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  <title><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT - Magazine Qobuz]]></title>
  <link>http://www.qobuz.com/info/-Qobuz-LIFE/Le-cinema-d-Eric-Libiot139</link>
  <description><![CDATA[]]></description>
  <language>fr-FR</language>
  <copyright>&#xA9; Qobuz</copyright>
    
    <item>
    <title><![CDATA["De rouille et d'os", un film viscéral et pulsionnel]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/De-rouille-et-d-os-un-film89750</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x204_arton89750.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Et de deux. Après <i>Les Adieux à la reine</i>, de Benoît Jacquot, <i><b>De rouille et d'os</b></i>, de <b>Jacques Audiard</b>, devient le second meilleur film français de l'année selon un classement objectif et personnel. J'attends les législatives pour les départager, pour l'instant je savoure.
<br>
<br>
On sait le propos : l'histoire d'amour entre un boxeur de rue qui bouscule de ses poings un jour, puis l'autre, et une belle jeune fille amputée des jambes essayant de renaître au monde ; deux froissés de la vie qui voient dans ces fragments du discours amoureux un moyen de trouver leur place.<div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x221_20081338.jpg.jpg" /></span><center><small>Armand Verdure, Matthias Schoenaerts</small></div> </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_3700551732746_600.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/album/de-rouille-et-dos-bande-originale-du-film-alexandre-desplat/3700551732746">Écouter/Télécharger la BO du film "<b>De rouille et d'os</b>"</a></center></p></div>

<p class="spip">En résumé de quelques lignes : <b>Marion Cotillard</b> est magnifique, <b>Matthias Schoenaerts</b> intense, l'intrigue charrie un romanesque à la fois doux et rugueux, le récit fait écho à cette époque où chacun avance comme il peut, la mise en scène élève le débat, éclairant un chemin qui lui est singulier, entre classicisme et fulgurances. Bref, c'est à voir. Toutes affaires cessantes. Evidemment. Sinon, je ne vous parle plus. 
<br></p>

<p class="spip">Seules quelques précieuses ridicules ne voient pas en <b>Jacques Audiard</b> un des grands cinéastes d'aujourd'hui. Qui, de film en film, gagne à lui des spectateurs toujours plus nombreux. Je fais le pari que <i><b>De rouille et d'os</b></i> franchira une marche supplémentaire. Et dans cet heureux événement, il y a d'heureuses raisons. 
<br></p>

<p class="spip">D'abord, le refus des concessions de la part d'un artiste qui sait différencier populisme et populaire et, partant, considère l'exigence comme moteur d'un cinéma susceptible de jouer les rassembleurs. 
<br></p>

<p class="spip">Le public n'est ni veau ni vache. Cette vision très peu oeucuculménique me ravit. Il y a ensuite quelque chose de touchant à voir un cinéaste, gaillard de 60 ans à la carrière multiprimée, remettre l'ouvrage sur le métier et lâcher les vannes de l'émotion. Plus exactement, changer de braquet pour ne pas fabriquer uniquement de l'émotion en intellectualisant le récit (<i>Regarde les hommes tomber, De battre mon cœur s'est arrêté</i>), mais en fouillant ouvertement dans le viscéral et la pulsion. </p>

<p class="spip">Audiard pleure, sourit, et moi avec. Du mélo revisité, assumé, sublimé.  
<p class="spip">&nbsp;</p>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_600x800_20087993.jpg-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120423_115854.jpg" /></span></center></center></p>



]]></description>
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    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Wed, 16 May 2012 22:08:42 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA["Sherlock Holmes. Jeu d'ombres" : un film divertissant !]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Sherlock-Holmes-Jeu-d-ombres65161</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x300_arton65161.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Une huitre avariée, peut-être. Ou un marron mal glacé. Je ne sais pas. Toujours est-il qu'en quelques semaines j'ai griffé Spielberg, enfoncé Cronenberg, douté d'Eastwood, dédaigné Fincher, et voilà qu'aujourd'hui, je vous préviens, le coup est rude, je vais dire du bien de Guy Ritchie et de son <i>Sherlock Holmes. Jeu d'ombres</i>. Je ne m'en remets pas. Quoique. C'est le propre des grands auteurs de mettre la barre de référence à hauteur telle que, parfois, ils ne l'atteignent pas. Quant à Guy Ritchie, il sort ici la tête des eaux plates dans lesquelles il navigue habituellement. Il ne l'a sans doute pas fait exprès mais le résultat est là. Ou alors il s'améliore. Ce qui permet de croire dans le genre humain.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0886443194205_600.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/album/sherlock-holmes-a-game-of-shadows-hans-zimmer/0886443194205"><big>Écouter/Télécharger la bande originale "Sherlock Holmes. Jeu d'ombres"</big></a></center></p></div>

<p class="spip">On prend les mêmes — Sherlock Holmes et le Dr Watson —, on leur adjoint le plus grand criminel de tous les temps inventé par Conan Doyle, le Pr Moriarty, et on recommence sur le thème aventure, duo crypto-homo, bagarres et déductions fumeuses. L'intrigue est simple :  Moriarty veut faire exploser la planète, Holmes et Watson ne veulent pas. En gros. </p>

<p class="spip">C'est du divertissement. Qui ne pète pas plus haut que le savoir-faire technique de son réalisateur. Le scénario rebondit comme il faut, les deux comédiens, Robert Downey Jr et Jude Law, se marrent sans se marquer à la culotte comme le feraient des cabots jaloux l'un de l'autre — il y avait cette vague impression dans leur première aventure — et la mise en scène de Ritchie est montée sur ressort tout en évitant le mal de crâne. Mieux : la séquence de poursuite dans les bois — il faut le voir pour me croire — prouve que la 3D ne sert définitivement à rien au cinéma pour s'exciter le neurone et qu'un peu d'inventivité technique parvient toujours à friser l'œil du spectateur blasé. C'est aussi, avec moins de poésie tout de même, un cinéma qui prolonge celui de Méliès : fabriquer un imaginaire, assumer une déréalisation absolue et raconter une histoire. Pas de quoi en faire une thèse de troisième cycle non plus. Juste prendre plaisir. Mais un plaisir juste. Le cinéma sert aussi à ça.
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_600x800_19849297.jpg-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111116_121029.jpg" /></span></center></center>
<br>
<br>
</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_65161</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Thu, 26 Jan 2012 16:58:59 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA["Polisse" de Maïwenn fait un carton]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Polisse-de-Maiwenn-fait-un-carton62001</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x209_arton62001.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_150x191_maiwen18n.jpg" /></span><center><small>Maïwenn Le Besco</small></center></div>Pas de repos pour les braves. J'entends ici tous ceux qui s'installent dans une salle de cinéma avec la ferme intention d'y trouver un refuge aux vicissitudes de l'existence, une paix de courte durée, celle du film, mais une paix quand même, du folklore ou de l'exotisme comme un ticket pour l'oubli. Il fait froid dehors et souvent meilleur sur l'écran. Tout le monde sait de quoi je parle.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0886443212633_600.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/album/polisse-bof-various/0886443212633"><big>Écouter et télécharger</big> <i><big>Polisse</big></i></a> </center></p></div>

<p class="spip"><b>Maïwenn</b>, elle, a décidé de gentiment déposer une punaise sur le rouge velours des fauteuils. Ça pique, ça gratte, ça démange, ça réveille. Et on finit par trouver ça agréable. C'est dire le masochisme dont fait preuve le spectateur en voyant <i><b>Polisse</b></i>, qui enchaîne les aveux d'un pédophile et les maltraitances à enfants en suivant les flics de la Brigade de protection des mineurs. Je déconne. Faut pas être maso pour aimer <i><b>Polisse</b></i>. Faut juste se sentir concerné par le monde. Vouloir s'indigner des horreurs du temps. Savoir rire du trop-plein d'angoisse. </p>

