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Label Berlin Classics

Eterna, label de la RDA
A l'origine, Berlin Classics s'appelait Eterna, label de disques de la RDA, né d'une compagnie d'enregistrement appartenant au chanteur Ernst Busch. Il s'agissait du premier producteur du groupe VEB German Record, qui se consacrait à la musique classique, l'opéra, l'opérette, le chant politique (chants de travailleurs) ainsi que les chansons populaires, le jazz et la musique sacrée. Grâce aux orchestres de l'Allemagne de l'Est et à leurs divers directeurs musicaux, Eterna a réalisé des productions exceptionnelles. En 1977, il publie les ouvres complètes de Beethoven sur 116 33 tours.

Au lendemain de la création de la RDA, le Parti socialiste unifié d'Allemagne s'arroge la direction des affaires culturelles. Aux occidentaux « américanisés » et « amollis par la société de consommation », il oppose l'idéal d'une population férue de vraie culture. La musique classique devient alors, à côté du sport, le porte-étendard de l'Allemagne de l'Est. Les agences de spectacles et les maisons de disques font entrer de l'argent dans les caisses contribuant, même pendant la guerre froide à augmenter le nombre de voyages civils entre les deux Allemagnes. La RDA a ainsi instrumentalisé la musique classique et donné naissance à une élite artistique.

De Eterna à Edel Classics
Successeur d'Eterna, Edel Classics a également travaillé avec des artistes allemands et de pays voisins, tout en menant une campagne de diffusion internationale. Son catalogue propose les classiques du répertoire ainsi qu'un engagement envers des musiciens et des artistes méconnus (en France) mais de grand talent, mettant en outre l'accent sur les performances artistiques historiques, les musiques contemporaines et l'avant-garde.
Ce label a produit de nouveaux enregistrements de bonne qualité avec des jeunes artistes, comme la soprano Anja Harteros, la pianiste Ragna Schirmer, la clarinettiste Sharon Kam, le violoncelliste Gavriel Lipkind, le German Chamber Philharmonic, Concerto Köln, le Amsterdam Bach Soloists et en même temps mis sur les devants de la scène Peter Schreier ou Ludwig Güttler qui continuent alors d'enregistrer avec Edel Classics.
Edel, possède en outre un catalogue qui prouve la fine documentation en matière de musique de l'Allemagne de l'Est en 1945, où en plus de Berlin des régions comme la Saxe et la Thuringe ont un niveau culturel de haut niveau.

De Edel AG à Berlin Classics
Berlin Classics est l'aile « musique classique » d'Edel AG. Il contribue à la promotion de célèbres artistes en Europe dont Peter Schreier, Christoph Genz ou Kurt Masur. Ce label s'est constitué en peu de temps au moment de la réunification : Berlin Classics a alors repris les enregistrements précédents des labels Est allemand ainsi que leur programme de réalisation. Sa contribution au patrimoine discographique européen est inestimable.
Aujourd'hui, Berlin Classics est un label allemand réputé pour ses enregistrements historiques avec les orchestres de Berlin, Dresde et Leipzig. Il constitue une base en matière de répertoire de musique et possède des enregistrements historiques d'artistes de renoms : comme Kurt Masur, Herbert Blomstedt, Hermann Abendroth et Dietrich Fisher-Dieskau. En outre, il comporte aussi de nouveaux enregistrements avec des interprètes de renoms tels Thomas Zehetmair et Lynne Dawson. Les enregistrements sont souvent satisfaisants avec une bonne acoustique, riche, qui met en valeur les instruments. La reprise du catalogue Eterna par Berlin Classics a permis la redécouverte de certains albums importants oubliés, comme la version des Symphonies de Beethoven par Herbert Blomstedt ou les Symphonies de Mahler par Günter Herbig, voire de chefs d'orchestre Karl Elmendorff.
Berlin Classics comporte dans son nom le nom et le symbole de la capitale allemande, de l'Allemagne réunifiée. Depuis la réunification, elle est maintenant un des centres les plus importants de la culture en Allemagne, vivier pour le spectacle vivant avec ses trois opéras et ses deux salles de concerts, neuf orchestres symphoniques, de nombreux chours, d'innombrables ensembles de musiques de chambres. Berlin offre une diversité musicale unique dans le monde.
La collection « référence » remet au premier plan des enregistrements méconnus, comme ceux de Claus Peter Flor. Ce dernier était un chef d'orchestre renommé en Allemagne de l'Est, élève de Kurt Sanderling et Rafael Kubelik. Invité par les plus grandes formations à l'Est, il s'est vu confier par le label Eterna, quelques sessions d'enregistrements qui culminent dans une intégrale des concertos pour piano et orchestre de Beethoven avec Peter Rösel en soliste.


