil des directoriats qui ont succédé à celui du fondateur (Bernard Lefort – 1974-1982, Louis Erlo et Jean-Louis Pujol – 1982-1996, Stéphane Lissner – 1996-2007, Bernard Foccroulle), puisque ceux-ci ont perpétué, en s’en écartant rarement, les axes de programmation institués par Gabriel Dussurget (Bernard Lefort introduira le bel canto du XIXe siècle, Stéphane Lissner Wagner).
Ces lignes de force de la programmation (opéra et concerts) peuvent être réparties en trois catégories génériques : la musique de Mozart avant tout ; la musique baroque (la redécouverte de Platée de Rameau, en 1956, puis, plus tard, d’opéras de Vivaldi, Purcell, Campra, Haendel) ; la création contemporaine.
Gabriel Dussurget, qui fut surnommé avec admiration « le magicien d’Aix », n’avait pas eu les moyens et le temps, en 1948, de programmer autre chose qu’un opéra de Mozart (Cosi fan tutte, d’emblée, ce qui était culotté alors que l’Opéra de Paris ne l’avait pas à son répertoire et que les mélomanes français qui ne voyageaient pas à Salzbourg ou à Glyndebourne ne connaissaient pas), flanqué de nombreux concerts. Problèmes de logistique, de temps, de budget, premiers pas et tâtonnements. Mais ces premiers pas furent menés de main de maître, si l’on ose dire, et cette première édition du festival fut lancée comme une improvisation inspirée, semblable au « premier jet » d’un couturier construisant une robe par le simple modelage du tissu. 1948 ne fut que la préface de 1949, vrais débuts du festival, mais Dussurget s’est d’emblée imposé en Christian Dior de la chose lyrique.
Dussurget n’avait découvert Aix-en-Provence qu’en décembre 1947, lors d’une promenade de reconnaissance avec Henri Lambert, son compagnon depuis 1928, et la Comtesse Lily Pastré, chez qui les deux hommes passaient Noël. Lily Pastré (1891-1974) était une mécène excentrique et amie des arts « qui avait l’air d’un lit défait », disait sans méchanceté Dussurget, qui n’a pas manqué de rappeler qu’elle était aussi une « femme pleine de générosité et profondément anti-conventionnelle, une sorte de hippie fortunée. » Celle qui avait passé la guerre à cacher des réfugiés et des artistes juifs (dont Clara Haskil, qui jouera lors du premier festival, en 1948, ou la harpiste Lily Laskine) dans son château de Montredon, au bord de la mer, près de Marseille, et avait été l’un des premiers soutiens de l’Abbé Pierre, voulait créer un festival de musique dans la région. Ainsi que Dussurget en a témoigné plus tard, il fut « évident que le cadre de la vieille cité serait idéal pour l’organisation de concerts. » Car il était « question – alors – de se limiter à cette forme de manifestations, l’opéra ne venant que bien après dans les préoccupations de la Comtesse Pastré, d’Henri Lambert et moi-même. » D’ailleurs, l’intitulé des premiers festivals est : « Festival international de musique » et non, comme plus tard, « Festival international d’Art lyrique » (aujourd’hui, on dit et écrit : « Festival d’Aix-en-Provence »).
Il y eut, pour le public de cette première édition, la révélation d’un indiscutable état de grâce qui devait naturellement beaucoup à la qualité musicale des concerts, mais aussi à l’esprit de ces lieux magiques, « cette aimable ville d’aristocrates qui vit encore dans sa forme d’autrefois », et surtout à cette cour bien sonnante du Palais de l’Archevêché, « salle étincelante dont le plafond était le ciel sombre étoilé », écrira Dussurget dans des Mémoires inédits. L’installation par le décorateur et costumier Georges Wakhévitch (1907-1984) d’un petit théâtre à baldaquins dans un coin de celle-ci ne tiendra qu’un été, car, en 1949, le peintre, décorateur et affichiste A[dolphe] M[ouron] Cassandre (1901-1968), y construit une scène en « dur », ancêtre de celle, semi-permanente, qu’on connaît aujourd’hui en ces lieux.
Cet été 1948, la distribution du Cosi fan tutte était un cast d’emprunt, à la Scala de Milan notamment, et n’était en rien celle qui allait faire la réputation des lieux et de sa programmation : ni Teresa Stich-Randall, ni Teresa Berganza n’étaient encore dans le circuit et il faudra attendre un peu pour que ce qu’il faut bien appeler une « troupe », qui était en fait une communauté d’admiration et d’amitié, se constitue, au fil des découvertes du talent scout qu’était Dussurget.
