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  <title><![CDATA[SOCIÉTÉ - Magazine Qobuz]]></title>
  <link>http://www.qobuz.com/info/-Qobuz-LIFE/Enquete221</link>
  <description><![CDATA[]]></description>
  <language>fr-FR</language>
  <copyright>&#xA9; Qobuz</copyright>
    
    <item>
    <title><![CDATA[La Casa da Música de Porto : le bel accord d'une symphonie urbaine]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/La-Casa-da-Musica-de-Porto-le-bel64995</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x223_arton64995.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Les points d'interrogation ont dû piquer dru sous les couvre-chefs et les fichus noirs, ceux qu'on arbore ici par les jours de soleil ou par grand vent venu du large. "Kessékça ?" aurait questionné Zazie, si tant est que la petite musaraigne de Raymond Queneau eût été portugaise et eût musardé du côté de la "<b>rotonda de Boavista</b>", la "place Bellevue" dominant les hauteurs de la ville de <b>Porto</b>. Il faut reconnaître que "ça" ne ressemble à pas grand-chose, même si ce "pas grand-chose", c'est tout de même sacrément quelque chose. </p>

<p class="spip">Au début, les habitants ont cru qu'il s'agissait d'une sorte d'éléphant blanc, une statue gigantesque dressée là comme ça, pour faire un peu plus moderne, dans une ville de province qui semblait éternellement assoupie derrière ses maisons sages et ses façades traditionnelles. Mais non, ils apprirent que c'était tout simplement le produit d'un geste architectural d'une grande audace — l'œuvre d'un designer étranger prestigieux venu des Pays-Bas et nommé <b>Rem Koolhaas</b> — censé représenter une sorte de diamant brut ou une météorite tombant dans l'océan.</p>

<p class="spip">Bref, "ça" se présente plutôt comme une chose anguleuse (un "polyèdre", disent les maniaques de la géométrie précise) aux arêtes coupantes et bien nettes, fermement campée la tête en bas sur une dalle lisse aux formes ondulantes et incurvées. Au fur et à mesure que la masse de forme polyédrique, donc, prenait du volume et de l'ampleur — les travaux ont duré plusieurs années, n'entrons pas dans le détail des retards inévitables d'un tel projet —, la destination de ce bâtiment massif et imposant se précisait tant bien que mal : un temple édifié à la musique, une "<b>Casa da Música</b>" comme on dit en version originale, destinée à asseoir la réputation d'une ville qui ne s'est jamais consolée de n'être que la deuxième du Portugal, surtout depuis les années Salazar (1889-1970), l'austère dictateur qui couvrit le pays d'une véritable chape de plomb conservatrice, catholique et nationaliste pendant trente-six ans, juste le temps d'asphyxier complètement le pays.<br>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_635x403_Photo_AP.jpg" /></span><center><small>© AP</small></center></div>
<center><small>Diamant brut ou météorite tombée du ciel en plein centre de Porto ? Œuvre de l'architecte néerlandais<br> Rem Koolhaas, le bâtiment de la Casa da Música semble faire dialoguer la musique et la ville.</small></center>
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C'est en 1999, alors que <b>Porto</b> venait d'être élue capitale européenne de la culture pour 2001, que l'idée germa dans la tête des dirigeants de la cité, connue jusque-là pour ses vins et pour avoir donné son nom au pays (le Portugal = Porto + Gaïa, deux cités proches, inexplicablement supplantées par la capitale Lisbonne). 
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En plein cœur du quartier des affaires, édifier un bâtiment dont l'audace architecturale pouvait être comparée au musée Guggenheim de Bilbao, pas moins, voilà qui allait sûrement faire jaser dans les chaumières et assurer un rayonnement européen dans un domaine prestigieux par excellence, celui de la culture et de la musique. 
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<b>BÉTON ET AZULEJOS</b>
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Emblème du <b>Porto</b> moderne, du Porto qui ose tourner le dos au passé et penser au présent avec un espoir de futur, cette <b>Casa da Música</b> aux lignes résolument modernes est une étrange ruche. Le bâtiment d'abord, ressemblant à une sorte de gros diamant taillé la pointe en bas, mêlant différents matériaux : béton habillé ou brut de décoffrage, verre, bois, PVC, aluminium et même carreaux traditionnels, ces fameux <i>azulejos</i> qui sont l'orgueil du Portugal en matière ornementale. <br>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_635x518_casa_da_musica_c_Philippe_Ruault.jpg" /></span><center><small>© Philippe Ruault</small></center></div>
<center><small>Les célèbres "azulejos" portugais se conjuguent harmonieusement avec une paroi en verre ondulé qui constitue le fond de la grande salle de concert. Derrière le verre, des rideaux peuvent coulisser pour ouvrir entièrement la salle sur l'extérieur.</small></center>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_380x285_Casa_Musica_Oma_Photo_Charlie_Koolhaas.jpg" /></span><center><small>© Charlie Koolhaas</small></center></div>Si le design d'ensemble enchante — ou agresse le regard, selon —, l'agencement intérieur est de même facture, gérant de manière assez originale de grands espaces : un immense hall d'accueil qu'il faut gagner en grimpant une volée de marches solennelles ; des bureaux répartis selon un savant labyrinthe assez déroutant pour un promeneur non guidé ; de nombreuses petites salles polyvalentes pouvant aussi bien servir de lieu de réception, de répétition, de loges que d'espace pour les animations pédagogiques, disséminées à chaque étage ; une librairie et un restaurant avec terrasse (ouverte lorsque sa majesté le vent du large condescend à mettre sa soufflerie en veilleuse) ; recoins, escaliers, couloirs aux tracés souvent imprévisibles... <br>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/png_635x414_Terrasse_du_restaurant_Casa_da_musica.png" /></span></div>
<center><small>La terrasse du restaurant de la Casa da Música est elle aussi ouverte sur la ville, ici la place Mouzinho de Albuquerque, familièrement appelée Rotunda da Boavista. Au centre de la place, la collone érigée à la mémoire de la lutte du Portugal contre Napoléon. (© Casa da Música)</small></center>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_380x280_principal_auditorium_de_la_Casa_da_musica.jpg" /></span><center><small>Auditorium principal de la Casa da Música (DR)</small></center></div>Sans oublier, naturellement, deux salles de concert — une grande de 1 238 places, une deuxième, modulable, dite "<b>salle rouge</b>", pouvant contenir, selon la disposition retenue, de 280 à 600 places. Si cette dernière est réservée aux manifestations plus intimes ou carrément exotiques, comme les concerts de musique électronique, de jazz ou de world music, la salle principale surprend, non par sa forme générale — une simple "boîte à chaussures" à l'allemande — mais par son aménagement, sans fosse d'orchestre, sobrement décorée de panneaux en pin nordique striés de lignes dorées à la feuille d'or. Assez confortable, malgré une absence de travée centrale qui rend les placements et déplacements un tantinet hasardeux, elle offre comme principale caractéristique de pouvoir être ouverte sur la ville. 
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<div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_380x285_Casa-da-musica_c_Pavel_Krok.jpg" /></span><center><small>© Pavel Krok</small></center></div>Dans le monde entier, la quasi-totalité des lieux où l'on pratique la musique sont toujours des endroits clos, fermés sur eux-mêmes, comme pour favoriser le recueillement et protéger l'auditeur et les musiciens de toute agression visuelle ou sonore extérieure, susceptible de distraire ou de perturber la moindre cérémonie artistique. Mais ici, "<i>la musique n'a rien à cacher</i>", comme le dit dans un éclat de rire (et dans un français parfait) le directeur artistique de la <b>Casa da Música</b> et responsable des activités pédagogiques, <b>Antonio Jorge Pacheco</b>, expliquant que des panneaux de bois ou des rideaux de mousseline peuvent facilement glisser et ouvrir la salle sur le monde extérieur. 
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Quand je dis monde extérieur.... N'imaginez pas une ville trépidante, aux rues fourmillantes de gens pressés : <b>Porto</b> a plutôt des allures tranquilles de ville provinciale prenant le temps de vivre, même si son ouverture sur l'infini de l'Atlantique la rend curieusement très peu méditerranéenne, très peu sensible à cette langueur paresseuse et ensoleillée qui fait le charme de certaines agglomérations du Midi.
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_380x258_3-casa-da-musica.jpg" /></span><center><small>Terrasse du restaurant sur le toit de la Casa da Música (DR)</small></center></div>Au bout de cinq ans de travaux — et quelques millions d'euros plus tard —, la <b>Casa da Música</b> de <b>Porto</b> fut enfin solennellement inaugurée le 14 avril 2005 en présence du président de la République de l'époque, Jorge Sampaio. C'est dire l'importance de l'événement pour la ville et pour le Portugal. "<i>Cette maison de la musique a déclenché un véritable tsunami</i>", reconnaît le directeur <b>Nuno Azevedo</b>, lui aussi dans un français parfait. Il rappelle la situation historique de cette ville qui jadis fut prospère mais souffrit de l'immobilisme des années de l'"Estado novo", l'"État nouveau" de la dictature de Salazar, préférant favoriser Lisbonne qui centralisait tous les pouvoirs, politiques, économiques, culturels et religieux. Le Portugal, replié sur lui-même et empêtré dans ses problèmes de décolonisation, dans son marasme économique — sans parler de sa situation géographique défavorable, à la périphérie de l'Europe en train de se construire cahin-caha —, mit du temps à redresser la tête. 
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<big> « CHAQUE SAISON, UN PAYS-THÈME EST CHOISI, PERMETTANT D'INVITER DES ARTISTES. CETTE ANNÉE : LA FRANCE » </big>
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Cette <b>Casa da Música</b> devint en quelques saisons le symbole du renouveau tant attendu. Car loin d'être une coquille vide — l'un de ces édifices pharaoniques que certains élus mégalomanes s'offrent pour le plaisir de leur petit ego et qui ne servent qu'à grever lourdement le budget des finances publiques —, la <b>Casa da Música</b> a été construite pour mener une véritable politique artistique. "<i>Elle est ouverte aux formes d'expression les plus variées, recouvrant l'ensemble de l'héritage classique et contemporain de la musique savante, mais ne dédaigne pas pour autant le jazz ou les musiques du monde</i>, poursuit <b>Nuno Azevedo</b>. <i>Elle encourage la création et a pour ambition de favoriser l'éducation, deux piliers essentiels pour l'épanouissement des citoyens dans une démocratie qui se respecte. Une vraie mission de service public.</i>.."
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La programmation musicale est bâtie autour des saisons de chaque formation "en résidence" : l'<b>Orquestra Sinfonica do Porto</b>, une formation symphonique traditionnelle dirigée par <b>Christoph König</b> ; l'<b>Orquestra Barroca Casa da Música</b>, spécialisé dans le répertoire baroque et dont la renommée commence à s'étendre en Europe et en Amérique du Sud ; le <b>Remix Ensemble</b>, une formation de dix-neuf musiciens versée dans la musique contemporaine que notre pays a d'ailleurs pu découvrir en septembre-décembre 2011, sous la direction de son chef <b>Peter Randel</b>, dans une Tétralogie de Wagner allégée et revisitée par Jonathan Dove et Graham Vick intitulée <i>Ring Saga</i>. Des cycles réguliers (piano, jazz, musique du monde), des festivals à thème ("Musique et révolution", "Autour du baroque") complètent la programmation. Et chaque saison, un pays-thème est choisi, fil conducteur servant de prétexte à la découverte d'un nouveau répertoire, à l'invitation d'artistes et d'ensembles, à la création d'œuvres contemporaines.
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/png_635x476_Casa_da_Musica_de_Porto_Photo_Mimoa_.png" /></span><center><small>Photo <a href="http://www.mimoa.eu/projects/Portugal/Porto/Casa%20da%20Musica"><small>Mimoa</small></a></small></center></div>
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<b>UNE VRAIE RUCHE</b>
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Cette année, justement, le pays est la <b>France</b> ! À <b>Porto</b>, on entendra ainsi beaucoup <b>Jean-Philippe Rameau</b> et <b>Ravel</b>, <a href="http://www.qobuz.com/recherche?q=%22Pascal+Dusapin%22&i=boutique"><b>Pascal Dusapin</b></a> et <a href="http://www.qobuz.com/recherche?i=boutique&q=Bruno%20Mantovani&qref=dac_2"><b>Bruno Mantovani</b></a>, l'<a href="http://www.qobuz.com/recherche?i=boutique&q=Ensemble%20Intercontemporain&qref=dac_3"><b>Ensemble Intercontemporain</b></a> et <a href="http://www.qobuz.com/recherche?q=Les+Talens+lyriques+christophe+rousset&i=boutique"><b>Les Talens lyriques</b> de <b>Christophe Rousset</b></a>, le pianiste <a href="http://www.qobuz.com/interprete/jean-efflam-bavouzet/telechargement-ecoute-albums"><b>Jean-Efflam Bavouzet</b></a>, tandis qu'un hommage appuyé sera rendu à <a href="http://www.qobuz.com/recherche?q=pierre+boulez&i=boutique"><b>Pierre Boulez</b></a>.
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Ici, chaque centimètre carré semble donc participer à la réussite de cette véritable stratégie artistique. Pendant qu'un groupe de touristes visite consciencieusement le bâtiment en écoutant ses guides, une classe primaire est venue s'initier aux subtilités de la musique électronique, tandis qu'un peu plus loin des musiciens de jazz répètent tranquillement dans une salle prévue à cet effet et qu'ailleurs Monsieur le directeur reçoit quelques hôtes de marque de la Fundaçào (1) dans un salon Renaissance aux <i>azulejos</i> colorés, avant de filer au concert symphonique qui se déroule dans la grande salle principale. 
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Une véritable ruche, disais-je, bourdonnant du matin au soir, pour défendre et illustrer la grande cause de la musique sans frontière, sans équivalent en Europe... Comme le dit <b>Antonio Jorge Pacheco</b>, qui aime décidément les jolies formules : "<i>La ville de Porto est devenue une gigantesque partition et la Casa da Música, sa plus belle note</i>..."<br>
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<div align=right><b>Xavier Lacavalerie</b></div>
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<small>(1) La Fundaçao Casa da Música est une institution de droit privé reconnue d’utilité publique, créée par l’État, la Ville de Porto et des partenaires privés. Elle a pour but de promouvoir, développer, organiser et diffuser des activités culturelles et éducatives dans le domaine musical. Elle organise également de nombreux échanges avec d’autres institutions musicales portugaises ou étrangères (en France, le festival Musica de Strasbourg, l’IRCAM, la Cité de la
musique, le Capitole de Toulouse, l’Opéra de Reims, l’Orchestre national de France). </small><br>
<big><big>☛</big></big> <a href="http://www.casadamusica.com">www.casadamusica.com</a><br>
<big><big>☛</big></big> <a href="http://www.casadamusica.tv">www.casadamusica.tv</a><br><br></p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_64995</guid>
    <author>Xavier Lacavalerie</author>
    <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 19:10:23 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Un libraire en colère]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Un-libraire-en-colere57722</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x209_arton57722.png" /><br /><br /><p class="spip"><b>À MOTS OUVERTS, UN LIVRE DE COLÈRE</b>
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<b>Vous parlez de "la lente décomposition" de votre univers et vous qualifiez de "survivant". La situation est-elle si grave ?</b> <br>
— Les chants désespérés sont les chants les plus beaux... La situation s'aggrave, en effet. Depuis le début de 2011, on assiste, pour la première fois, à un craquement. En mars-avril, on a véritablement décroché, à - 50 %, - 60 % de chiffre d'affaires. Je suis dans l'une des artères les plus fréquentées de Paris, l'Elysée est à 400 mètres, Virgin n'est pas loin. Or, les gens ne s'arrêtent plus. Que puis-je faire pour qu'ils entrent flâner chez moi ? Je suis devenu une sorte de verrue dans le quartier. C'est une vraie catastrophe. Lorsque, dans quelques années, les libraires auront disparu, on se demandera ce qui s'est passé.<div align=right><i><small>La petite lectrice chez son grand-père (Adelaide Claxton)</small></i></div><div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_442x525_la_petite_lectrice_chez_son_grand-pere_adelaideclaxton.jpg" /></span></div>
<b>À vos yeux, les responsables sont multiples, à commencer par les parents, qui n'inculquent plus à leurs enfants le goût de la lecture...</b><br>
— Si à la maison, vous n'êtes pas résistant, vous n'allez pas transmettre le virus. Je crois à l'exemplarité. Avec ma femme, libraire elle aussi, nous ne cessons de lire devant notre fille de 11 ans. Alors, oui, les écrans — télévision, ordinateur, DVD — sont là. Ils constituent une forte concurrence, mais on peut la juguler. 
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<br>
<b>Vous invectivez tous les "mutants" aux yeux rivés sur leur écran. N'êtes-vous pas sévère ?</b><br>
— Non, les gens ont leur portable à la main en permanence, ils sont tenus et 
<p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_276x419_Delhomme.jpg" /></span></center></center>
<center>96 pages - 11 €</center></p></div>
retenus, cela les rassure. Leur univers se résume à un écran de quelques centimètres carrés. Mais ne rêvons pas, ils ne liront pas plus Voltaire et Diderot sur Internet ou sur un écran qu'ils ne les lisent aujourd'hui.
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<br>
<b>Et les éditeurs ? Responsables, eux aussi ?</b><br>
— Ils produisent beaucoup trop ! On en est à 70 000 titres publiés par an. L'embarras du choix tue le choix. Si je me laissais aller, je changerais chaque semaine tout l'éventail des livres de ma librairie, et il n'y a pas meilleure manière de faire peur aux clients. On inonde le marché, on ne sait même plus pourquoi. À la rentrée littéraire de septembre, ne croyez-vous pas que 200 nouveautés (sur les 700 publiées) suffiraient ? 
<br>
<br>
<b>Pourquoi publie-t-on trop ?</b><br>
— C'est du Madoff, de la cavalerie. Le système fait que nous recevons d'office des livres qui nous sont facturés et que nous ne pouvons renvoyer avant soixante jours. Par ailleurs, le livre est trop cher, deux fois trop cher. À 9 ou 10 euros la nouveauté, on reverrait des gens qu'on a perdus depuis longtemps.
<br>
<br>
<b>Mais vous ricanez lorsque vous évoquez le livre de Stéphane Hessel à 3 euros...</b><br>
— On l'a vu à Noël, les gens ne venaient acheter que ce livre-là, le petit objet à la mode, pour en faire cadeau ; ce n'étaient pas de vrais lecteurs.
<br>
<br>
<b>Vous accusez également les éditeurs de ne plus défendre leurs auteurs...</b><br>
— Ils volent au secours du succès ; pour le reste, ils défendent mollement. Car ils n'ont pas su dire non. Ils sont comme des chasseurs qui tireraient dans le ciel des centaines de cartouches : forcément, il y a une bestiole qui va tomber à un moment ou à un autre. Le public n'est plus avide, les éditeurs doivent changer de stratégie. Chacun est enfermé dans sa boîte, on devrait se réunir et se demander ce qu'on peut faire pour enrayer ce désamour du livre.<br>
<br>
<div align=right>Propos recueillis par <b>Marianne Payot</b></div></p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_57722</guid>
    <author> Marianne Payot</author>
    <pubDate>Fri, 17 Jun 2011 13:12:43 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Quand l'individu ne se révolte plus]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Quand-l-individu-ne-se-revolte52632</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x251_arton52632.png" /><br /><br /><p class="spip">Quel rapport entre <i>L'Urinoir</i> de Duchamp, le cinéma de la Nouvelle Vague et les suicidés de France Télécom ? Réponse de François Chevallier : "le mépris de soi". 
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<br>
Avouons-le, les cinquante premières pages relatives à Duchamp et à ses suiveurs n'ont commencé, sinon de nous convaincre, du moins de nous intéresser que rétrospectivement, une fois achevée la lecture des chapitres consacrés au cinéma de la Nouvelle Vague. Rappelons que l'auteur, ancien producteur à France Culture, fut critique d'art puis critique de cinéma. Aussi est-il légitime qu'il aille chercher dans les domaines qu'il connaît le mieux les symptômes annonciateurs du malaise qui frappe les salariés de France Télécom et a conduit, en vingt-six mois, quarante-six d'entre eux à se suicider. " <i>Ce n'est pas tant la violence des conditions imposées par des dirigeants névropathes qui serait le vrai déclencheur de cette morbidité</i>, écrit <b>François Chevallier</b>, <i>mais plutôt la honte secrète d'avoir transgressé des règles non dites sur lesquelles se fondait leur identité. D'avoir cédé à l'autre en se niant soi-même</i>." Céder à l'autre, explique l'auteur, c'est " <i>satisfaire aux obligations de résultats dictées par la hiérarchie</i> " et, pour cela, " <i>arnaquer le client pour réussir une vente</i> ". </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_270x403_9782070131488.jpg" /></span></center></center>
<center><small>Gallimard - 120 p. - 9,50 €</small></center></p></div>

<p class="spip">Contrevenir avec autant de constance que de soumission aux impératifs moraux de sa propre conscience ne peut à terme que " <i>porter atteinte à cette estime de soi sans laquelle le désir de vie s'atrophie</i> ". Il est difficile de ne pas s'inquiéter avec l'auteur de certaines méthodes de management encourageant la régression des individus. Que, "pour détendre l'atmosphère au travail", la direction invite ses salariés stressés à participer à "des sortes de compétitions infantiles où le gagnant est récompensé par des lots de friandises" en dit long sur le mépris et de l'autre et de soi. 
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<br>
Difficile de ne pas alors être interpellé par le rapport que l'auteur établit entre l'art contemporain, le cinéma de la Nouvelle Vague et le néolibéralisme. Ce qui à chaque fois est exposé, mis en scène ou encouragé, c'est l'immaturité de l'individu incapable de sortir de soi, d'affronter le réel et de communiquer avec autrui. Un diagnostic de l'état de notre société qui ne laisse pas indifférent.</p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_52632</guid>
    <author>Jérôme Serri</author>
    <pubDate>Wed, 09 Feb 2011 12:56:47 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton52632.png" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Bien manger Les Français cherchent la recette]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Bien-manger-Les-Francais-cherchent45006</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x256_arton45006.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Savourer, se bâfrer, déguster, gueuletonner, se repaître... Le Français aime manger, les saveurs de la langue en témoignent. Mais voilà que l'épicurien stresse : le sans-sucre, le maigre, le bio, l'anticholestérol ou le "zéro risque", vendus à toutes les sauces, inondent les supermarchés. Devant les rayons, le péremptoire message diétético-sanitaire trouble les esprits, même les plus rabelaisiens.</p>