Kurt Sanderling (né en 1912) : Après avoir mené une première partie de carrière à Berlin, il émigra en 1936 à Moscou où il dirigea l'Orchestre de la radio-symphonique de Moscou jusqu'en 1941 puis de 1942 à 1960 il a dirigé l'orchestre philharmonique de Leningrad en même temps que Mravinski. Il revient en Allemagne en 1960 comme chef de l'Orchestre radio-symphonique de la Staatskapelle de Dresde. On lui doit de remarquables enregistrements des symphonies de compositeurs aussi divers que Haydn, Sibelius ou Chostakovitch.

Herbert Kegel (1920-1990) : Il a dirigé de nombreuses ouvres de musique classique et contemporaine pour la radiodiffusion et a enregistré pour des labels allemands et étrangers, avec les ensembles de la radiodiffusion aussi bien qu'avec d'autres orchestres et chours, comme la Philharmonie de Dresde. Il a donné des concerts dans la plupart des pays européens, en Amérique du Sud et au Japon, pays dans lequel il a connu une popularité extraordinaire. En outre il a été chef invité au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, à l'opéra de Leipzig et au "Semperoper" de Dresde.

Heinz Rögner (1929-2001) : Il a dirigé pendant vingt ans l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin Est avec un vaste répertoire également tourné vers ses contemporains.

Peter Rösel (né en 1945) : pianiste né à Dresde, la chute du mur lui a permis d'acquérir une réputation en Occident jusqu'alors limitée aux seuls pays de l'Est même s'il avait effectué de nombreuses tournées dans le monde avec l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, duquel il est devenu soliste en 1976. Il s'impose dans le monde entier comme la figure marquante du piano allemand.

Heinz Bongartz (1894-1978) : Il débute dans différents opéras de Rhénanie avant de diriger le Blünthner-Orchester à Berlin et la Landeskapelle de Meiningen. Il est ensuite chef permanent à l'Opéra de Gotha et à celui de Kassel, directeur général de la musique à Sarrebruck et chef permanent à Ludwigshafen (1945). Il se fixe en RDA et enseigne la direction d'orchestre à la Hochschule de Leipzig avant de prendre la direction de l'Orchestre Philharmonique de Dresde (1947-64).

Rudolf Kempe (1910 - 1976) : D'abord engagé comme hautboïste puis chef de chant et chef assistant, il est nommé premier chef à l'Opéra de Chemnitz dont il deviendra directeur général de la musique en 1946. De 1952 à 1953, il est directeur général de la musique à Munich et de 1954 à 1956 il dirige le Metropolitan Opera de New York. Il mène une carrière de chef invité. Il prend la direction du Royal Philharmonic Orchestra de Londres de 1962 à 1975, nommé chef à vie à ce poste, il le quitte néanmoins un an avant sa mort pour prendre la direction du BBC Symphony Orchestra. Sous-estimé en France, il est considéré en Allemagne et en Angleterre comme un des « grands » de la direction d'orchestre. Son intégrale des Poèmes Symphoniques de Richard Strauss qu'il enregistra à Dresde (EMI) à la fin de sa vie et l'un des témoignages les plus précieux de son talent.

Kurt Masur (né en 1927) : Engagé en 1948 au Théâtre de Halle, il y fait ses débuts de chef d'orchestre. Puis il est premier chef à Erfurt à l'Opéra de Leipzig et à l'orchestre Philharmonique de Dresde. Après avoir travaillé avec d'autres orchestres, il reprend la tête du Philharmonique de Dresde comme premier chef de 1967 à 1972, avant qu'il ne devienne directeur musical de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig en 1970. Il conservera ce poste jusqu'en 1996. Entre 1991 et 2002, il est directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de New York et entre 2002 et 2005 de l'Orchestre Philharmonique de Londres. En 2001, il est nommé à la tête de l'Orchestre national de France. Il est l'une des personnalités qui ont contribué à sortir l'Allemagne de l'Est de son isolement culturel en dirigeant lui-même les plus grands orchestres du monde et en pratiquant à la tête du Gewandhaus une politique de tournées et d'enregistrements qui ont ramené cette phalange sur les devants de la scène internationale.

