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  <title><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS - Magazine Qobuz]]></title>
  <link>http://www.qobuz.com/info/-MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS-D-OLIVIER-BELLAMY285</link>
  <description><![CDATA[]]></description>
  <language>fr-FR</language>
  <copyright>&#xA9; Qobuz</copyright>
    
    <item>
    <title><![CDATA[Guillaume Gallienne, l'invité du mois de "Classica"]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Guillaume-Gallienne-l-invite-du89741</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x296_arton89741.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« J’ai toujours été classique dans mes goûts, que ce soit en littérature, en musique ou en danse. D’éducation protestante, mon père écoutait surtout du chant grégorien. J’étais plus attiré par les chants slavons de ma mère, qui est d’origine russe et née à Madrid. Je pouvais écouter sans me lasser la liturgie du Jeudi saint, qui est la plus longue, sans comprendre les paroles. La profondeur de cette musique me transporte. Je suis orthodoxe, je me suis marié dans l’église russe de la rue Daru où mon fils a également été baptisé. J’aime aussi le côté racé, fier et chaud de la langue espagnole.
<br>
<div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_318x228_guillaume_gallienne.jpg" /></span><center><small>Guillaume Gallienne avec Olivier Bellamy <br>(17.02.2012)</small></center></div>« La familiarité avec les langues étrangères m’a donné de l’oreille.
Mon père disait : “{Je veux bien que vous ne sachiez rien faire, mais
en trois langues}.” Il m’a envoyé dans un <i>summer camp</i> aux États-
Unis pour que j’apprenne l’anglais. J’ai fait une dépression à douze ans et j’ai dû voir un phoniatre pour trouver ma voix. J’imitais trop ma
mère. Comme elle disait : “<i>Les garçons et Guillaume, à table !</i>”, je pensais que le meilleur moyen d’être distingué de la masse des
garçons, c’était d’agir comme une fille, donc d’imiter ma mère. Je
me faisais traiter de tapette au collège. Puis on m’a envoyé dans
un collège anglais et tout s’est arrangé, car les Anglais ont ceci de
particulier : ils ne jugent pas sur l’apparence et ils ne jugent pas
l’autre s’il est issu du même milieu social. La langue anglaise m’a
rendu moins hystérique, moins colérique. D’ailleurs, je parle à
mon fils en anglais. Je me régale des concerts Hoffnung.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><H3>« La quête de l’excellence <br>est tragique »</H3></i></center>
<p class="spip">&nbsp;</p>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span><br>
<b><big>DON QUICHOTTE</b> <br>
de <b><big>LÉON MINKUS</big></b></big> 
<br>
<center><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x275_0845221050546_600.jpg" /></span><a href="http://www.qobuz.com/album/leon-minkus-don-quijote/0845221050546">Écouter/Télécharger <b>Minkus : Don Quichotte</b> par <b>Boris Spassov</b></a></center>
<br>
« <small><b>C’est la danse qui m’a conduit à la musique. Quand je suis loin de chez moi, je regarde Sylvie Guillem dans <i><b><small>Raymonda</small></b></i>, Nicolas Le Riche dans <i><b><small>Don Quichotte</small></b></i>, ou Claire-Marie Osta dans <i><b><small>Le Lac des cygnes</small></b></i>. J’adore la musique de ballet, son côté narratif. C’est beaucoup plus riche et intéressant qu’on ne le pense.</small></b> » </p></div>

<p class="spip">« L’humour nécessite une distance. Il suffit de faire deux pas en
arrière pour distordre la réalité et en rire au lieu d’en pleurer. J’ai toujours fonctionné ainsi. Les Anglais ont ça. Ma grand-mère rêvassait
à un feu rouge en Angleterre et laissait passer le vert, l’orange et puis le rouge. Un bobby s’est approché de sa voiture et lui a dit : “<i>Chère Madame, n’y a-t-il aucune de ces couleurs qui vous plaise ?</i>”</p>

<p class="spip">« À la Comédie-Française, j’ai appris à écouter. Klaus Michaël Gruber m’a enseigné le calme. En fait, la nervosité est très tournée vers soi, le calme permet de s’ouvrir à l’autre. Le calme, ce n’est pas le vide, c’est une réceptivité et un écho.</p>

<p class="spip">«Quand j’ai vu Renée Fleming dans <i><b>Alcina</b></i> de Haendel, j’ai découvert qu’on pouvait travailler sur le silence avec une grande profondeur. Son air “Ah mio cor” me bouleverse. N’ayant jamais appris
à chanter, j’ai été très étonné qu’Alexandre Tharaud me demande
de participer à son prochain disque autour du {Bœuf sur
le toit}. J’y chante la chanson de Dranem : {Pourquoi n’ai mes-tu pas
les femmes, Henri, Henri, Henri, c’est pas gentil.}</p>

<p class="spip">« Au début, j’étais obsédé par la rigueur, la préparation, le travail. Et
puis je me suis rendu compte que tout était trop attendu, trop prévisible. La créatrice de lumière Dominique Bruguière m’a dit un jour : “<i>Au bout de trente ans de métier, ce n’est plus le travail qui est important, c’est de préparer le plongeon</i>.” Il faut être dans ce qu’on fait, dans ce qu’on dit. Dépasser la rigueur. Quand Nicolas Le Riche exécute un saut, il ne pense pas de suite à atterrir, il pense juste à voler, et on vole avec lui. La quête de l’excellence est tragique. Moi, j’ai juste besoin qu’on me fasse confiance et mon imagination peut aller très loin, en toute liberté. » ◆
<br>
<br>
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<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
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<br></p>












]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_89741</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Tue, 15 May 2012 16:54:50 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Loïck Peyron, l'invité du mois de "Classica"]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Loick-Peyron-l-invite-du-mois-de69660</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x242_arton69660.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Ecouter de la musique en mer (comme lire) est idéal en croisière, mais pas vraiment en course. D'abord le bruit est assez terrible sur un multicoque lancé à 60 km/h ; ensuite l'oreille est indispensable pour entendre les bruits suspects en compétition. Savoir écouter est même la qualité principale d'un marin, ce qui le rapproche d'un musicien. Il faut pouvoir anticiper, observer. La technique n'est là que pour enjoliver l'ensemble. Un skipper, comme un chef d'orchestre, doit savoir s'entourer non pas des meilleurs solistes mais de ceux qui vont constituer le meilleur groupe. Ce n'est pas l'addition de CV impressionnants qui fait une équipe performante.
<br>
<br>
« Pour le trophée Jules-Verne, j'ai hérité d'un orchestre déjà constitué, si je puis dire ; j'ai changé quelques chefs de pupitre (très peu) et je n'ai pas mené l'ensemble "à la baguette" : nous avons respecté le rythme et suivi la partition avec imagination. Un bon marin ne doit pas forcément être bon en tout, mais mauvais nulle part.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><H3>« Savoir écouter est la qualité d'un marin »</H3></i></center>
<p class="spip">&nbsp;</p>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span></p>

<p class="spip"><b><big>LE MESSIE</b>  <br>
de <b><big>HAENDEL</big></b></big> 
<br>
<center><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x275_0002894775904_600.jpg" /></span><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Handel-Messiah-/Classique/The-English-Concert/Archiv-Produktion/default/fiche_produit/id_produit-0002894775904.html"><b>Écouter et télécharger "Haendel : Le Messie"&nbsp;&nbsp;par Trevor Pinnock</b></a></center>
<br>
« <b>Cet oratorio me rappelle ma première traversée de l'Atlantique sur un bateau de 6,50 m, avec un sextant, comme le capitaine Haddock. J'avais dix-neuf ans et je l'écoutais sur un petit radio-cassette. J'ai usé beaucoup de versions différentes parce que ce genre d'appareil supporte mal l'air salin. C'est ma mère qui me l'avait fait découvrir.</b> » 
<br>
<br>
<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x229_loick-peyron.jpg" /></span>
<center><small>Loïck Peyron avec Olivier Bellamy</small></center></p></div>

<p class="spip">« En musique, sur un bateau et dans la vie, la prise de risque me semble indispensable. Notre société recherche le risque zéro, ce qui n'existe pas et représente le début de la fin, parce que cela entraîne une perte de responsabilité, d'où la réaction étrange de ce capitaine italien qui a récemment défrayé la chronique... Interpréter, cela devrait être prendre un risque. </p>

<p class="spip">« J'avais un grand-père violoncelliste qui avait une oreille extraordinaire. Il travaillait pour un fabricant de matériel hi-fi, disposait ses enceintes au millimètre, les posait sur des livres dont il arrachait quelques pages pour obtenir la hauteur idéale... Il fredonnait toute la journée.</p>

<p class="spip">« J'ai commencé mon initiation musicale avec <I>Pierre et le Loup</I>. Et puis j'ai découvert <I>Les Planètes</I> de Gustav Holst. "Mars" donne une bonne idée de ce que peut être une tempête sur mer... </p>

<p class="spip">« Un navigateur ne peut lutter contre les éléments, comme un chef d'orchestre peut difficilement lutter contre ses musiciens. Mieux vaut être un roseau qu'un chêne, ce qui ne veut pas dire qu'il faille se laisser dériver au gré du vent ou se cacher. Mais l'humilité est indispensable sur mer. Comme l'humidité !</p>

<p class="spip">« Mes héros, ce sont des anonymes, comme ces marins-pêcheurs qui se lèvent à 2 heures du matin, pas forcément ceux qu'on voit dans les journaux. Ou alors les anciens capitaines de vaisseaux de guerre qui, à vingt ans, devaient diriger six cents hommes dont la plupart n'avaient pas demandé à être là. D'une façon générale, je suis impressionné par ceux qui font bien leur métier.</p>

<p class="spip">« Dans le chaos de la mer, la musique baroque me semble la plus appropriée pour goûter à un moment de détente : c'est parfaitement ordonné, ciselé à l'extrême, harmonieux, bien proportionné, facile à écouter.</p>

<p class="spip">« J'ai un goût avoué pour la musique religieuse, moi qui, Dieu merci, suis un parfait athée. Les marins ont leurs propres divinités (Neptune, Éole), mais je suis surtout fasciné par la foi qui produit de grands chefs-d'oeuvre artistiques, qui soulève des montagnes sans dominer personne et sans agresser l'oreille. » ◆
<br>
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<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
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]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_69660</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Tue, 10 Apr 2012 16:53:29 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Juliette Gréco, l'invité du mois de "Classica"]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Juliette-Greco-l-invite-du-mois-de66037</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x200_arton66037.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Je suis née contrariante. Je n'en fais qu'à ma tête. Je suis curieuse de tout. J'aime les gens, mais je ne suis pas née avec des ailes dans le dos et une lyre dans les mains. Je peux être féroce, quasi brutale, comme un enfant. 
<br>
<br>
« J'ai été élevée dans la région bordelaise par des grands-parents qui adoraient la musique. Mon grand-père est l'homme de ma vie. À sa mort, j'ai ressenti une blessure qui ne s'est jamais refermée. Ma grand-mère adorait <b>Caruso</b>... Et là me revient l'odeur du phono, le bruit des aiguilles dans la boîte, l'image du petit chien de La Voix de son Maître. Je me souviens aussi du baryton <b>André Baugé</b> qui chantait un truc stupide avec une voix merveilleuse : "<i>Ce matin, la ville est en fête/Le gai soleil brille pour nous</i>." À l'école, les filles étaient folles de <b>Tino Rossi</b> et faisaient toutes "<i>Tchi tchi</i>"... </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Une maison sans musique <br>
c'est un cube »</big></i></center>
<p class="spip">&nbsp;</p>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span></p>

<p class="spip"><b><big>CLARA HASKIL</b>  <br>
MOZART</big> 
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<center><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x275_0002894376762_600.jpg" /></span><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Mozart-Piano-Concertos-Nos.13-20-Piano-Sonata-K.280-/Classique/Clara-Haskil/Deutsche-Grammophon-DG/default/fiche_produit/id_produit-0002894376762.html"><b>Écouter et télécharger Mozart&nbsp;&nbsp;par Clara Haskil</b></a></center>
<br>
« Dans les moments difficiles de ma vie, il y a toujours eu les disques de Clara Haskil pour me rendre le sourire. Pour arriver à ce résultat de beauté et de pureté, il faut avoir une volonté de fer. Cela m'a toujours impressionnée. » 
<br>
<br>
<br>
DERNIÈRE PARUTION
<center><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x275_0060252785940_600.jpg" /></span>
<a href="http://www.qobuz.com/album/ca-se-traverse-et-cest-beau-juliette-greco/0060252785940"><b>Écouter et télécharger " Ça se traverse et c'est beau " / Juliette Gréco </b></a> <br>
<a href="http://www.qobuz.com/interprete/juliette-greco/telechargement-ecoute-albums"><b>Discographie Juliette Gréco</b></a></center>
</p></div>

<p class="spip">« Après la guerre, la prison à Fresnes, ma mère et ma sœur en camp de concentration (je les ai retrouvées à l'hôtel Lutétia), j'étais devenue quasi muette. C'est <b>Boris Vian</b> qui m'a rendu la parole en me parlant des heures entières. Il jouait de la trompette avec ses deux frères au Tabou, un café de la rue Dauphine, dans une cave que j'avais découverte en laissant tomber mon manteau dans l'escalier et qui avait été une sorte de boîte à strip-tease pendant l'Occupation. 
<br>
<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_288x330_36730641.jpg" /></span><center><small>Avec Boris Vian (Photo X)</small></center></div>
<center>&nbsp;</center>
Tout le monde est venu : les vicomtes et les marquises, des écrivains, des peintres, quelques folles, et puis le monde entier. De là est née la légende de Saint-Germain-des-Prés qui, avant la guerre, était un village pour dames à colliers de perles et messieurs tenant canne à pommeau d'argent. Nous y avons créé un somptueux désordre. J'ai commencé à chanter <b>Prévert</b> et <b>Queneau</b>. Et puis <b>Sartre</b>, un matin, chez lui, aux aubes vertes, m'a proposé <i>Dans la rue des Blancs-Manteaux</i>. Il avait écrit la musique, dont il n'était pas satisfait, et m'a demandé qui j'aimais. J'ai répondu <b>Joseph Kosma</b>, il l'a appelé, et voilà.</p>