<p class="spip">Le pli est pris. Si les années 1980 avaient amorcé le culte de la minceur et inauguré le règne du "light", les années 2000 ont érigé la maîtrise du corps en ultime valeur : ce corps-miroir, reflet d'une société enivrée de jeunesse et de santé, perturbe les appétits. Il s'agit toujours d'être svelte et beau, mais aussi — surtout — étanche aux maladies, aux risques et aux ravages du temps. Les nouvelles menaces s'appellent diabète, hypertension, cancer, obésité : plus de 6,5 millions de Français sont en surpoids.</p>

<p class="spip">Or on sait, désormais, que les maladies cardio-vasculaires se soignent mieux en mangeant bien — elles sont responsables de 1 décès prématuré sur 3. On rêve — pourquoi pas ? — de se prémunir contre le cancer ou encore Alzheimer... Même les marchands de hamburgers se mettent au bio : la malbouffe ferait moins recette. Ne manque que le régime taillé sur mesure. Patience, les chercheurs en nutrigénétique, nouvelle lubie des laborantins, promettent de livrer le menu idéal d'ici à quelques années... selon l'ADN de chacun !
<br></p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><big><b>Le bon équilibre s'évalue sur dix jours</b></big></font></p>

<p class="spip">En attendant les miracles de la science, les bons vivants cuisinent toujours — les ventes de livres de cuisine ont encore bondi de 10 % cette année — mais ils ne font plus bombance. Finis les plats en sauce, les pâtés maison et les ripailles. Affolée par sa balance, la ménagère bourre son Caddie de produits "allégés", sans jamais perdre un gramme. Bercés à la ritournelle des "<i>cinq fruits et légumes par jour</i>", abreuvés de principes de précaution et d'alertes sanitaires, jeunes et vieux se ruent sur le bio, convaincus de sauver leur santé autant que la planète. Les gros s'affament, en vain. Les maigres épluchent les étiquettes. Les plus pauvres accommodent les restes. Sûr de rien, chacun enquille les régimes antitout, accumulant les frustrations. Comble de l'hérésie galopante : on est ébaubi en prime time par les prouesses de jeunes chefs improvisés cuistots mais, sur son canapé, on siffle le dernier paquet de crackers...</p>

<p class="spip">Comment ne pas perdre le nord devant tous ces compléments alimentaires, barres vitaminées, yaourts anticholestérol, smoothies pur jus, pains sans gluten et autres produits emballés de promesses ? Devant l'avalanche d'avis diététiques contradictoires, promulgués à tout-va ? Sur la Toile, plus de 3 000 blogs culinaires abreuvent les affamés de conseils - on en recense 60 fois plus qu'il y a dix ans. Chaque jour, les nouveaux exégètes de la nutrition se concoctent des menus sur ordonnance, s'improvisant experts d'un domaine dont ils ignorent tout — ou presque : avant de mettre le couvert, on s'en remet à de sombres croyances, comme s'il s'agissait de conjurer un sort... "<i>C'est le règne des diététiques profanes !</i>" s'insurge l'anthropologue <b>Jean-Pierre Poulain</b>, dont le dernier livre, <i>Sociologie de l'obésité</i> (PUF, 2009), décortique nos errances.</p>

<p class="spip">Les Français croient savoir, mais ne savent pas. Les trois quarts clament haut et fort qu'une alimentation variée, saine et équilibrée est la première des assurances santé ? <small>(1)</small>. Combien sont au courant, pourtant, que le bon "équilibre" ne s'évalue pas sur une journée, mais sur dix jours au moins ? Qu'une seule vitamine ne sert à rien, sans l'effet associé de toutes les autres ?
<br></p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><big><b>Bonne surprise : les ados grignotent moins</b></big></font></p>

<p class="spip">Certaines vérités sont bonnes à rappeler. "<i>80 % de notre cholestérol n'est pas lié à l'alimentation, mais à nos prédispositions génétiques</i>, souligne le nutritionniste <b>Jean-Marie Bourre</b> : <i>si les Français renonçaient définitivement à la charcuterie, cela réduirait leur consommation de lipides d'à peine 3 %. L'essentiel des graisses alimentaires provient désormais des sucreries, des viennoiseries et des biscuits apéritifs</i>." De même, les compléments alimentaires ne sont à utiliser que pour combler des carences ponctuelles, lors d'une grossesse, d'un régime ou pour prévenir certains maux dus à l'âge.</p>

<p class="spip">La balance pourrait, cependant, s'inverser. Depuis trois ans, l'Europe tente d'imposer aux fabricants un changement de méthode : toute "allégation" affichée en vitrine — light, antiâge, anti-oxydant, bon pour le cœur ou autre — impliquerait désormais que la preuve soit faite. Nous n'y sommes pas, car les lobbyistes ferraillent. Mais l'alerte est lancée. Les gourous du sans-risque et de l'allégé sont placés sous surveillance. Il est temps. Car, sous l'étendard d'une prétendue religion du bien-être, des croisades insensées s'engagent. Du lactose au gluten, en passant par les graisses animales, nombre de "poisons" sont crucifiés à tort. Ils cristallisent, en réalité, des angoisses plus profondes : celles engendrées par les crises alimentaires successives, le sacro-saint principe de précaution, la morosité économique et le réchauffement planétaire...</p>

<p class="spip">Que chacun se rassure, pourtant : en un siècle, l'espérance de vie a doublé, et l'alimentation y joue sa part. Certaines bonnes habitudes perdurent, en dépit de tous les discours alarmistes. Avec trois repas par jour (et pour un tiers leur immuable goûter), une majorité de Français conservent une alimentation plutôt bien répartie sur la journée <small>(2)</small>. Les agapes rituelles sont même moins abondantes : dîner et déjeuner se limitent, désormais, à deux ou trois plats au maximum. Même le grignotage, cette dérive de l'hyperconsommation, recule — moins de 1 ado sur 10 en est encore victime, ils étaient 13 % en 2002. Effets positifs du programme national Nutrition santé, lancé il y a neuf ans... Signe, aussi, qu'il reste possible de marier santé et bon coup de fourchette.</p>

<p class="spip">Sur ce point, les Français disposent d'un atout culturel indéniable : le goût des plaisirs partagés. Parmi eux, 8 sur 10 dînent encore en famille ou avec des amis, révèle le baromètre 2008 de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Le "plaisir" figure en deuxième position dans les critères d'achat des produits, selon un autre sondage de l'institut Francoscopie, après la nécessité et avant la santé. Mieux, le temps dévolu au repas et à sa préparation augmente : entre 2004 et 2009, les "enfants de Maïté" ont passé deux minutes de plus par jour aux fourneaux.</p>

<p class="spip">En attendant que la lumière soit au fond de la casserole, mieux vaut encore prendre ses affaires en mains. Devant cette soupe de peurs irrationnelles et de faux évangiles, il est encore possible de prendre du recul. Pour tous ceux qui souhaitent s'y retrouver ou savoir, tout simplement, comment mieux adapter leur alimentation à leurs besoins, <i>L'Express</i> a conçu un dossier complet, "à la carte", en s'appuyant sur l'expertise de deux spécialistes reconnus : les Drs <b>Pierre Dukan</b> et <b>Jean-Marie Bourre</b>. Le premier a donné son nom à un régime devenu culte (voir ci-dessous). Le second, diététicien averti et spécialiste du cerveau, a longtemps exercé comme directeur de recherches à l'Inserm. Les lecteurs sauront trouver dans leurs conseils comment allier sagesse et plaisir. Ensuite, à table !
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<small><small>(1)</small> Etude Ania et TNS Sofres, mars 2008<br>
<small>(2)</small> Résultat du Baromètre Santé nutrition de l’Inpes,
publié en janvier 2010</small>
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<big>GLOSSAIRE</big></p>

<p class="spip"><small><b>Oméga 3 et 6</b> : Ces composants des graisses humaines ne sont pas synthétisés par l’organisme. En cas de carence, les cellules nerveuses attaquent leurs propres membranes, qui en sont riches, au risque de s’autodétruire.<br>
<b>Antioxydants</b> : Ils neutralisent, voire réduisent, l’altération des cellules par les radicaux libres présents dans les UV, le tabac ou l’alcool. <br>
<b>Apport journalier recommandé (AJR)</b> : Attention, cet indice est évalué sur la base de référence d’un individu de sexe masculin de 70 kilos. <br>
<b>Apport nutritionnel conseillé (ANC)</b> : Indicateur plus fiable que le précédent, il est établi en fonction du sexe et des âges de la vie.<br>
<b>L’index glycémique (IG)</b> : Il est d’autant plus élevé que l’absorption des sucres se fait lentement dans le sang. L’énergie
fournie est alors distillée de façon plus continue dans l’organisme.<br>
<b>Sans sucre ajouté</b> : L’expression indique qu’aucun glucide n’a été « ajouté » à la préparation : mais ses constituants peuvent être, eux, très sucrés !<br>
<b>Allégé</b> : Un fabricant peut porter cette mention sur son produit dès lors qu’il en a supprimé l’alcool, diminué les graisses ou remplacé des sucres par des édulcorants. Un chocolat « allégé » peut ainsi
contenir moins de sucres… mais plus de graisses : il sera alors plus calorique qu’un chocolat classique. <br>
<b>Sel</b> : Pour bien fonctionner, l’organisme a besoin d’environ 4 grammes de sel par jour. Mais rien n’oblige l’industrie alimentaire
à mentionner la teneur en sel de ses produits. Les étiquettes citent
plus souvent le sodium, sans préciser qu’un seul gramme de sodium équivaut à… 2,5 grammes de sel ! </small>◆
<br></p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_45006</guid>
    <author>Julie Joly et Betty Mamane</author>
    <pubDate>Wed, 28 Jul 2010 20:58:04 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton45006.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Le réveil de la culture russe]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Le-reveil-de-la-culture-russe38198</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x242_arton38198.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><br></p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><H2><font color=white>2010</font></H2> <font color=black><big>L'ANNÉE FRANCE RUSSIE</font></big>
<br>
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<b>JANVIER</b> <br>
■ <b>Festival Russkoff</b><br>
<font color=black>Arts et cinéma russes (Nice, Alpes-Maritimes) </font><br>
■ <b>Musique</b><br>
<font color=black>Cycle de concerts consacrés à l'école russe (Auditorium du Louvre, Paris)</font> <br>
■ <b>Musique</b> <br>
<font color=black><b>Symphonies</b> (Intégrale) de <b>Tchaïkovski</b> par l'<b>Orchestre du Mariinski</b> sous la direction de <b>Valery Gergiev</b> (Paris, Salle Pleyel, les <b>25, 26, 29 janvier</b>)</font><br>
■ <b>Festival RussenKo</b><br>
<font color=black>Rencontres culturelles russophones (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne)</font><br>
<br>
<br>
<b>FÉVRIER</b><br>
■ <b>Économie</b> <br>
<font color=black><b>Exposition nationale russe</b> au Salon international de l'agriculture (Paris) </font><br>
■ <b>Exposition</b> <br>
<font color=black><i><b>Lydia Delectorskaya, muse et modèle de Matisse</b></i> (musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis, Nord) </font><br>
<br>
<br>
<b>MARS</b><br>
■ <b>Exposition</b> <br>
<font color=black><i><b>Sainte Russie - L'art en Russie des origines à Pierre le Grand</b></i> (Louvre, Paris) </font><br> 
■ <b>Littérature</b><br>
<font color=black><b>Printemps des poètes russe</b> (à travers la France)</font><br>
<br>
<br>
<b>AVRIL</b><br>
■ <b>Événement</b> <br>
<font color=black><b>La Russie invitée d'honneur</b> à la <b>Foire internationale de Bordeaux</b> (Gironde)</font><br>
<br>
<br>
<b>MAI</b><br>
■ <b>Littérature</b><br>
<font color=black><b>Festival Etonnants Voyageurs</b> : les écrivains russes à l'honneur (Saint-Malo, Ille-et-Vilaine)</font><br>
<br>
<br>
<b>JUIN</b><br>
■ <b>Événement</b> <br>
<font color=black><b>Fête nationale russe et exposition nationale russe</b> (Grand Palais, Paris) </font><br>
■ <b>Exposition</b> <br>
<font color=black><i><b>Lydia Delectorskaya, muse et modèle de Matisse</b></i> (musée Matisse, Nice, Alpes-Maritimes)</font><br>
<br>
<br>
<b>JUILLET</b><br>
■ <b>Danse</b> <br>
<font color=black><b>Ballet de l'Opéra de Novossibirsk</b> aux Etés de la danse (théâtre du Châtelet, Paris)</font><br>
<br>
<br>
<b>AOÛT</b><br>
■ <b>Festival</b> <br>
<font color=black><b>Art russe</b> (Cannes, Alpes-Maritimes)</font><br>
<br>
<br>
<b>SEPTEMBRE</b><br>
■ <b>Patrimoine</b> <br>
<font color=black><b><i>Le Génie romantique russe à l'époque de Gogol et Pouchkine - Trésors de la galerie Tretiakov</i></b> (musée de la Vie romantique, Paris) </font><br>
■ <b>Théâtre</b> <br>
<font color=black><b>Automne théâtral russe</b> (Paris et régions) </font><br>
■ <b>Danse</b> <br>
<font color=black><b>Création d'Angelin Preljocaj</b> en coproduction avec le <b>Bolchoï</b> (Biennale de la danse, Lyon, Rhône)</font><br>
<br>
<br>
<b>OCTOBRE</b><br>
■ <b>Danse</b> <br>
<font color=black><b>Création d'Angelin Preljocaj</b> en coproduction avec le <b>Bolchoï</b> (Théâtre national de Chaillot, Paris) </font><br>
■ <b>Exposition</b> <br>
<font color=black><b><i>Lénine, Staline et la musique</i></b> (Cité de la Musique, Paris) </font><br>
■ <b>Art contemporain</b> <br>
<font color=black><b><i>Contrepoint russe, de l'icône au glamour en passant par l'avant-garde</i></b> (Louvre, Paris)</font><br>
<br>
<br>
<b>NOVEMBRE</b><br>
■ <b>Festival</b> <br>
<font color=black><b>Sibérie inconnue</b> (Lyon, Rhône) </font><br>
■ <b>Éducation</b> <br>
<font color=black><b>La Russie invitée d'honneur du Salon européen de l'éducation</b> (Paris) </font><br>
<br>
<br>
<b>DÉCEMBRE</b><br>
■ <b>Recherche</b> <br>
<font color=black><b>La Russie invitée d'honneur du festival Cinéma sciences</b> (Bordeaux, Gironde) </font><br>
■ <b>Économie</b> <br>
<font color=black><b>Rencontres d'affaires France-Russie</b> (Paris)</font> <br>
<br>
<br>
<br>
<br>
<H2><font color=white>ZAKOUSKI LITTÉRAIRES</font></H2> 
<br>
<br>
<b>Confusion de la vie littéraire russe. Longtemps contrainte à voir rouge, la littérature russe doit maintenant broyer du noir et affronter les démons d'une société phagocytée par le pouvoir. Face à ce chamboulement, les écrivains sont obligés d'improviser. [<i>Voir plus bas l'article "De Gogol à Google"</i>]<br>
<br>
Cinq écrivains, cinq œuvres, pour une initiation au roman russe contemporain.</b><br>
<br>
<br>
<font color=black><big><b>Alexandre Ikonnikov</b></big> <br>
Du fin fond de la Russie — peinte comme un insondable dépotoir — nous arrivent ces nouvelles où se mêlent le grotesque et le désespoir. Avec des héros déchus qui squattent les décombres du communisme en compagnie de popes paillards et de trafiquants d'illusions. Tableau très noir d'une terre à la dérive, où il gèle à fendre l'âme. <br>
■ <i><b>Dernières nouvelles du bourbier</b></i> par <b>Alexandre Ikonnikov</b>. Traduction par Dominique Petit et Antoine Volodine. Ed.&nbsp;L'Olivier - 184 p. - 18 € 
<br>
<br>
<big><b>Vladimir Makanine</b></big> <br>
<font color=black>Le vieux Piotr est encore très vert et il aime la chair fraîche. Dans la banlieue de Moscou, il profite des pannes d'électricité pour se glisser dans le lit des belles endormies... Un conte licencieux où les satyres finissent dans les hôpitaux psychiatriques après avoir écumé une Russie livrée à la pénurie. <br>
■ <i><b>La Frayeur</b></i> par <b>Vladimir Makanine</b>. Traduction par Yves Gauthier. Ed.&nbsp;Gallimard - 466 p. - 26 €
<br>
<br>
<big><b>Zakhar Prilepine</b></big> <br>
Confession d'Egor Tachevski, un bidasse de Grozny qui, sous la mitraille, découvre la barbarie tout en rêvant à la sulfureuse Dacha, son amante infidèle. Un roman où la guerre — celle des armes et celle des cœurs semble être la métaphore de notre condition, lorsque les "pathologies" envahissent un monde terrassé par la démence. <br>
■ <i><b>Pathologies</b></i> par <b>Zakhar Prilepine</b>. Traduction par Joëlle Dublanchet. Ed.&nbsp;des Syrtes - 314 p. - 22 €
<br>
<br>
<big><b>Boris Akounine</b></big> <br>
Boris Akounine, le roi du polar russe, lance son héros fétiche Eraste Petrovitch Fandorine  dans une enquête qui ressuscite la Russie impériale de 1905, en plein conflit avec le Japon, alors que le Transsibérien devient la cible des saboteurs. Un savoureux cocktail d'érudition et de suspense, où le thriller va à la rencontre du roman historique. <br>
■ <i><b>L'Attrapeur de libellules</b></i> par <b>Boris Akounine</b>. Traduction par Odette Chevalot. Ed.&nbsp;Presses de la Cité - 707 p. - 24,50 €
<br>
<br>
<big><b>Andreï Guelassimov</b></big> <br>
Kostia, le narrateur, picole sec pour oublier qu'il est un rescapé du cauchemar : pendant la guerre en Tchétchénie, un sniper l'a sauvagement défiguré. C'est l'histoire tragique de ce Quasimodo éthylique que raconte Guelassimov, un petit frère de Céline dont les phrases nous explosent à l'oreille comme des obus. <br>
■ <i><b>La Soif</b></i> par <b>Andreï Guelassimov</b>. Traduction par Joëlle Dublanchet. Ed.&nbsp;Actes Sud - 130 p. - 13,90 € <br>
<br>
<br>
<b>À PART ET ESSENTIEL</b><br>
<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_104x159_la_voie_de_bro.jpg" /></span></div><big><b>Vladimir Sorokine</b></big> <br>
<b>Styliste iconoclaste</b><br>
Il bouscule allègrement les normes établies et apporte une liberté de ton unique en Russie.<br>
À PARAITRE EN FÉVRIER 2010 :<br>
■ <i><b>La voie de Bro</b></i> [voir l'article plus bas]
<br>
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<div align=right>André Clavel</div>
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<H2><font color=white>VALERY GERGIEV</font><br>
L'homme-orchestre</H2> 
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_245x199_march-preview-6.jpg" /></span></center></center>
<br>
Puisque la musique est reine en Russie, il lui fallait bien trouver un tsar, <b>Valery Gergiev</b>. Avec ses yeux immenses au regard magnétique, ses sourcils interrogateurs et sa barbe de conquérant,
cet Ossète à l’énergie flamboyante ressemblerait plutôt à un Cosaque moderne. À 56 ans, ce surdoué de la direction d’orchestre se trouve à la tête du <b>théâtre Mariinski</b>, à <b>St-Pétersbourg</b>, dont il a fait l’institution la plus attrayante du pays, et où il cumule la direction artistique et administrative. En plus de vingt ans de mandat, il a su imposer ses vues, allant jusqu’à frapper à la porte de Vladimir Poutine pour monter des festivals, obtenir la rénovation de son théâtre, créer une salle de concert ou engager la construction d’un nouvel opéra ultramoderne. Grâce à la volonté d’un homme à la fois craint et admiré, comme les tsars l’ont longtemps été, le <b>Mariinski </b>domine fièrement la vie musicale russe, allant jusqu’à éclipser
son rival de toujours, le théâtre du Bolchoï, à Moscou.
<br>
<br>
Aujourd’hui, <b>Gergiev</b> poursuit également une carrière de chef invité à travers le monde, de Londres à New York, en passant par Vienne ou Paris ; harassante pour certains, nécessaire et salutaire selon lui. Quatre mois à Saint-Pétersbourg pour vivre avec son théâtre et huit mois à l’étranger pour le faire vivre : c’est peut-être excessif, mais ce musicien boulimique, qui dirige plus de 200 concerts par an, balaie d’un revers de main toutes les rumeurs sur ses emplois du temps surchargés ou le manque de préparation de certaines de ses prestations. De l’arrogance ? Question de mission, plutôt. Un artiste qui parvient à faire répéter son orchestre jusqu’à la dernière minute avant un concert connaît le prix de l’indépendance.
<br>
<br>
<b>Gergiev</b> s’est retrouvé à la tête du <b>Mariinski</b> à l’âge de 35 ans seulement, en 1988. Il héritait d’un vaisseau sans capitaine, qu’il a fallu piloter en pleine perestroïka. Entreprenant, le
jeune directeur a multiplié les tournées et trouvé des sponsors. Il a en outre conçu un projet artistique à très long terme. Dans un premier temps, rebâtir l’ensemble du répertoire russe et en faire l’étendard du théâtre à l’étranger. Ensuite, faire jouer et chanter à
sa troupe les chefs-d’œuvre de l’opéra allemand ou français. Paris doublement réussis.
<br>
<br>
Désormais, <b>Gergiev</b> s’est trouvé un nouveau défi : relancer la création et passer chaque année plusieurs commandes à des compositeurs vivants. Son nouveau label de disques et DVD portera bientôt ces nouvelles œuvres de par le monde. Le tsar Gergiev ? Un bâtisseur d’empires.<br>
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<div align=right>Bertrand Dermoncourt</div>
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<H2><font color=white>LES VIOLONS DU PEUPLE</font></H2> 
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C’est un trésor inestimable, conservé à 18 degrés Celsius, dans une salle des coffres, au sous-sol d’un immeuble discret. On y pénètre en poussant une lourde porte blindée, qui donne accès
à ce qu’un violoniste prendrait pour une caverne d’Ali Baba. Alignés sur des étagères en métal, d’éblouissants violons, altos et violoncelles, tous numérotés, s’offrent au regard des quelques rares visiteurs. Au total, il y a là 400 instruments signés des plus grands maîtres luthiers de leur temps. Des <b>Amati</b> (dont l’un date de 1628), des <b>Lupot</b>, des <b>Vuillaume</b>  (en nombre suffisant pour un orchestre entier), douze <b>Guarneri</b>  et treize <b>Stradivarius</b>. « Une soixantaine de ces instruments sont très exceptionnels : sur le marché, leur cote atteindrait des millions d’euros », souligne, à Moscou, <b>Mikhaïl Goronok</b>, à la fois violoniste, maître luthier et – comme l’indique sa carte de visite – « directeur de la collection d’Etat des instruments de musique remarquables ».</p>