<p class="spip">Cette fille a un talent fou. Son cinéma est entier, culotté, déculotté, affirmé, singulier. Elle triture la fiction, malaxe la réalité, s'engouffre dans les interstices d'un imaginaire qui mélange ce qui est pulsionnel et raisonné. <b>Maïwenn</b> n'est pas raisonnable. Son cinéma non plus. Il déborde de mouvements, d'engueulades, d'excès. Il est vivant. Trois films, <i>Pardonnez-moi, Le Bal des actrices, Polisse</i>, trois coups de pied au cul. Si je voulais jouer au critique, je le lui reprocherais bien, ici ou là, un bouton de fièvre (une scène qui dure trop) ou un manque de tenue (son personnage à elle, photographe, pas suffisamment abouti). Mais il faut parfois arrêter de jouer les empêcheurs de tourner en rond et les ratiocinateurs de fin de chronique.</p>

<p class="spip">Quelqu'un n'est pas d'accord ? Tant pis. Tout le monde n'aimera pas <i><b>Polisse</b></i>. Tant pis encore. Il est des films dont l'évidence supporte toutes les critiques. La seule chose qui m'inquiète c'est que <b>Maïwenn</b>, tartinée d'éloges comme elle l'est, prenne le ballon. J'ai donc acheté une boîte de punaises pour tout faire éclater. Au cas où. Une douée pareille, ça se surveille. <br>
<br>
<div align=right><b>Eric Libiot</b></div></p>




<p class="spip">		</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_62001</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Sun, 23 Oct 2011 19:10:17 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Les Bien-Aimés, comédie musicale séduisante]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Les-Bien-Aimes-comedie-musicale59903</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x306_arton59903.png" /><br /><br /><p class="spip">UN MANÈGE EN CHANTÉ<br>
<br>
<br>
Il s'appelle <b>Alex Beaupain</b> et mène à la baguette des chansons qui font pousser de la poésie sur le bitume. C'est l'un des meilleurs paroliers français, qui sait marier le romanesque au quotidien. Par exemple : "<i>Je peux vivre sans toi, tu sais / Le seul problème mon amour c'est / Que je ne peux pas vivre sans t'aimer</i>." Je trouve cela simple et délicieux. Avec de la musique, la sienne, d'ailleurs, petite mélodie bien tempérée, c'est encore mieux. Et chanté par <b>Ludivine Sagnier</b> ou <b>Catherine Deneuve</b>, c'est divin.
<br>
<br>
<b>Christophe Honoré</b>, lui, Breton au sourire de granit et au cœur d'artichaut, met en scène des histoires qui disent l'amour, enchanté ou chaotique, toujours passionné en tout cas, et seule chose qui vaille la peine d'être vécue jusqu'au bout afin d'éviter que les sentiments ne se transforment en regrets. Thème de (presque) tous ses films et notamment du dernier en date, <i><b>Les Bien-Aimés</b></i>, paroles et musique d'<b>Alex Beaupain</b>. Une fresque amoureuse des années 1960 aux années 2000, qui suit Madeleine et sa fille Vera, femmes et amantes, vendeuse de chaussures ou prof d'anglais, ce qui n'est pas facile tous les jours.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_3298499019116_230.jpg" /></span></center>
<br>
Bande originale du film<br>
<a href="http://www.qobuz.com/album/les-bien-aimes-alex-beaupain/3298499019116"><big>Écouter et télécharger</big></a> <br>
<b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></center>
<br></p></div>

<p class="spip"><b>Honoré</b> possède ces qualités, pas si communes, de prendre plaisir à raconter ses histoires, de s'amuser du récit avec légèreté et d'aimer ses personnages, dans les bras desquels il s'abandonne parfois, se perdant alors dans les replis d'un scénario qui aurait mérité, ici, d'être plus tendu. Je grogne parce que j'aime beaucoup le cinéma d'<b>Honoré</b> (<i>Dans Paris, Les Chansons d'amour</i>...), gonflé et musical, culotté jusque dans ses afféteries. Son refus du naturalisme est touchant et son désir de fabriquer de la vie le pousse à prendre le risque de faire grincer des dents. Son évident talent lui joue aussi des tours et un peu de lassitude guette au coin d'une scène dispensable ou d'une séquence trop appuyée. Trois fois rien. Ce qui est peu. Mais, quand même, c'est énervant. Le reste, qui est presque le tout, est très emballant. Et beaucoup aimé.<br>
<br>
<div align=right><b>Eric Libiot</b></div>
<br>
<br>
<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_600x800_19733608.jpg" /></span></div>
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<br></p>




<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_59903</guid>
    <author>Éric Libiot </author>
    <pubDate>Tue, 30 Aug 2011 20:22:30 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Blue Valentine, pour le plaisir]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Blue-Valentine-pour-le-plaisir57708</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x207_arton57708.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Le chiffre vient de tomber et il s'est fait mal : entre janvier et mai 2011, la fréquentation du cinéma a baissé de 11 % par rapport à la même époque en 2010. Avec, notamment, un mois d'avril catastrophique. Qu'est-ce à dire ? Ce n'est pas la faute de la crise, les entrées en 2010 ayant tutoyé les étoiles. Ce n'est pas non plus l'accumulation de mauvais films ; ils sont toujours là, ni plus ni moins, à la louche, que les années précédentes et à venir.</p>

<p class="spip">Alors quoi ? Alors, sans doute, une distribution frisant le grand n'importe quoi, le "pousse-toi d'là que je m'y mette" et le concours de celui qui pissera le plus loin. Avec, du coup, des périodes d'offres surabondantes qui effraient plus qu'elles n'excitent et des semaines désertiques. Le mois de juin est faiblard — allez voir tout de même <i>Une séparation</i> - l'été ne s'annonce pas très folichon et la rentrée se fera au ralenti. </p>

<p class="spip">Et les (excellents) films de Cannes ?, me direz-vous ? Ne vont-ils pas remplumer la fréquentation ? Si, sans doute, mais pas forcément. Pour revenir à ce qui fait problème, la distribution, un exemple emblématique : le 19 octobre sortiront <i>Polisse</i>, de Maïwenn, et <i>The Artist</i>, de Michel Hazanavicius. Oui, le même jour. Soit le meilleur moyen de foutre en l'air la carrière de l'un et de l'autre. Pour l'instant, les distributeurs, Warner et Mars, s'entraînent pour le concours. À ce jeu-là, personne ne gagne. Le Centre national du cinéma et de l'image animée ne pourrait-il pas inciter à l'étalement intelligent des sorties ? Merci pour nous. Parce que là, franchement, y'en a marre.</p>

<p class="spip">En attendant, si le genre "petit film indépendant américain bien joué avec de bons et jolis acteurs, <b>Michelle Williams</b> et <b>Ryan Gosling</b>, qui tentent de recoller les morceaux de leur couple à la ramasse, alors que leur vie amoureuse défile à l'écran, entre rires et chansons, le tout filmé avec sincérité, sens du romanesque et souci de réalisme intelligemment mêlés", vous titille le ticket d'entrée, alors allez voir <i><b>Blue Valentine</b></i>, ça se regarde avec plaisir. 
<br>
<br>
<br></p>