<p class="spip"><div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_291x336_greco_et_miles_davis.jpg" /></span><center><small>Avec Miles Davis (Photo X)</small></center></div>
<center>&nbsp;</center>
« J'ai rencontré <b>Miles Davis</b> après son concert à la Salle Pleyel. Je ne m'étais pas rendu compte qu'il était noir. Pour moi, c'était un homme génial, d'une grande beauté, que j'aimais et qui m'aimait. <b>Sartre</b>, qui se mêlait toujours de ce qui ne le regardait pas, lui a demandé : "<i>Pourquoi n'épousez-vous pas Gréco ?</i>" Lui qui ne s'est jamais marié avec le Castor ! <b>Miles</b> lui a répondu : "<i>Je ne veux pas qu'elle soit malheureuse</i>." En Amérique, j'étais considérée comme une putain nègre. 
<br>
<br>
<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_288x311_Callas-Greco-1966_jpg_1319809923.jpg" /></span><center><small>Avec Maria Callas en 1966 (Photo X)</small></center></div>
« <b>Maria Callas</b> venait souvent m'écouter chanter et elle m'enregistrait sur un petit appareil pendant le concert. Elle était très tendre avec moi. Pour moi, c'était la plus grande. J'ai rencontré <b>Pavarotti</b> lors d'un reportage photo pour un journal. Avant de partir, j'ai commandé des spaghettis et il a dit : "<i>Je vais les faire !</i>" Et il les a préparés avec une grande élégance, surprenante chez cet ogre merveilleux. 
<br>
<br>
« Aujourd'hui, j'aime <b>Cecilia Bartoli</b> pour sa joie de vivre. C'est un ange doué pour le bonheur, contrairement à Maria Callas qui était un personnage de tragédie grecque. J'adore <b>Natalie Dessay</b> ! Les poètes et les musiciens m'ont procuré les plus grands moments de ma vie. Chez moi, aujourd'hui, la musique est toujours présente grâce à <b>Gérard Jouannest</b> qui travaille au piano et qui joue <b>Chopin</b>, <b>Debussy</b> ou <b>Ravel</b>. Une maison sans musique, ce n'est pas une maison, c'est un cube. » ◆
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
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</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_66037</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Fri, 09 Mar 2012 16:21:05 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Kader Bélarbi, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Kader-Belarbi-l-invite-du-mois-de65151</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x207_arton65151.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Mes premiers souvenirs musicaux remontent à Grenoble, où je suis né. Mon père, né en Algérie, avait fait le choix de l'armée française et était colonel. Enfant, j'ai été imprégné par les défilés militaires et les fanfares. D'une certaine manière, on peut faire le parallèle entre l'art militaire et la danse classique : la discipline, la hiérarchie, les manœuvres... Je ne me suis pas senti dépaysé. </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« La danse est un humanisme <br>
et une religion »</big></i></center>
<p class="spip">&nbsp;</p>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
<b><big>HÉRACLITE ET DÉMOCRITE</b></big>   <br>
de <br>
<big>JEAN-BAPTISTE STUCK</big> <br>
par<br>
<big>Marc Minkowski et Les Musiciens du Louvre</big> (EMI)
<center><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_275x275_41PPB9KDADL._SL500_AA300_.jpg" /></span></center><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/French-Cantatas-/Classique/Marc-Minkowski/Archiv-Produktion/default/fiche_produit/id_produit-0002894717302.html"><b>Écouter et télécharger Jean Baptiste Stuck&nbsp;&nbsp;: "Héraclite et Démocrite" / Marc Minkowski</b></a><br>
<br>
<br>
« J'avais été frappé par l'exposition sur la mélancolie au Grand Palais, à Paris. Je retrouve ce travail sur les humeurs et sur les maladies de l'âme dans la musique baroque. C'est en travaillant avec Francine Lancelot que j'ai découvert cet univers qui m'était étranger et qui m'est devenu très proche, mentalement et physiquement. » 
<br>
<br>
<br>
<small>Kader Bélarbi avec Olivier Bellamy</small><br>
<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_260x193_kader-belarbi-25-10-11.jpg" /></span></p></div>

<p class="spip">« Ma mère nous a inscrits, mes sœurs et moi, au Conservatoire de Grenoble, j'ai fait six ans de solfège et un an de piano avant d'entrer dans la classe de danse. Au début, mon père n'était pas tout à fait d'accord pour que je me retrouve seul garçon dans un groupe de trente filles et considérait cela comme un déshonneur, mais il a laissé faire et je lui en suis reconnaissant. Quand nous avons passé le concours d'entrée à l'école de l'Opéra de Paris, j'ai été reçu, et pas mes sœurs. Mon père a été très fier quand je suis devenu premier danseur, puis danseur étoile. Il a reçu la Légion d'honneur, et quand je l'ai reçue à mon tour, il n'était plus là, mais j'ai pensé à lui avec beaucoup d'émotion. </p>

<p class="spip">« J'ai été nommé étoile par Noureev, qui a considérablement développé la place du danseur dans le ballet classique, traditionnellement dévolu à la danseuse. Ce qui m'a plu à l'Opéra de Paris, c'est de côtoyer des musiciens, des chanteurs, des techniciens, c'est la camaraderie, la magie du théâtre. Je n'ai jamais aimé les solos ou me mettre en avant. Ce que j'aime en danse, c'est le partage. Mon premier rôle comme étoile a été dans <i>Le Sacre du printemps</i> de Béjart, donc un travail collectif. J'ai terminé ma carrière avec <i>Le Cygne</i> de Carolyn Carlson, après trente-cinq ans de "grande boutique". </p>

<p class="spip">« Cela a été violent et douloureux de partir, même si l'ultimatum est fixé dès le départ. On ne danse pas les rôles de jeune premier jusqu'à quarante-cinq ans, mais des contemporains tels Pina Bausch ou Mats Ek vous donnent une nouvelle énergie. En tant que chorégraphe, j'aime les œuvres d'Henryk Gorecki ou d'Arvo Pärt car elles laissent un espace à la danse grâce à ce côté répétitif et minimaliste. Pour <i>La Reine morte</i>, le ballet que je viens de monter à <a href="http://videos.tf1.fr/jt-we/kader-belarbi-un-danseur-etoile-a-toulouse-6798444.html">Toulouse</a>, j'ai d'abord pensé aux enregistrements de musiques chrétiennes, juives et musulmanes de Jordi Savall pour retourner aux sources de cette tragédie du XIVe siècle, reprise par Montherlant d'après une histoire vraie qui s'est déroulée en Espagne et au Portugal, mais j'ai finalement opté pour Tchaïkovski parce que sa musique a une couleur tragique qui s'accorde bien à la danse. Pour moi, la danse est un humanisme et une religion. Comme la musique, c'est un dialogue permanent entre le corps et l'esprit. C'est un monde organique, vivant, mais spirituel aussi, qui nous rapproche de l'essence de l'être humain. » ◆
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.</p>







]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_65151</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Wed, 15 Feb 2012 08:14:00 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton65151.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Robert Hossein, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Robert-Hossein-l-invite-du-mois-de63018</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x258_arton63018.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Personne n’est indispensable mais tout le monde peut être utile aux
autres. Mes spectacles sur l’histoire sainte donnent, je crois, envie de vivre et d’exister, mais surtout d’aimer, d’aider les autres et de partager.
<br>
<br>
« C’est ce que je retrouve dans les chœurs des Passions de Bach. Pas
besoin de croire pour être dans les bras de Dieu. L’essentiel, c’est de
se rendre compte que les trois quarts de l’humanité vivent mal. Il faut être à l’écoute de la maladie, de la misère. J’ai été baptisé à quarante ans par l’aumônier des spectacles qui m’a mis un peu de flotte sur la tête, mais je devais être chrétien avant ma naissance parce que j’ai toujours été bouleversé par la souffrance des autres.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Il faut être à l'écoute de la maladie et de la misère... J'ai toujours été bouleversé par la souffrance des autres. »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp;<big>LA "VALSE TRISTE" <br>
de <br>
&nbsp;<b><big>JEAN SIBELIUS</big></b> <br>
&nbsp;par <br>
&nbsp;<big>Herbert von Karajan</big> (EMI)
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894137552_600.jpg" /></span>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Jean-Sibelius-Finlandia-Valse-triste-Tapiola-Le-Cygne-de-Tuonela/Classique-Musique-Symphonique/Herbert-Von-Karajan-Musique-moderne/D/default/fiche_produit/id_produit-0002894137552.html"><b><big>Écouter et télécharger Sibelius : Valse triste / Karajan</big></b></a><br>
<br>
<b>« J’ai une grande nostalgie en moi. L’atavisme slave, probablement. Cette musique me tire des larmes comme les chansons de Charles Aznavour (ses parents étaient amis avec les miens) ou d’Édith Piaf, qui est venue m’applaudir quand j’ai débuté au théâtre et qui m’a aidé. »</b>
<br>
<br>
<br>
<br>
<small>Robert Hossein avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_265x176_robert-hossein.jpg" /></span></p></div>

<p class="spip">« Quand j’étais petit, on n’avait rien, mais ma mère donnait tout ce qu’elle avait et il y avait toujours du bortch à la betterave pour ceux qui venaient. Son père était richissime et a tout perdu à la Révolution russe. Des étudiants l’ont raccompagné à la frontière et ma mère est devenue actrice en Allemagne. Mon père, lui, jouait du piano. Il venait de Samarcande, une ville perse occupée par les Russes [aujourd’hui en Ouzbékistan]. Pour gagner sa vie, il a proposé ses services dans les studios. C’est là qu’il a rencontré ma mère. Ils parlaient russe tous les deux. Coup de foudre.</p>

<p class="spip">« Avec la montée du nazisme, ils sont venus en France. Je suis donc né à Paris. Ma mère travaillait comme modiste, mon père composait des symphonies, des concertos. Il jouait du tar [luth à long manche d’Asie centrale avec un corps en forme de double cœur] comme un dieu. On vivait à l’hôtel avec les toilettes au deuxième étage et l’eau sur le palier. Notre voisin était un peintre qui payait sa chambre avec ses toiles. Il me disait : “Un jour, je serai millionnaire.” C’était Poliakoff ! Mes parents étaient des gens merveilleux qui aidaient tout
le monde. Grâce à eux, j’ai été bercé par la musique russe — Tchaïkovski, Moussorgski, Rachmaninov — et la littérature russe : Tolstoï, Pouchkine, Dostoïevski, Lermontov…</p>

<p class="spip">« En traînant au Quartier latin, j’ai rencontré Boris Vian, Sidney Bechet, Sartre, Beauvoir. Jean Genet m’a dit que j’avais une gueule
de voyou et m’a fait jouer dans sa pièce <i>Haute surveillance</i>. Je suis devenu acteur par hasard. Je ne suis pas devenu musicien parce
que j’étais peut-être trop en admiration devant mon père. Il me
faisait penser à tous ces grands musiciens comme Mozart ou Beethoven qui passent leur vie à essayer de faire jouer leur musique. Plus tard, je l’ai engagé pour écrire la musique de tous mes films. Il me disait : “Je suis né pauvre avec une cervelle riche. Je préfère
ça que le contraire !” Il me racontait aussi des contes et des légendes.</p>

<p class="spip">« Tout ça me revient comme si c’était hier. Avec les copains, on entrait
en fraude dans les cinémas pour voir Gary Cooper et Errol Flynn, les héros de mon enfance. J’ai passé ma vie à faire la manche et je n’en ai jamais eu honte. Quand j’étais jeune, c’était : “T’as pas vingt balles ?” Aujourd’hui, pour mes spectacles, c’est : “Vous n’avez pas cinq cent mille balles ?” J’ai vécu dans des palaces et dans des chambres de bonne, comme un yoyo.</p>

<p class="spip">« Pour le spectacle <i>Une femme nommée Marie</i> à Lourdes, cet été,
on a accueilli vingt-cinq mille personnes gratuitement, dont quatre
mille malades. À Paris, on fera payer 10 euros à tout le monde
parce qu’on n’a pas le droit de faire de l’argent avec ces grandes
histoires humaines. » ◆
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.</p>