<p class="spip">Ensemble et séparément, ces joyaux racontent l’histoire de la Russie. Leur particularité : avoir été confisqués à leurs propriétaires pendant la révolution bolchevique. Nationalisés, ils sont devenus les « instruments du peuple », utilisés par les plus grands solistes de l’ère soviétique – <b>David Oïstrakh</b> (1908-1974) ou <b>Leonid Kogan</b> (1924-1982). « Chaque violon possède une âme », dit <b>Mikhaïl Goronok</b> en sortant de son étui l’« Alexandre Ier », qui fut jadis la propriété personnelle du tsar, avant d’évoquer le destin d’un autre Stradivarius, rapporté en 1946 de l’Allemagne occupée par un officier de l’Armée rouge. </p>

<p class="spip">Le destin du «<b>Youssoupoff</b> » tient, lui aussi, du roman. Propriété de la famille princière éponyme, ce Stradivarius fut longtemps conservé dans le palais familial de Saint-Pétersbourg, celui-là même où le légendaire Raspoutine fut assassiné en 1916. Un an plus tard, face à la menace révolutionnaire, <b>Felix Youssoupoff</b> prend soin d’emmurer le violon avant de s’enfuir. « Même sous la torture, les majordomes du prince ont refusé de révéler la cachette, finalement découverte, par hasard, en 1924. »</p>

<p class="spip">En 2009, la collection d’Etat fondée voilà quatre-vingt-dix ans a vécu des heures historiques. Sur l’initiative du chef d’orchestre <b>Youri Bashmet</b>, tous ses Stradivarius et Guarneri ont été, pour la première fois, présentés ensemble au public, à l’occasion d’une série de concerts organisés à Moscou, Saint-Pétersbourg ainsi que dans l’Oural et en Sibérie. « Si ces violons sont ceux du peuple, alors il faut les lui montrer », estime Bashmet, pour qui cette tournée représente « un événement aussi considérable que le vol habité de <b>Youri Gagarine</b>, au début de la conquête spatiale. Accompagnés de gardes armés jusqu’aux dents, nous avons traversé la Russie en train à bord d’un wagon scellé. La compagnie d’assurances a exigé que chaque musicien dorme avec son instrument. À Omsk, à Novossibirsk et à Ekaterinbourg, les gens pleuraient de joie, se souvient-il, ému. C’était la première fois qu’ils entendaient le son d’un Stradivarius. Après le concert, ils juraient qu’ils raconteraient cela à leurs petits-enfants. » 
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<div align=right>Axel Gyldén, avec Alla Chevelkina</div></font>
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<H2><font color=white>LA DANSE</font></H2><br>
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<font color=black><big><b>Ekaterina Krysanova</b><br> 
nouvelle star du Bolchoï</big> <br>
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<b><i>« Ses possibilités sont illimitées. Elle&nbsp;est douée.»</b></i> dit son professeur <b>Svetlana&nbsp;Adyrkhaeva</b><br>
(voir l'article en bas de page)</font><br>
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_245x498_krysanova-bg.jpg" /></span></center></center> 
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<H2><font color=white>LE CINÉMA</font></H2></center><br>
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_245x327_Tsar_reduit.jpg" /></span></center></center>
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Avec <i><b>Tsar</b></i> (sortie 13 janvier 2010), le&nbsp;cinéaste russe <b>Pavel Lounguine</b> met en scène une figure du Mal emblématique de son pays. Il s’explique sur un sujet qui résonne aujourd’hui encore. (<a href="http://qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/CINEMA-ET-DVD/Retour-de-Lounguine-avec-son38164"><font color=white>Lire l’article d'Eric Libiot</font></a>)</p>


<p class="spip">			</p>


<p class="spip">			
</p></div>

<p class="spip">« <i>Ils ne peuvent se représenter notre puissance sous d'autres dehors que ceux de la barbarie. Il en a toujours été ainsi jusqu'à présent et ce préjugé ne fera que croître à l'avenir</i>. » <br>
Cette amère tirade du prince Mychkine, dans <i>L'Idiot</i>, de <b>Dostoïevski</b> (publié en 1869), offre un cinglant résumé de la réalité russe, autant qu'une prophétie singulière. Vingt ans après l'effondrement du bloc soviétique, la <b>Russie</b> se cherche toujours une voie privilégiée, qui ne saurait être trouvée dans l'imitation, en laissant au monde la même impression d'âpreté. </p>

<p class="spip">Dans la psyché collective de cette immense nation, le rêve de grandeur et l'aspiration messianique tricotent une cote de mailles qu'un tsar un peu habile n'a plus qu'à revêtir. De la politique, il n'y a sans doute rien de bien fameux à attendre ; de l'économie, guère plus. Mais le peuple russe a donné au monde bien plus que le Politburo et le Gosplan, que le secret glacial du Kremlin et l'arrogance des oligarques, que Poutine et Gazprom. Quelques mesures de <b>Tchaïkovski</b>, trois vers de <b>Pouchkine</b>, de lointains échos de la <i><b>Divine Liturgie</b></i>, une flèche de <b>Kandinsky</b>, et l'incroyable magie de la culture russe opère un miracle, étrange lévitation qui porte instantanément vers l'intérieur de soi. Défiant la dureté de ses propres maîtres, de son sol ou de ses envahisseurs, la Russie a cultivé le génie à profusion, donnant naissance, dans une logique naturelle, à l'art abstrait comme à la dissidence. À l'échelle de l'histoire universelle, <b>Malevitch</b> et <b>Soljenitsyne</b> compteront-ils moins que <b>Lénine</b> ? Rarement l'alliance d'un peuple avec ses arts aura produit une fusion si fertile et si aisément reconnaissable par le monde entier. </p>

<p class="spip">Malgré la crise, les injustices sociales criantes, les difficultés de la vie quotidienne, l'aspiration culturelle des Russes reste aujourd'hui un marqueur d'identité ; leur patrimoine, un objet de fierté légitime et une grande porte ouverte sur l'étranger. Il existe, à Moscou, 175 théâtres, d'innombrables salles de concerts, officielles ou underground, et l'on y traduit la plupart des auteurs français contemporains. La culture russe laisse s'exprimer tout ce qui n'est pas autorisé par ailleurs, montre une créativité foisonnante, révèle un sentiment d'honneur inaltérable et entame un dialogue universel. En <b>2010, l'Année France-Russie</b> et son avalanche d'événements montreront combien les Français ont à apprendre de ce pays-continent recouvert de neige autant que de clichés.
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<div align=right><b>Christian Makarian</b></div>
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<H2><font color=#c0a778>Fédorovski <br>
"Le pays du rire et des larmes"</font></H2>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_256x214_200709241526_h192.jpg" /></span></div>
<b>Vladimir Fédorovski</b> fut diplomate, membre du PC soviétique et travailla au côté de Brejnev puis de Gorbatchev. L'écrivain, qui a signé de nombreux livres sur la Russie*, revient sur les&nbsp;paradoxes d'un peuple qu'incarnent à la fois Lénine et Diaghilev.
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<font color=#c0a778><b>Qu'est-ce qui définit le mieux l'âme russe, selon vous ? </b></font><br>
— Au-delà des sempiternels clichés — la vodka, le caviar, les œufs de Fabergé, les ballets russes, l'amour à la cosaque, etc. — l'âme russe repose sur trois éléments essentiels : la géographie, l'histoire, le climat. La géographie, ce sont les steppes, les grands espaces, ces vastes plaines tantôt nues, tantôt couvertes de maigres forêts. Le climat, très rude, pousse également les Russes à une sorte de métaphysique singulière. Quant à l'histoire de la Russie, elle est très féroce, sans doute plus que celle des autres nations : au cours du XXe siècle, les Russes ont tué 25 millions de leurs compatriotes, c'est un chiffre avéré. Le pouvoir russe, souvent despotique, a toujours été perçu comme une idole écrasante et dominatrice. Certes, tous les peuples aiment vivre dans le mensonge, dans une douce illusion. Mais les Russes le font de telle manière que cela génère des paradoxes. L'âme russe a quelque chose à la fois de désastreux et d'étonnant.
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<font color=#c0a778><b>Quels sont ces paradoxes, précisément ? </b></font><br>
— Le grand écrivain Ivan Bounine, prix Nobel de littérature en 1933, disait : " <i>Nous avons été si heureux, nous avons si bien pleuré</i>." Voilà exactement l'un des paradoxes russes : le goût de la fête et la tentation du désespoir, le rire et les larmes, la joie et la tristesse, tout et son contraire, les excès, le désir de l'absolu, l'émotivité. Je vois deux personnages emblématiques de cette ambivalence : d'un côté, Vladimir Ilitch Oulianov, plus connu sous le pseudonyme de Lénine (1870-1924), un homme d'exception mais qui a provoqué un désastre et condamné inutilement pendant soixante ans le pays au suicide ; de l'autre, Serge de Diaghilev [1872-1929], un touche-à-tout de génie, fondateur des Ballets russes, qui deviendra le symbole de la modernité artistique et un modèle pour beaucoup. " <i>Le seul homme assez universel pour être comparé à Léonard de Vinci</i> ", selon la formule de Nijinski. « C'est le plus grand artiste du XXe siècle », disait aussi Picasso. Ces deux grandes personnalités, Lénine et Diaghilev, sont les deux faces opposées de la Russie, l'une sombre et l'autre lumineuse.
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<font color=#c0a778><b>Quid de la "Russie éternelle", au juste ? Est-ce une Russie fantasmée ?</b></font><br>
— Non, la Russie éternelle existe vraiment. C'est une invention du XIXe siècle — je crois bien que l'expression est de Tchekhov — mais qui reflète quelque chose de réel. C'est-à-dire la permanence de mythes, de figures historiques, de mensonges aussi. Prenez Ivan le Terrible, enlevez-lui son masque et vous trouvez Staline. Enlevez celui de Staline et vous découvrez le président Andropov, pour certains aspects, ou Poutine pour d'autres. Quoique : Poutine, c'est plus Raspoutine que Staline ! Et derrière Alexandre Ier, on retrouve Gorbatchev. Il y aussi l'omniprésence des hommes de l'ombre : Catherine II, Ivan le Terrible, Poutine, chacun a eu le sien. Je pense enfin au clivage entre les slavophiles et les occidentalistes. Les premiers disent : " <i>Notre pays est particulier, il n'a rien de comparable</i> ", ce sont eux les tenants de la Russie éternelle. Alors que les autres disent : " <i>Notre salut passe par un rapprochement avec l'Occident, nous faisons partie de l'Europe</i>. "
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<font color=#c0a778><b>D'où vient cette attirance réciproque entre la Russie et la France ? </b></font><br>
— Elle remonte à Catherine II (impératrice de 1762 à 1796) et même avant, avec Pierre le Grand (qui régna de 1682 à 1725). Mais je crois que c'est l'âge d'or de la culture russe, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, qui fascine les Français et qui sera à l'honneur pendant cette année France/Russie 2010. On y trouve des personnages très divers : des Russes "méridionaux" comme Gogol, des Russes très cérébraux, tel Dostoïevski que les Français adorent, ou encore les "vrais" Russes, Tolstoï et Tourgueniev, notamment. Par ailleurs, les Russes aiment le côté cartésien des Français, leur retenue... et leurs grands vins ! Inversement, les Français apprécient le côté excessif des Russes, leur absence de limites, de mesure. Et puis, n'oublions pas que l'apport de leur culture chez vous a été considérable. Diaghilev disait très justement : " <i>Nous nous sommes si bien intégrés en France parce que nous ne sommes pas venus pour prendre, mais pour donner</i>." <br>
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<div align=right>Propos recueillis par <b>Delphine Peras</b></div>
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<H2><font color=#c0a778>MUSIQUE<br>
"Les Russes à l'unisson" </font></H2>
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Y a-t-il un autre pays au monde qui vibre autant pour son répertoire national, ses compositeurs, ses orchestres ? Cette tradition profondément enracinée dans la culture populaire a résisté à toutes les épreuves de l'Histoire.
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Saint-Pétersbourg, une place majestueuse au cœur de l'ancienne capitale russe. Des dizaines et des dizaines de personnes attendent dans le froid. Une longue file se forme, rappelant les années de pénurie. Mais nous ne sommes plus sous l'ère soviétique, et l'attente ne vise pas l'ouverture d'un magasin d'alimentation. </p>

<p class="spip">Que font ces badauds ? Ils guettent patiemment l'ouverture du guichet du théâtre Mariinski. Que cherchent-il ? Des billets pour l'opéra ou le ballet, au nombre limité, réservés au public russe : des places en roubles, dix fois moins chères que celles des "étrangers", qui, eux, ne font pas la queue mais paient en dollars ! </p>

<p class="spip">Le soir venu, ce sera à nouveau la cohue, des bousculades indescriptibles pour trouver son siège. Mais, une fois tout le monde assis, l'attention sera complète. Car tous les artistes le disent : en Russie, on joue et on écoute avec plus d'intensité qu'ailleurs. Pourquoi ? Est-ce la facilité d'accès de tous à la musique, qui ne coûte pas plus cher que le cinéma, qui explique cet enthousiasme ? Ou le climat qui invite à se réfugier dans les grandes salles ? Pas seulement. L'histoire tourmentée du pays invite l'art à servir d'exutoire. En outre, une prédisposition atavique pour la musique s'est révélée, depuis plus d'un siècle, dans l'extraordinaire qualité de la vie musicale locale : le nombre de compositeurs, d'instrumentistes virtuoses et de chanteurs de génie formés sur place est incalculable. Les Russes ont un amour de la musique à nul autre pareil.</p>

<p class="spip">Pour l'écrivain <b>Dominique Fernandez</b>, qui a beaucoup écrit sur la question, " <i>le peuple russe trouve dans les œuvres de ses compositeurs l'écho direct de ce qui le tourmente et l'enthousiasme</i> ". Comme la littérature, la musique parle à tous, directement. C'est, explique-t-il, " <i>la mise en forme vocale et instrumentale des émotions de chaque Russe, le journal de bord sonore de sa vie intime</i> ". Pas un plaisir d'esthète, ni un besoin d'être à la mode, et encore moins une parade sociale : en Russie, on va au concert pour la musique, et pour rien d'autre, afin d'y vivre des émotions fortes. Tolstoï pleurait, dit-on, à l'écoute de l'<i>Andante cantabile</i> du <i>premier Quatuor</i> de <b>Tchaïkovski</b>. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare de trouver une salle en larmes après une exécution d'un <i>Concerto</i> de <b>Rachmaninov</b> ou d'une <i>Symphonie</i> de <b>Chostakovitch</b>. Un Occidental y verra le signe d'une hypersensibilité déplacée, le symbole du mauvais goût ; pour un Russe, au contraire, ce sera la preuve d'un concert réussi, de la communion fraternelle entre le public et les artistes. Là-bas, " <i>ce qui est grand</i>, poursuit l'auteur du <i>Dictionnaire amoureux de la Russie</i>, <i>est ressenti comme une émanation du peuple</i> ". Ainsi, des hommes et des femmes de toutes conditions connaissent <b>Pouchkine</b> et la <i>Symphonie pathétique</i> par cœur, car pour eux c'est là que se trouve "l'âme russe", et non pas dans la politique, la science ou la philosophie. Il est d'ailleurs absurde de parler de "mélomane" en Russie. Le mot n'existe pas. Une telle spécialisation serait absurde dans un pays où tout le monde est censé aimer la musique et jouer d'au moins un instrument. 
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<p class="spip"><font color=#c0a778><big>Des Opéras sur tout le territoire, des artistes décorés par Vladimir Poutine</big></font></p>

<p class="spip">Comment expliquer un lien aussi fort ? Depuis le fond des âges, des témoignages font état d'une tradition de chants populaires et liturgiques. Cet essor précoce est interrompu au XIIe siècle par l'Eglise orthodoxe, qui mit l'art profane et les instruments de musique hors la loi. L'histoire reprend à l'avènement des Romanov, au début du XVIIe siècle. Sous le règne de Pierre le Grand et de ses successeurs, il s'agit de copier ce que fait l'Europe. Saint-Pétersbourg fut construit sur des modèles italiens, et la musique emprunte elle aussi à la patrie de Vivaldi. Quelques compositeurs immigrés bâtissent les premières saisons d'opéra. </p>

<p class="spip">Mais cette occidentalisation à marche forcée provoque bientôt une réaction nationaliste : une musique russe moderne est encore à inventer. Après le choc des guerres napoléoniennes, et grâce à <b>Pouchkine</b> ou <b>Lermontov</b>, le pays réapprend sa langue. En musique, <b>Mikhaïl Glinka</b> (1804-1857) pose les bases d'un art authentique et original. Chacun de ses deux opéras ouvre l'une des deux voix du théâtre lyrique russe. Le drame national et historique avec <i>La Vie pour le tsar</i>, et l'opéra féerique avec <i>Rouslan et Lioudmila</i>. La première veine fut notamment illustrée par <b>Moussorgski</b> (<i>Boris Godounov</i>) ou <b>Prokofiev</b> (<i>La Guerre et la paix</i>), la seconde par <b>Rimski-Korsakov</b> ou <b>Stravinski</b>. Bizarrement, c'est le plus "occidental" des compositeurs russes, nourri de Mozart et des classiques allemands, qui est, encore de nos jours, traité en héros national : <b>Piotr Illitch Tchaïkovski</b>. Peut-être illustre-t-il encore cette aspiration à la fusion des influences d'un pays situé aux confins de l'Orient et de l'Occident. </p>

<p class="spip">Aujourd'hui, la Russie est certainement l'endroit du monde où la tradition musicale nationale est la plus vivace. 34 Opéras répartis sur le territoire et plus encore d'orchestres symphoniques et de conservatoires veillent à la maintenir. Cet archipel est encore en partie organisé sur le modèle soviétique, avec ses "unions des compositeurs" et autres "artistes émérites" décorés par <b>Vladimir Poutine</b>. </p>