<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_57708</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Fri, 17 Jun 2011 12:19:53 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Une séparation de Asghar Farhadi ]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Une-separation-de-Asghar-Farhadi57472</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x263_arton57472.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><b>SOUS LE VERNIS, LA RAGE</b>
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<br>
Les dictateurs sont-ils aveugles ? Métaphoriquement parlant, sans doute. Et, plus sûrement, tellement sûrs de leur bon droit, si je puis dire, tellement prétentieux et méprisants, pour rester dans l'euphémisme, qu'un film sans tracts brandis ni cris de révolte leur semble caresser dans le sens du poil leur bras armé. Je ne vois pas d'autres raisons pour expliquer que <i><b>Une séparation</b></i>, de <b>Asghar Farhadi</b>, ait pu passer entre les gouttes toxiques de la censure iranienne.</p>

<p class="spip">Il est même assez jouissif, si je puis dire encore, d'imaginer Ahmadinejad et sa clique se satisfaire de la couche de vernis déposée sur ce drame familial sans se rendre compte que la peinture sociale y est autrement plus subversive. Les dictateurs sont-ils aveugles et idiots ? Pas très cinéphiles en tout cas. </p>

<p class="spip"><i><b>Une séparation</b></i> est d'abord un très bon film, au sens où on l'entend communément, c'est-à-dire que tout y est à sa place et à bonne distance, les personnages, l'intrigue, la tension, le rythme du récit, l'envie de savoir où il va et comment il y va. C'est l'histoire d'un couple de la petite bourgeoisie de Téhéran au bord de la crise de nerfs, dont la séparation est compliquée par une plainte déposée contre le mari, accusé d'être responsable de la fausse couche de son employée de maison. Le scénario n'a pas une seule seconde d'inattention, et la caméra de <b>Asghar Farhadi</b> ausculte, décrypte ou regarde, selon les moments, la réalité d'une société à la limite de la rupture — lutte des classes, poids de la religion, non-dits. </p>

<p class="spip">Et, sous le vernis, la rage. Après <i>La Fête du feu</i> et <i>À propos d'Elly</i>, <b>Farhadi</b> filme (à nouveau) un pays enfermé, réduit à l'autarcie, condamné à l'inceste intellectuel et dont les habitants sont incapables d'ouvrir les yeux sur leurs voisins. La rue n'existe (quasi) pas. Et, par conséquent, la vie non plus. Les murs des appartements ressemblent à des prisons plus ou moins dorées. La justice fonctionne comme on se rend à un guichet de la poste. Tout s'y règle au doigt mouillé. Ou presque. Constat implacable. La dictature s'en satisfait, bien sûr. Mais toujours le vernis se craquelle.<br>
<br>
<div align=right><b>Eric Libiot</b></div></p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_57472</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Fri, 10 Jun 2011 21:42:13 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[True Grit, le western avec éclat]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/True-Grit-le-western-avec-eclat53650</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x217_arton53650.png" /><br /><br /><p class="spip">Une bande-annonce. Une mise en bouche. Un galop d'essai — référence subtile, vous en conviendrez. <i><b>True Grit</b></i>, des <b>frères Coen</b>, ne sort que la semaine prochaine mais déjà vient le temps d'en écrire du bien, d'autant que rien, ce mercredi, n'affole les écrans, pas plus ni moins que ces temps derniers, ce début d'année étant faible et décevant, des tonnes de films s'affichent pour pas grand-chose, disparaissent dans l'indifférence, ne plaisent à personne, souvent pour de très bonnes raisons, puisqu'ils sont nuls, ou pas nécessaires, de toute façon il y a en a trop depuis longtemps, ce qui est aussi énervant qu'une phrase trop longue.</p>

<p class="spip"><i><b>True Grit</b></i>, donc. Un western. Autant dire une madeleine. Une graine de cinéphile plantée dans la terre des dimanches dominicaux et télévisuels, à 17 heures, sur la première chaîne, dans les années 1970, avec Rock Hudson en fils de Cochise, Glenn Ford en éleveur de moutons, Victor Mature en docteur, Walter Brennan en éclopé et John Wayne en cheval. Le western, pour lequel aucune passion ne sera jamais trop grande, est à la fois une mythologie (il s'y mélange le cru et le cuit lévi-straussien, la culture et la civilisation, ce qui fait l'homme et ce que l'homme transforme), un regard sur le monde (quand un pays passe de l'individu à la collectivité) et un terrain de je (donc de nous), sorte de paradis perdu laissé en héritage à une humanité qui a pris à son compte un univers construit sur une iconographie et pas sur une réalité. C'est un conte universel et pourtant définitivement situé à Durango, à O. K. Corral ou à Dodge City. Cette prégnance dans l'imaginaire collectif mondial ne cesse de me fasciner.</p>

<p class="spip">Que les <b>frères Coen</b> s'emparent de ce genre-là n'a rien d'étonnant. Qu'ils réalisent un vrai-faux remake (de <i>Cent dollars pour un shérif</i>, de Henry Hathaway, 1969), non plus. Qu'ils racontent l'histoire d'une gamine engageant un marshall alcoolique pour venger son père, encore moins. Qu'ils réussissent leur coup avec classe et déférence, rigueur et décontraction, pareil. Pourquoi ? On verra ça la semaine prochaine. Pardon ? Oui, je sais. </p>


<p class="spip">		</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_53650</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Wed, 16 Feb 2011 20:51:37 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton53650.png" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[La petite vadrouille de Dany Boon]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/La-petite-vadrouille-de-Dany-Boon53278</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x246_arton53278.png" /><br /><br /><p class="spip">Battra ou battra pas ? Battra pas, sans doute. Mais qui eût dit que l'autre aurait battu ? Personne. Et pourtant, il a. Alors, celui-là pourrait très bien battre aussi, non ? Si. Mais ça va être difficile. Oui, mais l'autre, c'était pas gagné non plus au départ, hein ? C'est vrai. Alors, en théorie, il peut battre aussi, non ? Tu sais que tu commences à m'énerver avec tes questions ?</p>

<p class="spip">Depuis la sortie en région Nord de <i><b>Rien à déclarer</b></i>, de Dany Boon, il n'est pas une brève de comptoir qui ne se demande les hauteurs que le film va atteindre. Mais ni les 20 millions de tickets des <i>Ch'tis</i>, ni les entrées de cette nouvelle comédie ne disent ce qu'il restera du cinéma une fois le tiroir-caisse fermé. Sans doute pas grand-chose. Ce qui n'empêche pas une petite musique gentiment souriante de se faire entendre. Les critiques sont plutôt durs à l'encontre d'un film qui joue son rôle de divertissement pour grandes surfaces. Mais il me semble que ces mêmes critiques brûlent aujourd'hui ce qu'ils n'ont pas encensé hier. Alors à quoi bon.</p>

<p class="spip">En trois mots, déjà connus : deux douaniers, l'un français, l'autre belge, l'un bon gars œcuménique, l'autre gueulard anti-camembert, l'un bourvilesque, l'autre defunésien, font équipe pour la bonne entente de l'humanité en général et pour arrêter des trafiquants de drogue en particulier. Ce <i><b>Rien à déclarer</b></i> souffre de quelques maux : une intrigue située en 1993 et qui échappe, l'oubli aidant, à la réalité du monde d'aujourd'hui, un embryon de polar aux scènes longues et rabâchées, un rythme parfois alangui. J'eus ainsi aimé que <b>Dany Boon</b> fît suffisamment de progrès de cinéaste pour apporter de la rugosité à un film qui en manque singulièrement. Ce n'est pas le cas. La prochaine fois peut-être. Pour l'heure, il reste l'abattage de <b>Benoît Poelvoorde</b>, la moustache de <b>François Damiens</b>, la coiffure de <b>Karin Viard</b>. Plus quelques gags qui font le boulot. Et, surtout, une sincérité, bien loin du populisme et bien loin, également, d'une prétention auteuriste française qui regarde l'herbe pousser pour éviter de faire des vagues.
<p class="spip">&nbsp;</p></p>