]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_63018</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Fri, 09 Dec 2011 14:41:30 +0100</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton63018.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Coline Serreau, l'invité du mois]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Coline-Serreau-l-invite-du-mois62210</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x225_arton62210.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« <b>Jean-Sébastien Bach</b> est sans doute la personne avec qui j’ai passé le plus de temps dans ma vie. C’est une musique à la fois très complexe et très lisible, un mélange parfait de la ma thématique et du sentiment. Il y a une symétrie, mais à l’intérieur de cette symétrie, tout est différent, à l’image de l’univers. Si vous regardez deux feuilles d’arbre, elles ont l’air de se ressembler, mais si vous les observez bien, il n’y en a pas deux pareilles. Bach, c’est la même chose. C’est ce qui me touche. C’est aussi un homme qui a souffert, mais il s’exprime au-delà de tout ego.
<br>
<br>
« C’est un peu ce que je recherche dans le cinéma. L’effet comique,
l’effet poétique, l’effet musical ont ceci de commun que ce n’est pas analysable, ce n’est pas rationnel, car tout est contenu dans tout : la
chose et son contraire. Et plus on va profond dans l’histoire de chacun, plus cela devient universel.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Bach est sans doute la personne avec qui j’ai passé le plus de temps dans ma vie. C’est une musique à la fois très complexe et très lisible, <br>
un mélange parfait de la mathématique et du sentiment. »</big></i></center><br>
<br>
<br>
<br>
<b><big>TROIS MADELEINES MUSICALES</big></b><br>
<br><br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>MOZART</big><br>
<center>«Adagio» (<i>Sonate KV 332</i>). <b>Maria Joao Pires</b></center>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894775200_600.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/album/maria-joao-pires-mozart-piano-sonatas/0002894775200">Mozart / Pires. Ecouter et télécharger</a></center>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>BACH</big><br>
<center>Pastorale pour orgue. <b>Marcel Dupré</b></center>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894466472_600.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/J.S.-Bach-Choral-Preludes-/Classique/Marcel-Dupre/Decca/default/fiche_produit/id_produit-0002894466472.html">Bach / Dupré. Ecouter et télécharger</a></center>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>BACH/BUSONI</big><br>
<center>Choral « Ich ruf zu dir ». <b>Alfred Brendel</b></center>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_51kx4ayipkl_ss500_.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Bach-J.S.-Italian-Concerto-etc.-/Classique/Alfred-Brendel/Philips/default/fiche_produit/id_produit-0002894757760.html">Bach / Brendel. Ecouter et télécharger</a></center><br>
<br>
« Je continue à jouer de l’orgue, mais mal. Je viens de la vieille école du legato, celle de Marcel Dupré. Ensuite, en réaction, il y a eu l’école de Chapuis qui a réinventé le phrasé de l’orgue, de manière plus
dansante, en jouant “détaché” et pas “lié”. C’était très juste et nécessaire car la danse est essentielle chez Bach, mais on a perdu un peu le côté méditatif, introspectif de cette musique. Je ne juge pas l’une ou l’autre école, mais je crois qu’on a besoin des deux. »</p></div>

<p class="spip">« Ma mère était très musicienne. Ses parents jouaient des symphonies de Beethoven à quatre mains toute la journée. Dès qu’on entendait une mélodie à la maison, on essayait de la chanter à trois voix, par jeu. J’ai appris l’orgue et le piano, mais j’ai vite compris que je n’étais pas une bonne exécutante. </p>

<p class="spip">« Ce que j’aimais, c’est lire la musique, comprendre, analyser, chercher les voix et diriger. J’ai créé la chorale du Delta il y a dix ans et
on chante tous les dimanches. Nous avons fait une tournée de trente-quatre concerts en vingt-deux jours dans des églises de la Drôme cet été avec un très grand succès. Nous nous présentons comme des amateurs mais nous travaillons d’arrache-pied pendant les stages : jusqu’à sept heures par jour. L’élite vient nous écouter, mais le public populaire également car je présente chaque œuvre en parlant de la
vie du compositeur.</p>

<p class="spip">« J’ai souvent utilisé la musique classique dans mes films parce que certaines musiques ont inspiré certaines scènes. Je n’imagine pas <i>Trois hommes et un couffin</i> sans le <i>Quintette en ut</i> de Schubert,
<i>Saint-Jacques… La Mecque</i> sans le <i>Nisi Dominus</i> de Haendel
ou <i>Chaos</i> sans l’aria des <i>Variations Goldberg</i>. </p>

<p class="spip">« J’aime certains interprètes comme <b>Maria Joao Pires</b> dans Mozart ou Chopin. En concert, elle entre, elle salue, elle joue, elle salue et elle repart. Tout pour la musique. Avec son immense sensibilité, elle fait passer l’essentiel avec simplicité et profondeur, sans rien démontrer. Elle s’efface devant la musique. Tout comme <b>Matthias Goerne</b> quand il chante un lied de Schumann. Et je suis très proche des idées humaines, politiques, sociales, écologiques de Maria Joao Pires. La libido masculine est merveilleuse mais elle domine la conduite du monde de manière disproportionnée, c’est pour cela que l’on marche sur la tête. Nous avons besoin de la libido féminine pour équilibrer les choses et pour savoir d’où l’on vient, où l’on va et pour nous rapprocher de la terre. » ◆
<br>
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div><br>
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_314x200_coline-serreau-31-08-11.jpg" /></span></center>
<small>Coline Serreau avec Olivier Bellamy (DR)</small></center>
<br>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br>
</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_62210</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Thu, 24 Nov 2011 18:19:45 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Costa-Gavras, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Costa-Gavras-l-invite-du-mois-de60938</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x225_arton60938.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« J'ai quitté ma Grèce natale à vingt ans et je vis en France depuis cinquante-huit ans. Ma culture est française, mais les racines ne s'oublient pas. Je reste marqué par la langue grecque, même si malheureusement je la parle moins, par la nourriture méditerranéenne et par la musique grecque. La chanson populaire grecque est restée très proche de la poésie, peut-être parce que nous avons longtemps été colonisés par les Turcs et que la musique et la poésie sont devenues un refuge.   
<br>
<br>
« En tant que cinéaste, je suis marqué par la tragédie grecque, incontestablement, et par le cinéma français. On me considère parfois comme un cinéaste engagé. Je ne sais pas. Je suis engagé dans ce que je fais comme un compositeur est engagé dans sa partition. Je ne conçois pas un film comme une leçon universitaire ou un discours politique, mais comme un spectacle. Je ne commence jamais un film en pensant qu'il pourra changer les spectateurs, mais j'espère qu'il les aidera à réfléchir. Un spectacle ne peut pas être, selon moi, vide de sens. Mais il faut rester méfiant avec la manipulation. Le succès international des Platters servait la propagande des États-Unis qui voulaient montrer qu'ils n'étaient pas racistes à une époque où les Noirs subissaient une terrible ségrégation. </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« J'aime écouter la musique qui me fait sortir de moi et me rend plus humain »</big></i></center><br>
<div align=right><small>Costa-Gavras</small></div>
<br>
<br>
<b><big>DES MUSIQUES <br>
POUR SYMBOLISER...</big></b><br>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>LA VIE</big> <br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_41S3GDBWCGL._SL500_AA300_.jpg" /></span></center></center> 
<i><b>Il est cinq heures, Paris s’éveille</b></i> de <b>Jacques Dutronc</b>. « Un petit miracle, avec la flûte de Roger Bourdin. » <br>
<center><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Jacques-Dutronc-En-Vogue/Variete-francaise/Jacques-Dutronc/Vogue/default/fiche_produit/id_produit-0888880430328.html"><big>Écouter et télécharger</big></a> </center>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>LA MORT</big><br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894778668_600.jpg" /></span></center></center> 
<b>Troisième mouvement</b> de la <i><b>Symphonie n° 1</b></i> de <b>Mahler</b>. « C'est un morceau funèbre mais également léger. Quand on meurt, on ne demande qu'à partir, les autres n'y peuvent rien, ils sont impuissants. On vit seul cette dernière expérience de la vie. » <br>
<center><a href="http://www.qobuz.com/album/mahler-the-symphonies/0002894778668"><big>Écouter et télécharger</big></a> </center>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>L'AMOUR</big><br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_41KOVtWNDeL._SL500_AA300_.jpg" /></span></center></center>
<b>Premier mouvement</b> de la <i><b>Sonate «Le Printemps»</b></i> de <b>Beethoven</b>.
« Quelle étrange pulsion, d’une puissance extraordinaire et dont parfois il ne reste rien ! »</p></div>

<p class="spip">« J'aime montrer que la vie n'est pas forcément comme on croit qu'elle est. Que les méchants n'ont pas forcément des têtes de méchants. C'est le rêve du cinéma de prendre la place qu'occupait la littérature au XIXe siècle : raconter la vie des hommes comme l'ont fait Hugo et Balzac. Le cinéaste doit composer avec une équipe et notamment des acteurs qui portent l'histoire au spectateur. Face à une star, le metteur en scène doit se comporter normalement et ne penser qu'au personnage. C'est ce que l'acteur demande. L'acteur voit le metteur en scène comme un miroir, et s'il sent que ce miroir est déformé ou déformant, il peut devenir méchant. Cela doit être la même chose pour un chef d'orchestre face à un soliste de renom.
<br>
<br>
« J'aime écouter la musique qui me fait sortir de moi et me rend plus humain, qui me donne envie de danser dans la rue, de prendre les gens dans mes bras. Je retrouve cela dans les concertos de <b>Vivaldi</b>, de <b>Haendel</b>, dans certaines œuvres de <b>Brahms</b> ou de <b>Verdi</b>.
<br>
<br>
« Je n'ai jamais eu de problème avec la censure, mais le plus gros danger, aujourd'hui, me semble être l'autocensure, car le cinéma dépend de la télévision, donc de l'audimat. Or, il faut être prêt à financer des films qui ne seront vus que par 500 000 personnes, comme il faut publier des livres qui n'auront que 2 000 lecteurs. </p>

<p class="spip">Je ne sais pas si mes films me survivront et je n'y attache pas d'importance. Les films naissent et meurent comme les hommes. Ils expriment la sensibilité d'une époque. Quand un film reste, c'est le public qui décide. » ◆
<br>
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div><br>
<br>
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/png_306x215_costa-gavras_bellamy.png" /></span></center>
<small>Costa-Gavras avec Olivier Bellamy (DR)</small></center><br>
<br>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br>
</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_60938</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Wed, 19 Oct 2011 02:15:57 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton60938.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Xavier Darcos, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Xavier-Darcos-l-invite-du-mois-de59829</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x239_arton59829.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Mon plus ancien souvenir est musical : ma mère jouait du piano, des chansons de Vincent Scotto, et, à cinq ans, caché sous l'instrument, je posais mon oreille sur le bois pour m'imprégner des sons. Aujourd'hui, ma mère n'a plus toujours toute sa tête mais elle récite par cœur des poésies apprises durant son enfance. 
<br>
<br>
C'est très mystérieux, ce qui reste profondément ancré dans la mémoire. Nous nous souvenons toute notre vie d'une musique qui nous a émus, d'un tableau qui nous a frappés ou d'un bon vin partagé avec la femme que l'on aime, un soir d'été. Ces sensations fortes demeurent en nous toute notre vie car, à certains instants précis, nous avons éprouvé le bonheur de vivre.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Si l'homme était tout le temps <br>
heureux et s'il ne devait pas mourir <br>
un jour, l'art n'existerait pas. »</big></i></center><br>
<div align=right><small>Xavier Darcos</small></div>
<br>
<br>
<br>
<b><big>TROIS MUSIQUES <br>
POUR SYMBOLISER...</big></b><br>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>LA VIE</big> <br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0809274976864.jpg" /></span></center></center> 
<b>"Scène au ruisseau" de la</b> <i><b>Symphonie "Pastorale"</b></i> de Beethoven : « On y entend des voix distinctes et un chant commun. Un idéal de vie. » <br>
<center><a href="http://www.qobuz.com/album/nikolaus-harnoncourt-chamber-orchestra-of-europe-beethoven-symphonies-nos-1-9/0809274976864"><big>Écouter et télécharger</big></a> </center>
<br>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>LA MORT</big><br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_229x229_SL500.jpg" /></span></center></center> 
<b>Finale du</b> <i><b>Trio n° 2</b></i> de Schubert : « J'ai évité l'obstacle avec ce mouvement joyeux, plein d'élan, malgré la fin qui plane. »<br>
<center><a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Isaac-Stern-Schubert-Mozart-Haydn-Piano-Trios-Quartet/Classique/Isaac-Stern/Sony-Classical/default/fiche_produit/id_produit-0074646451625.html"><big>Écouter et télécharger</big></a> </center>
<br>
<br>
<big><big>☛</big></big>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<big>L'AMOUR</big><br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x196_SL.jpg" /></span></center></center>
<b>" Mon cœur s'ouvre à ta voix " dans</b> <i><b>Samson et Dalila</b></i></b> de Saint-Saëns : « L'espoir qu'il dure toujours. Une illusion, bien sûr. » 
<br>
<br>
<br>
<small>Xavier Darcos avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_282x193_5692694015.jpg" /></span></p></div>