<p class="spip">L'Etat garde aussi la main sur les grandes institutions de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Là, de nouveaux lieux voient le jour (comme le <b>Moscow International Performing Arts</b>), plus clinquants les uns que les autres. La musique classique et les stars du genre y sont constamment sollicités pour des concerts de gala organisés à l'intention des nouveaux riches. Le marché de la musique est devenu un véritable enjeu touristique et commercial. Quel contraste avec l'indigence des provinces ! Quelle différence avec le reste de la vie musicale ! C'est que, comme en tous domaines, il existe plusieurs Russies. Archaïque et contemporaine, énergique et désinvolte, inventive et désenchantée. Incomparable.
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<div align=right><b>Bertrand Dermoncourt</b></div>
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<H2><font color=#c0a778>DE GOGOL À GOOGLE</font></H2>
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<big>Tiraillée entre une tradition légendaire et un présent sans perspectives, la littérature russe implose. Pour mieux renaître ?</big> 
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La littérature russe est en pleine crise. Hier, elle chatoyait comme un gigantesque samovar où des géants attisaient les charbons ardents d'une prose chevillée à l'absolu. Aujourd'hui, elle doit affronter les démons d'une société phagocytée par un pouvoir cynique, et le désarroi est tout simplement vertigineux car les écrivains ont le sentiment d'être les otages du pathétique sabordage spirituel dont leur patrie est le théâtre.
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Pour eux, tout a changé depuis que le golem soviétique s'est effondré. Les institutions culturelles du passé ont disparu. La littérature n'a plus de comptes à rendre à l'Histoire. L'époque de la clandestinité et de la dissidence — qui stimula tant de voix magistrales — est révolue. Les figures radieuses qui servaient de sémaphores dans la tempête — celles d'<b>Axionov</b>, de <b>Zinoviev</b> ou de <b>Soljenitsyne</b> — ont tiré leur révérence. La Toile a remplacé le samizdat. Les éditeurs privés essaiment de toutes parts, dans une pagaille incroyable. Les grandes revues qui fédéraient les énergies créatrices — la prestigieuse <i>Novy Mir</i>, par exemple — ont perdu leur aura. Les vents de l'occident ont balayé les vieilles habitudes, en déposant sur la terre russe les germes d'inspirations nouvelles. Face à tous ces chamboulements, les écrivains sont désormais obligés d'improviser, de louvoyer à l'aveuglette et de réinventer les règles du jeu littéraire. Si leur liberté est maintenant totale, ils ne peuvent pas vivre de leur plume, pour la plupart : chez eux, l'aide à la création n'existe pas et les livres, trop chers, se vendent mal — les plus gros tirages atteignent péniblement les 50 000 exemplaires dans un pays qui compte 140 millions d'habitants.
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<font color=#c0a778><big>Les écrivains cherchent l'inspiration dans les rebuts de la société</big></font>
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Résultat, la littérature russe est la proie d'une réalité économique chaotique et, en même temps, elle semble condamnée à régresser vers une sorte de degré zéro, afin de se reconstruire. Une reconstruction d'autant plus douloureuse qu'elle se fait sur les ruines d'une nation tour à tour vampirisée par l'hydre bolchevique et par les nouveaux satrapes du Kremlin. Tous les écrivains contemporains, en un chœur tragique, témoignent de ce malaise en stigmatisant "<i>une Russie dégringolée dans la misère et le brigandage</i>", comme disait <b>Soljenitsyne</b> dans ses <i>Esquisses d'exil.</i> Oui, un chœur tragique : longtemps contrainte à voir rouge, la littérature doit maintenant broyer du noir. Sinistrose à tous les étages, comme l'annonce un jeune auteur à la plume incendiaire — <b>Alexandre Ikonnikov</b> — dans un recueil au titre emblématique, <i>Dernières nouvelles du bourbier</i>, où il dissèque les maux d'un pays sans projets, sans lendemains, qui fut le dépotoir de la terreur avant de devenir une nécropole remplie d'âmes mortes.
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Telle est la nouvelle donne : un retour à la case enfer... Jadis jetés dans les poubelles de l'Histoire s'ils n'obtempéraient pas, les écrivains cherchent aujourd'hui leur inspiration dans les rebuts de la société. <b>Vladimir Makanine</b> [voir ci-dessus, dans l'encadré] recrute ses gueules cassées et ses cœurs fêlés dans les asiles psychiatriques — "<i>nous avons des neuroleptiques mais plus de prophètes</i>", ironise-t-il. <b>Arkadi Babtchenko</b>, et <b>Andreï Guelassimov</b> [voir ci-dessus, dans l'encadré], donnent la parole aux éclopés céliniens qui furent sacrifiés dans la boucherie tchétchène. <b>Iouri Bouïda</b> met en scène la pègre des bas-fonds. <b>Natalia Klioutchareva</b> rameute la foule des marginaux errant entre Saint-Pétersbourg et Moscou. <b>Anatoli Koroliov</b> se glisse dans les toiles de Jérôme Bosch pour dresser "<i>un panorama du malheur humain</i>". <b>Zakhar Prilepine</b> [voir ci-dessus, dans l'encadré] se tourne vers les gamins déshérités des banlieues. <b>Irina Denejkina</b> peint une jeunesse défoncée à la drogue et à la pornographie la plus trash. Leur point commun ? Entonner le requiem d'une génération perdue en s'agrippant rageusement à la même écriture hyperréaliste, froide et crue, sans trouver le moindre fétu d'utopie dans la débâcle.
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Mafieux et dealers, soudards et soûlards, enfants du chaos, tels sont les personnages favoris de la littérature russe, sorte de bateau ivre dérivant sur un océan de vodka frelatée. Elle coule à flots — de <i>La Soif</i>, de <b>Andreï Guelassimov</b> [voir ci-dessus, dans l'encadré] au <i>Troisième souffle</i> de <b>Valéri Popov</b> — en emportant dans son déluge les idéaux d'une humanité humiliée qui sera brutalement passée de "l'archipel du goulag" à "l'archipel du goulot", avant de se réveiller avec une terrible gueule de bois.
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Face à ce fiasco, certains se réfugient douillettement dans la nostalgie tsariste — c'est le cas de <b>Boris Akounine</b>, grand maître du polar [voir ci-dessus, dans l'encadré] — et d'autres choisissent le camp du sarcasme, de la dérision, du grotesque à la Gogol. Parmi eux, les deux auteurs les plus sulfureux et les plus commentés de la scène littéraire, <b>Vladimir Sorokine</b> et <b>Viktor Pelevine</b>. Le premier a déchaîné les milices poutiniennes, en 2002, après avoir publié <i>Le Lard bleu</i>, un roman-dynamite où l'on voit <b>Staline</b> forniquer avec <b>Khrouchtchev</b> et où l'obscénité la plus déjantée sert de miroir à l'anarchie ambiante. "<i>L'ours russe se prépare à un hiver métaphysique</i>", prophétise <b>Sorokine</b>. Et il ajoute : " <i>Si la Russie était coupée du monde, ce dont on rêve au Kremlin, elle plongerait immédiatement dans le XVIe siècle d'Ivan le Terrible</i>. "
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<font color=#c0a778><big>Une odyssée collective vers les ténèbres</big></font>
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Son complice Pelevine navigue sur les mêmes eaux boueuses depuis qu'il a dégainé, il y a une dizaine d'années, sa <i>Mitrailleuse d'argile</i>, une fable ubuesque qui mêle surréalisme et parodie, satire politique et delirium psychédélique. Il a signé avec ce roman culte un magistral éloge de la folie, seule chance de survie dans une nation qui a troqué la barbarie stalinienne contre le capitalisme le plus sauvagement immoral. Un monde que le trublion des lettres russes définit avec un mot-valise : "bandier", contraction de "bandit" et de "banquier".
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Honnis par le pouvoir, Sorokine et Pelevine reprennent donc les chemins de la dissidence dans une jungle où on les accueille à coups d'autodafés. Leurs pairs livrent le même combat — perdu d'avance ? — en souscrivant à ces mots de <b>Edouard Limonov</b>, l'enfant terrible de l'ère Eltsine : " <i>Notre société ne peut rien proposer à notre jeunesse, excepté les sinistres professions de flic et de soldat, l'ivrognerie débridée ou la vie lugubre des prisons</i>." Et <b>Zakhar Prilepine</b> lui répond : " <i>En Russie, il reste peu de choses en lesquelles nous pouvons croire. Ce pays se nourrit des âmes de ses fils, et c'est cela qui le fait vivre. Ce ne sont pas les saints, ce sont les maudits qui le font vivre</i>."
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Triste bilan. Sombre perspective. Dans cette odyssée collective vers les ténèbres, on aurait bien de la peine à trouver des plumes qui s'aventurent encore sur la voie du rêve et du merveilleux — à part celle de la lumineuse <b>Ludmila Oulitskaïa</b> — afin d'aller réchauffer la vieille âme russe dans la datcha où elle s'est exilée, oubliée de tous. Cette âme-là, depuis <b>Dostoïevski</b>, a toujours aimé la souffrance et c'est pour cela qu'elle est attachante : mais le froid, aujourd'hui, est si glacial, si redoutable qu'il risque bien de la fendre à tout jamais. <br>
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<div align=right><b>André Clavel</b></div>
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<big><b>Sorokine</b> , styliste iconoclaste</big>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_113x116_03_Vladimir_Sorokine.jpg" /></span></div><b>Bernard Kreise, son traducteur, parle de ce grand écrivain en délicatesse avec le pouvoir.</b> 
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En février 2010 paraîtra aux éditions de L'Olivier <i><b>La Voie de Bro</b></i>, un roman de <b>Vladimir Sorokine</b>. Le livre raconte la vie du fondateur de la secte des adorateurs de la glace tombée du ciel en 1908. Elle infiltre le pouvoir stalinien, notamment les services de répression. Puis le récit dérive peu à peu pour montrer comment le totalitarisme se diffuse dans toute la société. <b>Sorokine</b> dévoile le rapport entre les totalitarismes allemand et soviétique, où les écrivains doivent être des "ingénieurs des âmes" et les hommes, des machines efficaces. " <i>Ce qu'évoque Sorokine, c'est un pouvoir confisqué par un petit groupe au fonctionnement clanique, absolutiste, et sa démonstration reste actuelle</i>, affirme <b>Bernard Kreise</b>, son traducteur en français. <i>D'une écriture étonnante, ce livre rappelle les souvenirs de jeunesse de Nabokov, dans la grande tradition russe</i>."
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<font color=#c0a778><b>Quelle place Vladimir Sorokine occupe-t-il sur la carte de la littérature russe ? </b></font> <br>
— <b>Bernard Kreise</b> : Son rôle est essentiel. Né en 1955, il a commencé à écrire à la fin de la période soviétique et il bouscule allègrement les normes établies, tout en étant un grand styliste. Ce qu'il apporte de neuf, c'est une liberté de ton unique. Sans la moindre censure, il va jusqu'au bout de ses choix et son côté iconoclaste est considérable, que ce soit par rapport à l'histoire de son pays, aux auteurs du passé ou au pouvoir actuel. Ses livres se vendent bien en Russie et ils sont traduits dans de nombreuses langues. Il est également scénariste, dramaturge et librettiste : il a écrit le livret de l'opéra de Dessiatnikov, <i>Les Enfants de Rosenthal</i>, dont la création a été donnée au Bolchoï en 2005.
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<font color=#c0a778><b>Y a-t-il des difficultés particulières pour le traduire ? </b></font> <br>
— C'est particulièrement difficile ! Il maîtrise tous les styles, du plus classique au plus fou, et il est aussi capable de parodier les grands auteurs de son pays, ce qu'il fait, par exemple, dans Le Lard bleu, l'un des romans les plus ravageurs de toute la littérature russe. Et pour exprimer le retour du refoulé propre à la société russe actuelle, il joue dans certains livres sur une langue archaïsante, difficile à rendre en français.
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<font color=#c0a778><b>Quelles sont ses relations avec le pouvoir ?</b></font> <br>
— Mauvaises. Les jeunesses poutiniennes ont manifesté contre lui et jeté un de ses livres dans une cuvette de WC. On lui a intenté un procès pour pornographie. Dans <i>Journée d'un opritchnik</i> comme dans <i>La Glace</i>, il dépeint la violence du pouvoir, son hypocrisie, son utilisation de l'Église orthodoxe et du nationalisme russe. Et dans <i>Le Lard bleu</i>, il règle ses comptes avec le stalinisme de façon radicale, alors que le pouvoir souhaite réhabiliter Staline.<br>
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<div align=right>Propos recueillis par <b>André Clavel</b></div>
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<H2><font color=#c0a778>DANSE : LA LOI DE L'OUEST</font></H2>
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<big>Il y a cent ans, les Ballets russes révolutionnaient la chorégraphie. Depuis, l'étranger n'en finit pas d'attirer les étoiles de la galaxie Diaghilev. Mais nul n'a remplacé le chorégraphe.</big>
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<b>Vahe Martirosyan</b>, <b>Arman Grigoryan</b>, <b>Artur Babajanyan</b> : ce jour-là, le public vérifiait les noms sur les programmes. Et la salle était en apesanteur devant leurs musculatures de panthères pliables comme le papier dans un origami. Heureux spectateurs de la représentation privée qu'ils donnaient à Paris, invités par <b>Micha Avakov</b>, ancien de l'école Vaganova et du Kirov de Leningrad, assistant de la chorégraphe <b>Ethery Pagava</b>.
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Jadis, le verdict du danseur étoile <b>Serge Lifar</b> — " <i>C'était bien, mais je n'ai pas joui</i> " — disait, a contrario, le violent plaisir qui noue les tripes face au danseur exceptionnel. Paris a joui quand les <b>Ballets russes de Diaghilev</b> y ont donné leurs spectacles, à partir de 1909. On découvrit les ballets d'hommes, l'orange et le turquoise dans les décors, les costumes couleur chair, les virtuoses dansant ce qui leur avait toujours été interdit. Le <b>Mariinski</b> avait sanctionné <b>Nijinski</b> pour un costume indécent, bridé <b>Pavlova</b>, <b>Karsavina</b>, <b>Fokine</b>, refusé une chorégraphie à <b>Diaghilev</b> : celui-ci emmena avec lui les premiers de la classe du ballet impérial. D'où la rage qui rendit leurs spectacles si sexy.
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Un siècle plus tard, la jouissance a été vue, lue, chantée, dansée : que reste-t-il de la puissance des hommes de Diaghilev ? En échanges bilatéraux avec l'Opéra de Paris, le <b>Mariinski</b> rebaptisé <b>Kirov</b> en 1935 et le <b>Bolchoï</b> viennent régulièrement régaler l'Ouest. On a célébré le centenaire des Ballets russes au palais Garnier : <b>Le Riche</b> est un troublant <b>Nijinski</b> dans <i>L'Après-midi d'un faune</i>, <b>Martinez</b> égale <b>Massine</b> dans <i>Le Tricorne</i>. La reconstitution menée par la machine académique du ballet national français est réussie. Le travail d'archives n'ôte pas sa nécessité au travail de création. La rage de 1909, ce n'est plus dans le répertoire de <b>Diaghilev</b>, désormais au panthéon de la danse, qu'on la trouve.</p>

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Longtemps l'école classique de Pétersbourg-Leningrad et Moscou capta la vitalité chorégraphique du Caucase à l'Oural et de la mer Noire à la Baltique. Personne ne pleure la prison des peuples : les ballets "russes" puis "soviétiques" c'étaient <b>Nijinski</b>, le Polonais ; <b>Balanchine</b>, le Géorgien ; <b>Lifar</b>, l'Ukrainien ; <b>Noureïev</b>, le Tatar, tous réfugiés politiques. En 1989, <b>Vahe</b>, <b>Arman</b> et <b>Artur</b> auraient été élèves de <b>Vaganova</b> puis artistes du peuple de l'Union soviétique... à moins qu'ils ne soient allés en camp pour leur liberté de danser. En 1909, Diaghilev les aurait menés du Mariinski ou du Bolchoï à Paris. En 2009, ils sont solistes du ballet Spoerli de Zurich. Avec quelques autres d'Erevan, ils se battent en justaucorps pour l'image de leur patrie, l'<b>Arménie</b>. Ce que l'identité arménienne y a gagné, ils le paient en combat singulier face au show-business international. <b>Les Ballets russes</b> sont aujourd'hui une diaspora qui affronte aux quatre coins du monde la dure loi de l'Ouest. Elle recèle des pépites en attente d'un orpailleur tel <b>Diaghilev</b>.
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<div align=right><b>Elisabeth Hennebert</b></div>
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<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_219x223_krysanova-39776306b8.jpg" /></span></div><big><b>Ekaterina Krysanova</b>, nouvelle star au Bolchoï</big>
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Envoûté, ensorcelé, le public du <b>Bolchoï</b> applaudit à tout rompre. Depuis la scène, la jeune étoile <b>Ekaterina Krysanova</b>, 24 ans, salue la salle. Le dernier <i>Lac des cygnes</i> de la saison – ce ballet créé ici même en 1877, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie du Français <b>Marius Petitpa</b> – vient de
s’achever : vibrant et expressif, flamboyant et enflammé. « Le style Bolchoï, c’est une plus grande liberté d’expression des sentiments qu’ailleurs ; l’émotion doit être palpable sur scène », résume la directrice des relations publiques, <b>Ekaterina Novikova</b>. Elle évoque les autres marques de fabrique de la « maison » : la « respiration des bras » des ballerines (dont la légèreté de mouvement évoque une gestuelle de fées) et la renversante beauté des danseuses des corps de ballets, ces « seconds rôles » sélectionnés, aussi, selon des critères strictement esthétiques.
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<br>
Dès le lendemain, voici <b>Ekaterina Krysanova</b> qui répète déjà <i>Casse-Noisette</i>, avec son professeur particulier, <b>Svetlana Adyrkhaeva</b>, 71 ans. « <i>Les possibilités de Ekaterina sont illimitées</i>, assure celle qui, sous Khrouchtchev et Brejnev, fut une immense gloire du Bolchoï. <i>Elle saute aussi bien qu’elle tourne, elle possède la musicalité. Elle est douée. Et c’est une travailleuse qui aspire à s’améliorer chaque jour</i>. » Et dire qu’à l’âge de 9 ans
Ekaterina fut recalée à l’examen d’entrée à l’école du Bolchoï… pour y être admise à l’âge tardif de 16 ans ! <br>
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<div align=right><b>Axel Gyldén</b>, avec <b>Alla Chevelkina</b></div>
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<p class="spip">
						</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_38198</guid>
    <author>Christian Makarian, Delphine Peras, Bertrand Dermoncourt</author>
    <pubDate>Fri, 08 Jan 2010 23:45:18 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Miel amer]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Miel-amer33740</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x243_arton33740.jpg" /><br /><br /><p class="spip">On connaît la tirade attribuée, probablement à tort, à Albert Einstein : « <i>Si les abeilles disparaissaient, les hommes n'auraient plus que cinq ans à vivre</i>. » Il y a donc du souci à se faire : en moyenne, 300 000 colonies s'éteignent chaque année, et ce taux de mortalité record dans les ruches a fait chuter la production nationale de 32 000 à 20 000 tonnes de miel depuis 1995. Voilà pourquoi le <b>41e congrès d'Apimondia</b>, organisé à <b>Montpellier</b> (Hérault) jusqu'au 20 septembre, a choisi de centrer ses débats sur le thème de « <b>L'abeille, sentinelle de l'environnement</b> ». Près de 500 chercheurs venus du monde entier s'y sont rendus, ainsi que 10 000 professionnels.</p>

<p class="spip">Vraie ou fausse, la formule d'Einstein a le mérite de rappeler que 70 % des plantes se reproduisent uniquement grâce à des insectes pollinisateurs — au premier rang desquels se trouvent les abeilles, qui peuvent transporter jusqu'à 500 000 grains de pollen en un seul voyage. Voilà pourquoi <b>Marc-Edouard Colin</b>, chercheur au laboratoire de pathovigilance et de développement apicole de l'<b>Inra</b> de <b>Montpellier</b>, se dit « très inquiet de la situation actuelle ». Car, s'il existe plusieurs explications à cette diminution des ruches (parasites, frelons asiatiques, raréfaction des fleurs), l'agent principal, lui, est bien identifié, assure le spécialiste : « C'est, sans doute possible, l'intoxication aux pesticides. » Marc-Edouard Colin cite une expérience récente menée aux Etats-Unis avec un insecticide présentant des concentrations "bien inférieures aux doses létales". Les butineuses exposées au produit ne sont pas mortes — elles ont même pu continuer à voler — mais elles se sont montrées incapables de revenir à la ruche. Preuve qu'il y a encore « de gros efforts à faire dans l'homologation des produits phytosanitaires », conclut le chercheur. </p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_33740</guid>
    <author>Vincent Olivier</author>
    <pubDate>Tue, 22 Sep 2009 22:38:50 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton33740.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Francs-maçons en pleine lumière ?]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Francs-macons-en-pleine-lumiere33469</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x240_arton33469.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><br>
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<font color=#c0a778><big>Dans votre livre, vous accusez Sophie Coignard d'avoir utilisé dans son dernier ouvrage des arguments proches du fascisme. Pourquoi ?</big> <br>
<big><b>></b></big></font> <b>Pierre Lambicchi</b> : Parce qu'elle réutilise les vieux arguments qui ont provoqué l'interdiction de la franc-maçonnerie et l'obligation pour les fonctionnaires de révéler leur appartenance entre 1940 et 1944. Lorsqu'elle écrit qu'un être est forcément malhonnête parce qu'il est franc-maçon...<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>Sophie Coignard</b> : ... Je n'ai jamais écrit cela, monsieur le Grand Maître...<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L. :</b>... Vous écrivez que lorsqu'un magistrat maçon juge un mis en examen maçon, avec un avocat maçon et un expert judiciaire maçon, le jugement sera nécessairement biaisé.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : La décision est soupçonnable.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Vous ne pouvez pas dire que tous les maçons ne sont pas vertueux, sous prétexte que quelques-uns ne le sont pas. Votre argumentation contre la maçonnerie est celle de l'Action française et du maréchal Pétain.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : C'est la première fois que je me fais traiter de fasciste ! Quelle est la thèse de mon livre ? On s'engage en maçonnerie à un âge adulte, c'est un acte volontaire, et l'adhésion à un réseau social ne doit pas se faire en se cachant derrière le secret d'appartenance. Ce fonctionnement est unique en France. On me cite régulièrement les catholiques, alors qu'il est possible d'entrer librement dans les églises, ce qui n'est pas le cas dans les temples maçonniques, où il faut prononcer des mots de passe pour être admis. Sans le secret d'appartenance, la franc-maçonnerie serait un réseau social comme un autre. Et vous me traitez de fasciste tout en prônant à longueur de temps la tolérance et l'écoute d'autrui !<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Je ne vous ai pas traité de fasciste, mais je critique votre conduite fasciste. Car vous reprenez les termes et les arguments des opposants de la maçonnerie depuis son existence, notamment ceux de l'Etat de Vichy. Le secret d'appartenance, chaque franc-maçon en est maître. Si vous révélez qu'Untel est membre d'une obédience alors qu'il ne le souhaite pas, c'est de la délation. Un directeur général de laboratoire pharmaceutique appartenant à une famille catholique intégriste aurait été licencié si son adhésion au Grand Orient avait été connue. Il y a en France un antimaçonnisme qui persiste et, même, se développe. Vous nous accusez sans preuve d'avoir altéré le fonctionnement démocratique de la République. Vous ignorez la majeure partie des maçons, honnêtes, qui ne sont ni commissaires de police, ni inspecteurs du fisc, ni magistrats, ni ministres, qui ont droit à la protection de leur vie privée, de leur jardin secret. Jadis, on apprenait qu'un homme était maçon le jour de sa mort, ce que même sa femme et ses enfants ignoraient. Vous affirmez que tous les hauts fonctionnaires et les ministres francs-maçons devraient se révéler. S'ils le souhaitent, ils le font, et c'est en général ce qui se passe.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Tous les hommes politiques maçons se déclarent avec un sens de la transparence effréné ? Comment osez-vous prononcer une telle contre-vérité ?<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : La plupart des élus locaux ne cachent rien, car on ne peut pas fréquenter sa loge sans être vu.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Etre considéré comme un réseau social et d'influence vous déplaît. Et de nombreuses affaires prouvent que le secret d'appartenance falsifie le fonctionnement de la démocratie. Par exemple, lorsque des policiers francs-maçons ne demandent pas à être dessaisis d'une affaire dans laquelle ils enquêtent sur des frères. Il y a aussi les conflits d'intérêts dans des juridictions, notamment des tribunaux de commerce. On ne peut pas compter sur la vertu individuelle de chacun. Lorsque deux frères fréquentent la même fraternelle et sont acteurs dans la même affaire judiciaire, n'y aura-t-il entre eux aucune connivence ? Pour un magistrat franc-maçon, qui va l'emporter, son serment judiciaire ou la solidarité avec ses frères ?<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> :<B></B>Vous répétez dans votre livre qu'un juge franc-maçon peut manquer d'éthique, et le grand public en déduit que c'est le cas pour tous les magistrats initiés. Comment juge un catholique ? Sa vision de la vie, dans les affaires familiales notamment, ne va-t-elle pas influencer son jugement ?
<br></p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_209x323_coignard_retouche.jpg" /></span></center> 
<font color=black><small>Ed.&nbsp;Albin Michel</small></center><br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_208x311_9782354170608.jpg" /></span></center>
<small>Ed.&nbsp;du Moment</small></font></center></p></div>