<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_53278</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Mon, 07 Feb 2011 12:34:52 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton53278.png" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Another year, un film captivant]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Another-year-un-film-captivant51972</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x246_arton51972.png" /><br /><br /><p class="spip">Pourquoi va-t-on au cinéma ? Ramassage des copies dans deux heures, trêve de bavardages, calculette autorisée et attention à la neige. Vous faites comme vous voulez, mais moi, personnellement, je me pose la question, en général souvent et, en particulier, chaque fois que je vois un film de Mike Leigh. Notamment ceux, <i>High Hopes, Secrets et mensonges, All or Nothing, Be Happy</i> ou, cette semaine, <i><b>Another Year</b></i>, qui racontent la vie comme elle avance, en impasse ou en excès de vitesse, en dérapages ou sans trop de casse. Et si on va souvent au cinéma pour avaler une tranche de gâteau — Alfred Hitchcock définissait joliment ses films ainsi — on y va aussi pour voir des tranches de vie. Voilà donc <i><b>Another Year</b></i> : un couple aimant, Tom et Gerri, un fils discret, une amie paumée, un pote d'enfance triste comme une bière sans mousse, une belle-sœur qui meurt et un an qui passe, en attendant l'année prochaine, si tout va bien, ce qui n'est pas sûr.</p>

<p class="spip">Dans le genre effet miroir, Mike Leigh est le champion du monde toutes catégories. Et dans une compétition réunissant ses seuls films, <i><b>Another Year</b></i> n'est sans doute pas loin de la médaille d'or. Pour ne rien vous cacher, on est entre nous, je ne sais pas comment il fait. Enfin si, je le sais en théorie, il l'a longtemps expliqué : il construit son histoire en partant des improvisations des acteurs qui brodent sur un thème et, quand tout est écrit à la virgule, il les filme comme s'ils se trouvaient là pour la première fois.</p>

<p class="spip">Je vais peser mes mots et tant pis si ça dépasse le poids autorisé : je n'ai jamais vu, après 12 567 films, des comédiens si exceptionnels, si justes dans la partition et si égaux dans la qualité de jeu. C'est absolument fascinant et, de fait, très émouvant. Sans être porté par une véritable intrigue, comme <i>Secrets et mensonges</i> ou <i>All or Nothing</i> pouvaient l'être, par exemple, <i><b>Another Year</b></i> est d'un équilibre absolument parfait entre quotidien, rires, tristesse, tasse de thé, amours déçus, vin blanc et temps qui passe. Les pâtes à l'arrabiata de Tom ont d'ailleurs l'air excellent. Je peux en avoir encore un peu ? 
<br>
<br>
			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_51972</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Wed, 29 Dec 2010 22:11:49 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton51972.png" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Armadillo ou la réalité de la guerre ]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Armadillo-ou-la-realite-de-la51716</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton51716.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><b>Comment discerner la fiction et la réalité dans ce très bon documentaire témoin de notre époque, filmé comme au cinéma.</b></p>

<p class="spip">Evidemment, j'aurais pu m'étendre, c'est une image, sur <i>La Chevauchée fantastique</i>, de John Ford. Ou dire le plus grand bien du <i>Narcisse noir</i>, de Michael Powell et Emeric Pressburger. Deux merveilles d'un autre âge et du siècle dernier qui tiennent la dragée très haute à l'ensemble des sorties cinéma de cette semaine.</p>

<p class="spip">Le seul film vraiment intéressant, en fait, <i><b>Armadillo</b></i>, de <b>Janus Metz</b>, avait déjà été traité dans <i>L'Express</i> du 8 décembre sous la plume de mon camarade de cloison, Christophe Carrière (<a href="http://qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/CINEMA-ET-DVD/Armadillo-un-film-de-guerre-coup51516"><font color=#5eabc1>lire l'article</font></a>). Pas la peine d'y revenir, donc, et, la conscience tranquille, je m'apprêtais à aller fourrer la bûche dans la perspective de fêtes bienvenues, lorsque je dus me rendre à l'évidence : cet <i>Armadillo</i> laissait une trace plus importante encore qu'imaginé. Je l'avais vu pendant le Festival de Cannes — il était présenté à la Semaine de la critique, où il a gagné le grand prix de la sélection — et, en sortant de la projection, j'étais, comme souvent dans ce cas-là, perturbé par le télescopage entre les palmiers de la Croisette et cette plongée in vivo dans la guerre en Afghanistan auprès d'un bataillon de volontaires danois.</p>

<p class="spip">Fiction ou réalité ? Je n'en savais rien à l'époque et cette incertitude ajoutait à ce léger flottement, évidemment voulu par le réalisateur, qui place le spectateur non seulement au cœur d'un conflit — et, là, ce n'est pas une formule — mais aussi face à la puissance d'images vraies mais dramatisées qui tirent <i>Armadillo</i> vers un genre hybride, tendant à remplacer le reportage télé, devenu irréel — une guerre, c'est loin et c'est les autres — par un documentaire suffisamment romanesque pour qu'il provoque un puissant effet de réel.</p>

<p class="spip">J'ai revu <i>Armadillo</i>, sachant que c'est effectivement un documentaire filmé comme du cinéma. Toujours aussi impressionnant. Parce qu'en trois couches il dit le monde d'aujourd'hui et de toujours : la guerre déterre les pulsions animales ; le trop-plein d'images transforme la réalité en jeu de rôles ; l'imaginaire n'est pas le virtuel et permet, contrairement à l'idée bêtement commune, d'affronter la réalité. Pas sûr que la bûche ait le même goût maintenant.
<br></p>

<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_51716</guid>
    <author> Éric libiot</author>
    <pubDate>Thu, 16 Dec 2010 18:51:09 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Voyages intérieurs avec À Bout Portant et Monsters]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Voyages-interieurs-avec-A-Bout51292</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton51292.jpg" /><br /><br /><p class="spip">C'est l'histoire d'un homme assis dans une salle de cinéma. Qui se dit qu'aujourd'hui il a envie de voir un film de genre. Il veut arpenter un environnement familier. S'énerver du déjà-vu et applaudir à l'inattendu. Se glisser dans les chaussons d'un imaginaire à son goût et à sa taille. Sans pourtant être pris au dépourvu. Pas maintenant. Une autre fois. Tous les cinéphiles du monde ont un jour été dans cet état.
<br>
<br>
Un western ou une comédie musicale, un polar ou un film de science-fiction, il ne sait pas trop. Qu'importe. Il aime tout. Dans la salle, le noir se fait. Doucement. L'homme se cale dans son fauteuil. L'écran commence à s'animer. Deux films au programme : <i><b>À bout portant</b></i>, de <b>Fred Cavayé</b> (un infirmier a trois heures pour sauver sa femme et prouver son innocence), et <i><b>Monsters</b></i>, de <b>Gareth Edwards</b> (un couple traverse une région infestée de créatures extraterrestres). Le rêve peut commencer. "Une fois qu'il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre", comme disait Murnau. Plus tard, il se réveille. Reprend ses esprits, abandonnés sur le fauteuil d'à côté. Il a l'air plutôt satisfait. Pas de vol sur la marchandise. Un polar et un film de SF. Il en voulait, il en a eu.</p>




<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_51292</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Fri, 10 Dec 2010 14:29:22 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton51292.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Harry Potter et les reliques de la mort (I), l'un des meilleurs de la série]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Harry-Potter-et-les-reliques-de-la50779</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton50779.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p>
<big>De quoi Harry est-il le nom ?</big>
<br></p>