<p class="spip">« Au Moyen Âge, la poésie et la musique étaient intimement liées. Guillaume de Machaut était à la fois poète et musicien. C'est un héritage de l'époque des troubadours. La poésie et la musique sont des consolations. Cette répétition des mots ou des sons, lovés sur eux-mêmes, aide celui qui les écrit ou celui qui les lit à apaiser sa souffrance. C'est toute l'histoire de l'art : transformer la boue en or, comme disait Baudelaire. 
<br>
<br>
« Si l'homme était tout le temps heureux et s'il ne devait pas mourir un jour, l'art n'existerait pas. Derrière chaque poète, il y a une douleur, un état de la condition humaine. La pauvreté chez Rutebeuf, le gibet chez Villon, l'exil chez du Bellay, la mort de sa fille chez Hugo, le revolver entre Verlaine et Rimbaud... Les poètes et les musiciens sont des frères de l'âme qui nous aident à comprendre et à supporter la difficulté de vivre. 
<br>
<br>
« La poésie est l'art qui est le plus proche de la musique. C'est un peu pourquoi je termine mon anthologie avec Alain Duault, qui est à la fois critique musical et un poète couronné par le prix de l'Académie française.
<br>
<br>
« Je suis particulièrement sensible au travail des musiciens comme Fauré, Debussy ou Poulenc autour de la poésie française. Bien sûr, un beau poème contient sa propre musique et n'a nul besoin d'illustration sonore — c'est la raison pour laquelle Victor Hugo a interdit qu'on déposât des notes sur ses vers —, mais c'est une manière de glorifier et d'honorer la poésie. J'ai découvert certains poètes oubliés, mais majeurs, grâce à la musique. Je pense notamment à Jean de la Ville de Mirmont que je n'aurais peut-être jamais connu sans <i>L'Horizon chimérique</i> de Fauré.
<br>
<br>
« Claude Rostand avait qualifié Poulenc de "moine et voyou". On pourrait reprendre la formule pour tout artiste, particulièrement ceux du Moyen Âge, qui étaient proches du divin tout en écrivant des vers paillards, qui aimaient la vie et partageaient le quotidien des soldats sur le champ de bataille.
<br>
<br>
« J'ai une passion pour le fado, qui vient de <i>fatum</i>, le destin. C'est une musique de tristesse, d'amours malheureuses, de solitude. La poésie de l'exil m'est particulièrement chère, depuis Ovide jusqu'aux plus récents. Elle nous apprend que le véritable bonheur réside souvent dans le souvenir du bonheur. » ◆
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<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div><br>
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<b>À LIRE</b> : <br>
<br>
<i><b>Une anthologie historique de la poésie française</b></i>, de Xavier Darcos (PUF)
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans "<b>Passion classique</b>" chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.</p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_59829</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Sun, 11 Sep 2011 19:33:41 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton59829.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Emir Kusturica, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Emir-Kusturica-l-invite-du-mois-de58829</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x215_arton58829.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Pour moi, la musique est l'art le plus proche du cinéma. Plus proche que la littérature. Je me souviens de Kurosawa lorsque j'étais à l'Académie de Prague, qui écoutait de la musique chorale, entre deux séances de montage, pour s'imprégner de l'architecture. La différence, c'est que le compositeur travaille seul alors que le réalisateur doit aussi diriger une équipe. Il faut être à la fois Beethoven et Karajan ! Hollywood utilise la musique pour créer une ambiance, un dynamisme, pour saupoudrer l'image de sucre. Mais lorsque Kubrick utilise <i>Le Beau Danuble</i> bleu dans <i>2001, l'Odyssée de l'espace</i>, il crée une contradiction, une profondeur de champ.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Ce qui me touche, c'est la profondeur de l'émotion. La mélancolie fait partie de la condition de l'artiste, même s'il a besoin de gaieté. C'est presque la "règle du jeu" de toute œuvre d'art. »</big></i></center>
<br>
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&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp;<big>LES QUATRE SAISONS de <br>
&nbsp;<b><big>ANTONIO VIVALDI</big></b> <br>
&nbsp;par <br>
&nbsp;<big>NIGEL KENNEDY</big> (EMI)
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0724355764751_230.jpg" /></span>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Nigel-Kennedy-Members-of-the-Berliner-Philharmoniker-The-Vivaldi-Album/Classique/Nigel-Kennedy/EMI-Classics/default/fiche_produit/id_produit-0724355764751.html"><big>Écouter et télécharger</big></a><br>
<small><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></small>
<br>
<br>
<b>« Nigel Kennedy est l'un des plus grands musiciens du monde. Il est capable de jouer avec une pureté d'émotion absolue, tout en parlant avec ses musiciens ou avec le public. Il ne sépare pas la vie de son art. Et après le concert, il retrouve des amis pour jouer du jazz ou de la musique tsigane dans un bar. »</b>
<br>
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<small>Emir Kusturica avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_282x229_5739918920_9ca619e9ca.jpg" /></span></center></center>
<br>
<div style="padding: 6px; border: 1px solid #DED9D9; background-color: #FFFFFF; float: right; margin: 5px 0 0 16px;"><span class="spip_documents"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_135x217_Ou_suis-je_dans_cette_histoire.jpg" /></span></div><big><big>☛</big></big> <b>À LIRE</b> : <br>
<br>
<br>
<i><b>Où suis-je dans cette histoire ?</b></i>
<br>
<br>
<small>par</small> 
<br>
<br>
<b>Emir Kusturica</b> 
<br>
<br>
<br>
<small>Ed. J-Cl. Lattès</small></p></div>

<p class="spip">« En musique, comme au cinéma, il est plus difficile de faire quelque chose de grand aujourd'hui, car la technique, la culture scientifique et le marché ont envahi la création. Le libéralisme dicte sa loi, et ce n'est pas bon pour l'art. Songez que Fellini, le plus grand artiste du XXe siècle à mes yeux, ne trouvait pas de quoi financer ses films à la fin de sa vie. Comme si Michel-Ange n'avait plus eu de quoi se payer de la peinture ou du marbre.</p>

<p class="spip">« Quand je suis parti de Yougoslavie pour faire du cinéma, mon père m'a dit : "Si tu ne deviens pas Fellini, sois au moins De Sica." C'est très balkanique comme vision des choses. Si nous devenons quelqu'un, ce n'est pas grâce à l'État, c'est grâce à nos parents, plus qu'en France, je crois.</p>

<p class="spip">« Toute ma vie, je me suis senti à la fois révolutionnaire et conservateur ; une combinaison impossible. Sur le plan musical, je reste très attaché à certaines figures comme Lou Reed, l'un de mes héros à cause de l'innocence de son expression. Chez lui, la force de l'idée domine le pouvoir technologique. En revanche, je déteste la techno : c'est la réduction absolue de l'art à la drogue, c'est la mort de la musique.</p>

<p class="spip">« J'aime la musique romantique comme Dvorák ou Brahms. Je ne pensais pas être un romantique, mais je m'aperçois que je le suis profondément dans mes goûts musicaux. Mon attachement à l'unité de la Yougoslavie, au communisme, à la religion orthodoxe, de manière mélangée et paradoxale, est une idée romantique, je pense. Ce qui me touche, c'est la profondeur de l'émotion. La mélancolie fait partie de la condition de l'artiste, même s'il a besoin de gaieté. C'est presque la "règle du jeu" de toute œuvre d'art.</p>

<p class="spip">« En Serbie, il y a beaucoup de cinéastes très éduqués, mais l'originalité est plus rare. Personnellement, je ne fais aucune différence entre ma vie et le cinéma. Les deux sont liés inextricablement. </p>

<p class="spip">« Je me souviens, un jour, je me promenais dans les rues de Sarajevo avec Johnny Depp. C'était peu de temps avant la guerre [<i>la guerre civile en Bosnie a commencé en avril 1992 - Ndlr</i>], il faisait une chaleur accablante. J'essayais de lui expliquer la vie dans ce pays et il ne comprenait rien. Tout à coup, un homme a posé un haut-parleur sur un balcon et la musique de <i>La Flûte enchantée</i> a envahi l'espace. C'était comme les trompettes de Jéricho qui annonçaient la destruction d'un monde de manière métaphorique. La pureté de Mozart dans cet environnement chaotique nous signifiait que la guerre allait avoir lieu, comme une révélation existentielle. C'est l'une des impressions les plus fortes de ma vie.» ◆
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div><br>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br></p>







]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_58829</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Sun, 17 Jul 2011 02:13:37 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton58829.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Carla Bruni-Sarkozy, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Carla-Bruni-Sarkozy-l-invite-du57378</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x241_arton57378.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Au plus loin qu'il m'en souvienne, comme chantait Barbara, je me suis toujours sentie inquiète. Une anxiété sans objet, peut-être une angoisse de mort que je ressentais profondément, petite, à laquelle on s'habitue normalement lorsqu'on devient adulte mais qui paraît insupportable quand on est enfant. Je l'éprouve lors des grands moments de solitude. J'envie les grands esprits, les âmes sages, mais je n'ai pas accès à cela, malgré mes racines judéo-chrétiennes.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« La musique est une transcendance, c’est ainsi que je la ressens. <br>
Elle va vers le ciel. »</i></big><br>
<br>
<br>
<big>«</big> <i><big>La musique m’a enseigné la rigueur et le plaisir. »</big></i></center>
<br>
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&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp;<big>LA PLUS QUE LENTE de <br>
&nbsp;<b><big>CLAUDE DEBUSSY</big></b> <br>
&nbsp;par <br>
&nbsp;<big>SAMSON FRANÇOIS</big> (EMI)
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_232x232_41zHn3zb7ZL__SL500_AA300_.jpg" /></span>
<br>
<a href="http://www.qobuz.com/album/samson-francois-piano-integrale-de-ses-enregistrements/5099964610658"><big>Écouter et télécharger (CD 19)</big></a><br>
<small><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></small>
<br>
<br>
<b>« C'est le titre de cette œuvre qui m'a attirée, à l'adolescence, dans un disque consacré à Debussy. C'est très curieux et très original. Je l'ai écoutée des milliers de fois et je n'ai jamais cessé. J'ai aimé la France à travers ma grand-mère maternelle, Renée Blanche — qui était française avant d'épouser mon grand-père —, la musique, la poésie et la langue, qui est la plus belle du monde. »</b>
<br>
<br>
<br>
<small>Carla Bruni-Sarkozy avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_282x219_pic32513-carla-bruni-sarkozy_small.jpg" /></span></center></center>
</p></div>

<p class="spip">« Cela va peut-être vous paraître étrange, mais je ressens une impression d'inconsistance, d'imperfection liée à la condition humaine, alors que les animaux semblent parfaits. Je ne suis pas certaine d'être là, c'est comme un vertige, je suis née transparente, je crois. Alors, je cherche des preuves de mon existence, quitte à tout essayer, à tout faire, à tout subir. Ce qui est tangible dans la vie ? Tout ce qui est fortement incarné : l'Autre, la joie, le plaisir, l'amour. Et la mort, bien sûr, qui est tangible par excellence.</p>

<p class="spip">« La musique est une transcendance, c'est ainsi que je la ressens. Elle va vers le ciel.</p>

<p class="spip">« Dans mon métier d'auteur-compositeur, je suis perfectionniste parce que je ne suis pas douée. Alors, j'essaie d'aller jusqu'au bout de ce que je sais, de ce que je peux, jusqu'à tomber d'épuisement sur la feuille de papier. Dans mon métier d'interprète, qui est mis entre parenthèses à cause de ma fonction, j'ai des limites vocales que j'essaie de repousser. Ma liberté créative s'épanouit dans des contraintes de temps, de moyens, de choix. </p>

<p class="spip">« Je suis perfectionniste aussi dans ma fonction parce qu'elle me dépasse : je n'ai pas été formée pour cela, je n'ai pas grandi dans cette optique. Je me contrôle, je fais attention à ne pas faire de gaffes parce que j'ai l'honneur de représenter un pays et que je ne veux pas lui faire honte. </p>

<p class="spip">« J'ai découvert la musique à travers le piano de ma mère [<i>la concertiste Marisa Borini - Ndlr</i>]. J'aimais l'entendre répéter inlassablement deux mesures. Et j'aimais le piano parce qu'il me permettait d'avoir ma mère à la maison. Je n'ai jamais senti que le piano était entre ma mère et moi parce que je ne suis pas de nature possessive. J'ai étudié le violon entre trois et sept ans. C'est difficile, mais cela m'a beaucoup plu. Et puis j'ai laissé tomber le violon quand j'ai découvert la guitare, parce que c'est très facile, surtout quand on en joue mal comme moi. Mais cela m'a permis de chanter mes idoles comme Bob Dylan sans lire les tablatures, et ma vie s'est dessinée à partir de là. La voix de Dylan m'a marquée, tout comme celle de Billie Holiday, de Barbara ou de Maria Callas. La musique m'a enseigné la rigueur et le plaisir. </p>

<p class="spip">« C'est pour cela que je suis si heureuse, au travers de ma fondation, de participer au projet de l'association " À Toi de jouer " avec le Grand Théâtre de Provence à Aix, la Cité de la musique à Paris, Radio Classique et la Fondation LVMH. C'est un projet d'éducation musicale destiné aux enfants de quartiers sensibles, dans lequel ils découvrent la musique classique de manière intuitive, sans passer par la barrière du solfège. Je suis profondément admirative du travail des bénévoles dans les différentes associations. Pour moi, à mon humble niveau d'implication, le seul vrai bien-être de ma position, c'est d'aider à la réalisation de tels projets. Car ce qu'on donne est la seule chose qui vous appartient à jamais. » ◆
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br></p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_57378</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Sun, 12 Jun 2011 23:43:47 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton57378.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Katherine Pancol, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Katherine-Pancol-l-invite-du-mois56580</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x234_arton56580.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Quand on demandait à Hemingway ce qu'il fallait pour devenir un écrivain, il répondait : "<i>une enfance malheureuse</i>". Balzac attendait des heures, les mains agrippées à la grille du pensionnat, que sa mère vienne le chercher et elle ne venait presque jamais. De cette douleur naissent plus tard des livres, des symphonies, des films... Les blessures de l'enfance sont un puits duquel l'artiste tire toute sa substance. Ces mille émotions développent toutes les notes de la gamme sensible. Au fond, on n'écrit que sur son enfance et l'écriture est un acte enfantin, adolescent. </p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Ecrire, c’est travailler ses phrases pour que cela devienne de la musique, sa propre musique » <br>
<br>
<br>
« <big> Un auteur est le chef d’orchestre de ses personnages. »</big></i></i></center>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp<b><big>BALDASSARE GALUPPI</big></b><br>
&nbsp;<big>SONATE N° 5</big> <small>par</small><br> 
&nbsp;<b>ARTURO BENEDETTI MICHELANGELI</b> <small>(Philips)</small>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x200_41TE6DRWYVL__SL500_AA300_.jpg" /></span>
&nbsp;<small>Non&nbsp;disponible en téléchargement</small>
<br>
<br>
<b> « Quand j'ai découvert cette sonate, elle m'a habitée tout entière. Je suis restée interdite, fascinée. J'ai fait dix ans de piano quand j'étais petite, mais je n'étais pas très douée. J'ai hérité du Gaveau droit de ma mère et, quand mes enfants ont commencé à apprendre à jouer, je leur ai laissé la place et je n'y ai plus jamais touché. C'est idiot, mais c'est comme ça. Peut-être que je m'y remettrai plus tard. »</b>
<br>
<br>
<small> Katherine Pancol avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_281x236_5430755284_1434ae1b5c.jpg" /></span></center></center>
<br></p></div>