<p class="spip"><font color=#c0a778><big>Pensez-vous qu'un magistrat franc-maçon doive se faire remplacer pour juger un frère ?</big> <br>
<big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Si le juge est incapable de respecter les lois de la République, non seulement il doit se déporter, mais il doit changer de métier.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Sauf qu'une telle décision n'est jamais prise.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Votre raisonnement s'applique plutôt aux juges catholiques. Par exemple, dans une grande ville de province, une magistrate croyante juge très sévèrement les affaires de divorces.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Mais sa religion est connue, alors que la plupart des maçons cachent leur appartenance.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Pour une majorité de frères honnêtes, la franc-maçonnerie est un projet, un mouvement de vie, qui ne leur donne aucun ordre. Vous faites un mauvais procès à la maçonnerie, à partir de quelques déviances.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Mais, alors, expliquez-moi pourquoi, si je demande à des ministres, des députés, des sénateurs, des hauts fonctionnaires, des directeurs d'entreprise publique, des magistrats ou des policiers de haut rang s'ils sont francs-maçons, dans 19 cas sur 20, ils mentent. Ils n'assument pas, alors qu'ils exercent une fonction de pouvoir. Ne pas mentir, répondre honnêtement ne leur nuirait pas.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Ils ont le droit de ne pas avoir envie de répondre. Il y a bien des aspects de votre vie privée que vous ne souhaitez pas dévoiler ! Si l'appartenance au Grand Orient d'un député d'une circonscription catholique de droite était connue, il ne serait pas réélu ! Il m'est arrivé de ne pas être reconduit sur la liste des experts judiciaires parce que je suis maçon.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><big>Par deux fois, la Cour de cassation a jugé que l'appartenance à la franc-maçonnerie ne relevait pas nécessairement de la vie privée.</big> <br>
<big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : Nous avons le droit de ne pas être d'accord avec la Cour de cassation. Nous ne faisons pas que du droit, mais de l'humanisme. Rien ne peut obliger quelqu'un à accepter la révélation de sa vie privée. Le secret s'est imposé à nous en raison des accusations de "complot judéo-maçonnique". N'oubliez pas que Pétain a fait voter les lois antimaçonniques avant celles contre les juifs. Dans les années 1930, l'Action française nous accusait de faire le malheur de la République.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Nous sommes en 2009, la société a changé, elle s'est ouverte. La Ve République est bien loin du régime de Vichy. Je demande juste que les personnes exerçant des fonctions de pouvoir ne mentent pas sur leur appartenance à la franc-maçonnerie. En Grande-Bretagne, les hauts fonctionnaires et les magistrats ont l'obligation de déclarer leur adhésion à une obédience.<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>P. L.</b> : La franc-maçonnerie anglo-saxonne est différente de la nôtre. Les Britanniques indiquent leur appartenance dans leur curriculum vitae depuis très longtemps. En France, employons d'autres méthodes, ne créons pas d'obligation légale de délation !<br>
<font color=#c0a778><big><b>></b></big></font><b>S. C.</b> : Alors ne cachez rien s'il n'y a rien à cacher ! Des frères eux-mêmes pensent qu'il faudrait en finir avec le secret d'appartenance, qui entraîne la suspicion, le conflit d'intérêts. Pour eux, le secret ne sert qu'à préserver un réseau d'influence.</p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_33469</guid>
    <author>François Koch</author>
    <pubDate>Tue, 15 Sep 2009 20:37:48 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (VI)Deux-points et guillemets : le procès verbal]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-VI32023</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x248_arton32023.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><br>
Le <b>double point</b> est l'un des signes les plus anciens. Sur un papyrus du <I>Phédon</I> de Platon, daté du <small>IIIe</small> siècle avant Jésus-Christ, c'est la seule ponctuation forte employée. On le repère aussi sur les stèles grecques.</p>

<p class="spip">Notre <b>deux-points</b>, dérivé du <I>punctus elevatus</I> médiéval (point surmonté d'un accent), marque au départ une pause médiane forte entre deux membres de phrase. Pour Etienne Dolet, dans son traité de 1540, il « tient le sens en partie suspens ». Ses exemples seraient aujourd'hui ponctués d'un point-virgule (que Dolet ignore), d'un deux-points, voire d'une virgule. S'il est omniprésent dans les premiers imprimés, c'est qu'il resta longtemps l'unique signe de séparation médiane (avant l'acclimatation du point-virgule) ; les <I>Essais</I> de Montaigne en sont truffés. Sa spécialisation dans l'annonce remonte au <small>XVIIIe</small> siècle. C'est aussi un chaînon logique très dense : lien causal, explicatif ou chronologique.
<br></p>

<p class="spip">Quant aux <b>guillemets</b>, les croire inventés ex nihilo au <small>XVIe</small> siècle, c'est oublier que les premiers imprimeurs héritent des pratiques séculaires des copistes. On doit à l'Antiquité grecque un arsenal de signes critiques à l'aide desquels les commentateurs (scoliastes) annotaient les textes. Entre ces scoliastes et le Moyen Age, un passeur de poids : Isidore de Séville, qui, dans l'Espagne wisigothique du <small>VIIe</small> siècle, écrit ses <I>Etymologies</I>, sorte d'encyclopédie avant l'heure. Dans le chapitre sur les signes critiques, il évoque la <I>diplè</I> (chevron, du grec) : « <I>Diplè</I> : nos copistes placent ce signe dans les livres des gens d'église pour séparer ou pour signaler les citations tirées des Saintes Ecritures. » Ce signe, assez rare, figure dans des manuscrits médiévaux, répété sur la marge le long de la citation, pointu ou arrondi.</p>

<p class="spip">Les tout premiers guillemets imprimés remontent à 1483, dans <I>Orationes et opuscula</I>, de l'humaniste italien Francesco Filelfo. En France, ils datent de 1529 : des doubles virgules dans les marges de <I>Champfleury</I>, de Geoffroy Tory (l'édition de 1549 leur préfère les italiques, rivales des guillemets depuis la Renaissance). </p>

<p class="spip">Etienne Dolet, en 1540, en parle comme d'un type particulier de parenthèses : ces « demi-cercles » sont utilisés « quant nous glosons quelque sentence d'aulcun autheur Grec, Latin, Francoys ou de toute autre langue ». Ceux qui disent « entre parenthèses » pour « entre guillemets » ont donc une excuse.</p>

<p class="spip">Dès la fin du <small>XVIe</small> siècle, le discours direct eut les honneurs des guillemets, jadis voués aux citations d'autorités. Le mot lui-même date de 1672 : les « guilmets » sont « ces virgules renversées qui se mettent à la marge » (<I>Observations de Monsieur Ménage sur la langue françoise</I>). « Renversées », sans doute pour éviter une confusion avec la virgule, car l'usage français place les guillemets sur la ligne même (et non en hauteur "à l'anglaise"). Tant qu'elle reste le long de la marge, la double virgule peut être renversée ou non. Avec l'invention des guillemets fermants au <small>XVIIIe</small> siècle, et surtout avec l'entrée du signe dans le corps même du texte, le dispositif &#x201e; se généralise. Le point des virgules disparaît. On obtient des demi-cercles en vis-à-vis, qui deviennent plus angulaires au cours du <small>XIXe</small>. Pointus, nos guillemets évoquent l'antique <I>diplè</I>.</p>

<p class="spip">Aujourd'hui, la graphie devient geste. Mains en l'air, doigts en V. Décrite dès 1927, cette mimique très américaine, en vogue depuis la fin des années 1980, tourne vite au tic à visée ironique : on l'appelle <I>air quotes</I> (guillemets volants — sinon urticants).</p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_32023</guid>
    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Mon, 10 Aug 2009 20:54:50 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (V)Points d'exclamation et de suspension : cris et chuchotements]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-V31841</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x266_arton31841.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Si les signes avaient une nationalité, le point d'exclamation serait italien. Il apparaît six siècles après son faux jumeau, le point d'interrogation (qui pouvait aussi, jusqu'alors, marquer l'exclamation). Vers 1360, l'auteur d'un <i>Ars punctuandi</i> (Art de ponctuer), Iacopo Alpoleio da Urbisaglia, se revendique l'inventeur de ce <i>punctus admirativus</i>, barre penchée à droite, avec deux points alignés au-dessous. Hypothèse : ce symbole s'inspire-t-il de son sosie, le <i>scandicus</i>, notation musicale primitive (neume), marquant des notes ascendantes ? Cela expliquerait les deux points sous la barre : dans le neume, ils figurent deux sons suivis d'un son plus important (le trait).</p>

<p class="spip">La première application attestée du signe remonte à 1399, sous la plume de Coluccio Salutati, chancelier de Florence. Orateur, auteur, bibliophile, disciple de Pétrarque et redécouvreur des <i>Lettres familières</i> de Cicéron, cet humaniste incorpore la ponctuation dans sa réflexion linguistique et rhétorique. On lui doit à la fois le point d'exclamation et les premières parenthèses, ponctuations produisant l'illusion du discours direct, à une époque où on lit désormais pour soi, en silence.</p>

<p class="spip">Ce signe restera rare à ses débuts. En 1540, Etienne Dolet le définit ainsi : « <i>L'admiratif [...] eschet en admiration procedante de ioye ou de detestation de vice et meschanceté faicte. Il conuient aussi en expression de soubhait et desir. Brief : il peult estre partout où il y a interiection</i>. » Ronsard en use abondamment (87 fois dans <i>La Franciade</i>).</p>

<p class="spip">Signe d'avant-garde donc, devenu aujourd'hui le symbole des abus de la ponctuation expressive. Il fourmille dans les écrits intimes et les genres dits mineurs. Il hurle sous forme de massue dans la bande dessinée, hèle dans les affiches, s'indigne sur les banderoles des manifestants, insiste en bataillons serrés dans le courrier électronique. Autoritaire, il alarme dans la signalétique, avertit sur l'écran d'un ordinateur, ironise en marge d'une copie.</p>

<p class="spip">Rare dans les publications savantes. Inquiétant dans l'incipit du <i>Horla</i>, de Maupassant : « Quelle journée admirable ! »</p>

<p class="spip">Jacques Drillon rappelle, dans son étude sur la ponctuation, qu'il fallait être un Céline pour faire de la profusion des signes expressifs d'exclamation et de suspension un véritable système stylistique, haletant et ricaneur : « <i>Mes trois points</i>, explique Céline, <i>sont indispensables à mon métro ! [...] Pour poser mes rails émotifs !...</i> [...] <i>Ils tiennent pas tout seuls mes rails !... Il me faut des traverses !</i> »</p>

<p class="spip">Les points de suspension ont eux été popularisés au début du <small>XVIIe</small> siècle par le théâtre imprimé. D'après le chercheur Alain Riffaud, une suite de points est apparue aux éditeurs comme une solution typographique pour représenter l'interruption dans un dialogue : véritable didascalie graphique, ou indication scénique. Au <small>XVIIIe</small> siècle, ce « point d'omission » ou « point interrompu » peut encore compter plus de trois points. L'anglais trouve à ce signe un petit air étranger, puisque l'un de ses noms est French dots ; il lui préfère le tiret.</p>

<p class="spip">Il y eut des systèmes de signes médiévaux destinés à faciliter la déclamation, notamment dans la liturgie. L'exclamation et la suspension créent au contraire une représentation purement visuelle et écrite, pour un oeil habitué à la lecture silencieuse, d'une parole fictive, voix intérieure ou discours direct.</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_31841</guid>
    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Fri, 31 Jul 2009 21:45:25 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton31841.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (IV)Point d'interrogation : le sacre de Charlemagne]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-IV31798</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x260_arton31798.jpg" /><br /><br /><p class="spip">On lit parfois que le point d'interrogation serait un <i>Q</i> avec un <i>o</i> au-dessous, soit les première et dernière lettres du mot latin <i>quæstio</i> ; le point d'exclamation, un <i>i</i> majuscule avec un <i>o</i> au-dessous, comme le cri de joie latin <i>io</i>. Ces explications, ingénieuses mais fausses, font sourire les paléographes.</p>

<p class="spip">Les points d'interrogation, apparus à la fin du <small>VIIIe</small> siècle, ressemblent plutôt à l'origine à un point surmonté d'un trait zigzaguant dardé vers la droite, figurant sans doute le mouvement ascendant de la voix.</p>

<p class="spip">L'Antiquité ne connaissait pas ce signe, se contentant de particules ou d'adverbes interrogatifs pour les questions. Le point d'interrogation grec, en forme de point-virgule, n'apparaît qu'au <small>IXe</small> siècle.</p>

<p class="spip">Le point d'interrogation carolingien fait partie d'un système de ponctuation né au <small>VIIIe</small> siècle : les <i>posituræ</i>, qui marquaient les inflexions mélodiques et les pauses oratoires de la voix dans les textes destinés à la liturgie ou à la déclamation. Ces signes, proches parents sinon précurseurs des premiers systèmes de notation musicale (les neumes), ont disparu du répertoire actuel, quand ils n'ont pas pris des valeurs totalement distinctes. Le <i>punctus elevatus</i> (point surmonté d'un accent aigu, marquant une pause médiane) est devenu notre deux-points ; le <i>punctus versus</i>, sorte de point final, est évincé par son sosie, le point-virgule.</p>

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    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Fri, 24 Jul 2009 22:19:29 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (III)Point-virgule : renaissance à Venise]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-III31683</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x373_arton31683.jpg" /><br /><br /><p class="spip">C'est sans doute le seul signe victime d'un poisson d'avril : le site Rue89 annonce en 2008 une mission gouvernementale « pour la sauvegarde du point-virgule ». Article repris et commenté dans la presse internationale.
<br></p>

<p class="spip">Pourquoi cet ingénieux bizutage ? Qu'il devienne rare est un fait, en ces temps où les phrases courtes en style haché se croient percutantes. Pour Jacques Drillon, dans son <i>Traité de la ponctuation française</i> (Gallimard), ce signe donne à voir au lecteur « ce que la phrase recelait en ses plis : logique, ironie, indifférence... ». Outil subtil, qui demande à être compris plus qu'à être défendu.
<br></p>

<p class="spip">Pour un œil non averti, les manuscrits du Moyen Age semblent truffés de points-virgules parfaitement reconnaissables. Or, le point-virgule n'existait officiellement pas, puisqu'il apparaîtra au tournant des <small>XVe</small> et <small>XVIe</small> siècles. En réalité, la physionomie du signe (bien antérieur à la virgule) existait depuis le <small>VIIIe</small> siècle. Sa valeur était toutefois différente. C'était le <i>punctus versus</i>, ponctuation finale forte, destinée à désigner, pour la lecture orale, une chute de la voix, véritable équivalent de notre point final, d'où son omniprésence. Pour ajouter à la confusion, ce point-virgule de l'époque servait aussi à abréger des terminaisons latines (on écrivait <i>at;</i> pour <i>atque</i> ou <i>partib;</i> pour <i>partibus</i>...). Les premiers imprimeurs s'en souvinrent quand ils baptisèrent « petit-qué » le jeune point-virgule (à cause de la terminaison  « que »). N'oublions pas, enfin, le point-virgule qui, depuis le <small>IXe</small> siècle de notre ère, sert de point d'interrogation en grec.
<br></p>

<p class="spip">Le point-virgule moderne remonte à 1495, date d'impression de <i>De Ætna</i> (ci-dessous), ouvrage de l'humaniste Pietro Bembo. Son imprimeur, le Vénitien Alde Manuce, est le véritable introducteur du signe actuel. Son petit-fils, Alde le Jeune, dans son traité <i>Epitome orthographiae</i> (1575), admet que le point-virgule est le plus difficile de tous les signes (« <i>inter omnes notas [...] esse omnium difficillimam</i> »).</p>


]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_31683</guid>
    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Fri, 17 Jul 2009 23:47:41 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (II)Point et virgule, couple fusionnel]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation31573</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x270_arton31573.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Lorsque, en 1540, <b>Etienne Dolet</b>, dans son traité de ponctuation, précise que le point se met toujours en fin de phrase « et iamais n'est en aultre lieu », son insistance n'est pas de trop. Car le <b>point</b> (origine du mot ponctuation) s'est promené partout dans la phrase. L'Antiquité invente un premier système de ponctuation, repris plus tard sous Charlemagne : selon sa hauteur sur la ligne, le point change de valeur. En bas (ponctuation faible), à mi-hauteur (moyenne), en haut (forte). Les hauteurs n'étaient pas toujours évidentes à distinguer, surtout avec les écritures minuscules. Le Moyen Age mit en place des dispositifs complémentaires. C'est ainsi que le <i>punctus versus</i> (sosie de notre point-virgule) se substitua souvent au point haut (fort) pour clore la phrase. À partir du <small>XIIe</small> siècle, la nature du point dépend moins de sa hauteur que de la lettre qui le suit : une minuscule rend le point faible, une majuscule le rend fort. Les noces définitives de ce couple occasionnel point-majuscule donneront, dès la Renaissance, notre point.</p>

<p class="spip">La <b>virgule</b> est née elle aussi d'un besoin d'éviter l'ambiguïté. Quand les écritures cursives du <small>XIIIe</small> siècle se servent comme ponctuation faible d'une barre oblique appelée <i>virgula suspensiva</i>, elles évitent la confusion avec tout autre signe. La diastole, barre séparant les lettres soudées par erreur, l'a peut-être inspirée. Le succès de cette <i>virgula</i> rigide (qui survécut jusqu'au <small>XVIIe</small> siècle) est dû à sa différence et à sa complémentarité évidentes avec le point. Elle descendit et s'arrondit, au <small>XVe</small> siècle, en Italie. Notre virgule était née.</p>

<p class="spip">« <i>Just a comma</i> » — c'est ce que l'Histoire retiendrait de la guerre en Irak. Ce « rien qu'une virgule » de George W. Bush fit scandale en septembre 2006. « <i>Never put a period where God has put a comma</i> », répliquèrent les partisans du président. Le <b>point</b> (<i>period</i>), signe roi de droit divin ; la <b>virgule</b>, son humble servante... Qu'on a tort de dédaigner, comme le montre Christopher Marlowe dans sa pièce Edouard II : « <i>Edwardum occidere nolite timere bonum est</i>. » Non-ponctuation scélérate : « Ne craignez pas de tuer Edouard, cela est bien » ou « Ne tuez pas Edouard, il est bon de craindre » ? Quand Jésus promit au bon larron : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc, 23.43), certains, d'après le théologien Hésychius de Jérusalem, préféraient ponctuer : « Je te le dis aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis » (lui claquant la porte au nez). N'oublions pas, enfin, la virgule qui distingue propositions explicatives et déterminatives : « Les critiques, que j'admets, sont féroces » (déplora-t-il) ; « Les critiques que j'admets sont féroces » (se vantait-il).</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_31573</guid>
    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Fri, 17 Jul 2009 11:30:05 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Nicolas G. Hayek « On a perdu l'esprit d'entreprise »]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Nicolas-G-Hayek-On-a-perdu-l31153</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x240_arton31153.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><font color=#c0a778><b>On vous connaissait, en France, comme « M. Swatch », puis « M. Swatchmobile », et aujourd'hui voici « M. Breguet ». C'est une nouvelle vie ? </b></font> <br>
— Non, pas une nouvelle vie, je suis entrepreneur et c'est une toute petite partie de l'histoire... Les Français m'aiment bien, ils me bombardent de titres, j'ai été élevé officier dans l'ordre de la Légion d'honneur, en 2003, et Christine Albanel m'a décerné en mars dernier le titre de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres. J'ai fait mes études en français, et je détiens un certificat de licence en mathématiques, physique et chimie de l'université de Lyon. Mais la France est un drôle de pays, je n'ai jamais réussi à obtenir le diplôme original sur parchemin de luxe !</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center> <b>
Biographie</b> <br> </center></p>

<p class="spip"><b>19 février 1928</b> Naissance à Beyrouth d'une mère libanaise et d'un père américain. </br></p>

<p class="spip"><b>1948</b> Licences de mathématiques et de physique à l'université de Lyon.</br></p>

<p class="spip"><b>1963</b> Fonde l'entreprise de conseil Hayek Engineering Inc. à Zurich. </br></p>

<p class="spip"><b>1964</b> Obtient la nationalité suisse. </br></p>

<p class="spip"><b>1984</b> Crée la Société suisse de microélectronique et d'horlogerie (SMH). </br></p>

<p class="spip"><b>1998</b> La SMH prend le nom de Swatch group. </br></p>

<p class="spip"><b>2003</b> Transmet la direction à son fils, mais reste président du conseil d'administration. </br></p>