<p class="spip">Jetant un œil sur le dossier de presse réservé aux moldus, je viens de me rendre compte avec effroi que j'ai vu toute la saga <i>Harry Potter</i>. Je ne sais pas trop comment je me suis débrouillé, entre film de vacances pluvieuses et professionnalisme exacerbé, toujours est-il que voilà : Poudlard et Voldemort (même pas peur) n'ont plus de secrets pour moi.</p>

<p class="spip">Et alors ? Bonne question. Car je ne suis pas sûr, chère lectrice (cher lecteur aussi, mais moins, surtout qu'il s'agit d'une histoire de baguette), pas sûr, écris-je, que tout ceci vous passionne, <i>Harry Potter</i> étant réservé aux mangeurs de chocogrenouilles. Pourtant, en dix ans et sept films, il est temps de s'interroger : de quoi <i>Harry Potter</i> est-il le nom ?</p>

<p class="spip">■ <b>1.</b> Entre 2001 et aujourd'hui, la saga a versé dans le marketing intempestif, avec contrôle des images et promotion millimétrée. Le cinéma, lorsqu'il se préfère industrie plutôt qu'art, tombe du côté obscur de la force. L'idée qu'un film est aussi (surtout ?) un produit prend davantage d'ampleur de jour en jour. Conclure cette saga en deux volets (le n° 2 sortira le 13 juillet 2011) est dramatiquement injustifiable, mais économiquement rentable. Ce n° 1 est formidable pendant 1 h 15 (sur 2 h 25), puis s'étire tranquillement.</p>

<p class="spip">■ <b>2.</b> Pas facile de devenir adulte en 2010. Si les romans de J. K. Rowling ne mégotent pas sur les douleurs de l'adolescence (Voldemort comme double innommable de Harry), les films, et surtout celui-ci, donnent de cette sortie de l'enfance une vision d'une noirceur plus terrible encore. C'est d'ailleurs le point réussi de ce septième volet, l'un des meilleurs de la série.</p>

<p class="spip">■ <b>3.</b> Le scénario s'éloigne de l'<i>heroic fantasy</i> pure pour se rapprocher du conte (mission, transmission), indiquant par là, signe des temps décidément, un souci d'ancrer le film dans une "réalité" s'appuyant sur des processus structurants classiques (de Piaget à Bettelheim, en gros). La vraie vie est dure, en rêver une autre le serait davantage.</p>

<p class="spip">■ <b>4.</b> Harry joue encore comme une endive. Hermione (épine) et Ron (fleur) ressemblent à une rose. Dire qu'il faut attendre 2011 pour savoir s'ils couchent ou pas. Quelqu'un a une info ?
<br></p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_50779</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Fri, 03 Dec 2010 14:42:17 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton50779.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Potiche, un film international]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Potiche-un-film-international50333</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x362_arton50333.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><big>La grande Catherine</big>
<br></p>

<p class="spip">Tout le monde en parle, comme dirait l'autre. Sur papier glacé de salons de coiffure ou dans la presse chevelue, à droite, à gauche, au-dessus de la mêlée, sous le charme, et pourquoi pas dans le potage tant qu'on y est, sus-nommée Catherine Deneuve, plus de 100 films au compteur, grande dame du cinéma français présentement en survêtement rouge et bigoudis dans <i>Potiche</i>, de François Ozon, chantant Michèle Torr en vidant son lave-vaisselle, mais bientôt la voilà patronne d'une entreprise de parapluies, bon sens, maternalisme, une pincée de féminisme, une chansonnette et hop, emballez, c'est pesé.</p>

<p class="spip">Catherine Deneuve y est absolument parfaite. Juste. Drôle. Piquante. Tasse de thé et croc-en-jambe. Douce d'un côté, gratteuse de l'autre. Comme l'éponge qu'elle abandonne pour le tailleur. Je n'ai pas toujours été un fan de la Grande Catherine, qui, parfois, joue davantage l'icône que son personnage. Disons qu'<i>Hôtel des Amériques</i>, d'André Téchiné, est une merveille lorsque <i>Paroles et musique</i>, d'Elie Chouraqui, est calamiteux. Des hauts et des bas, donc, mais toujours présente, bravo, et quand elle veut, quand le rôle est là, quand l'alchimie ne tourne pas en rond, elle peut aligner la plupart de ses camarades de jeu. Sans elle, <i>Potiche</i> sonnerait creux — cela pour faire le plaisantin car le film est plutôt réussi.</p>

<p class="spip">C'est une comédie kitsch et rose bonbon, mélo meringué et souriant, souvent drôle même, avec quelques piques politiques et sociales. Ce n'est d'ailleurs pas dans ce registre-là qu'Ozon est le plus pertinent. Son couplet féministe est un peu poussiéreux et finit par se retourner contre lui, entraînant les dernières séquences dans un patinage pas très artistique. Péché véniel, en fait, si l'on veut bien prendre aussi <i>Potiche</i> pour un grand cri d'amour au cinéma et à sa mythologie. Voir Catherine Deneuve et Gérard Depardieu danser sur <i>Viens faire un tour sous la pluie</i> du groupe Il était une fois vaut son pesant de madeleines au sirop. 
<br>
<div align=right><b>Eric Libiot</b></div>
<br></p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_50333</guid>
    <author>Eric Libiot et Christophe Carrière</author>
    <pubDate>Mon, 15 Nov 2010 12:27:46 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[La Princesse de Montpensier Du Tavernier presque parfait ]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/La-Princesse-de-Montpensier-Du50164</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton50164.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><big>L'amour à mort</big>
<br></p>

<p class="spip">La Fayette, le voilà ! Voilà Bertrand Tavernier monté sur ses grands chevaux, sabre au clair et caméra à l'épaule, s'attaquant à <i>La Princesse de Montpensier</i> en y injectant force scènes de guerres, combats à l'épée et pousse-toi de là que je m'y mette. C'est son truc, au sieur Bertrand, il lui faut, ici, du galop pour faire bouger le verbe, ailleurs, au gré de sa filmographie, de la sentence sociale pour contrarier le romanesque. Cinéaste à forte tête, cinéphile inépuisable et raconteur magnifique, Tavernier aime jouer les Monsieur Plus et son enthousiasme empoisonne souvent ses films.</p>

<p class="spip"><i>La Princesse de Montpensier</i> en est un bel exemple, œuvre hautement recommandable si proche du sans-faute. Mais pourquoi montrer du champ de bataille lorsque la passion qui anime les personnages transforme les mots en dagues acérées ? Pourquoi mettre en scène des cadavres éventrés lorsque la langue est à ce point mortelle ? Tavernier filme les scènes d'amour comme des scènes de meurtres et des scènes de meurtres pour rien (François Truffaut à propos de Hitchcock, en légère paraphrase).</p>

<p class="spip">Peut-être le réalisateur de <i>Que la fête commence</i> a-t-il craint que ces intrigues de cour au temps de Charles IX, ces amours contrariées et ces douleurs discrètes imaginées par Mme de La Fayette ne se statufient sur place. C'est loin d'être le cas. Bertrand Tavernier donne de la vigueur aux dialogues brillantisssssimes (c'est une litote) de Jean Cosmos, dirige ses comédiens avec brio — palme d'or à la magnifique Mélanie Thierry et lauriers au remarquable Raphaël Personnaz — orchestre avec talent la très belle musique de Philippe Sarde et rend palpable cette guerre des sentiments menée dans la froideur des escaliers en colimaçon et des chambres à baldaquin.</p>