<p class="spip">« J'ai eu une enfance triste, sans joie, marquée par la peur du lendemain, l'angoisse de l'avenir. Mes parents n'avaient qu'un disque de musique classique : la <i>Neuvième Symphonie</i> de Beethoven. Dès que je l'entendais, dans mon lit de petite fille, j'en étais effrayée et ravie à la fois. Cela a été, je crois, ma première expérience érotique.</p>

<p class="spip">« Écrire, c'est travailler ses phrases pour que cela devienne de la musique, sa propre musique. Colette disait : " <i>Il faut écrire comme personne avec les mots de tout le monde.</i>" Trouver le bon rythme, la note juste, le phrasé vrai de chaque personnage.</p>

<p class="spip">« Après le succès de mon premier livre, <i>Moi d'abord</i>, je suis allée vivre à New York parce que je ne voulais pas devenir un petit personnage parisien, narcissique et pas très intéressant. Je me suis mariée avec un Français, à New York, au son de la <i>Passion selon saint Matthieu</i> de Bach. Mais je suis rentrée à Paris pour accoucher. Je ne voulais pas que mes enfants me parlent américain d'une voix nasillarde. Je souhaitais qu'ils soient baignés par la belle musique de la langue française. Alors je leur lisais <i>Phèdre</i>, <i>Bérénice</i> ou Horace toute la journée.</p>

<p class="spip">« J'écris en écoutant de la musique classique pour trouver une compagnie, parce qu'un écrivain est très seul. Je n'écoute pas très attentivement, mais cela m'aide à garder le rythme ou à redémarrer le matin. Et puis, parfois, je m'arrête lorsqu'une musique me transperce. La <i>Sonate D 959</i> de Schubert, par exemple. Je ne peux pas expliquer pourquoi. </p>

<p class="spip">« Je travaille mes personnages dans les moindres détails. Pour Gary, qui est pianiste, j'ai demandé à des amis quelle était la meilleure école. Je suis donc allée à la Juilliard School de New York pour voir comment la mère de Gary y inscrit son fils. Il faut que les détails soient vrais. L'imagination du lecteur fait le reste. Un auteur est le chef d'orchestre de ses personnages. Au début, ils vous obéissent au doigt et à l'oeil, mais si vous les avez bien construits, c'est vous qui, peu à peu, passez à leur service. Certains renâclent, il faut aller les chercher. D'autres vous réveillent la nuit en vous disant : " <i>Ce n'est pas comme cela que j'aurais réagi</i>." J'imagine qu'un compositeur d'opéras ressent la même chose. C'est Violetta qui décide si elle doit mourir en ré mineur et pas en la majeur. »<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br></p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_56580</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Thu, 09 Jun 2011 18:30:57 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton56580.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Christian Jacq, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Christian-Jacq-l-invite-du-mois-de55516</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x208_arton55516.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« <i>La Flûte enchantée</i> représente, à mes yeux, l'aboutissement de toute la recherche spirituelle de Mozart. N'oublions pas qu'il a écrit, très jeune, <i>Thamos roi d'Égypte</i> et qu'il était déjà fasciné par la civilisation des pharaons. Adulte, Mozart est devenu franc-maçon grâce au parrainage d'Ignaz von Born, minéralogiste autrichien dont Schikaneder s'est inspiré pour créer le personnage de Sarastro. 
<br>
<br>
« Si la branche philosophique de la franc-maçonnerie date du XVIIe siècle, une autre branche trouve sa source chez les bâtisseurs de cathédrales et une autre remonte à l'Égypte ancienne. Dans ses écrits, Ignaz von Born témoigne d'une grande connaissance de cette période alors que les hiéroglyphes de la pierre de Rosette n'ont été déchiffrés par Champollion qu'en 1822. Il y avait donc une tradition orale de ces mystères et de ces rites, puisque le dernier temple égyptien n'a fermé ses portes qu'au VIe siècle de notre ère, après trois millénaires ininterrompus de rites qui réunissaient l'architecture, la peinture, la poésie, la musique, la sculpture, les parfums.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Chez Mozart, il y a la sagesse de l'Egypte antique »</i><br>
<br>
<br>
« <big>La Flûte enchantée</big> <i><big>représente, <br>à mes yeux, l'aboutissement de toute <br>la recherche spirituelle de Mozart. »</big></i></i></center>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp;<b><big>CONCERTO N° 23</b> POUR PIANO DE <br>
&nbsp;<b><big>MOZART</big></b> <br>
&nbsp;par <br>
&nbsp;<big>CLARA HASKIL</big> (Decca)
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894782541_230.jpg" /></span>
<br>
<div align=left><small>Clara Haskil & l'Orchestre Symphonique de Vienne, direction Paul Sacher</small></div>
<a href="http://www.qobuz.com/album/clara-haskil-edition/0002894782541"><big>Écouter et télécharger</big></a><br>
<small><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></small>
<br>
<br>
<b>« Tout le monde peut écrire compliqué, mais très peu de compositeurs parviennent à la simplicité de l'"Adagio" de ce concerto, et très peu de pianistes peuvent en extraire l'essence. Haskil ou Lipatti font partie des rares élus. Nous sommes proches de la sagesse égyptienne ou de l'art floral japonais. Clara Haskil retrouve cette vision de l'âme qu'atteint un peintre zen qui met trente ans de sa vie pour enfin réaliser un cercle parfait à main levée." »</b>
<br>
<br>
<br>
<small>Christian Jacq avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_282x227_cjacq_small.jpg" /></span></center></center></p></div>

<p class="spip">« Si la Grèce, Jérusalem et Rome sont nos mères, l'Égypte est la grand-mère de notre civilisation. C'est un univers. Et lorsqu'on va au plus profond de soi, on rejoint le cosmos. Je suis d'accord avec Hubert Reeves lorsqu'il dit que nous venons des étoiles. Mozart en était très conscient. Les Égyptiens aussi. Contrairement à ce que dit la Bible, les Hébreux n'étaient pas des esclaves (l'esclavage date des Grecs) et ils n'ont pas été chassés d'Égypte. Simplement, leur monothéisme pur et dur n'avait pas sa place dans la civilisation égyptienne.</p>

<p class="spip">« Dans le "Laudate Dominum" des <i>Vêpres d'un confesseur</i> de Mozart, dans l'"Adagio" du <i>Concerto pour clarinette</i>, dans les airs de Sarastro, je retrouve la sagesse de la haute Antiquité égyptienne. Au cours de ses voyages, Mozart a rencontré de grands esprits qui ont nourri sa recherche spirituelle. On sait qu'il a fréquenté des alchimistes à Prague, des kabbalistes, etc. Il y a dans sa musique un sens de l'harmonie, une perfection des proportions qui échappent à l'analyse et dont la mystérieuse beauté rejoint celle des pyramides. De même, Bach a également travaillé les nombres, notamment le nombre d'or, et s'est inspiré des pythagoriciens de manière scientifique. </p>

<p class="spip">« Voilà pourquoi, selon moi, leurs œuvres n'expriment pas seulement des sentiments humains, mais vont très loin dans la pensée universelle. Et voilà pourquoi elles tiennent toujours debout, tout comme les pyramides ou les cathédrales. Bach exprime de manière sensible, dans le début de la <i>Cantate BWV 170</i> par exemple, l'enchantement du monde. Il rejoint cette idée, qui remonte à l'Égypte mais que les chrétiens ont exprimée ainsi : "<i>Fends la pierre et tu trouveras la Lumière, soulève le bois et Je serai là</i>." </p>

<p class="spip">« Jean-Victor Hocquard a magnifiquement compris la pensée de Mozart. Sa sagesse transcende toutes les religions. C'est une pensée qui s'appuie sur la lucidité. Il faut d'abord prendre la réalité à bras-le-corps et nommer les choses. Ensuite viennent l'élévation et la grâce. Mozart nous dit que c'est en traversant l'Enfer que nous connaîtrons le Paradis.</p>

<p class="spip">« En outre, les hiéroglyphes procèdent par symboles et par analogies. De même, l'orchestration de Mozart m'évoque ce langage très complexe, dont on est loin d'avoir percé tous les secrets, qui atteint la transparence en reliant la matière à l'esprit et au cosmos.</p>

<p class="spip">« Je rêve de voir un jour <i>La Flûte enchantée</i> dans l'île de Philae, en Égypte, où la profondeur de sa pensée s'éclairerait d'un coup. »<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br></p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_55516</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Sun, 29 May 2011 21:38:03 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Marc Dugain, l'invité du mois de Classica ]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Marc-Dugain-l-invite-du-mois-de53806</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x214_arton53806.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« Comme disait Montaigne : " <i>Vivre, c'est apprendre à mourir</i>. " Il me semble que les compositeurs ont livré la part la plus profonde d'eux-mêmes dans leurs requiem ou leurs musiques funèbres. Ceux qui sont morts jeunes et qui ont senti leur fin prochaine, comme Mozart, Purcell ou Schubert, ont écrit des musiques essentielles. Je pense aussi à Tchekhov (mort à quarante-quatre ans) qui, étant médecin, s'est su condamné très tôt.
<br>
<br>
« Quand j'étais enfant, j'avais des angoisses métaphysiques qui n'étaient pas de mon âge, à cause sans doute de mon grand-père, défiguré par un éclat d'obus à la guerre. C'est à la suite de sa disparition et pour ma grand-mère, dont j'étais très proche, que j'ai écrit <i>La Chambre des officiers</i> à trente-cinq ans et que je suis devenu écrivain, après avoir travaillé dans la finance et l'aéronautique.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><br>
<center><i><big>« Je suis tellement sensible à <br>
la musique que j'ai parfois peur <br>
d'en écouter. »<br>
<br>
<br>
« J’aurais rêvé de devenir chef <br>
d'orchestre. Je donnerais <br>
toute mon œuvre pour la joie <br>
de diriger des musiciens. »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
&nbsp;&nbsp;<b><big>GABRIEL FAURÉ</big></b> <br>
&nbsp;&nbsp;<big>Requiem</big> <br>
&nbsp;&nbsp;par <br>
&nbsp;&nbsp;MICHEL CORBOZ</big> (Erato)
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_250x250_61Q6CYY3P0L__SL500_AA300_.jpg" /></span>
<br>
<div align=left><small>Philippe Huttenlocher, Philippe Corboz, Alain Clément - Orchestre Symphonique de Berne</small></div>
Non disponible en téléchargement. Voir, à la suite du texte, deux autres versions par Michel Corboz chez EMI et Mirare.
<br>
<br>
<br>
<b>« J'ai écrit <i><b>La Chambre des officiers</b></i> en écoutant le <i><b>Requiem</b></i> de Fauré en boucle. Hemingway disait qu'il s'arrêtait d'écrire au milieu d'une phrase pour retrouver, intacte, la force d'écrire le lendemain. Moi, c'est la musique qui me permet de retrouver le climat exact dans lequel j'étais la veille. Quand François Dupeyron a fait son film d'après mon livre, il a utilisé la musique d'Arvo Pärt. J'ai toujours regretté ce choix, car le <i><b>Requiem</b></i> de Fauré me paraît traduire parfaitement l'esprit de cette époque. »</b>
<br>
<br>
<br>
<small>Avec Olivier Bellamy</small>
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_280x221_bellamy_et_dugain.jpg" /></span></center></center></p></div>

<p class="spip">« Le goût de la musique m'a été transmis par mon père, qui était physicien nucléaire mais qui venait d'un milieu ouvrier et qui s'est donc formé tout seul à la musique classique. Il rentrait vers 17 h du travail et se mettait à cuisiner, sa grande passion, en écoutant Mozart et Bach.</p>

<p class="spip">« J'ai étudié le cor d'harmonie et les percussions au conservatoire, mais j'ai vite compris que je n'avais pas ce talent. Cela m'a quand même permis d'y rencontrer ma femme, qui m'a donné trois enfants. Je suis tellement sensible à la musique que j'ai parfois peur d'en écouter. Je sais que si je commence à me plonger dans la <i>Messe en si</i>, je peux la passer mille fois de suite sans réussir à faire autre chose. J'aurais rêvé de devenir chef d'orchestre. Je donnerais toute mon œuvre pour la joie de diriger des musiciens.</p>

<p class="spip">« Le métier d'écrivain est très solitaire. La solitude, la peur panique de l'ennui, l'ivresse des promenades dans la nature et l'amour de la musique sont liés inextricablement en moi depuis l'enfance et ont produit ce que je suis : une personne plus à l'aise dans l'imaginaire que dans la réalité.</p>

<p class="spip">« J'adore la musique de Fauré. Dans <i>Pelléas et Mélisande</i>, il a traduit avec subtilité le pire des sentiments qu'on puisse éprouver : la perte d'un être cher, l'abandon total et irréversible. La musique me semble être, de tous les arts, celui qui parvient le mieux à exprimer cet état de déchirement. J'ai plus de mal avec Wagner, comme avec Céline en littérature, car l'homme est trop loin de son œuvre.</p>

<p class="spip">« Dans mes livres, je tourne autour d'un mélange de fascination et de répulsion que m'inspirent la folie du pouvoir et les grands pervers de l'Histoire : le nazisme, Staline, John Edgar Hoover... Staline a exécuté des millions de gens et il a fait réveiller Maria Yudina en pleine nuit pour lui faire enregistrer le <i>Concerto n° 23</i> de Mozart, qu'il écoutait pour calmer ses angoisses. Avant de massacrer les juifs, les nazis ont commencé par éliminer les malades mentaux parce qu'ils leur renvoyaient l'image de ce qu'ils étaient en réalité. Hoover était homosexuel et homophobe. La négation de soi-même, le dédoublement de personnalité transforment un être humain en pile atomique. Les accommodements avec le Mal permettent aux hommes politiques de gravir les échelons beaucoup plus vite.</p>