<p class="spip"><b>2007</b> Fondation de Belenos Clean Power. </br>
</p></div>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b> Un publicitaire français, Jacques Séguéla, a récemment prétendu que si on ne possédait pas une Rolex à 50 ans, c'est qu'on avait raté sa vie. Qu'en pensez-vous ?</b></font> <br>
— [Rires.] Cela témoigne d'une méconnaissance de l'industrie horlogère. Il aurait dû dire une Breguet ! Pour réussir, il faut avoir du goût. Une Breguet, c'est un signe de grand goût. Ce n'est pas une montre, c'est une œuvre d'art, le comble du raffinement !</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b> Le temps est-il votre ami ?</b></font> <br>
— D'un côté, je l'adore, car il m'a apporté des moments sublimes. De l'autre, je le hais, car je ne peux pas le maîtriser, l'arrêter, le conserver, ni le mettre en boîte ! « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! suspendez votre cours : laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ! » Voilà pourquoi je hais le temps. Mais, vous savez, mes montres ne sont pas faites en premier lieu pour regarder l'heure, ce sont des bijoux !</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b>En présentant le bilan annuel du groupe Swatch, cette année, vous avez dénoncé l'« économie financière dominatrice des Bourses, des banques, des fonds, sa meute de virtuoses et d'acrobates pétris d'hypocrisie, ses spéculateurs, joueurs assoiffés, les acrobates et jongleurs du cirque financier actuel ». Rarement patron aura été si sévère... </b></font> <br>
— Ce n'est pas seulement cette crise qui me conduit à dénoncer ce que j'appelle la « mentalité Wall Street », qui ne cesse de détruire toutes les richesses que nous, les entrepreneurs, nous construisons. Je le fais depuis quinze ans. J'ai toujours dénoncé les marchands du temple. Exemple, cet homme qui m'appelle, il y a cinq ans, en me disant : « Je représente un très gros fonds, nous voulons acheter pour 300 millions de votre capital, à condition que vous nous garantissiez le doublement de cet investissement en un an. » Je lui ai répondu : « Je vais vous garantir une chose, justement, c'est que nous n'allons pas doubler la valeur de nos actions en un an. » Je ne suis pas là pour promettre l'envolée du cours de l'action, mais pour améliorer le produit et l'outil de fabrication, créer des emplois, vendre le plus de montres possible. Selon moi, la Bourse n'est pas un étalon adéquat de mesure du succès d'une entreprise. Autre exemple : cet intermédiaire qui m'a repéré dans la liste des gens les plus fortunés du monde, pour me vendre des placements bidon. Il veut que je devienne « encore plus riche ». Mais cela ne m'intéresse pas ! Dernier exemple : ce type qui me propose de racheter une entreprise. Elle est très chère, évolue principalement dans le textile, alors que moi je vends des montres. « Ce n'est pas grave, me dit-il, on lancera des rumeurs sur le marché pour faire chuter le titre, et le textile, on s'en occupera ! » Tout cela illustre la mentalité lamentable de certains boursiers. Et le plus grave, c'est de penser qu'une entreprise cotée doit être gérée dans cet esprit. Voilà une des raisons pour lesquelles General Motors, venu, avant tous les autres constructeurs automobiles, discuter avec moi du lancement de la Swatchmobile - avant Volkswagen et Mercedes - n'a jamais osé franchir le pas, car le groupe craignait la réaction de la Bourse. Le contrôle de l'industrie par la finance contribue à la détruire.</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b>
Quelles leçons tirez-vous du séisme qui a ébranlé l'économie mondiale ? </b></font> <br>
— Quand cette énorme crise est survenue, j'étais choqué, comme tout le monde. Mais le lendemain, je me suis dit que cela allait au moins permettre de changer les mentalités. Sauf qu'aujourd'hui tout le monde s'exclame : « C'est formidable, la crise tire à sa fin ! » Aux Etats-Unis, plusieurs banques ont dégagé des bénéfices au deuxième trimestre ; en Grande-Bretagne, tel et tel établissement ont fusionné pour créer la plus grande banque d'investissement. Tout le monde applaudit. Mais attention, voilà justement ce qu'on critiquait il y a un an, cette course aux bénéfices non contrôlée qui a conduit à la catastrophe, ces banques surdimensionnées qu'on ne peut pas laisser faire faillite, sous peine d'être tous entraînés avec elles. Les gouvernements décident de mieux réglementer le système, la belle affaire ! A qui font-ils appel ? Pas à vous, ni à moi : ils choisissent des financiers, parce que ce sont eux les experts, eux qui ont l'expérience. Et que font-ils ? Ils perpétuent la mentalité d'avant ! L'être humain ne va pas apprendre. La cupidité, l'égoïsme, le manque de conscience total, le désir de spéculer, tout cela va revenir.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b> Que faire alors ?</b></font> <br>
— L'« internationale des entrepreneurs », voilà un exemple de ce qu'il faut faire ! Un ancien président de Nestlé m'a dit : « Appelez cela autrement et je soutiendrai votre projet. » Il faut défendre les intérêts des entrepreneurs, ceux qui développent des produits, des emplois et qui n'ont pas envie d'autre chose que de créer, d'innover. Je ne suis pas pauvre, certes, et je pourrais vivre comme un nabab. Mais je conduis ma voiture tous les matins pour venir à mon bureau - 97 kilomètres aller, 97 kilomètres retour - je n'ai pas d'avion privé, je vis de façon normale et j'essaie de montrer l'exemple aux collaborateurs de notre groupe.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>Mais vous êtes fier d'être milliardaire ? </b></font> <br>
Non. Je suis content d'être indépendant. Je n'ai pas de dettes, je peux me permettre de dire ce que je pense. Et je peux développer mes projets. L'argent, pour un entrepreneur, c'est l'instrument de travail. L'objectif, c'est de créer des richesses pour tous. L'entrepreneur n'est pas forcément un chef d'entreprise. Nous sommes tous nés créatifs. Regardez l'Amérique : il y a eu Ford, Carnegie, etc. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, l'Amérique a changé et la finance a commencé à primer sur l'industrie. On a perdu l'esprit d'entreprise, à cause des business schools. Il existe une différence entre un manager et un entrepreneur. On ne valorise plus beaucoup les entrepreneurs. Il faut savoir garder sa fantaisie, l'esprit de ses 6 ans. Continuer de croire au Père Noël. Oser avancer ses idées, même saugrenues. L'esprit d'entreprise a été en partie tué depuis qu'on s'est assis devant un ordinateur en pensant qu'on pouvait faire de l'argent à Wall Street sans bouger.</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b> 
Vous prétendez qu'il est possible de traverser la crise sans licencier..</b></font> <br>
— Quand un manager veut économiser de l'argent, sa première idée, c'est de renvoyer du personnel car c'est le plus facile. Il ne réfléchit pas en priorité à la façon d'améliorer ses revenus, ses achats, sa logistique... Si une entreprise est en déroute, si elle ne vend plus rien, il est évident qu'il faut réduire les effectifs. Mais dans la récession actuelle, où l'on connaît des chutes de chiffre d'affaires de 10, 15, voire 30 %, il faut aller de l'avant. Chez Swatch Group, nous employons 25 000 salariés et nous avons accusé, depuis octobre 2008, une baisse de 12 à 14 % de nos ventes. Mais nous n'avons renvoyé personne : nos collaborateurs représenteront une force de frappe formidable dès que la reprise sera là, ils nous font confiance et nous aident à trouver les moyens de réduire les coûts. Nous en profitons aussi pour faire de la formation, prendre des congés et, exceptionnellement, nous avons recours au chômage partiel, pour 285 de nos employés qui travaillent dans une unité de production d'aiguilles de montre.</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b>
Vous êtes donc convaincu que l'on peut garder et développer une industrie en Europe... </b></font> <br>
— Je n'en suis pas seulement convaincu, je le prouve tous les jours. Nous fabriquons des montres en Suisse, dans plus de 165 usines, la Smart sort de l'usine de Hambach, en Lorraine, et je continue : avec notre nouvelle société, Belenos, nous mettons en place tout ce qu'il faut pour produire ici de l'énergie propre. Je suis un optimiste. Certains diront un inconscient. J'ai pensé la Swatchmobile et je me suis lancé. General Motors n'a pas osé et Mercedes, après la Smart, n'a jamais fait la voiture hybride que j'avais conçue et que notre contrat prévoyait. C'est malheureusement Toyota qui a réalisé un modèle hybride, la Prius. Pour améliorer le système énergétique des voitures, il faut sortir des métiers de la mécanique. Beaucoup de constructeurs en sont incapables. Alors, j'ai créé Belenos, du nom du dieu celte du soleil. Cette fois-ci, je vais fabriquer non pas une voiture, mais un moteur. Quand il sera prêt, les constructeurs pourront l'acheter, s'ils le veulent. Je n'ai pas besoin de leur argent maintenant. Ni de celui des pouvoirs publics. Nous avons le cash requis, nous investissons et gardons le contrôle.</p>


<p class="spip"><font color=#c0a778><b>
Quel est le projet Belenos ? </b></font> <br>
— Il y a assez de soleil et de vent sur cette terre pour alimenter en énergie 10 fois la population mondiale. Mais il faut pouvoir capter, stocker et transporter cette énergie. L'enjeu, c'est d'améliorer l'efficacité des cellules photovoltaïques pour produire l'électricité en quantité suffisante et, ensuite, d'être à même d'exploiter cette électricité, par exemple avec une pile à combustible qui soit performante. Tout le monde y travaille - universités, instituts de recherche, constructeurs. Mes partenaires privilégiés sont les physiciens, car eux savent imaginer ce qui n'a jamais été fait. J'espère que d'ici à cinq ans nous pourrons industrialiser nos procédés. Mais je ne veux pas donner d'échéance précise : pour une technologie innovante, ce serait mentir.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>
Vous plaidez pour le droit à l'erreur... </b></font> <br>
— Il devrait être inscrit dans la Constitution ! Il faut revendiquer le droit à l'échec pour chacun d'entre nous. Sans lui, je n'aurais jamais osé lancer la Swatch, ni garder toutes ces sociétés horlogères qu'on nous conseillait de fermer quand les Japonais inondaient le marché.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b> 
Quel est l'échec qui vous a le plus marqué dans votre carrière ?</b></font> <br>
— Ce sera peut-être de quitter un monde beaucoup plus terrible que celui dans lequel je suis né. De n'avoir guère pu contribuer à l'améliorer, malgré de multiples essais.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b> Croyez-vous qu'on peut changer le monde ?</b></font> <br>
— Oui, il peut être changé, par des révolutionnaires positifs et chaleureux. Par des inventeurs. Comme ceux qui ont imaginé la Croix-Rouge ou qui conçoivent des vaccins. Rien n'est impossible, sauf d'éviter la mort... et les impôts. </p>

<p class="spip"><div align=right>Propos recueillis par Valérie Lion</div></p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_31153</guid>
    <author>Valérie Lion</author>
    <pubDate>Tue, 14 Jul 2009 11:15:13 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'histoire de la ponctuation (I) Et puis vint le blanc...]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-Et30673</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x227_arton30673.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Le blanc entre les mots, si logique à nos yeux, n'allait pas de soi. Longtemps, Grecs et Romains les accolèrent sans espacement. Le déchiffrement oral demandait au lettré un talent d'interprétation lié à la maîtrise des arts oratoires. Le besoin de transmission de l'écrit, qui se traduit par la création de la bibliothèque d'Alexandrie, pousse des grammairiens comme Aristophane de Byzance (<small>IIIe</small> siècle av. J.-C.) à établir des règles d'édition des grands textes et à réfléchir à un système de ponctuation — avec, déjà, le point (en grec : <i>stigma</i>) en vedette. Peu appliquée, cette ponctuation servait surtout à baliser les textes pour un usage personnel. </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_242x183_794px-St_C3_A8le_grecque.jpg" /></span></center></center>
<br>
<font color=black>Quand les Grecs écrivaient au kilomètre « La disposition en damier (dite “stoichedon”), attestée surtout dans les inscriptions officielles attiques des <small>Ve-IVe</small> siècles av. J.-C., représente le langage comme un flux continu de phonèmes, sans division en mots ni en phrases. 
<br>
<br>
Une géométrie formelle sans précédent a été imposée par les Grecs à la structure de chaque lettre, comprise dans un espace carré, autant qu’à la mise en page. Dans l’écriture des inscriptions romaines, aux proportions plus variées et aux formes subtilement animées, de simples points marqueront à la fois la séparation des mots et les abréviations. »
<br>
<br>
<div align=right>Marc Smith (Ecole des Chartes)</div></font>
</p></div>

<p class="spip">À l'orée du Moyen Age, les Ecritures saintes présentent un nouveau défi : dans un monde où le latin s'altère, quand il n'est pas, plus au nord, une langue étrangère, leur lisibilité exige plus d'efforts. Leur interprétation ne peut souffrir d'équivoque. Pour aider le lecteur, saint Jérôme, en traduisant la Bible en latin, systématise le passage à la ligne à chaque membre de phrase signifiant. Mise en page qui fera école.</p>

<p class="spip">Blancs entre les paragraphes, entre les phrases, puis entre les mots, grandes initiales — un agencement visuel de l'écrit, complémentaire des premiers signes, se met en place. À la pointe de ces innovations, des pays de langue non latine, comme l'Irlande, où les scribes sont confrontés aux difficultés de déchiffrement.</p>

<p class="spip">Puis vient Charlemagne. On recopie massivement les textes anciens, ce qui aboutit, sous l'impulsion d'Alcuin, à une rationalisation de la ponctuation allant de pair avec l'usage de la minuscule caroline, ancêtre de nos lettres en « bas de casse ». Ecriture claire, pages aérées de l'époque romane, qui inspireront la future « écriture humanistique ».</p>

<p class="spip">Aux signes antiques appelés <i>distinctiones</i>, marquant les unités de sens, s'ajoutent des signes appelés <i>positurae</i>, notant les pauses et les inflexions vocales indispensables à la liturgie. Origine, entre autres, de notre point d'interrogation.</p>

<p class="spip">La physionomie actuelle des signes procède d'une double évolution : intellectuelle, chez les humanistes, qui affinent la ponctuation dans leur travail d'interprétation des textes de l'Antiquité ; réflexion linguistique que pérennisera une autre mutation, technologique : l'imprimerie. Ses contraintes, comme le noir et blanc, simplifient les usages des copistes médiévaux, au profit des signes. Leurs forme et valeur se fixent. Le papier remplace le parchemin. L'espace devenu alors moins cher, la distribution des blancs et des signes change. En 1540, Etienne Dolet publie un influent manuel de ponctuation. Celle-ci devient la chasse gardée des imprimeurs, parfois au détriment des auteurs.</p>

<p class="spip">Démocratisation du livre au <small>XVIIIe</small> siècle puis explosion de la presse au <small>XIXe</small> : la ponctuation prolifère et se stabilise au rythme des révolutions industrielle et médiatique. Par réaction, le <small>XXe</small> dépouille volontiers vers libres, phrases nominales ou monologues intérieurs de leurs « obstacles » typographiques. Internet nous donne maintenant les grimaces des smileys...	
<br>
<br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation31573"><font color=5eabc1>Lire <i>L'histoire de la ponctuation (II)</i></font></a><br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-III31683"><font color=5eabc1>Lire <i>L'histoire de la ponctuation (III)</i></font></a><br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-IV31798"><font color=5eabc1>Lire <i>L'histoire de la ponctuation (IV)</i></font></a><br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-V31841"><font color=5eabc1>Lire <i>L'histoire de la ponctuation (V)</font></i></a><br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/L-histoire-de-la-ponctuation-VI32023"><font color=5eabc1>Lire <i>L'histoire de la ponctuation (VI)</font></i></a>
<br>
<br>
		</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_30673</guid>
    <author>Pedro Uribe Echeverria</author>
    <pubDate>Mon, 06 Jul 2009 14:11:38 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Arthus-Bertrand : « Je dérange »]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Arthus-Bertrand-Je-derange30509</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x233_arton30509.jpg" /><br /><br /><p class="spip">Il arrive un peu tendu, presque méfiant : malgré le succès planétaire de son documentaire <i><b>Home</b></i>, <b>Yann Arthus-Bertrand</b> se sent mal aimé des médias. La semaine dernière pourtant, il a contacté <i>L'Express</i> afin de répondre « sur le fond » à « des attaques injustifiées ». Résultat : deux heures et quart d'entretien... et l'annonce d'une suite à <i>Home</i>. </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_3298499013220_230.jpg" /></span></center> <br>
<b>Bande originale du documentaire <i>Home</i></b> <br>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Armand-Amar-Bande-Originale-du-documentaire-Home-2009/Musique-de-film/Armand-Amar/Naave/default/fiche_produit/id_produit-3298499013220.html"><font color=white>Écouter et télécharger</font></a></center> </p></div>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>8 millions de Français devant leur téléviseur, des dizaines de milliers dans les salles de cinéma et, pourtant, vous vous dites « blessé ». Pourquoi ? </b></font> <br>
— Avant même que le film sorte, on a beaucoup parlé de marketing, de gros sous, mais très peu des images de <i>Home</i> et du message qu'il sous-tendait. J'ai même eu droit à des procès d'intention. Pour certains, je ne proposerais pas assez de solutions — comme si c'était à moi d'expliquer à un architecte comment bâtir une maison écolo. Pour d'autres, j'aurais dû évoquer le nucléaire, alors que ce n'est pas le propos et qu'il n'y a pas, à ce jour, de consensus sur la balance bénéfices/risques de cette énergie.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>Vous en voulez aux journalistes ? </b></font> <br>
— Je m'interroge sur ce qui fait l'actualité. Le 5 juin, Journée mondiale de l'environnement, les médias ne parlaient que de cette histoire de Gasquet et la cocaïne ! Parfois, la hiérarchie de l'information me paraît incompréhensible. Enfin, certains journalistes pensent manifestement qu'être bon, c'est être cynique et méchant. Or, moi, je bouleverse les codes : j'assure une diffusion gratuite de mon film, mais j'ai recours à des financements privés. J'utilise l'hélicoptère, mais je fais en sorte qu'il soit « compensé carbone ». Sans doute cela dérange-t-il... Cela dit, je reconnais une erreur : nous n'avons pas montré le film aux journalistes en avant-première. Du coup, comme ils n'avaient rien à se mettre sous la dent, ils se sont attaqués à moi.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>Et cette polémique sur la diffusion du film à la veille des élections européennes, pour favoriser le vote écologiste ? </b></font> <br>
— La date a été choisie il y a deux ans, alors que personne ne savait précisément quand auraient lieu les européennes ! Pour le reste, moi qui ai toujours voté vert, je savais que mon film était fort et je me doutais qu'il aurait un impact. Lequel ? Difficile à dire. Probablement avons-nous fait voter des gens qui, sinon, n'auraient pas voté du tout. Quant à savoir si cela a favorisé la droite ou la gauche... Lorsqu'on a projeté le film à l'Elysée, en avant-première, j'étais assis à côté de Nicolas Sarkozy, et je vous garantis que, pendant deux heures, il n'a pris ni coup de fil ni Texto. À la fin, il m'a dit qu'il avait adoré le film, alors qu'il lui a peut-être fait perdre des voix.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>Ne craignez-vous pas d'être instrumentalisé ?</b></font> <br>
— Tant mieux si je le suis ! L'important n'est pas d'être ou non utilisé. L'important, c'est de faire avancer la cause à laquelle on croit. Alors oui, je me sers de mon nom, et tant pis si ça énerve que je parvienne, en l'espace de quelques minutes, à obtenir 10 millions d'euros de François-Henri Pinault pour tourner, en toute liberté, le film dont je rêvais...</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>À force de tourner « d'en haut » comme vous le faites, ne risquez-vous pas, en quelque sorte, d'« esthétiser » la déforestation, l'urbanisation, tous les phénomènes de pollution ? </b></font> <br>
— D'abord, ne négligez pas le texte du film. D'autre part, je l'avoue, j'aime cadrer, j'aime les belles images... et, de toute façon, je ne sais pas faire moche ! Enfin, la beauté est universelle. Vous savez, la mer que l'on vide de ses poissons reste bleue, le ciel qui se charge de CO2 ne change pas non plus de couleur.</p>

<p class="spip"><font color=#c0a778><b>Y aura-t-il une suite à <i>Home</i> ?</b></font> <br>
— Au départ, je ne le souhaitais pas. Et puis j'ai entendu le silence, sur le Champ-de-Mars, à l'issue de la projection. Et j'ai eu envie de faire un <i>Home 2</i>.
<br>
<br>
<br>
<a href="http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/MEDIAS/Home-la-Terre-vue-de-partout28947">Lire l'article <i>Home</i> : la Terre vue de partout</a>
<br>
<br></p>


<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_30509</guid>
    <author>Vincent Olivier</author>
    <pubDate>Tue, 30 Jun 2009 17:01:31 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Feu sur les théâtres publics…]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Feu-sur-les-theatres-publics28429</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x300_arton28429.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« <i>Fermez les théâtres publics</i> ». Cette apostrophe polémique lancée par l’écrivain et musicologue <b>Alessandro Baricco</b> dans un article publié le 25 février 2009 a généré un véritable tollé en Italie. Qu’en aurait-il été en France où, plus que partout ailleurs, nous sommes marqués par une conception nationale et étatique de la culture (le budget du ministère de la culture français représente dix fois son équivalent italien) ? </p>

<p class="spip">Au-delà des réactions de principe, forcément indignées, il faut chercher à comprendre : comment un homme aussi sérieux et réfléchi que <b>Baricco</b>, romancier et essayiste à succès, bien connu de ce côté-ci des Alpes (il a reçu le prix <i>Médicis Etranger</i> de 1995 pour son premier roman, <i>Châteaux de la colère</i>), a-t-il pu en venir à une position aussi iconoclaste ? À la suite d'un raisonnement qui tient en trois points. </p>

<p class="spip"><b>Baricco</b> s'est interrogé en premier lieu sur la nécessité de subventionner la culture par les deniers publics. À quels objectifs répond-ce soutien de l'Etat ? Tout d’abord, il vise à « <i>étendre le privilège du développement culturel en rendant les lieux et rites de la culture accessibles au plus grand nombre</i> » au-delà de toute discrimination sociale ou économique. Ensuite, il permet de « <i>protéger de l'inertie du marché un certain nombre de pratiques ou de répertoires qui n'auraient sans doute pas eu la force de survivre à la logique du profit</i> ». En effet, la valeur intrinsèque de l'art ne peut seulement se mesurer aux recettes qu'il génère : l'Etat doit maintenir des formes artistiques — telles que l'opéra par exemple — qui, bien que moins rentables que jamais dans le contexte actuel, constituent une composante significative de notre civilisation. <b>Baricco</b> complète ces deux objectifs par un troisième, moins souvent mentionné, mais tout aussi pertinent : « <i>La nécessité pour les démocraties d'initier les citoyens à assumer la responsabilité de la démocratie, c'est-à-dire le besoin d'avoir des citoyens informés, un tant soit peu cultivés, dotés de principes moraux solides et de références culturelles fortes</i> ». <b>Baricco</b> exprime ici l’idée que tout régime démocratique court le risque de succomber à la démagogie et au clientélisme. Pour éviter de telles dérives, la seule solution consiste à élever spirituellement les citoyens, afin que ceux-ci soient à même d’agir en fonction de l’intérêt général, plutôt que d'intérêts particuliers.</p>

<p class="spip">Il s'agit là d'objectifs ambitieux, nécessitant des investissements en conséquence. Toutefois, l'ont peut se demander, et c'est là le second point développé par Baricco, si ces objectifs sont réellement atteints. Tout d’abord, l’histoire récente nous a montré que « <i>le privilège du développement culturel</i> » peut se populariser en dehors de toute intervention étatique : tout le crédit de cette immense entreprise de démocratisation de la culture qu'est Internet revient aux entreprises privées. De plus, la défense de répertoires rares et recherchés ne s’est pas seulement faite contre la logique du profit, mais aussi contre le public, ce qui ne va pas sans entraîner de nombreux dommages collatéraux : « <i>Je suis convaincu que l'acharnement thérapeutique exercé sur des spectacles agonisants (...) a provoqué des dégâts imprévus dont il faut prendre date</i> ». L’on retrouve ici l’une des constantes esthétiques de <b>Baricco</b>, opposant résolu aux manifestations artistiques élitistes (un de ses essais les plus connus, <i>L’Âme de Hegel, ou les vaches du Wisconsin</i> dénonçait ainsi fermement la musique atonale). Quant à l'objectif d'ancrer l'idéal démocratique dans les consciences via l'élévation spirituelle des citoyens, la réaction de <b>Baricco</b> tient en deux mots : <i>Silvio Berlusconi</i> ; qu'un homme aussi peu désintéressé ait pu accéder au pouvoir montre bien que les Etats démocratiques ont peu ou prou échoué dans ce domaine. </p>