<p class="spip">C'est un plaisir de l'oreille, presque tout autant des yeux, et Bertrand Tavernier restera à tout jamais celui qui, contre vents et marées, a réussi à filmer la culture et l'histoire de France sans Lagarde ni Michard, mais avec une fougue de jeune homme.</p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_50164</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Tue, 09 Nov 2010 16:41:29 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Hors-la-loi, un film polémique]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Hors-la-loi-un-film-polemique48360</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton48360.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><br></p>

<p class="spip"><big>Point de vue et polémique</big></p>

<p class="spip">La sortie en salles de <i><b>Hors-la-loi</b></i> a deux avantages : elle permet d'abord d'aller voir un bon film, ensuite de mesurer l'inanité de la polémique qui eut lieu à Cannes en mai dernier. Je ne m'étendrai pas sur la bêtise intellectuelle consistant à attaquer un "objet" dont on ne sait rien. Je m'étonne tout de même que des hommes politiques, qui se comptaient parmi les polémistes, puissent se satisfaire d'un discours où l'ignorance le dispute à l'absence de nuances, là où, en tant qu'élus du peuple, ils auraient dû faire montre d'un comportement qui eût ennobli leur fonction républicaine au lieu de la dévoyer.</p>

<p class="spip">Petit cours de cinéma à leur intention. L'ire de ces énervés aveugles, qui, aujourd'hui, pourront juger le film en leur âme et conscience, venait de ce que <b>Rachid Bouchareb</b>, relatant les événements de Sétif, le 8 mai 1945, "montrait longuement" les Algériens tués par l'armée française et s'abstenait de filmer les Français tués par les Algériens. Hors du fait qu'il n'est pas question, pour un cinéaste, de faire cyniquement "œuvre comptable", lui qui choisit de brasser du romanesque historique, ces scènes sont là pour rendre compte de l'état d'esprit des Algériens, en l'occurrence les personnages principaux du scénario, afin d'alimenter leurs motivations, si ce n'est de les comprendre. On appelle cela un point de vue dramatique — et il y en a dans tous les films dignes de ce nom. Pas un acte politique.</p>

<p class="spip"><i><b>Hors-la-loi</b></i> suit le destin, en France, de trois frères : un soldat revenu d'Indochine (<b>Roschdy Zem</b>), un entraîneur de boxe devenu maquereau (<b>Jamel Debbouze</b>) et un intellectuel transformé en tête pensante du FLN à Paris (<b>Sami Bouajila</b>). Quel que soit le camp où l'on se place, il n'y a aucune glorification des comportements. Juste l'envie, de la part de <b>Bouchareb</b>, de montrer, en une mise en scène qui refuse constamment le grandiloquent, comment l'individu se débat avec l'Histoire, qui bien souvent le dépasse, et comment il s'arrange avec les concessions faites aux idées au moment de l'action. Ce qui est déjà beaucoup. </p>

<p class="spip"><a href="http://qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/RENCONTRE/Rachid-Bouchareb-Hors-la-loi-est48361"><font color=#5eabc1>Lire l'interview de Rachid Bouchareb</font></a>
			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_48360</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Mon, 27 Sep 2010 13:33:13 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton48360.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Notre jour viendra et Happy Few par Romain Gavras et Antony Cordier]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Notre-jour-viendra-et-Happy-Few48117</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x280_arton48117.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Elle est bizarre, cette rentrée automnale. Assez peu de gros films français attendus — <i>Hors-la-loi</i>, de Rachid Bouchareb, le 22 septembre ; <i>Les Petits Mouchoirs</i>, de Guillaume Canet, le 20 octobre ; <i>Vénus noire</i>, d'Abdellatif Kechiche, le 27 ; <i>Potiche</i>, de François Ozon, le 10 novembre — mais beaucoup d'outsiders qui pourraient tirer leur épingle du foin. Si le cinéma ne connaît pas (trop) la crise, si les productions chères n'ont pas disparu, force est de constater que les "films du milieu", entre 4 et 7 millions d'euros de budget, reprennent du poil de la bête.   </p>

<p class="spip">C'est évidemment dans ces parages que se trouvent les cinéastes de demain. Bien joué, il y en a deux cette semaine : <b>Romain Gavras</b> pour <i><b>Notre jour viendra</b></i> et <i><b>Antony Cordier</b></i> pour <i><b>Happy Few</b></i>. Deux films pas tout à fait réussis mais casse-gueule, formellement maîtrisés et, finalement, séduisants à force de secouer le cocotier.   </p>

<p class="spip"><i><b>Notre jour viendra</b></i>, c'est <i>Les Valseuses</i> version noire, moins de drôlerie et plus de violence mais une même envie libertaire de balayer le mauvais air du temps : Patrick et Rémy sont roux — métaphore de l'exclusion — ils partent sur les routes et déclarent la guerre au monde et à sa bien-pensance. D'accord, à force d'empiler les scènes, ce road-movie rugueux n'évite pas la redite, mais il y a chez <b>Romain Gavras</b> (fils de, ce qui explique aussi cela) une rage un peu butée qui fait plaisir.   </p>

<p class="spip">Autre registre chez <b>Antony Cordier</b>, réalisateur du réussi <i>Douches froides</i>, en 2005, sur les amours adolescentes. <i><b>Happy Few</b></i> en est comme un prolongement, qui met en scène deux couples changeant de partenaires (monsieur avec madame et madame avec monsieur). Le film trouve vite ses limites en ce qu'il s'accroche trop à la chronique air du temps (bis)-bobos-états d'âme, mais c'est également ces partis pris assumés qui finissent par plaire. Disons qu'ils plaisent et qu'ils agacent. Mais <b>Cordier</b> comme <b>Gavras</b> sont sûrement là pour longtemps. Ils ont des choses à dire et ne laissent déjà pas indifférent. On a connu pire.   </p>


]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_48117</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Thu, 16 Sep 2010 17:50:41 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Des hommes et des dieux, film magistral de Xavier Beauvois]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Des-hommes-et-des-dieux-film47918</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x245_arton47918.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p>
<big>À hauteur d'hommes</big></p>

<p class="spip">Cette séquence surgit au dernier tiers du film. Les moines de Tibéhirine, dont <i><b>Des hommes et des dieux</b></i> raconte le destin tragique — ils furent assassinés en 1996 dans des circonstances encore mystérieuses — chantent en leur monastère, unis comme jamais, alors qu'un hélicoptère de l'armée algérienne survole les lieux. C'est le seul plan filmé en plongée. Du ciel, pourrait-on dire. Du regard de Dieu, pourraient ajouter certains. C'est pourtant un plan "profane" en ce qu'il infirme ce regard divin — et je pense qu'il est explicitement là pour ça — mêlant la réalité de la surveillance militaire à la prise de conscience des moines sachant leur mort proche. Tout le reste du film, je dis bien "tout", est montré à hauteur d'homme. D'ailleurs, dans le titre, le mot "dieu" se pare de minuscules et de pluriel.</p>

<p class="spip">Car ce très beau film de <b>Xavier Beauvois</b> ne traite pas de la foi ou de la religion, mais de l'engagement. Et l'athée comme le ministre, le croyant et le footballeur, le cinéphile et le fanfaron, Oncle Boonmee et tata Georgette y trouveront source de réflexion et l'écho de leur propre existence. N'est-on pas tous, à des degrés divers, dans des circonstances particulières, et avec des conséquences plus ou moins importantes, amenés à confronter ce que l'on croit à ce que l'on vit, à constamment opposer l'idée à la pratique, à devoir balancer entre le juste et le bien ? Tout ce qui, en somme, fait la condition humaine.</p>