Et ces chanteurs, au devenir glorieux pour la plupart, n’étaient alors pas des vedettes : « On pense aujourd’hui que c’étaient des affiches de stars. Ce n’était pas le cas. Je constituais des distributions sans chercher les vedettes. L’aurions-nous voulu, nous n’aurions pas eu l’argent, mais, de toute manière, ce n’était pas notre choix artistique. On allait chercher des jeunes qui étaient peu ou pas connus du tout. On écoutait à foison, et on tenait à ce qu’ils soient disponibles pour des répétitions, dans l’esprit d’un vrai travail d’équipe. » Jusqu’à la fin de sa vie, Dussurget ira à la rencontre des jeunes talents. Le ténor français Roberto Alagna fut d’ailleurs sa dernière « trouvaille ».
Le Cosi fan tutte de 1955, pour la première fois sur support discographique, en est un exemple parlant : certes, Teresa Berganza n’est pas encore découverte en Dorabella (elle débute à la scène, à l’instigation de Dussurget, en 1957 et ne forme pas encore son célèbre duo des « deux Teresa » avec Teresa Stich Randall, qui est la Fiordiligi d’Aix depuis 1953), mais les hommes sont déjà ceux qui seront pendant des années les hérauts des productions mozartiennes aixoises. Nous avions publié en 1993, dans la même collection, en hommage à Gabriel Dussurget, le Cosi fan tutte de 1957. Celui-ci, représenté deux ans plus tôt, nous semble un utile complément qu’apprécieront les amateurs.
S’il y eut des créations lyriques à Aix-en-Provence (Les Caprices de Marianne de Henri Sauguet, par exemple, en 1954), Gabriel Dussurget fut également attentif aux œuvres instrumentales et symphoniques de son temps. Selon Dominique Jameux, le Festival d’Aix-en-Provence était « alors le seul festival international (à part Donaueschingen, spécialisé), à admettre, à côté de Mozart et de Campra, la meilleure musique contemporaine de l’époque. » Car Dussurget ne s’intéressait pas seulement à la musique tonale et « traditionnelle » du temps, celle de Sauguet ou de Gian Carlo Menotti, par exemple, mais aussi à celle de jeunes avant-gardistes tels Pierre Boulez (dont le fameux Marteau sans maître est donné, en 1955, en création française à Aix, un mois après sa création mondiale à Baden Baden), Luigi Nono ou Iannis Xenakis…
Nous avons souhaité graver pour la première fois l’enregistrement inédit de la création européenne, à Aix, en 1950, de deux compositions d’esthétiques très différentes : la Turangalîla-Symphonie (1946-1948) de Olivier Messiaen (1908-1992) et le Concerto pour piano et orchestre (1949) de Francis Poulenc (1899-1963), qui avaient connu leurs créations mondiales quelques mois plus tôt aux Etats-Unis. Le Concerto de Poulenc, malgré la direction et le jeu inégaux de Charles Münch et Francis Poulenc, lui-même au piano, est un témoignage de prime valeur (en dépit d’un arrêt de la transmission que nous avons laissé tel quel sur ce disque – voir la note technique).
La lecture par Roger Désormière de la Turangalîla-symphonie surprendra par sa rapidité (c’est probablement l’une des plus courtes en minutage de toute la riche discographie de l’œuvre). Comme l’a écrit Olivier Messiaen dans son Salut à Déso, « Désormière subjuguait littéralement ses musiciens », mais on trouverait naturellement à redire à l’écoute, partition en mains, de cette exécution : d’évidence, l’Orchestre National était peu familier de ce langage rythmique d’une ahurissante difficulté. Mais là aussi, le document est exceptionnel.