<p class="spip">Ainsi le modèle d'Etat culturel issu de l'après-guerre a-t-il du plomb dans l'aile. Faut-il le démanteler ? <b>Baricco</b> plaide plutôt, en fin de compte, pour sa modernisation qui passe par la mise en place de deux réformes. En premier lieu, il faut transférer les subventions attribuées aux théâtres publics vers des institutions culturelles autrement plus populaires et accessibles, telles que l’école ou la télévision : « <i>Fermez les théâtres publics et ouvrez un théâtre dans chaque école</i> ». Puis il convient de libéraliser le marché de la culture, et d’en faciliter l’accès aux entreprises privées. Bien que salutaire, l'adoption de ces deux réformes n'a rien d'une sinécure, comme en convient l'auteur, même si « <i>les freins ne sont pas d'ordre pratique mais idéologique</i> ».</p>

<p class="spip">Ce réquisitoire savamment agencé a été diversement apprécié par la République des arts italienne. L’appel à un plus grand investissement culturel dans le domaine scolaire a été assez bien accueilli. Le chef d’orchestre <b>Riccardo Muti</b> a ainsi appuyé <b>Baricco</b> sur ce point : « <i>l'amélioration des programmes éducatifs à la télévision afin qu'ils puissent atteindre même les spectateurs les plus éloignés et les plus isolés, ainsi que l’aide à la formation des jeunes musiciens, sont effectivement des domaines où l'appui des institutions publiques apparaît nécessaire</i> ». Inversement, tout ce qui concerne la libéralisation de la culture a donné lieu à bien plus de réticences. Le chef d’orchestre et violoniste <b>Salvatore Accardo</b> déclare ainsi : « <i>Je ne veux pas polémiquer, mais la thèse de <b>Baricco</b> n’est ici guère concluante. La fascination pour le marché est passée de mode</i> ». Plus généralement on reproche à <b>Baricco</b> de ne pas savoir de quoi il parle : « <i>Faire un spectacle ce n’est pas la même chose que faire un livre</i> », remarque un metteur en scène. </p>

<p class="spip">Malgré des prises de positions sans doute excessives, <b>Alessandro Baricco</b> a eu le mérite de relancer le débat autour des subventions publiques. La France aura-t-elle aussi son <b>Baricco</b> ?</p>

<p class="spip"><a href="http://www.repubblica.it/2009/02/sezioni/spettacoli_e_cultura/spettacolo-baricco/spettacolo-baricco/spettacolo-baricco.html"><small><font color=#5eabc1>« Feu sur le théâtre public », publié en italien dans <i>La Repubblica</i></font></small></a> <br>
<a href="http://www.repubblica.it/2009/02/sezioni/spettacoli_e_cultura/spettacolo-baricco/reazioni-baricco/reazioni-baricco.html"><small><font color=#5eabc1>« Quand le théâtre répond à Baricco », article publié, en italien, dans <i>La Repubblica</i></font></small></a></p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_28429</guid>
    <author>Pierre-Carl Langlais</author>
    <pubDate>Wed, 20 May 2009 18:58:36 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Les Calanques Un parc et des hommes]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ART-DE-VIVRE/SOCIETE/Les-Calanques-Un-parc-et-des25046</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x279_arton25046.jpg" /><br /><br /><p class="spip">C'est un monument de calcaire chanté par Mistral : 13 000 hectares de cailloux parfumés au serpolet. Sans oublier 80 000 hectares de Méditerranée. Bienvenue dans le parc national des Calanques. Enfin, bientôt : François Fillon devrait signer d'ici à quelques jours l'arrêt de « prise en considération » du parc, aux portes de Marseille. Un document qui fixe le périmètre maximal soumis à la concertation. Car les frontières du sanctuaire, promis pour 2011, se disputent au mètre carré près.</p>







<p class="spip">			</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_25046</guid>
    <author>Léa Delpont </author>
    <pubDate>Wed, 01 Apr 2009 18:13:56 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton25046.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'Auvergne Thiers et Laguiole à couteaux tirés]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/Qobuz-LIFE/Enquete/L-Auvergne-Thiers-et-Laguiole-a15210</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x230_arton15210.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><big><b>Forces en présence</b></big> <BR>
<font color="orangeRed"><b>Avantage à Thiers</b></font color></p>

<p class="spip">En dépit de la concurrence étrangère, la cité auvergnate demeure la capitale de la coutellerie française. Avec presque 80 entreprises et
70  de la production nationale, Thiers défend son titre. À l'inverse de la douzaine d'entreprises de Laguiole, les Thiernois ont toujours diversifié leurs gammes : couteaux de chasse, de table, de loisir, de professionnels de la restauration, ciseaux, rasoirs... Et des laguioles. Beaucoup de laguioles. « Quand, à la fin des années 1980, certains ont voulu relancer l'activité dans le bourg aveyronnais, les Thiernois ont ri : le
savoir-faire comme le matériel se trouvaient ici », se souvient Jean-Pierre Treille, coutelier, élu de la chambre de commerce et d'industrie
locale. Ce sera tout de même une réussite commerciale et industrielle. Et qui ne nuira pas à Thiers. Au contraire. Pour répondre à la demande, la majorité des laguioles qui inondent le marché français sont en effet fabriqués dans les ateliers auvergnats.
<BR></p>

<p class="spip"><big><b>Notoriété</b></big> <BR>
<font color="orangeRed"><b>Avantage à  Laguiole</b></font color></p>

<p class="spip">L'abeille, la lame fine légèrement relevée, la croix sur le manche : au royaume de saint Eloi, patron des couteliers, le laguiole est aussi recon-
naissable et reconnu que l'Opinel ou le couteau suisse. « Mais son identité et son image de qualité ont été galvaudées par les contrefaçons », regrette Thierry Moysset, patron de Forge de Laguiole, la première entreprise locale. À l'opposé « le drame de Thiers, c'est l'anonymat, estime Jean-Pierre Treille. On ne vend pas un couteau comme on vend du pinard. Nous n'avions donc jamais mis en avant notre terroir ». Conscients du déficit de notoriété de leur ville, et en réac-
tion au succès de Laguiole, les professionnels thiernois réunis dans la Confrérie du coûté de Tié ont lancé, il y a quinze ans, le Thiers. Ce cou-
teau se veut le symbole de près de huit siècles de savoir-faire. « Maintenant qu'ils ont leur modèle, qu'ils nous laissent le nôtre ! » suggère avec ironie Benoît Mijoule, artisan à Laguiole. 
<BR></p>

<p class="spip"><big><b>Légitimité historique</b></big> <BR>
<font color="orangeRed"><b>Avantage à  Tiers, mais... </b></font color></p>

<p class="spip">Depuis 1240, selon les découvertes archéologiques, 1582, selon les premiers écrits : la coutellerie, à Thiers, se compte en siècles. Plus de
25 000 artisans, au début du <small>XIXe</small>, forgent et polissent les lames au bord de la Durolle, la rivière thiernoise, quand, d'après la légende, naît le laguiole, en 1829. Le poids des concurrents du Puy-de-Dôme empêche alors le développement de l'activité coutelière dans le village aveyronnais, qui ne démarrera vraiment qu'en 1987. « Du prof d'auto-école au marchand de fringues, tous se sont mis à faire du couteau », ironise-t-on à Thiers. Mais la force du laguiole est son histoire, vraie ou inventée pour les besoins du marketing : la croix chrétienne dans le manche pour la prière du berger, l'ajout du tire-bouchon à la fin du <small>XIXe</small> siècle quand l'Auvergnat devient bougnat. « Les consommateurs aiment entendre des histoires autour du laguiole » constate Benoît Mijoule.  
<BR></p>

<p class="spip"><big><b>Créativité</b></big> <BR> 
<font color="orangeRed"><b>Match nul</b></font color></p>

<p class="spip">Avec le Thiers, le bassin sort de la production de masse et se taille une image plus identifiée dans le couteau d'art. La Fédération française de la coutellerie, installée dans la sous-préfecture du Puy-de-Dôme, vient de lancer par ailleurs un label, « Esprit de Thiers », garant de l'origine de la fabrication et censé forger une image de qualité de la production locale. « Les 1 100 articles déjà labélisés excluent le bas de gamme », souligne Pierre Thérias, président de la fédération. <BR>                             
À Laguiole, on reconnaît que le marché français est saturé. Une source d'émulation, pour le nouveau PDG de Forge de Laguiole : « À nous de surprendre, d'avoir toujours un coup d'avance en matière d'innovation. Nous travaillons, par exemple, sur un manche en porcelaine incassable », confie Thierry Moysset. Fini, les produits dérivés, fourchettes et cuillères, et les objectifs de 20% de croissance annuelle de son prédécesseur ! Moysset recentre son entreprise sur le couteau et la qualité. « L'adversaire est non pas Thiers, mais la concurrence étrangère », poursuit-il. Dans ses ateliers, Virgilio Muñoz Caballero, deux fois meilleur ouvrier de France et fierté de Forge, façonne des modèles uniques, dans du corail d'Egypte ou des os de mammouth. Son savoir-faire au service du laguiole, il l'a appris à... Thiers. 
<BR></p>

<p class="spip"><b>RECONNAÎTRE UN LAGUIOLE</b> <BR>
L'abeille ne fait pas le couteau. Alros comment déceler les contrefaçons ? Formellement, il n'y a ni faux ni vrai laguiole : le célèbre couteau appartient au domaine public, donc à tous les fabricants de la planète. Ceux du village, sauf un, préparent tout de même une contre-attaque. Ils planchent sur une formule qui mentionnerait l'origine du produit. Une sorte d'AOC prévue pour l'automne. En attendant, la plupart ont déposé leur marque « Laguiole » suivi de leur nom ou logo. Et Forge grave en plus sur la lame « Laguiole origine garantie ». <BR></p>


<p class="spip"><b>RECONNAÎTRE UN THIERS</b> <BR>
Une ligne courbe terminée par une lame droite et puissante. Le design du Thiers est protégé des contrefaçons par une jurande. Les couteliers respectent des règles définies par la Confrérie du couté de Tié. Seul un professionnel installé depuis au moins cinq ans dans le bassin peut fabriquer un Thiers. « Il renonce à toute publicité superlative, par respect du travail de ses collègues », avertit Jean-Pierre Treille, grand maître de la Confrérie. Enfin, il doit graver dans la lame « Le Thiers par », suivi du nom ou logo du fabricant.</p>


]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_15210</guid>
    <author>Nicolas Barriquand</author>
    <pubDate>Wed, 16 Jul 2008 21:27:22 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Histoires d'eaux]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/Qobuz-LIFE/Enquete/Histoires-d-eaux14438</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x201_arton14438.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><center><p class="spip"><b>Foncez au water bar</b></p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><b>Profitez des nouveautés de Paris Plages</b>				</p>

<p class="spip">Pour sa septième édition, Paris Plages lance la « Tong'attitude » : flâner le long des berges, se mêler à la foule... assister au concert d'ouverture - la 9e Symphonie de Beethoven, interprétée par l'Ensemble orchestral de Paris - les doigts de pied en éventail, sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Au terme de ce concert, le 21 juillet, à 21 heures, un pique-nique géant sera organisé sur la voie Georges-Pompidou, avec 3 kilomètres de tables dressées au bord de l'eau. </p>

<p class="spip">Parmi les nouvelles activités proposées cette année : un minigolf, sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Et, entre le pont de Sully et le pont du Louvre, des stages de « baïlothérapie », une danse endiablée importée du Venezuela, et des cours de fitness dispensés par des animateurs agréés. </p>

<p class="spip">Le long du bassin de la Villette, transformé en véritable port nautique, on pourra bronzer sur une plage de 350 mètres carrés ou boire un verre de rosé dans les guinguettes, qui accueilleront, du jeudi au dimanche soir, un bal populaire. Du 21 juillet au 21 août.</p>

<p class="spip">Infos au 3975, <a href="www.paris.fr">www.paris.fr</a></p></div></center></p>

<p class="spip">Si Colette, rue Saint-Honoré, a été le premier lieu à proposer une carte avec 85 références, aujourd'hui, ce temple de la branchitude a un nouveau concurrent : le World Wide Water Luxe. Installé dans le Village suisse, quartier des antiquaires non loin de la tour Eiffel, ce water bar possède une cave de 250 sélections d'eau ! La dégustation se fait à la terrasse ou au comptoir.</p>


<p class="spip"><b>World Wide Water Luxe, 54, avenue de La Motte-Picquet, Village suisse, Paris (XVe), 01-43-22-95-02.</b></p>

<p class="spip"><i> <b>Et aussi...</b> </i> Depuis 2005, la société Eau de Paris crée des carafes pour inciter à la consommation de l'eau du robinet... La carafe 2008, dessinée par Pierre Charpin, est en vente dans une quarantaine de boutiques parisiennes, du Centre Pompidou à Paris Plages (10 €).</p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Offrez-vous un tour en yacht</b></p></center></p>

<p class="spip">Yachts de Paris a aménagé une terrasse au port Henri-IV. A l'heure où le soleil décline, ce salon en plein air permet de prendre (moyennant cotisation annuelle) un verre sur de grands canapés tout en contemplant l'île Saint-Louis et le ballet des bateaux sur la Seine. Mais le must est de poursuivre la soirée sur le <I>Don Juan II,</I> un navire style années 1930, à peine relooké. Sur le plus chic des bateaux de la Seine, on s'offre un dîner croisière gastronomique, conçu par le chef Jean-Pierre Vigato (deux étoiles Michelin). 198 € par personne.</p>


<p class="spip"><b>Yachts de Paris, 1, boulevard Henri-IV, Paris (IVe), 01-44-54-14-81, <a href="http://www.yachtsdeparis.fr">www.yachtsdeparis.fr</a></b></p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Plongez dans une nouvelle piscine à ciel ouvert</b></p></center></p>

<p class="spip">La piscine Keller, au coeur du quartier Beaugrenelle, a enfin rouvert ses portes, après d'importants travaux de rénovation. Ce bassin de 50 mètres possède un toit amovible qui permet de nager en plein air pendant l'été. Un traitement spécial de l'eau évite l'irritation des yeux et des voies respiratoires. Un espace sauna vient agrémenter les activités proposées. Pour le prix d'un billet d'entrée (9 €), un programme inédit vous attend : de l'« aquamouvance » - yoga dans l'eau - au jardin aquatique pour enfants avec jeux flottants.</p>


<p class="spip"><b>Piscine Keller, 14, rue de l'Ingénieur-Keller, Paris (XVe), 01-45-71-81-00.</b></p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Partez à la pêche</b></p></center></p>

<p class="spip">L'aquarium de Levallois vient d'être restauré. Situé allée Claude-Monet, sur l'île de la Jatte, une île bien connue des impressionnistes, cet édifice de marbre et de verre abrite 18 bassins de 300 litres. Ici, on découvre toute la faune piscicole de la Seine : 33 espèces de poissons ! Il est étonnant de se retrouver les yeux dans les yeux avec une perche-soleil, un poisson-chat ou un pseudorasbora... Ou d'apprendre que ce fleuve est habité de poissons venus de Russie, comme le silure, qui peut atteindre 2 mètres de longueur. Des stages de pêche sont organisés sur les berges. A cinq minutes du pont de Levallois,  Ô Restaurant, le plus grand restaurant sur péniche d'Europe, vient d'aménager une plage de sable fin de 300 mètres carrés.</p>


<p class="spip">{{Maison de la pêche et de la nature, 22, allée Claude-Monet, Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), 01-47-57-17-32, <a href="http://www.maisondelapeche.com ">www.maisondelapeche.com</a> 
_ Ô Restaurant, 47, quai Michelet, Levallois-Perret, 01-41-34-32-86.}}</p>

<p class="spip"><b> <i>Et aussi...</i> </b> A Paris, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, un jardin éphémère fait entrer la nature en ville. Le paysage vallonné abrite 440 arbres - hêtres, peupliers... - 1 800 plantes aquatiques et autres végétaux. Au centre, la mairie a installé un plan d'eau de 330 mètres carrés, entouré de nombreux bancs. Jusqu'au 17 août.</p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Initiez-vous au hockey subaquatique</b></p></center></p>

<p class="spip">Ce sport d'équipe fait fureur aux Etats-Unis et les Parisiens s'y mettent à leur tour. La piscine de Reuilly héberge notamment cette discipline ludique, qui pourrait bien être votre nouveau sport pour la rentrée. Le hockey sous-marin se pratique en apnée, sur le fond d'un bassin de 25 mètres. Les participants sont équipés d'un masque, de palmes, ainsi que d'une crosse raccourcie. Deux équipes de six joueurs doivent faire progresser un palet, en se faisant des passes avec la crosse, afin qu'il entre dans le but adverse. Un match se déroule en deux mi-temps de quinze minutes. En une heure, on brûle environ 2 500 calories, et l'on a sollicité abdominaux, cuisses et fessiers. Idéal pour la forme...  </p>


<p class="spip"><b>Piscine de Reuilly, 13, rue Hénard, Paris (XIIe), 01-40-02-08-08.</b></p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Goûtez l'eau en trois expos</b></p></center></p>


<p class="spip">Si l'eau est partout, nous avons parfois tendance à ne plus y faire attention, à la boire sans la goûter, la voir sans la regarder. A travers l'exposition <I>Senseauriel,</I> jusqu'au 16 novembre, le Pavillon de l'eau propose de pénétrer les mystères d'H2O à travers les cinq sens : un parcours auditif où conteurs, poètes et musiciens entraînent à l'écoute de l'eau ; un atelier « arômes d'eau » pour réveiller l'odorat ; un parcours intitulé « les fontaines par le toucher », organisé autour du pavillon...  Au musée des Arts décoratifs, Gérard Deschamps, figure du nouveau réalisme, présente ses <I>Jeux d'eau,</I> jusqu'au 16 novembre. L'artiste a créé une vingtaine de sculptures constituées de structures gonflables. Et, sur les bords de Seine, <I>Les Batailles de l'eau :</I> 40 magnifiques photos grand format évoquent les enjeux mondiaux de l'eau (jusqu'au 31 juillet).</p>


<p class="spip"><b>Senseauriel : Pavillon de l'eau, 77, avenue de Versailles, Paris (XVIe), 01-42-24-54-02, www.pavillondeleau.fr Jeux d'eau : musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Paris (Ier), 01-44-55-57-50, <a href="http://www.lesartsdecoratifs.fr">www.lesartsdecoratifs.fr</a> Les Batailles de l'eau : quai Victor-Hugo, face à la guinguette du Martin-Pêcheur, Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).</b></p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Visitez la Boudeuse en famille</b></p></center></p>

<p class="spip">Après un tour du monde de trois ans, la <I>Boudeuse,</I> l'un des derniers voiliers explorateurs en activité, s'est amarrée quai de Bercy, face à la bibliothèque François-Mitterrand. Visiter ce magnifique trois-mâts de 46 mètres en bois et acier est une expérience passionnante. A bord, le propriétaire, Patrice Franceschi, président de la Société des explorateurs français, et son équipage vous racontent l'histoire de la <I>Boudeuse,</I> vieille de quatre-vingt-dix ans, équipée de 13 voiles géantes. Des souvenirs plein les cales - objets exotiques, photos, vidéos... - nourris de récits et d'anecdotes truculentes ! L'entrée est gratuite, mais un appel aux dons est lancé pour financer la prochaine expédition... </p>


<p class="spip">{{Réservations : <a href="http://www.la-boudeuse.org">www.la-boudeuse.org</a>
}}</p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Prenez le métro flottant</b></p></center></p>

<p class="spip">Comme à Venise, Paris opte pour le transport en commun sur l'eau. Voguéo, la nouvelle navette fluviale, sera inaugurée le 28 juin. Mode de déplacement alternatif et agréable, ce bateau, doté de baies vitrées, va de la gare d'Austerlitz à l'Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne. Le parcours dessert la bibliothèque François-Mitterrand, Tolbiac, Bercy et Ivry Port. En semaine, il faut compter vingt minutes entre deux passages. Les week-ends, l'intervalle est de trente minutes. Tous les titres de transport franciliens sont acceptés : Navigo, cartes Intégrale, ImagineR... Pour les voyageurs occasionnels, un ticket à l'unité d'un montant de 3 € donnant droit à un voyage est délivré à bord des bateaux.</p>


<p class="spip"><b>Voguéo, <a href="http://www.stif.info">www.stif.info</a></b></p>


<p class="spip"><b> <i>Et aussi...</i> </b> Des passionnés ont inauguré une nouvelle façon de découvrir les îles de la Marne et tous les recoins de la Seine, à bord de catamarans équipés de moteurs électriques ultrasilencieux. Ces bateaux écolos partent du quai Winston-Churchill, à côté du pont de Chennevières, et explorent des zones du fleuve habituellement non navigables. 4 € de l'heure pour les adultes et encore moins pour les enfants. Une sortie idéale en famille.</p>


<p class="spip"><b>Association Au fil de l'eau, 01-48-52-22-22.</b>
{{{
Rafraîchissez-vous en terrasse}}}</p>

<p class="spip">Les brumisateurs envahissent Paris ! Quelques cafés avaient lancé l'idée en 2006. Aujourd'hui, plus de 60 bars et restaurants en sont dotés. Le concept est simple : des appareils pulvérisent des centaines de microgouttes d'eau et, en un instant, la température de l'air environnant baisse de 3 à 10 degrés. L'un des nouveaux et des plus charmants lieux de la capitale munis de brumisateurs est le Café Delmas, situé sur la place de la Contrescarpe. Sur sa terrasse ensoleillée du matin au soir, le patron a installé des appareils qui diffusent une brise d'eau mélangée à des huiles essentielles. </p>


<p class="spip"><b>Café Delmas, 2-4, place de la Contrescarpe, Paris (Ve), 01-43-26-51-26.</b></p>

<p class="spip"><b> <i>Et aussi...</i> </b> La terrasse Montaigne de l'hôtel Plaza Athénée : ce jardin, aux stores illustrés par des reproductions de Fragonard, est doté de brumisateurs.
{{
27, avenue Montaigne, Paris (VIIIe), 01-53-67-66-00.}}</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_14438</guid>
    <author>Paola Genone </author>
    <pubDate>Thu, 03 Jul 2008 12:15:47 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Les 30 terrasses qu'on adore]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/Qobuz-LIFE/Enquete/Les-30-terrasses-qu-on-adore14442</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x286_arton14442.jpg" /><br /><br /><p class="spip">				<center><p class="spip"><b>Pour être vu</b></p></center></p>