<p class="spip">Porté par une mise en scène épurée absolument magistrale qui se permet des embardées aussi casse-gueule qu'émouvantes — la scène du repas sur fond de <i>Lac des cygnes</i> — le drame avance en paix. Il y a du mystique et de la trivialité dans <i>Des hommes et des dieux</i>, et <b>Xavier Beauvois</b> les nourrit autant l'un que l'autre, ancrant définitivement le film dans la réalité du monde (le terrorisme, la vie quotidienne, la politique algérienne...) et dans l'esprit de l'individu (les moines et leur foi, les habitants et leur peur...). Les comédiens sont immenses Lonsdale, Wilson <a href="http://qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/RENCONTRE/Lambert-Wilson-Mes-7-verites47457"><font color=#5eabc1>(Retrouvez l'interview de Lambert Wilson dans <i>L'Express Styles</i></font></a>, Rabourdin...), habités et modestes. Une grande œuvre.
<br>
<div align=right><b>Eric Libiot</b></div>
<br>
<a href="http://qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/CINEMA-ET-DVD/Des-hommes-et-des-dieux-un-film47373"><font color=#5eabc1>Lire la chronique de Christophe Carrière sur le film</font></a>	</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_47918</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Tue, 14 Sep 2010 16:59:09 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Poetry, un film magistral]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Les-maux-et-les-choses47584</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x338_arton47584.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p>
Cet été, j'ai décidé de lire le dictionnaire. Ça manque un peu de suspense, mais c'est bien. Me voilà arrivé à la lettre P et au mot "poésie", auquel Pierre Larousse, petit et illustré, donne la définition suivante : "Art de combiner les sonorités, les rythmes, les mots d'une langue pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions." Eh bien, croyez-le ou non, mais sort actuellement sur les écrans <i><b>Poetry</b></i>, de <b>Lee Chang-dong</b> — ce hasard est quand même amusant, vous en conviendrez.</p>

<p class="spip">Ici, pour en finir avec la plaisanterie, ce sont les mots qui m'intéressent. Ou plutôt cette idée, vieille comme mes robes, que les mots font naître du sens, donc du réel, mais aussi des images, donc de l'imaginaire. Si la poésie se situe dans l'interstice entre ce réel et cet imaginaire, le cinéma également, en ce qu'il aide à la reconnaissance du monde et à la connaissance de soi — c'est en tout cas une définition possible, revendiquée et personnelle.</p>

<p class="spip">Dans <i><b>Poetry</b></i>, dont il faut affirmer haut et fort que c'est un des plus beaux films de cette rentrée, <b>Lee Chang-dong</b> capte cela : une femme se débat avec le monde qui l'entoure, s'initie à la poésie et tente d'aider son petit-fils, sans doute responsable du suicide d'une lycéenne. Moments de grâce et de douleur mélangés. L'indicible et la trivialité. Mis en scène avec une sobriété et une justesse incroyables. Les précédents films de <b>Lee Chang-dong</b>, <i>Oasis</i> et <i>Secret Sunshine</i> notamment, en rendaient déjà compte : comment dire les choses de la vie ; comment rendre compte de la futilité et de l'essentiel, surtout quand l'un et l'autre parfois se mêlent ; comment filmer ce choc souvent violent entre ce que l'autre nous impose et notre propre libre arbitre.</p>

<p class="spip"><i><b>Poetry</b></i> est reparti du Festival de Cannes avec le prix du scénario (récompense confuse, trop parcellaire, toujours étrange à mes yeux, et là, en l'occurrence, totalement ridicule), alors qu'il aurait dû recevoir la Palme d'or. <b>Lee Chang-dong</b> est un des plus grands cinéastes actuels. On peut le trouver à la lettre C. Comme "chef-d'œuvre". </p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_47584</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Wed, 08 Sep 2010 20:19:49 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton47584.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Inception Un voyage dans l'imaginaire]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Inception-Un-voyage-dans-l46323</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x269_arton46323.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><big>De l'autre côté des miroirs</big>
<br></p>

<p class="spip">On en était donc resté à <i>The Dark Knight</i>, le film le plus impressionnant sur les traumatismes d'une Amérique post-11 septembre malade de ses héros — Batman, en l'occurrence. C'est donc peu de dire que le cas du cinéaste <b>Christopher Nolan</b> m'intéresse, lui qui est parvenu, en dix ans, de <i>Following</i> à cet <i>Inception</i>, à s'attaquer au blockbuster sans jamais se départir de ses obsessions d'artiste.</p>

<p class="spip">Ce qui travaille <b>Nolan</b>, c'est le cinéma lui-même. Le cinéma comme expérience fusionnelle entre un imaginaire et une réalité, comme un voyage intime au pays des illusions, comme révélateur des pulsions qui agite le spectateur. <i>Memento</i>, son film en forme de palindrome, raconte tout cela, <i>Le Prestige</i>, une histoire de magiciens, en aurait été un autre brillant volet, s'il n'était raté. Avec <i>Inception</i>, <b>Nolan</b> touche sa cible en plein cœur.</p>

<p class="spip">L'histoire est compliquée, je vous la fais courte : Dom Cobb est un voleur capable d'entrer physiquement dans les rêves d'une personne afin d'en extraire un secret. Il profite d'une ultime mission pour essayer de retrouver sa femme perdue dans... Mais où exactement ?</p>

<p class="spip">Une des grandes qualités du film est de toujours avancer sans jamais tomber dans la scène prétexte ou inutile (on peut chicaner sur deux ou trois broutilles et regretter, quand même, l'absence de dimension sociale du film). Dom Cobb est l'homme qui rêve qu'il rêve qu'il rêve (etc.) et <b>Nolan</b>, tout en jouant la carte de l'action (course-poursuite, suspense...) s'amuse de cette mise en abyme. D'autant plus remarquable que le scénario est porté par une ambition visuelle et esthétique impressionnante.</p>

<p class="spip">Il ne faut évidemment pas s'accrocher à une quelconque logique ni s'étonner de ne pas être dans l'empathie constante envers les personnages. Le plaisir, ici, est de se perdre. De vivre, comme chaque fois au cinéma, un rêve éveillé.</p>