<p class="spip">« Mais heureusement, nous avons Bach, Mozart et Fauré pour nous extraire de cette barbarie ordinaire. » 
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
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Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour, de 18 heures à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>.
<br></p>



]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_53806</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Fri, 11 Mar 2011 16:24:26 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Didier Sandre, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Didier-Sandre-l-invite-du-mois-de52980</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton52980.jpg" /><br /><br /><p class="spip">« J'ai appris à jouer du piano et de l'orgue avant de m'intéresser au théâtre. Je ne travaillais pas vraiment ma technique et je massacrais des morceaux comme le finale de la Sonate "Clair de Lune" de Beethoven pour faire beaucoup d'effet. À dix-sept ans, j'ai arrêté, au grand désespoir de ma mère, qui jouait de l'orgue dans l'église protestante où mon grand-père lisait l'Évangile en chaire. Mais dès que j'ai touché mon premier cachet de comédien, je me suis acheté un piano. Avec l'âge, je m'aperçois que la musique me rattache à des émotions profondes, bien plus que le texte. 
<br>
<br>
« En tant que luthérien, j'ai une passion pour Bach. Avant de jouer en scène, écouter ses cantates me recentre. Je ressens avec lui une joie, une légèreté et un émerveillement constant devant la vie. Quand j'entends jouer Marie-Claire Alain à l'orgue, je pense à ma mère... Il n'y a rien de solennel ni de pompeux dans son jeu.</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« La musique m’a aussi appris <br>
à aimer le silence. »
<br>
<br>
« J’ai une passion pour Bach. <br>
Je ressens avec lui une joie, une légèreté et un émerveillement constant <br>
devant la vie »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<b><big>FRANCIS POULENC</big></b> <br>
&nbsp;&nbsp;<big>Sonate pour clarinette et piano</big> <br>
&nbsp;&nbsp;par <br>
&nbsp;&nbsp;EMMANUEL STROSSER et PHILIPPE BERROD</big> (Indésens)<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_3760039839367_230-2.jpg" /></span>
<div align=left>&nbsp;&nbsp;<br><a href="http://www.qobuz.com/album/francis-poulenc-francis-poulenc-integrale-musique-de-chambre-avec-vents/3760039839367"><big>Écouter et télécharger</big></a><br>
<b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></div>
<br>
« J'ai découvert ce chef-d'œuvre de Francis Poulenc dans un concert au cours duquel j'ai joué <i>L'Histoire du soldat</i> de Stravinsky. Après l'entracte, Romain Guyot et Jean-François Heisser l'ont interprété et j'ai éclaté en sanglots, saisi par sa profondeur et son lyrisme lancinant. La "Romanza", c'est aussi beau qu'un grand adagio de Mozart. »<br>
</p></div>

<p class="spip">« La musique m'a aussi appris à aimer le silence. Faire parler le silence est une partie du travail d'acteur qui me passionne. Chercher ce qui sous-tend la parole, ce qui la rend nécessaire.</p>

<p class="spip">« Quand je pense à la musique de la langue, c'est Claudel qui me vient à l'esprit ; il était très influencé par Wagner. Pour moi, c'est lié à une souffrance : neuf heures du <i>Soulier de satin</i> dans la cour des Papes en Avignon, par un froid terrible, et puis la pluie qui tombe à quatre heures du matin, et le jour qui se lève alors qu'on n'a plus de voix. Le public garde un souvenir émerveillé de ce spectacle. Et pourtant, sous le ciel étoilé, j'ai connu le fameux  “lâcher-prise”, cette impression d'être “parlé” par quelque chose. J'imagine qu'un chanteur, à l'issue d'un opéra de Wagner, doit ressentir cet abandon infini, cette impression que la musique ou le texte sont plus forts que vous et vous entraînent.</p>

<p class="spip">« J'ai beaucoup joué avec des musiciens, des orchestres, et j'en tire toujours une joie profonde. L'une de mes expériences les plus fortes a été de partager la scène avec le poète palestinien Mahmoud Darwich et le Trio Joubran. Il récitait ses poèmes et je lisais la traduction française d'Élias Sambar. La poésie orientale possède une grande force populaire. Darwich a d'abord écrit les discours d'Arafat, puis il a rempli des stades entiers au Liban avec sa poésie. Il m'a dit une fois qu'il avait mis dix ans à essayer de décrire la fleur de l'amandier, son parfum, sa couleur, son éclosion. Cela me bouleverse. J'ai participé à son dernier spectacle à Arles. Dix jours plus tard, il est mort. Les frères Joubran m'ont envoyé une bougie et un épi de blé. Je ne peux repenser à sa voix douce, à ses accents, sans avoir la gorge serrée. »
<br>
<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<br>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour de 18 h à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>
<br></p>


]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_52980</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Mon, 07 Feb 2011 17:27:30 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Jean-Pierre Marielle, l'invité du mois de Classica]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Jean-Pierre-Marielle-l-invite-du50748</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x259_arton50748.png" /><br /><br /><p class="spip"><br></p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Je ne pourrais pas vivre sans musique. C'est une partie essentielle de ma vie. Mon plus grand regret est de ne pas avoir été musicien. »<br>
<br>
<br>
Les grands acteurs ont leur&nbsp;musique. Ils sont nés comme&nbsp;ça. »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<b><big>MARIN MARAIS</big></b><font color=black> <br>
&nbsp;&nbsp;<big>Folies d’Espagne <br>
&nbsp;&nbsp;par JORDI SAVALL</big> (Alia Vox)<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0829410080262_230.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/La-Folia-/Classique/Jordi-Savall/Alia-Vox/default/fiche_produit/id_produit-0829410080262.html"><big>Écouter et télécharger</big></a><br>
<b>Disponible en qualité CD (LossLess)<br>
au prix du format MP3</b></center>
<br>
<br>
« J’ai adoré jouer le personnage de Sainte-Colombe dans <a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Jordi-Savall-Bande-Originale-du-film-Tous-Les-Matins-Du-Monde/Classique/Jordi-Savall/Alia-Vox/default/fiche_produit/id_produit-0829410081665.html"><i>Tous les matins du monde</i></a> de&nbsp;mon cher ami Alain Corneau. <br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_186x225_4362-3.jpg" /></span></center></center>
<br>
C’était un moment de grâce. Une grande musique, elle vous emmène ailleurs. Ça fait partie de notre métier d’aller dans l’ailleurs, dans des zones rarement visitées. C’est ça que j’aime. De partir vers un autre monde. D’avoir une autre vie. » 
<br>
<br>
<br>
<div class="qbz_visuel_spip"><span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_111x167_41TpT3fpySL__SL500_AA300_.jpg" /></span></div><big><big>☛</big></big> <b>À lire</b> : <br>
<br>
<div align=left><i><b>Le grand n’importe-quoi</b></i> 
<br>
<br>
de <b>Jean-Pierre Marielle</b><br>
<br>
(avec Baptiste Piégay) 
<br>
<br>
<br>
(Editions Calmann-Lévy)</div>
</p></div>

<p class="spip">Je vis beaucoup dans la musique. C’est une partie essentielle de ma vie. Je ne pourrais pas vivre sans musique. Je ne l’écoute pas par hasard ou distraitement, je l’écoute vraiment : du Bach, du Fauré, du Satie, du jazz…Mon père jouait très bien du piano. Il accompagnait ma mère, qui tenait une lingerie et qui avait une très jolie voix. C’est ainsi qu’ils se sont connus : en musique.</p>

<p class="spip">« Mon plus grand regret est de ne pas avoir été musicien. J’ai appris le piano dans un conservatoire du 13e arrondissement avec une vieille dame qui tournait sa soupe pendant que je jouais. Un jour, elle m’a renversé sa cuillère brûlante sur la main en voulant chasser un rat ; je n’ai plus jamais retouché un piano de ma vie.
<br></p>

<p class="spip">« Les grands acteurs ont leur musique. C’est ce qui les distingue des autres. Michel Simon, Louis Jouvet, Gérard Philipe jouaient de leur instrument et on les reconnaissait tout de suite, comme Miles Davis à la trompette ou Charlie Parker au saxo. On va au conservatoire, on apprend à jouer, mais chez des gens comme eux, ça tombe du
ciel, ils sont nés comme ça. 
<br></p>

<p class="spip">« Dans le grand silence, j’entends de la musique. J’adore le silence. Dans ce studio, on n’entend rien, c’est très émouvant. C’est peut-être la mort… Mais on peut le rompre et bavarder, c’est épatant ! « Je préfère la légèreté à la lourdeur. La lourdeur, ça masque parfois une grande bêtise. Alors que la légèreté… Pierre Brasseur pouvait être très léger. Et Sidney Bechet aussi. Les gens légers ont une grandeur d’âme et une richesse de cœur qui me touchent.
<br></p>

<p class="spip">« Le jazz m’a appris l’école de la liberté et du rythme. C’est très important, le rythme, dans mon métier. Quand ça s’étiole, les spectateurs s’ennuient et l’auteur n’est plus servi. J’ai été initié au jazz et à la chanson par ma sœur Nicole qui m’emmenait au concert. Je me souviens d’avoir entendu Henri Salvador tout gamin. Ensuite, nous sommes devenus très liés. C’était un homme sensible, discret, très modeste. Il était célèbre mais s’en fichait. Il m’a dit un jour que les deux plus grands amis dans sa vie avaient été Boris Vian et moi. Ça m’a bouleversé. Il me manque beaucoup.
<br></p>

<p class="spip">« Je ne me sens pas appartenir à ce qu’on appelle “la grande famille du cinéma”. Dans les familles, il y a de grandes haines. On peut s’en passer. Je vis au milieu des paysans. Tchekhov a écrit : “ Les paysans, qui travaillent plus que les autres, n’emploient jamais le mot travail.” Les paysans qui m’entourent ne disent jamais : “Demain, je vais au travail.” Les acteurs non plus, ils jouent. Les musiciens aussi. «J’ai fait du théâtre grâce à mon professeur de lettres qui trouvait que je disais bien les récitations. Je ne sais pas ce que c’est qu’un directeur d’acteurs. La meilleure direction qu’un réalisateur peut donner à un acteur, c’est le chemin des studios. »<br>
<br>
<div align=right><b>Olivier Bellamy</b></div>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
Retrouvez <b>Olivier Bellamy</b> et son Invité dans « <b>Passion classique</b> » chaque jour de 18 h à 19 h 30 sur <b>Radio Classique</b>
<br></p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_50748</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Tue, 23 Nov 2010 23:24:51 +0100</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Elie Wiesel L'invité du mois d'Olivier Bellamy]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Elie-Wiesel-L-invite-du-mois-d48842</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x251_arton48842.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« La musique ne peut pas séparer les hommes, <br>
elle est là pour les relier. »</i>   
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_245x282_elie_20wiesel_20startraks_20ed.jpg" /></span></center>
<small>Photo X (DR) </small></center>
<br>
<i>« La musique ne peut pas anéantir la douleur, mais elle&nbsp;peut l'élever à un niveau supérieur. La musique vient de&nbsp;l'âme. L'âme ne sait </i>que<i> chanter. » </big> </i></center><br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<big><b>CHOPIN</b><font color=black> par<br>
&nbsp;&nbsp;<b>EVGENI KISSIN</b></big> (Sony BMG)<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0090266353521_230.jpg" /></span></center>
<a href=" http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Evgeny-Kissin-Chopin-24-Preludes-Sonata-No2-Op35-Polonaise-Op53/Classique/Evgeny-Kissin/RCA-Red-Seal/default/fiche_produit/id_produit-0090266353521.html"><font color=white><big>Écouter et télécharger</big></font></a><br>
<font color=black><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></font></center>
<br>
« J'adore Evgeni Kissin, c'est un ami et c'est l'un des plus grands pianistes au monde. Nous aimons parler en yiddish quand nous nous voyons. Autrefois, il y avait trois journaux publiés en yiddish à Paris et quatre à New York ; ils ont disparu, c'est très triste. Le yiddish est une langue proche de l'allemand, mais plus chaleureuse. On sourit en yiddish — on pleure aussi —, alors qu'on ne sourit pas en allemand. » </font>
<br>
<br>
<br>
<div align=right><small><b>VIENT DE PARAÎTRE</b></small></div><span class="spip_documents spip_documents_right"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_144x216_9782246775812.jpg" /></span>
<br>
<br>
<font color=black><big>Otage</big><br>
<br>
<br>
Un roman de <br>
<b>Elie Wiesel</b><br>
<br>
<br>
Ed. Grasset<br>
<br>
<br>
400 pages <br>
20 €</font></p></div>
« Les mots ont produit des guerres. La musique jamais ! Celle qui exhorte au combat n'est pas la meilleure. Bien sûr, les nazis ont utilisé Wagner ou Beethoven, mais c'est secondaire. La musique ne peut pas séparer les hommes, elle est là pour les relier. La religion, c'est autre chose. Comme l'amour, ça dépend ce qu'on en fait. Cela peut être noble, élevé ou bas. Au nom de la religion, de grandes choses ont été accomplies et de terribles forfaits ont été perpétrés. La musique est plus pure. Comme l'amitié. J'ai écrit que l'amitié me paraît supérieure à l'amour : elle est plus profonde et dure plus longtemps.</p>

<p class="spip">« Je me méfie des mots, moi qui suis un écrivain et qui célèbre les mots. Le silence m'a toujours obsédé. À tel point que, quand j'étais enfant et que j'étudiais le Talmud en Transylvanie, je passais deux jours par semaine sans parler, ce qui rendait fous mes parents. Il y a quelque chose de purifiant dans le silence. Je suis convaincu que, là-haut, là où les mots n'existent plus, Dieu aime la musique et qu'il en écoute ; sinon, comment expliquer tous ces chefs-d'œuvre ?
<br></p>