On a voulu ajouter, en bonus, le contenu de l’entracte, diffusé en direct par la radiodiffusion nationale, avec les réactions à chaud des compositeurs Georges Auric et Arthur Honegger et de quelques critiques présents. Francis Poulenc, dont le Concerto avait été reçu de manière très contrastée par la critique, a rappelé dans une lettre à Darius Milhaud du 6 septembre 1950 que les débats autour de cette « atroce Turangalîla » (il révisera son jugement en 1961, et fera amende honorable dans une lettre à Messiaen) avaient continué sur le parvis du Palais de l’Archevêché : « Roland [Manuel] et Arthur [Honegger] se sont pris à partie ; quant à Georges [Auric] et moi, cela a été épique. Georges vert, encore indisposé d’un mélange de grippe et de melon glacé et moi rouge comme une pivoine nous sommes dit pendant sept minutes les pires choses, Georges défendant Messiaen, moi à bout de nerfs de la malhonnêteté de cette œuvre écrite pour la foule et l’élite, le bidet et le bénitier, tout ceci dans une affreuse tradition Dukas, Marcel Dupré. On nous entourait comme dans un combat de coqs. » Heureuse époque où les compositeurs s’empoignaient presque pour ou contre une œuvre nouvelle…
Quand Mireille (1864) fut mise à l’affiche du festival de l’été 1954 par Gabriel Dussurget, la version originale en cinq actes de cette partition de Charles Gounod (1818-1993), l’auteur fameux de Faust (1859), était méconnue et n’avait été retrouvée que quinze ans plus tôt. Depuis 1889, on donnait cet opéra d’après Mirèio (1859), le poème en provençal de Frédéric Mistral, dans une version trafiquée en trois actes avec dialogues parlés. Représentée dans les carrières des Baux-de-Provence, en pleine campagne aixoise, dans les lieux mêmes (le Val d’enfer) qui en ont inspiré une partie du poème original, cette captation est aussi un document exceptionnel, d’autant que l’enregistrement effectué par EMI en parallèle de ces représentations est irrégulièrement indisponible. Ce qu’on perd par les interventions d’un speaker parlant parfois sur la musique, on le regagne en vérité et en atmosphère.
Nous avons déjà publié dans la collection « INA, mémoire vive » des récitals mythiques donnés au Festivals d’Aix-en-Provence, comme ceux de Teresa Stich-Randall, en 1956, et d’Elisabeth Schwarzkopf, en 1954, toutes deux accompagnées par Hans Rosbaud.
Le chef autrichien, « frêle et magistral » – comme le décrit Jean Lacouture, qui fut le directeur des consciences musicales aixoises et le chef attitré des productions mozartiennes pendant les premières années du festival (il mourut en 1962), posait volontiers sa baguette de chef pour se mettre au piano à l’occasion de ces récitals (il tenait également lui-même le continuo au clavier dans les opéras).
Le programme que nous avons choisi d’inscrire au menu de ce coffret commémoratif fut donné par la basse bulgare Boris Christoff, avec Rosbaud, dans un répertoire d’arie antiche italiennes, de lieders mais aussi de mélodies russes que la basse chante avec des qualités que la journaliste du Monde Anne Rey décrit ainsi dans un article nécrologique : « [Il] avait une voix droite, son souffle était dosé, son émission économique, ses nuances vives et nettes. » Ce n’est pas le plus connu de ces moments musicaux dont Aix avait le secret, mais c’est sûrement l’un des plus touchants. Christoff fut peu invité à chanter en France, mais Gabriel Dussurget fut de ceux qui le firent – comme souvent avant les autres.
Renaud Machart
(Les notes de bas de page ne sont pas reproduites ici.)
© INA mémoire vive 2008 – Reproduction interdite
Note techniqueJean-François Pontefract
Ce coffret est un remarquable résumé de l’évolution des techniques d’enregistrement de la Radiodiffusion Télévision Française.
En 1950, on utilisait des lignes téléphoniques plus ou moins spécialisées pour transmettre la modulation captée sur place vers des magnétophones et des machines de gravure directe 78 tours installés à Paris au Centre Pistor. Le son transitant par ces lignes était de qualité assez médiocre, tronqué à environ 7 kHz, et surtout, on n’était pas à l’abri d’une panne de transmission (1). Cette bande passante réduite et les bruits parasites dûs aux « autocommutateurs » et aux diaphonies de lignes n’étaient pas perceptibles pour l’auditeur qui écoutait la transmission sur les ondes moyennes ou les grandes ondes de la RTF dont la bande passante était coupée dans les aigus aux alentours de 5 kHz. En 1954, la RTF inaugure une nouvelle préfiguration de chaîne musicale en Modulation de Fréquence (MF) qui sera à la source de France Musique (en passant par France IV, Haute Fidélité). Il était exclu d’utiliser des lignes téléphoniques de médiocre qualité. On a donc enregistré sur place en utilisant des magnétophones envoyés de Paris ou de la station régionale de Marseille, qui ont donc permis une plus «haute fidélité » de la reproduction musicale et mettaient à l’abri des pannes de transmission. Les aléas du direct et la relative rusticité du matériel utilisé n’évitaient pas les bruits parasites (petits crachements d’amplification de ligne par exemple et souffle de bande, présence de grillons ou de souffleurs trop près des microphones) et surtout les bruits induits par le vent qui parfois souffle violemment à Aix ou aux Baux-de-Provence.
Jean-François Pontefract
Restauration des bandes
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