<p class="spip">Votre toupie s'est-elle arrêtée, ou continue-t-elle de tourner ?<br> 
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<div align=right><b>Eric Libiot</b></div>
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<H2><font color=#c0a778>Une filmo de rêves</font></H2>
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<br>
<big>Après le magnifique <i>Dark Knight</i>, Christopher Nolan revient avec <i>Inception</i>, et s'impose comme l'un des plus grands auteurs contemporains hollywoodiens. Il commente ses longs-métrages.</big><br>
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>FOLLOWING</b> (1998)  <br>
Un jeune romancier est victime d'une obsession... </big></font><br> 
« Ma passion pour le film noir est évidente dans ce premier long-métrage. À l'époque, j'habitais à Londres et je n'ai tourné le film qu'en décors réels, dans une narration assez sèche et sombre. On y trouve un de mes thèmes récurrents : la distorsion du temps. Je ne crois pas à la chronologie. Prenez cette conversation, ni vous ni moi ne nous forçons à hiérarchiser nos propos. Toute histoire ne se développe qu'en trois dimensions, ce qui n'arrive jamais au cinéma. Et pour une raison bien simple : il faut que les films puissent être suivis à la télévision. Donc, conserver une trame narrative classique. Mais aujourd'hui, Internet ou le DVD permettent de s'éloigner de cette règle. »
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>MEMENTO</b> (2000) <br>
Un homme amnésique traque l'assassin de sa femme... </big></font> <br> 
« J'ai pu, avec <i>Memento</i>, replonger encore une fois dans l'ambiance des films noirs de la grande époque. Mon propos était de mettre littéralement le spectateur dans les pas du personnage, lui faire voir le monde à travers ses propres yeux. Beaucoup pensent, depuis <i>Memento</i>, que je ne fais que des longs-métrages sombres et désespérés. Pourtant, je tente, film après film, d'injecter de l'émotion. Ainsi, <i>Inception</i> est largement basé sur le cheminement personnel et émotionnel du personnage joué par Leonard. Maintenant, j'assume un cinéma sombre. Ce que je refuse, c'est l'austérité. Je veux de la densité. Très jeune, j'étais un fan absolu de Ridley Scott. Et particulièrement de Blade Runner [1980], une des œuvres les plus complexes, sombres et denses que j'aie vues. À chaque projection, on y découvre de nouvelles choses. Il est au premier rang de mes préférés — avec <i>La Soif du mal</i> [Orson Welles, 1958] — le plus grand film noir jamais réalisé. »
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>INSOMNIA</b> (2002) <br>
Un flic insomniaque et manipulateur aux prises avec un tueur malin... </big></font><br> 
« Ce film m'intéressait pour une chose bien précise : je voulais tester mon personnage principal, l'emmener le plus loin possible, explorer ses moindres failles. C'était aussi un défi dans la direction d'acteur. Et avec Al Pacino, je ne pouvais tomber mieux ! <i>Insomnia</i> ne reposait que sur la performance artistique du comédien. Or j'ai toujours été fasciné par les acteurs et je tourne souvent avec les mêmes. J'ai travaillé trois fois avec Cillian Murphy, trois avec Christian Bale et quatre avec Michael Caine. Nous nous comprenons rapidement, ce qui rend la vie plus simple. Et j'ai, à chaque rencontre, envie de voir ce dont ils vont être encore capables. »
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>THE PRESTIGE</b> (2006) <br>
Deux magiciens s'affrontent à coups de tours de magie. </big></font><br> 
« Ce n'est pas tant un film qu'un puzzle ! C'est également un véritable essai de cinéma dans la narration comme dans la forme. J'estime y avoir fait mes gammes de metteur en scène ! Et sur un montage qui déstructurait l'intrigue. Cette technique a été utilisée par certains réalisateurs. Nicolas Roeg, bien sûr, mais aussi George Lucas qui l'a popularisé dans <i>Star Wars</i>. Sa façon presque agressive de tenir le spectateur en haleine en mêlant plusieurs récits est, en fait, j'y repense maintenant, une influence majeure pour le montage de <i>The Prestige</i>, <i>The Dark Knight</i> ou <i>Inception</i>. <i>Inception</i> repousse même encore les limites de cette pratique. »
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>BATMAN BEGINS, THE DARK KNIGHT</b> (2005, 2008) <br>
Deux épisodes de plus en plus sombres pour Bruce Wayne, alias Batman. </big></font><br> 
« Pour le premier des Batman, je voulais rendre hommage aux films de ma jeunesse, au cinéma des années 1970 et du début des années 1980. J'avais cette envie de m'approprier les codes des grands spectacles de cette période. En revanche, j'ai conçu <i>The Dark Knight</i> comme un opéra. Des effets visuels à l'emploi de la musique ou du format Imax, tout a été pensé dans ce sens. Et puis il y a ce personnage iconique, Batman. J'ai une attirance pour les protagonistes névrosés. Celui interprété par Leonardo DiCaprio dans <i>Inception</i> en est un. Lui comme Batman sont des générateurs de drame. Prenez le justicier : voilà un homme qui castagne, qui se déguise, qui se prend pour un superhéros... Dans le monde réel, il serait en prison depuis bien longtemps tant il véhicule des thématiques tendancieuses. »
<br>
<br>
<font color=#c0a778><big><b>INCEPTION</b> (2010) <br>
Un voleur de rêves, en quête de rédemption, est pris à son propre piège. </big></font><br> 
« Inception représente un lent cheminement (presque dix ans) sur la thématique du rêve. Là encore, j'avais envie d'appliquer les codes des superproductions hollywoodiennes sur un sujet compliqué et intime. Divertir et, en même temps, susciter le questionnement. Ravir les sens du spectateur, mais le déstabiliser. J'aime beaucoup cette idée. D'autres réalisateurs comme Nicolas Roeg ou Terrence Malick l'ont fait tout au long de leur carrière. Avec <i>The Dark Knight</i> et aujourd'hui <i>Inception</i>, j'ai tenté de prendre le meilleur des deux. Il n'y a pas de calcul là-dedans. J'ai toujours été persuadé que l'action nécessitait des idées. Et inversement. »<br>
<br>
<div align=right>Propos recueillis par <b>Fabrice Leclerc</b></div>
<br></p>

<p class="spip">						</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_46323</guid>
    <author>Eric Libiot et Fabrice Leclerc</author>
    <pubDate>Fri, 16 Jul 2010 13:28:46 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[La bocca del lupo]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/LE-CINEMA-D-ERIC-LIBIOT/Sans-titre45517</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x339_arton45517.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><big>L'appel du 23 juin</big>
<br></p>

<p class="spip">Deux belles oasis en ce mois de juin désertique. <i><b>Fatal</b></i>, de <b>Michaël Youn</b>, je l'ai écrit et signé, amusante connerie festive à l'humour potache, et <i><b>La bocca del lupo</b></i>, de <b>Pietro Marcello</b>, docu-fiction italien magnifique, à la fois portrait de Gênes et histoire d'amour hors du commun entre Enzo, un ex-taulard, et Mary. Une bronca poilue aux fesses nues d'un côté, un subtil poème aux yeux mouillés de l'autre.</p>

<p class="spip">On ne peut guère faire plus différent que ces deux films. Et je m'en voudrais de repasser le disque usé du cinéma capable d'offrir ce grand écart et de faire danser, dans un mouvement égal, une comédie à vocation millionnaire (en entrées) et une œuvre au potentiel de niche (les millions d'entrées sont bienvenues quand même). Je m'en voudrais, et pourtant.</p>

<p class="spip">Dans ces bouleversements que connaît le 7e art — cinéma d'auteur en crise, marketing de plus en plus agressif, révolution 3D... — il semble y avoir de la part de beaucoup — public, presse, professionnels — un repli sur ses terres cinéphiles et une méfiance, voire un rejet, pour l'autre, coupable, a priori, de vouloir manger tout le gâteau. Il faut résister à ces penchants. À ces batailles crétines de l'intello contre le populaire. Le plaisir se perd, le cinématographiquement correct gagne du terrain. Faire gaffe.</p>

<p class="spip"><i><b>La bocca del lupo</b></i>, maintenant. Un des plus beaux films sortis cette année, pas moins. Un voyage intime dans les souvenirs d'une ville, autrefois riche, aujourd'hui de papiers sales, qui embarque avec lui des personnages aux vies singulières et à la pudeur extrême. <b>Pietro Marcello</b>, le réalisateur, construit une œuvre à la fois simple et sophistiquée, en ce qu'elle nourrit son fil narratif ténu de voix off, d'images d'archives, de scènes quotidiennes prises à la volée et d'entretiens. Le grand cinéaste <b>Ermanno Olmi</b> fit cela en son temps (voir ses docus, <i>Milano</i>, notamment) : dénicher l'humanité au fond des impasses, créer de l'émotion en bousculant le récit, raconter le monde comme il se joue au coin d'une rue. Résister à la banalisation. Toujours. 
<br></p>

<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_45517</guid>
    <author>Eric Libiot </author>
    <pubDate>Thu, 24 Jun 2010 22:48:50 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton45517.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT]]></category>
  </item>
</channel>

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