<p class="spip">« En sortant de Buchenwald, j'ai mis dix ans à écrire ce que j'avais vécu, car c'était indicible. J'ai d'abord écrit en yiddish, puis j'ai écrit tous mes livres en français, peut-être parce que parler de choses mystiques avec une langue cartésienne représente la gageure suprême. J'ai toujours besoin d'un accompagnement musical pour écrire, en général du violoncelle, souvent par mon ami Yo-Yo Ma. De mon enfance me reviennent des chants de la tradition hassidique, qui mêlent la prière à la joie et pas seulement aux larmes. Certaines musiques sont si tristes, si belles qu'elles en deviennent joyeuses.
<br> </p>

<p class="spip">« J'ai appris le violon très jeune. Mon père n'arrivait pas à trouver un bon professeur. Il a finalement trouvé un officier de gendarmerie, qu'il payait d'une bouteille d'alcool. Il buvait et je jouais. J'arrêtais de jouer quand la bouteille était finie. Au fil des mois, mon père lui donnait des bouteilles de plus en plus grandes. Et puis un jour, un de mes amis violonistes a été assassiné ; je n'ai plus pu toucher un violon. À Auschwitz, je n'avais pas de musique dans ma tête, mais mon père m'a demandé un jour de lui chanter une prière en hébreu. D'autres juifs m'ont écouté et, pour quelques instants, notre baraquement est devenu une synagogue. En France, après la guerre, grâce au général de Gaulle qui a accueilli les quatre cents adolescents de Buchenwald dont je faisais partie, j'ai été chef d'une chorale. Je me rappelle <I>À la claire fontaine.</I> C'était merveilleux d'entendre cette parole de vérité, sincère et vraie : "Il y a longtemps que je t'aime/Jamais je ne t'oublierai." Et les jeunes choristes étaient si jolies... 
<br></p>

<p class="spip">« J'aime entendre le <I>Stabat Mater</I> de Pergolèse. Quelle musique sublime ! Les chrétiens glorifient la mort alors que les juifs célèbrent la vie. Est-ce que je peux dire que la musique chrétienne me rend chrétien ? Non. Je reste juif dans tout ce que je suis et tout ce que je dis. La musique ne peut pas anéantir la douleur, mais elle peut l'élever à un niveau supérieur. La musique vient de l'âme. L'âme ne crie jamais alors que la raison ou la volonté peuvent hurler ; l'âme ne sait <I>que</I> chanter. Quand elle se tait, l'heure est grave. »
<br>
<br>
<br>
<div align=right><b>Retrouvez Olivier Bellamy</b> <br>
et son Invité dans « Passion classique » <br>
chaque jour de 18 h à 19 h 30<br>
sur <b>Radio Classique</b></small></div></p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_48842</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Sat, 09 Oct 2010 00:11:02 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[Richard Berry L'invité du mois d'Olivier Bellamy]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/Richard-Berry-L-invite-du-mois-d46957</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x257_arton46957.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« En écoutant un acteur, je&nbsp;suis vraiment&nbsp;admiratif lorsqu'on ne voit plus du tout comment s'est fait. Il y a un&nbsp;long chemin pour parvenir&nbsp;au naturel. »</i>  <br> 
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_240x180_richard-berry.jpg" /></span></center>
<small>Photo X (DR) </small></center>
<br>
<br>
<i>« La technique du cinéma ne me passionne pas. Mais la&nbsp;préparation, elle, m'enthousiasme. Tout s'écrit, même le rythme, surtout le&nbsp;rythme, rien ne s'improvise. C'est après que vient la&nbsp;liberté. » </big> </i></center><br>
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<center><big>◆</big></center><br>
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&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span>
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&nbsp;&nbsp;<big><b>"CARNAVAL" de<br> &nbsp;&nbsp;SCHUMANN</b><font color=black> par<br>
&nbsp;&nbsp;<b>ARTURO BENEDETTI-&nbsp;&nbsp;MICHELANGELI</b></big> (DG)
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_0002894232312_230.jpg" /></span></center>
<a href=" http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Schumann-Carnaval-Op.9-Faschingsschwank-aus-Wien-Op.26-/Classique/Arturo-Benedetti-Michelangeli/Deutsche-Grammophon-DG/default/fiche_produit/id_produit-0002894232312.html"><font color=white><big>Écouter et télécharger</big></font></a><br>
<font color=black><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></font></center>
<br>
<br>
« On parle beaucoup de l'année Chopin et pas assez de Schumann, donc j'essaie de réparer cette injustice. J'aime son écriture cyclothymique, ses ruptures brutales et en même temps sa grande tendresse. Michelangeli joue cette musique avec toute son âme. » </font>
<br></p></div>
« Je m'intéresse à l'être humain et à ses paradoxes. Dans l'opéra, on touche aux mythes et aux archétypes de l'humanité : l'amour, la mort, la trahison, la rédemption... C'est "<i>la jungle dans la jungle</i>", comme disait <b>Louis Seigner</b> à propos de la Comédie-Française. Quand j'ai commencé à étudier le théâtre, j'étais heureux de mettre des mots sur ma violence intérieure. <b>Racine</b> et <b>Corneille</b> m'ont permis de la canaliser. Mais l'art permet aussi d'échapper à la violence, de la dépasser : dans la musique arabo-andalouse, j'entends la complicité fraternelle qui unit les juifs et les Arabes. Cela nous permet de penser que tout n'est pas perdu. </p>

<p class="spip">« Dans le film <i>Le Joueur de violon</i> (Charles Van Damme, 1994), j'incarne un violoniste qui interprète la Chaconne de la <i>Partita en ré mineur</i> de <b>Bach</b>. Cette œuvre est un douloureux combat avec soi-même qui m'émeut profondément. C'est <b>Gidon Kremer</b> qui joue en réalité. J'ai rencontré un musicien fascinant, qui refuse d'entrer dans la norme, un pur qui réinvente son art. Lorsqu'il a vu les rushes, il m'a dit : "<i>Sur cette note, tu as vibré une seconde de plus que je ne le fais moi-même et il y a un décalage</i>." Je me suis aussitôt proposé de refaire ce passage pour que l'image colle davantage à la bande-son, mais il m'a dit : "<i>Non, ce que tu as fait est mieux. C'est moi qui vais le refaire</i>." Cela m'a bouleversé qu'un musicien de cette dimension soit aussi humble et aussi libre. Pour enregistrer la <i>Chaconne</i>, il a choisi une église. C'était compliqué parce qu'il y avait de l'écho, des bruits, alors il a décidé d'y jouer la nuit. Cela m'a impressionné qu'il privilégie l'âme de la musique au confort acoustique d'un studio. C'est un immense violoniste qui préfère la vérité d'un grain un peu sale à la beauté formatée. Comme la voix de Maria Callas.</p>

<p class="spip">« Je me sens proche des musiciens classiques parce que je me définis comme un acteur classique, même si je joue des textes contemporains. Travailler sa technique pour l'oublier complètement, c'est la même démarche pour un acteur. Quand vous voyez <b>Jean Gabin</b>, vous ne pensez plus à la technique, il n'y a que de l'épaisseur humaine à l'écran. <b>Antoine Vitez</b> et <b>Jean-Laurent Cochet</b>, mes professeurs, nous parlaient tout le temps de musique. À la différence que les acteurs sont leur propre instrument. Il faut bien s'accorder intérieurement pour jouer juste.</p>

<p class="spip">« J'ai eu une admiration folle pour le pianiste <b>Samson François</b>. On l'attaquait pour ses fausses notes, mais je m'en fichais parce qu'il parlait à l'âme avec son piano. La virtuosité sans faille ne m'impressionne pas. La perfection technique conduit souvent à des interprétations aseptisées. En écoutant un acteur, je suis vraiment admiratif lorsqu'on ne voit plus du tout comment c'est fait. Il y a un long chemin pour parvenir au naturel.</p>

<p class="spip">« La mélancolie de la musique de <b>Rachmaninov</b> me touche beaucoup. Il a écrit un jour avec une grande humilité qu'il était à la fois compositeur, pianiste, chef d'orchestre et qu'il n'était pas sûr d'avoir réussi dans l'un de ces trois domaines. Cela m'a décomplexé pour écrire mon premier film. Je me suis dit : si même Rachmaninov doute, alors allons-y ! J'avais toujours voulu passer à la réalisation, mais je reculais l'échéance par paresse. Le déclic s'est produit quand j'ai frôlé la mort dans un accident de moto : en sortant de l'hôpital, j'ai appelé le producteur <b>Gérard Jourd'hui</b> pour lui dire que j'avais un projet...</p>

<p class="spip">« La technique du cinéma ne me passionne pas. Mais la préparation, elle, m'enthousiasme. Je passe un temps fou à imaginer à l'avance les décors, l'architecture, la musique. Tout s'écrit, même le rythme, surtout le rythme, rien ne s'improvise. C'est après que vient la liberté. »
<br>
<br>
<div align=right><b>Retrouvez Olivier Bellamy</b> <br>
et son Invité dans « Passion classique » <br>
chaque jour de 18 h à 19 h 30<br>
sur <b>Radio Classique</b></small></div></p>

]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_46957</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Mon, 06 Sep 2010 22:07:49 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton46957.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'invité du mois d'Olivier Bellamy Bernard Pivot]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/L-invite-du-mois-d-Olivier-Bellamy45998</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x258_arton45998.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Il est plus facile de parler de littérature que de musique. » <br> 
<br>
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<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_211x190_4-17.jpg" /></span></center>
<small>Photo Katya Legendre</i></small></center>
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<br>
<center><big>◆</big></center>
<br>
<br>
<i>« Quand je disparaîtrai, j'aimerais que ce soit cette&nbsp;musique qu'on passe » </big> </i></center><br>
<br>
<br>
<big><b> CONCERTO N° 23 de MOZART</b><font color=black> par<br>
<b> ALFRED BRENDEL</b></big> (Philips)<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_243x243_41SXARKAZML__SL500_AA300_.jpg" /></span></center></center>
<a href=" http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Mozart-The-Great-Piano-Concertos-Vol.1-/Classique/Alfred-Brendel/Philips/default/fiche_produit/id_produit-0002894422692.html"><font color=white><big>Écouter et télécharger</big></font></a><br>
<font color=black><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b></font></center>
<br>
<br>
« Cette œuvre est une redécouverte récente. Je la connaissais, mais, à l'âge que j'ai, elle m'a frappé d'une manière nouvelle. C'est ce qui est extraordinaire dans la culture : on se découvre soi-même à différents moments de notre vie grâce à la fréquentation des chefs-d'œuvre. Le mouvement lent dégage une très grande nostalgie sans être triste. Il y a une lumière d'espoir. Quand je disparaîtrai, j'aimerais que ce soit cette musique qu'on passe. » </font>
<br>
</p></div>
« Parler de musique m'effare un peu parce que j'ai l'impression d'être un chasseur alpin embarqué dans une expédition navale. J'aime la musique, mais je n'ai aucune oreille musicale : je suis incapable de distinguer différentes interprétations. Mes parents, qui travaillaient dans une épicerie, n'étaient pas cultivés mais avaient l'intuition que la culture tenait une place importante dans la vie. C'est pourquoi ma mère m'a proposé de prendre des leçons de piano. J'ai dit : pourquoi pas ! Après avoir appris le solfège et quelques morceaux, il a fallu me rendre à l'évidence : j'étais incapable de jouer sans partition. Les notes ne s'imprimaient pas en moi. </p>

<p class="spip">« Néanmoins, je ne suis pas peu fier d'avoir contribué à populariser le <i><b>Concerto pour piano n° 1</b></i> de <b>Rachmaninov</b> dans la version de <a href="http://www.qobuz.com/interprete/byron-janis/telechargement-ecoute-albums"><font color=black><b>Byron Janis</b></font></a> [<i>NDLR Qobuz</i> : version Mercury, Moscou 1962, avec Kondrachine], qui était le générique d'"<i>Apostrophes</i>". La première émission a eu lieu en janvier 1975 et j'avais reçu ce disque en cadeau à Noël. Lorsque je l'ai écouté, le thème du premier mouvement m'est apparu comme une évidence : c'était exactement la couleur que je souhaitais obtenir dans les entretiens. En ce temps-là, la télévision n'était pas ce média effrayant obsédé par l'audimat ; nous avons pu contribuer à faire connaître des écrivains et à donner le goût de lire à une heure de grande écoute.</p>

<p class="spip">« Je n'écoute jamais de musique en lisant ou en écrivant, contrairement à <b>Claude Lévi-Strauss</b> par exemple. Il pouvait faire plusieurs choses en même temps, pas moi. Mais la musique a toujours accompagné ma vie. Adolescent, je me délectais de la <i><b>Symphonie fantastique</b></i> de <b>Berlioz</b>. En l'écoutant aujourd'hui, je retrouve le jeune homme romantique que j'étais. </p>

<p class="spip">« Il y a des compositeurs auxquels je suis moins sensible. <b>Wagner</b>, par exemple. Je ne dirais pas comme <b>Woody Allen</b> que la musique de Wagner me donne envie d'envahir la Pologne, mais cela m'incite plutôt à couper le poste, enfiler une robe de chambre et me plonger dans un bon livre. C'est beau, mais ça ne me touche pas.</p>