<p class="spip">	<b>L'Eclaireur</b></p>


<p class="spip">				On connaissait l'endroit pour ses choix vestimentaires éclairés. L'an dernier, ce repaire de créateurs ouvrait la table dans son annexe de la rue Boissy-d'Anglas, dotée depuis peu d'une terrasse protégée sur cette artère piétonne. Et d'un sens de l'accueil plus qu'appréciable. Dans l'assiette, on s'en tiendra plutôt aux classiques (jambon bellota, filet de boeuf de Salers « Agrigento » et écrasée de pommes de terre violettes à arroser d'un fitou fruité...), en évitant les effets de style comme le saumon extrême avec ses riz noir et blanc mollassons. </p>


<p class="spip">				10, rue Boissy-d'Anglas, Paris (VIIIe), 01-53-43-09-99. Environ 50 € à la carte, menu déjeuner à 29 €. Fermé le dimanche.</p>


<p class="spip"><b>Chez Julien</b></p>


<p class="spip">				Vous vous demandiez quelle était la terrasse la plus courue du moment ? Ne cherchez plus. Elle est sans aucun doute Chez Julien. Le restaurant romantico-branchouille, repris récemment par Thierry Costes, a installé ses tables  rue des Barres au pied de l'église Saint-Gervais. Un pur décor de cinéma façon Vieux Paris avec tables en marbre et chaises de jardin en acier gris foncé, presque aussi chic que l'ambiance feutrée qui règne à l'intérieur et qui attire aussi bien Mazarine Pingeot que des journalistes du PAF et des New-Yorkaises en goguette. Dans l'assiette, une cuisine de bistrot sans surprise. Pour éviter les petites déceptions, préférez les valeurs sûres (un chateaubriand pour le plat, une religieuse pour le dessert). Tant pis pour la ligne. </p>


<p class="spip">				1, rue du Pont-Louis-Philippe, Paris (IVe), 01-42-78-31-64. A la carte : 60 €.</p>


<p class="spip"><b>Nabulione</b></p>

<p class="spip">				
Pourquoi les familles affluent-elles sur cette terrasse toute neuve ? Deux bonnes raisons. La vue sur le dôme des Invalides ; le volume dans l'assiette : carpaccio dit « copieux » et qui l'est vraiment, avec sa montagne de câpres et de champignons en accompagnement, burger « de luxe » en format XXL, et double portion de glace si l'on choisit le parfum Malabar. Le soir, l'atmosphère vire <I>show off,</I> quand les parents de bons élèves cèdent leurs sièges design aux fidèles bling-bling du VIIe. </p>


<p class="spip">				40, avenue Duquesne, Paris (VIIe), 01-53-86-09-09. Formule entrée + plat, ou plat + dessert en semaine à déjeuner : 28 €. A la carte : 50 €.</p>


<p class="spip"><b>Le Télégraphe</b></p>
				
<p class="spip">
Oubliez le flux moutonnier des piétons et le vroum-vroum des bagnoles, vous êtes dans la coulisse tranquille de la pétulante rue de Lille, sur un vaste ponton en teck, bercé par le clapotis d'une fontaine japonaise, sous l'ombre tamisée des charmes. Dans l'assiette, ce Télégraphe flambant neuf vous épargne les signaux codés et prend la vague fusion, sans trop se laisser déborder : salade de haricots verts extrafins impeccablement assaisonnée, filet de canette et écrasée de patate douce franchement honnête, pavé de saumon de Norvège avec sa purée maison sortable et minestrone de fruits exotiques au vif de sa fraîcheur. Attention, ouverture seulement le midi, l'espace étant privatisé tous les soirs. </p>


<p class="spip">				41, rue de Lille, Paris (VIIe), 01-58-62-10-08. Menus : 24,50 et 29,50 € (midi). A la carte 50 €.</p>


<p class="spip"><b>Fauchon le Café</b></p>



<p class="spip">				Difficile de trouver le calme côté place... Alors, Fauchon, la fameuse enseigne de la Madeleine, a eu l'excellente idée de tourner son nouveau café côté cour. Le tableau ? Une oasis urbaine, meublée de tables noires laquées, banderillée d'une plate-bande de bambous sur fond rose. Pas mal. Le public ? Du petit déjeuner au dîner, une clientèle polyglotte de touristes, de copines entre deux shoppings et d'hommes d'affaires. La cuisine ? Pour tous les goûts et tous les appétits, avec les légumes crus et cuits des maraîchers, émulsion de raifort (frais, bien), un navarin d'agneau de lait de l'Aveyron (correct), et une salade de fruits frais à l'infusion de thé vert (estival !). </p>


<p class="spip">				30, place de la Madeleine, Paris (VIIIe), 01-70-39-38-39. A la carte : 55-70 €.</p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Classe palace</b></p></center></p>


<p class="spip"><b>Le patio du Crillon</b></p>


<p class="spip">				Proposer un grand chef en terrasse, ça, c'est palace ! Le Crillon renouvelle donc la formule inaugurée l'an dernier par Jean-François Piège dans son patio, consistant à servir deux formules « picnic ». L'an dernier, il proposait une version terre et l'autre mer, cette saison, il laisse le choix entre choc et chic. Pour 10 € de plus, pas d'hésitation, préférez la seconde option, nettement mieux maîtrisée. Foie gras de canard confit en minisandwich, dés de saumon pochés, délicieuse volaille fermière servie en ballottine dans des bocaux, chaud-froid de homard et charlotte fraise-rhubarbe pour conclure. C'est exquis, ça étrille un peu le portefeuille (55 €), et c'est valable de midi à 17 heures, tous les jours. </p>


<p class="spip">				10, place de la Concorde, Paris (VIIIe), 01-44-71-16-15. Formules : 25 € (enfant), 45 ou 55 €.</p>


<p class="spip"><b>Hôtel Fouquet's Barrière</b></p>


<p class="spip">				VIP parce que totalement invisible de la rue, cette terrasse, blottie au premier étage de l'hôtel, voit défiler tous les happy few du quartier. Sur un sol en granit et ardoise, une quinzaine de tables et, depuis cette année, un coin lounge avec de grands canapés. Côté restauration, deux cartes, celle du Diane, le resto gastro, et celle de la galerie Joy, courte mais sémillante de fraîcheur, que nous vous conseillons. On a aimé le filet de daurade snacké et son risotto d'encornets, le cabillaud parfumé au gingembre et citron vert et le hamburger servi avec les pommes « coin de rue » et son mesclun.</p>


<p class="spip">				46, avenue George-V, Paris (VIIIe), 01-40-69-60-60. A la carte : 50 €.</p>

<p class="spip"><b>Hôtel Montalembert</b></p>

<p class="spip">				Moins « tradi » que dans sa version Ecole militaire, moins politique que dans sa variante Assemblée nationale, voilà le VIIe arrondissement sur son versant germanopratin. L'hôtel Montalembert profite ici des largesses de sa rue pour prendre le soleil dans les limites d'une belle terrasse tirée au cordeau comme un jardin à la française. Repensée pour davantage de confort, toujours en vogue cet été, elle nourrit une vingtaine de couverts d'une cuisine en quatre volets : « végétal », « mer », « terre » et « soleil »... En portions « dégustation » ou « gourmet », un agréable cappuccino de courgette, cannelloni de légumes au basilic, d'aimables brochettes de langoustine à la citronnelle et au gingembre, et des fraises gariguettes escortées d'une bonne mousse de mascarpone. </p>


<p class="spip">				3, rue de Montalembert, Paris (VIIe), 01-45-49-68-03. A la carte : 50-70 €.</p>

<p class="spip"><b>Hôtel de Sers</b></p>

<p class="spip">				A côté des « cathédrales » hôtelières avec grand pignon sur rue, ce délicieux petit palace joue les discrets. Cachée, son élégante galerie de portraits, planqué, son lumineux décor contemporain, dissimulé, son formidable patio-terrasse planté d'une bande de pelouse, de catalpas et de larges parasols... Calme absolu à deux pas des Champs-Elysées pour goûter à la cuisine de Christophe Hay, nouveau chef de retour des Etats-Unis, aux excellents nems de crevettes à la sauce thaï, à la daurade royale poêlée et son impeccable piperade basquaise, et à la bonne soupe de fraises. </p>


<p class="spip">				41, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, Paris (VIIIe), 01-53-23-75-75. A la carte : 50-60 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> Le bar de ligne confit à l'huile d'olive, sauce tomate, supions, sauce tonato, coeur de fenouil et basilic (70 €) dans un patio chic et secret.
_ Le Pur'Grill, Park Hyatt, 5, rue de la Paix, Paris (IIe), 01-58-71-10-60. Menu : 135 € (soir).</p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Pour la vue</b></p></center>
			
<b>Le Zyriab by Noura</b></p>

<p class="spip">				On ne voudrait pas sous-estimer les ambitions culinaires de l'Institut du monde arabe, mais les libanaiseries, même bien troussées par Noura, le nouveau calife en place, ne pèsent pas bésef au regard de la vue. Ah, cette vue ! La capitale en CinémaScope avec Notre-Dame en <I>guest star,</I> le Sacré-Coeur et l'île Saint-Louis en seconds rôles et les toits de Paris pour la figuration. Sur fond de carte postale grandeur nature, les kafta, les brochettes de poulet marinées au citron, les chawarma d'agneau et toute la ribambelle des mezze du pays du Cèdre parviennent de temps en temps à détourner l'attention. L'addition, plombante, elle, se chargera de vous redescendre sur terre. </p>


<p class="spip">				1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris (Ve), 01-55-42-55-42. Menus : 48 et 56 € (midi), 72 et 84 € (soir). A la carte : 60 €.</p>

<p class="spip"><b>Le Diapason</b></p>

<p class="spip">				D'année en année, le secret s'est tellement éventé que, à moins de réserver bien à l'avance, vous ne décrocherez pas votre ticket pour une dînette au dernier étage du Terrass Hotel face à la vue plongeante sur Paris. La tour Eiffel semble à portée de main tandis que la cuisine de Julien Roucheteau prend la route du Midi, entre rougets au chorizo et côtes d'agneau à la sauge.</p>


<p class="spip">				Terrass Hotel, 12, rue Joseph-de-Maistre, Paris (XVIIIe), 01-44-92-34-00. Menus midi : 22 et 29 € (31 et 36 € en terrasse). A la carte : 50 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> Le « tigre qui pleure », émincé de boeuf à la sauce Costes (29 €), sur le toit-terrasse panoramique du Centre Pompidou.
_ Le Georges, 9, rue Beaubourg, Paris (IVe), 01-44-78-47-99. A la carte : environ 70 €.</p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Au vert</b></p></center></p>

<p class="spip"><b>Le café Branly</b></p>

<p class="spip">				Deux talents pour une terrasse. Cette brasserie en plein air occupe une place de choix : lovée entre les pattes du musée de Jean Nouvel, elle se découvre après un parcours au coeur du jardin foisonnant de Gilles Clément, rassemblant, sur près de 2 hectares, 180 espèces d'arbres venues du monde entier. La carte prend des airs un peu « touristiques » à coups de tartines et salades un poil passe-partout. Mais on apprécie la pizza margarita « faite maison », à la pâte épaisse, à la sauce tomate délicate avec, en prime, vue sur la tour Eiffel ! </p>


<p class="spip">				27, quai Branly, Paris (VIIe), 01-47-53-68-01. A la carte de 9 à 23 €.</p>


<p class="spip"><b>Le café Faubourg</b></p>

<p class="spip">				Entre le palais du Louvre et la place de la Concorde, un joli écrin paysager vient d'éclore dans la cour de l'hôtel Sofitel le Faubourg, peuplé de cannes de bambou géantes, de palmiers et d'agapanthes. Une terrasse qui sied aux assiettes distinguées du chef Jérôme Videau : saint-pierre meunière avec épeautre et crème de petits pois wasabi, filet d'agneau tartiné d'une fine croûte d'épices ou, encore, assortiment de légumes frais du marché. L'après-midi, le patio se transforme en salon de thé pour une dégustation de cocktails parfumés aux herbes aromatiques. </p>


<p class="spip">				15, rue Boissy-d'Anglas, Paris (VIIIe), 01-44-94-14-24. Menu : 37 €. </p>

<p class="spip"><b>Le Moulin de la galette</b></p>

<p class="spip">				Après une ascension chaotique, il semblerait qu'Antoine Heerah, séparé de Jérôme Bodereau, l'acolyte des années succès au Chamarré, ait trouvé l'antidote à son mal des hauteurs. A l'ombre du fameux moulin de Montmartre, sur une charmante terrasse pavée croulant sous la verdure, il soigne ses assiettes aux produits du moment (turbot hyperfrais et ses légumes printaniers), distille les remèdes de grand-mère (velouté Dubarry, oeuf cocotte au foie gras...) et dégaine une jolie collection de potions lointaines, entre gambas en brochette à la citronnelle et crème de yaourt aux agrumes et safran, carpaccio de bar au combava et mangue verte et assortiment de crèmes brûlées aux arômes de l'océan Indien. La Butte retrouve le sourire, même si le portefeuille rit jaune au dîner. </p>


<p class="spip">				83, rue Lepic, Paris (XVIIIe), 01-46-06-84-77. Menus : 17 et 25 € (midi), 60 € (soir). A la carte : 70 €.</p>

<p class="spip"><b>Le Chalet de l'Oasis</b></p>

<p class="spip">				L'autre campagne à Paris. Dans le parc de Saint-Cloud, cette cabane peinturlurée de vert fait figure de bivouac gourmand et familial. Juchée sur la butte aux Chèvres au beau milieu d'une clairière, sa terrasse champêtre domine le sud-ouest de Paris. Un joli belvédère, avec tables et chaises de jardin, géraniums, nappes quadrillées rouge et blanc. En service continu, la carte propose des assiettes bien de chez nous : saucisson sec ou radis beurre, croque-monsieur, carpaccio de boeuf, ainsi qu'un steak tartare généreux et bien dosé accompagné de frites fondantes. Le tout servi par une équipe de serveurs dynamiques et souriants, même en plein rush. </p>


<p class="spip">				Parc de Saint-Cloud, Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), 01-49-66-12-83. A la carte de 4 à 26,50 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> L'assiette du Rond-Point, assortiment de jambon, saumon, antipasti, poulet et roast-beef (16 €) sur une esplanade calme et ombragée.
_ Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin-Roosevelt, Paris (VIIIe), 01-44-95-98-44. Menu : 22 € (midi).</p>



<p class="spip"><b>La Véranda</b></p>


<p class="spip">				
« Véranda », le mot peut faire penser à la prolongation lumineuse d'un pavillon témoin de banlieue. Oubliez ça ! Vous êtes ici dans l'autre château de Versailles, le Trianon Palace, « cuisiné » depuis peu par un Ecossais boulimique, Gordon Ramsay. La Véranda, c'est la version « simple » des gourmandises locales, brasserie chic et agile, épanouie sous des moulures revisitées et sur une généreuse terrasse à l'environnement chlorophylle. Face aux prairies du parc du château, le « vrai », on peut même apercevoir quelques moutons tout en nourrissant ses appétits, assez satisfaits d'une salade de calamars farcis, tentacules frits et sauce tomate épicée, d'un cou d'agneau de Lozère braisé et purée de pommes de terre à l'estragon, ou d'une gelée d'agrumes, fruits de la Passion et sorbet au basilic. </p>

<p class="spip">Hôtel Trianon Palace, 1, boulevard de la Reine, Versailles (Yvelines), 01-30-84-55-56. A la carte : 60 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> Le cheese cake (4 €), dans un petit square où crissent les graviers et où croule la chlorophylle.
_ Musée de la Vie romantique, hôtel Scheffer-Renan, 16, rue Chaptal, Paris (IXe), 01-55-31-95-67. Menu : 11-12 €(midi).</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b>Le carré d'agneau avec ses légumes (74 €) en plein coeur du bois de Boulogne.
_ La Grande Cascade, allée de Longchamp, Paris (XVIe), 01-45-27-33-51. Menus : 75 € (midi), 177 € (soir).</p>


<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Dînons cachés</b></p></center></p>

<p class="spip">			<b>Taeko</b></p>

<p class="spip">				Un petit marché pour un grand voyage... Dans les allées du marché des Enfants-Rouges, on peut casse-croûter français, marocain, italien, antillais... et japonais chez Taeko. Le mode d'emploi ? Commander au comptoir, derrière lequel s'affaire une vive armada de jeunes Nipponnes, et s'installer autour de grandes tables en bois, dressées au plus simple et à l'air libre, à hauteur de paniers et à portée de parfums exotiques. S'emparer des baguettes disposées dans un pot commun, et puis faire un sort au délicieux maquereau mijoté au miso (8,90 €), à l'impeccable assortiment de sashimis (11,90 €), au poulet frit à la sauce soja (8,90 €) et à cette grosse part de cake au thé vert (3 €)... Une impression de dimanche en pente douce, même un mardi entre deux rendez-vous.</p>


<p class="spip">				Marché des Enfants-Rouges, 39, rue de Bretagne, Paris (IIIe), 01-48-04-34-59. A la carte : 20 €.</p>

<p class="spip"><b>Le salon du Panthéon</b></p>

<p class="spip">				La terrasse de cet « home sweet home » est un secret encore bien gardé. A deux pas du parvis de la Sorbonne, à l'étage du cinéma d'art et d'essai, Catherine Deneuve a fait la déco et vous reçoit chez elle. Une grande salle, des bibliothèques de part et d'autre, des clichés en noir et blanc d'étoiles du 7e art, des tables pour deux, des canapés pour trois. Au fond de la pièce, derrière la baie vitrée se devine une terrasse de 35 mètres carrés, avec son mur de verdure. L'accueil est chaleureux et l'ardoise invite au grignotage chic et sain : salades de chou, lentilles ou tomates à la coriandre, ou encore tortilla et saumon fumé bio. Pas de doute, Mme Deneuve sait recevoir... </p>


<p class="spip">				13, rue Victor-Cousin, Paris (Ve), 01-56-24-88-80. A la carte : entre 11 et 16 €.</p>

<p class="spip"><b>Om'Zaki</b></p>

<p class="spip">				C'est le genre de petite cantine qu'on est fier de dénicher quand on baroude au bout du monde... Sauf que ce bout du monde-là, même un peu paumé dans un coin improbable du XVe arrondissement, reste accessible en métro. Alors, la trouvaille devient secret de Polichinelle et le bouche-à-oreille circule vite pour raconter ce petit entre-soi coloré, cet accueil souriant, cette généreuse et fraîche cuisine syro-palestinienne, le laban bel khiar (concombre au yaourt), le dajaj méchoui (méchoui au poulet) et le mouhallabieh (flan à la fleur d'oranger), et cette arrière-cour inimaginable, vu de la rue : une coulisse adorablement parisienne, un petit patio humble et ombragé pour une vingtaine de couverts en voyage... </p>


<p class="spip">				76, rue de la Procession, Paris (XVe), 01-56-58-08-82. Menus : 12,50 € (midi) et 20 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> Le café frappé (4,50 €) à l'ombre du mur d'enceinte du couvent des Récollets.
_ Le Café A, 148-154, rue du Faubourg-Saint-Martin, Paris (Xe). A la carte : 10 €.</p>

<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> La  sole cuite à la vapeur avec asperges et câpres de Sicile (65 €), dans le jardin romantique d'un pavillon élyséen.
_ Le Laurent, 41, avenue Gabriel, Paris (VIIIe), 01-42-25-00-39. Menu : 160 €.</p>

<p class="spip"><center><p class="spip"><b>Dehors tranquilles</b></p></center></p>

<p class="spip"><b>Le café des Lettres</b></p>

<p class="spip">				On en était resté au gratin de saumon de la célèbre adresse scandinave de la rue de Verneuil. Fermé en novembre 2006, le café des Lettres a rouvert il y a six mois et il est temps de se mettre à la page : les fauteuils clubs, la bibliothèque et une clientèle qui semble ignorer l'existence du jean rappellent que l'on se trouve ici à Saint-Germain-des-Prés ; la terrasse, dotée d'une jolie pergola, que l'été est bien là. Si le décor manque de vert (le Centre national du livre, autre occupant des lieux, a promis pour bientôt quelques jolies plantes), l'assiette affiche ses couleurs, avec son pavé de boeuf au pain d'épices, ou, pour la touche sucrée, son macaron au thé rouge. Les entrées sont parfois plus jolies au palais qu'à l'oeil, mais qu'importe : le soleil brille ici de 13 à 17 heures et l'on s'entend parler (et bronzer) sans effort. Pour la sieste, préférer l'intérieur. </p>


<p class="spip">				53, rue de Verneuil, Paris (VIIe), 01-45-44-14-69. Menu midi : 17,50 €. A la carte : 20-30 €.</p>

<p class="spip"><b>Fuxia</b></p>

<p class="spip">				Après avoir placé leurs pions aux quatre coins de la capitale, le clan parisien de la mozza-pasta-pannacotta a pris le contrôle d'un spot stratégique à quelques pas du canal Saint-Martin, à la façon d'une gigantesque « lofteria » tout en brique, pierre de taille à nu, grandes tables d'hôte rustiques et tuyauterie en aluminium, prolongée par une belle terrasse où l'héliothérapie tourne à plein de 11 à 16 heures. Le soleil est aussi dans l'assiette : salade primavera belle et copieuse (12 €), fusilli Fuxia aux tomates fraîches et séchées avec mozzarella et yaourt aux fruits rouges gentiment ficelé (6,50 €). </p>


<p class="spip">				15, rue Jean-Poulmarch, Paris (Xe), 01-42-01-30-90. Environ 30 €.</p>

<p class="spip"><b>Moisan</b></p>

<p class="spip">				« Editeur de pain bio », selon l'enseigne de cette boulangerie griffée Moisan. Mais pas seulement. Sur la jolie terrasse au mobilier acidulé de cette boutique aux airs d'usine new- yorkaise, la jeunesse boulonnaise lézarde au soleil autour d'un petit déjeuner avec jus de fruits frais pressés (8,80 €), d'une tartine poulet-avocat-parmesan (9,80 €) ou d'une salade tomate-mozzarella-olive (8,50 €). Du pain au levain jusqu'à la moindre feuille de roquette, tout est 100 % bio. On salue la performance. </p>


<p class="spip">				32, avenue Jean-Baptiste-Clément, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), 01-46-99-08-48.</p>


<p class="spip"><b> <i>Et toujours...</i> </b> Le nouveau brunch du week-end (29 €) sur l'une des plus vastes terrasses de la capitale.
_ La Gare, 19, chaussée de la Muette, Paris (XVIe), 08-25-00-12-22. Menu : 36 € (midi et soir).</p>]]></description>
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    <author> François-Régis Gaudry</author>
    <pubDate>Thu, 03 Jul 2008 12:15:35 +0200</pubDate>
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