<p class="spip">« Pour l'émission "<i><b>Double je</b></i>", j'avais choisi la petite <i><b>Valse en la mineur</b></i> de <b>Chopin</b> comme générique. Pour ces entretiens avec des personnalités d'origine étrangère qui avaient choisi d'embrasser la culture française, la musique de <b>Chopin</b>, compositeur polonais ayant choisi de vivre à Paris, m'est apparue emblématique. Elle était interprétée par <a href="http://www.qobuz.com/interprete/abdel-rahman-el-bacha/telechargement-ecoute-albums"><font color=black><b>Abdel Rahman El Bacha</b></font></a>, pianiste libanais vivant en France, qui renforçait le symbole. Lors de cette émission, j'ai découvert la pianiste <a href="http://www.qobuz.com/interprete/zhu-xiao-mei/telechargement-ecoute-albums"><font color=black><b>Zhu Xiao Mei</b></font></a>, qui a eu un destin terrible lors de la Révolution culturelle en Chine avant d'être femme de ménage aux États-Unis puis de rencontrer des amis français qui lui ont offert la chance de donner des concerts. J'ai été touché aussi de faire la connaissance de <a href="http://www.qobuz.com/interprete/tedi-papavrami/telechargement-ecoute-albums"><font color=black><b>Tedi Papavrami</b></font></a>, qui a quitté l'Albanie communiste pour vivre dans notre pays et qui, non content d'être un très grand violoniste, est aussi le traducteur des œuvres du grand écrivain albanais <b>Ismaïl Kadaré</b>. </p>

<p class="spip">« Il me semble que c'est plus facile de parler de littérature que de musique. La musique, c'est comme le vin, on est obligé d'avoir recours à des images ou à des métaphores pour ne pas paraître trop technique. »
<br>
<br>
<div align=right><b>Retrouvez Olivier Bellamy</b> <br>
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sur <b>Radio Classique</b></small></div>
</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_45998</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Wed, 21 Jul 2010 17:55:43 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'invité du mois Yann Moix]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/L-invite-du-mois-Yann-Moix44584</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x265_arton44584.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Médecins et musiciens sont au-dessus de la mêlée, le reste est anecdotique. J'inclus les écrivains dans l'anecdotique. »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span><br>
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_240x240_518ZJJ4BXHL__SL500_AA300_.jpg" /></span></center></center>
<br> 
<br>
<big><b>SONATE N° 32 de BEETHOVEN</b><font color=black> par<br>
<b>YVES NAT</b></big> (EMI)
<br>
<br>
<font color=black>« Beethoven invente le jazz dans l'"Arietta" de la <i>Sonate n° 32</i>. Il s'arrache de la forme sonate à la manière d'une fusée. Les grands interprètes le savent. D'ailleurs, grâce à des dieux comme Yves Nat, à un certain moment très précis du mouvement, ce n'est plus du piano, cela devient du Miles Davis. »</font><br>
<br>
</p></div>
« Bien que j'aie écrit et réalisé <i>Podium</i>, je préfère <b>Samson François</b> à <b>Claude François</b>. Si j'étais né en 1810, j'aurais probablement écrit sur le piano car c'est l'instrument que je préfère dans la musique classique, alors que ce sont plutôt les vents qui me font vibrer en jazz. On peut être plusieurs choses à la fois, et c'est d'ailleurs la seule manière d'être complètement soi-même. </p>

<p class="spip">« J'adore <b>Cziffra</b> parce qu'il n'a pas la gueule de l'emploi. Il a l'air d'un videur de boîte de nuit alors qu'il est venu sur terre pour réinventer <b>Liszt</b>. On nous a bassinés avec le fait qu'il fallait des mains d'acier et des doigts de velours pour jouer <b>Liszt</b> alors que <b>Cziffra</b> est arrivé avec ses moignons et ses poignets brisés dans les camps communistes et a mis tout le monde KO. Il jouait en toute liberté, seul contre tous. D'ailleurs, dans les années cinquante, <b>Liszt</b> n'avait pas trop la cote, on le trouvait creux, vide, frimeur, et <b>Cziffra</b> a démontré qu'il pouvait être aussi viril, violent et profond que Beethoven. Pour moi, <b>Cziffra</b> est un génie. 
<br></p>

<p class="spip">« De toute façon, médecins et musiciens sont au-dessus de la mêlée, le reste est anecdotique. J'inclus les écrivains dans l'anecdotique. Les interprètes peuvent avoir du génie. Pas les DJ's, pour qui j'ai le plus grand mépris. Pour être créatif en utilisant le travail des autres, il faut être <b>Godard</b>, <b>Zappa</b> ou <b>Stravinsky</b>.
<br></p>

<p class="spip">« Je préfère le piano, mais <b>Christian Ferras</b> me fait pleurer. J'ai toujours pensé que ce n'était pas seulement le musicien qui choisissait son instrument mais que le violon choisissait aussi son interprète. Un instrument n'est pas tout à fait une personne et un musicien n'est pas tout à fait un instrument, mais la rencontre des deux produit une osmose monstrueuse. D'ailleurs, ils ne sont pas tout à fait deux sur scène, ils sont un et demi. Comme en amour. <b>Yehudi Menuhin</b>, dans ses master classes, ne parlait jamais du violon, mais de la manière dont l'interprète devait danser avec son corps.
<br></p>

<p class="spip">« J'aime <b>Vivaldi</b> quand il est joué par <b>Fabio Biondi</b>. Pour lui, le violon doit être autant laminé et fracassé à la fin du concert que l'interprète. Lui est en nage et son <b>Stradivarius</b> est en miettes. Il doit le bichonner chez lui, mais sur scène, il lui fait donner tout ce qu'il a dans le ventre. Les non-spécialistes comme moi dormaient en écoutant <b>Vivaldi</b> avant que <b>Fabio Biondi</b> n'apparaisse. D'ailleurs, j'ai horreur des critiques qui prennent des notes pendant qu'on écoute un concert. <b>Pialat</b> disait que le cinéma est mort à partir du moment où des types ont écrit sur leur carnet au lieu de regarder le film.
<br></p>

<p class="spip">« Selon moi, <b>Bach</b> et <b>Mozart</b> sont venus au monde pour faire entendre une musique qui était déjà là sous leurs yeux. Il suffisait de la rendre vivante. Alors que si <b>Beethoven</b> et <b>Liszt</b> n'étaient pas venus au monde, leurs œuvres n'auraient jamais existé. Ce sont deux sortes de génies. 
<br></p>

<p class="spip">« J'aime autant <b>Varèse</b> qu'<b>Offenbach</b>. <b>Varèse</b> a l'air difficile, et c'est vrai qu'il faut un ticket d'entrée, mais dès qu'on est dedans, c'est fabuleux. Quand <b>Frank Zappa</b> est allé acheter un jour du matériel de hi-fi, le vendeur a utilisé <i>Ionisations</i> comme matériel de démonstration. <b>Zappa</b> est ressorti du magasin sans sa chaîne stéréo, mais avec le disque de <b>Varèse</b> sous le bras. <b>Offenbach</b> me fait penser à <b>Zappa</b> : ils auraient pu être sérieux mais ils ont décidé de ne pas l'être. La musique d'<b>Offenbach</b>, si on l'entend en fond sonore, cela peut être pénible, mais si on l'écoute vraiment, c'est intelligent, virtuose, lyrique, mélancolique et parfois aussi profond que <b>Beethoven</b>. »
<br>
<br>
<div align=right><b>Retrouvez Olivier Bellamy</b> <br>
et son Invité dans « Passion classique » <br>
chaque jour de 18 h à 19 h 30<br>
sur <b>Radio Classique</b></small></div>
</p>]]></description>
    <guid isPermaLink="false">qobuz_edito_article_44584</guid>
    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Fri, 18 Jun 2010 22:43:34 +0200</pubDate>
    <enclosure url="http://www.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x224_arton44584.jpg" type="image/jpeg"></enclosure>
    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
  </item>
    <item>
    <title><![CDATA[L'invité du mois Sandrine Bonnaire]]></title>
    <link>http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/L-INVITE-DU-MOIS/L-invite-du-mois-Sandrine-Bonnaire42890</link>
    <description><![CDATA[<img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/300x271_arton42890.jpg" /><br /><br /><p class="spip"><p class="spip">&nbsp;</p><div class="encart_art_milieu"><p class="spip"><center><i><big>« Satie a quelque chose de pur, de nu, de doux qui me plaît »</big></i></center>
<br>
<br>
<br>
&nbsp;&nbsp;<span class="spip_documents spip_documents_left"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/gif_183x25_mon-disque-du-moment.gif" /></span><br>
<br> 
<br>
<big><b>Symphonie n° 3</b> & <b>Trois pièces dans le style ancien</b><font color=black> de <b>Henryk Gorecki</b></big><br>
<b>Orchestre de la Radio-Télévision polonaise</b>, dir. <b>Antoni Wit</b> (Naxos)
<br>
<br>
<center><center><span class="spip_documents spip_documents_center"><img src="http://static.qobuz.com/info/IMG/thumbnails/jpg_230x230_8550822_230.jpg" /></span></center>
<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Henryk-Gorecki-Symphonie-n-3-3-Pieces-dans-le-style-ancien/Classique/Antoni-Wit/Naxos/default/fiche_produit/id_produit-4891030508224.html"><font color=white><big>Écouter et télécharger</big></font></a><br>
<font color=black><b>Disponible en qualité CD (LossLess)</b> </font></center>
<br> 
<br>
<font color=black>« J'aime beaucoup ce disque. C'est une musique profonde qui m'inspire grandement. Je l'ai souvent écoutée en écrivant le scénario de mon prochain long métrage, <i>L'Homme dans la cave</i>. J'espère que la deuxième des <i>Trois pièces dans le style ancien</i> accompagnera le film, mais rien n'est coulé dans le béton... On s'imagine parfois que des musiques collent à un sujet, et à l'image, ça ne marche pas forcément. »</font><br>
<br>
</p></div>
« Je peux écouter de la musique classique comme j'écoute du Claude François ! Pas de la même manière, évidemment. On a besoin de légèreté et de spiritualité dans la vie. Si je fouille dans ma mémoire, du temps de mes premières émotions, j'entends <b>Oum Kalsoum</b> que j'ai découverte chez les Bekouche, ma famille d'adoption. C'étaient nos voisins, qui venaient d'Algérie, à Grigny où j'ai grandi. La mère était comédienne, chanteuse, je la vénérais. Widad, sa fille, était ma meilleure amie. Nous étions si liés avec les Bekouche que ma mère, qui était Témoin de Jéhovah, jeûnait par solidarité avec eux au moment du ramadan et nous participions à leur dîner à la nuit tombée. À onze ans, j'adorais <b>Brigitte Bardot</b>. C'est à l'une de ses chansons <a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Brigitte-Bardot-Bubble-Gum/Variete-francaise/Brigitte-Bardot/Verve/default/fiche_produit/id_produit-0073145146752.html">[<font color=#5eabc1><i>Les cheveux dans le vent</i></font></a> - Ndlr] que j'ai emprunté le titre de mon livre <i>Le soleil me trace la route</i>.</p>

<p class="spip">« Je suis la septième d'une famille de onze enfants. Ma sœur Sabine jouait du piano, composait, elle était très douée. Quand elle est devenue autiste, elle a tout oublié. En partie à cause des médicaments qui lui ont flingué les neurones. C'est pour dénoncer cela que j'ai réalisé le documentaire <i>Elle s'appelait Sabine</i> [présenté à Cannes en 2007]. Aujourd'hui, elle aime le reggae et la salsa, mais le piano la fait pleurer. Quand j'entends le premier <i>Prélude</i> du <i><b>Clavier bien tempéré</b></i> de <b>Bach</b>, je pense aussitôt à elle. C'est ce qu'elle jouait le plus souvent. Le seul qu'elle se rappelle un peu... Cela fait des années que j'entends ce <i>Prélude</i>. Et ça fait des années aussi que je ne l'entends plus.</p>

<p class="spip">« La fiancée de mon frère joue très bien du piano. C'est elle qui m'a fait découvrir le <i><b>Nocturne n° 10</b></i> de <b>Fauré</b> que j'écoute en boucle avant de m'endormir. J'aime bien les <i><b>Gymnopédies</b></i> de <b>Satie</b>. Il y a quelque chose de pur, de doux et de nu qui me plaît et qui ne m'agresse pas. J'ai l'impression que c'est assez facile... Excusez-moi, monsieur Satie ! Cela me paraît très accessible. Ce genre de musique nous fait réaliser que le classique n'est pas "un truc de vieux". Pardon, mais je n'ai pas été éduquée là-dedans. C'est nouveau pour moi.</p>

<p class="spip">« J'ai découvert <b>Jordi Savall</b> sur le film <a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Jeanne-La-Pucelle-/Classique/Jordi-Savall/Alia-Vox/default/fiche_produit/id_produit-0884385734473.html"><font color=#5eabc1><i>Jeanne la Pucelle</i></font></a> de Jacques Rivette. J'écoute souvent son disque sur les musiques d'<a href="http://www.qobuz.com/telechargement-album-mp3/Istanbul-/Classique/Jordi-Savall/Alia-Vox/default/fiche_produit/id_produit-0884385920074.html"><font color=#5eabc1><i>Istanbul</i></font></a>, notamment les airs arméniens avec le joueur de kamantcha Gaguik Mouradian. On ne parle jamais de l'Arménie, cela me rend triste. C'est un pays avec une culture très forte et qui sombre dans la misère. L'<i><b>Ouverture tragique</b></i> de Brahms est une œuvre qui me parle. J'y entends le chaos de la vie. L'injustice aussi... Pour moi, cela a été la mort de mon amie d'enfance Widad Bekouche dans un accident de voiture. C'est tellement moche de partir comme ça. Et puis mon frère Jean-Yves, victime d'une crise cardiaque. C'était si soudain. On n'a pas eu le temps de se dire adieu. À ma mort, je voudrais qu'on fasse la fête. J'aimerais que ce soit joyeux, avec des rires et des chants. » 
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<div align=right><b>Retrouvez Olivier Bellamy</b> et son « Invité classique » <br>
du lundi au vendredi de 18h30 à 20h sur <b>Radio Classique</b></small></div>
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    <author>Olivier Bellamy</author>
    <pubDate>Mon, 17 May 2010 11:46:26 +0200</pubDate>
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    <category><![CDATA[L'INVITÉ DU MOIS]]></category>
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