Peter Schreier (né en 1935) : Dès la fin de la guerre, il entre au Kreuzchor de Dresde, où il étudie durant huit ans. Poussé vers une carrière de ténor soliste, il débute en 1961 dans le rôle du Premier Prisonnier de Fidelio. En 1963, il signe un contrat avec le Staatsoper de Berlin. Le timbre clair de sa voix de ténor lyrique le prédestinait au répertoire mozartien, mais sa formation initiale au Kreuzchor fait de lui un chanteur d'oratorio. C'est dans le rôle de l'Evangéliste de la Passion selon Saint Matthieu de Bach qu'il se fait entendre pour la première fois en Europe occidentale. Par la suite il est régulièrement invité au festival de Salzbourg et tient les grands rôles mozartiens. A partir de 1969, il se consacre entièrement à la direction d'orchestres et participe en 1973 à la création de De temporum fine comoedia de Carl Orff et en 74 d'Einstein de Paul Bessau. Il consacre aussi une grande partie de sa carrière aux lieds. Il met fin à sa carrière lyrique en 2000 en interprétant pour la 136e fois Tamino, dans La Flûte enchantée.

Hermann Abendroth (1883-1956) : Il fait ses débuts avec l'Orchesterverein de Munich, il multiplie les postes et sera invité régulièrement à diriger l'Orchestre Philharmonique de Berlin jusqu'en 1944. En 1945, il est nommé directeur musical du Théâtre National de Weimar, jusqu'en 1949 où il prend la direction musicale de l'Orchestre de la Radio de Leipzig. De 1953 à 1956, il dirige également l'Orchestre symphonique de la Radio de Berlin Est.

Karl Elmendorf (1891 - 1962) : Elève d'Abendroth, son premier poste est à Düsseldorf puis Mainz, et d'autres avant de devenir premier chef du Staatsoper de Berlin (1925-1932). Il occupe la même fonction à Munich. Il débute à Bayreuth et y dirige plusieurs opéras de Wagner jusqu'en 1942. Après la guerre il sera encore directeur général de la musique à Kassel et à Wiesbaden. Il a créé des ouvres de Joseph Haas et Richard Strauss.

Berlin classics et l'opéra

L'Opéra selon Berlin Classics

Berlin Classics eut l'occasion en reprenant les enregistrements de Edel et Eterna de ressusciter quelques trésors de l'opéra allemand. Fidèle à la tradition imposée par ses prédécesseurs, Berlin Classics - dans ses nouvelles productions -  continua de favoriser le patrimoine allemand et des pays limitrophes. De nombreux  enregistrements le prouvent; comme les interprètes, qui y apportent toute leur science et leur maîtrise de la langue.

Berlin Classics et les grandes voix

Grandes voix allemandes 

Le catalogue Berlin Classics ne serait rien sans sa série d'enregistrements consacrée aux grandes voix de ces cinquantes dernières années. En rassemblant ces enregistrements de légende souvent issus du catalogue de Eterna (le label de l'Allemagne de l'Est), Berlin Classics a constitué une collection de référence, en matière de récital. Une collection essentiellement centrée sur le répertoire germanique, dont Mozart et Wagner. VOIR PLUS D'ALBUMS

Berlin classics et la musique Baroque

Ouverture sur le baroque

Soucieux de renouveler l'offre de son catalogue, Berlin Classics a profité du renouveau baroque des années 1980 pour mettre en avant de jeunes ensembles tels que l'Akademie für Alte Musik Berlin et le Concerto Köln. On ne peut oublier par ailleurs bien sur le travail important autour de la musique de Bach avec Peter Schreier, dans des enregistrements de qualité.

Berlin classics et la musique orchestrale

Prédilection pour la musique orchestrale 

La musique orchestrale est le domaine de prédilection de Berlin Classics, qui s'intéresse en priorité à la musique moderne allemande de la fin du XIXe et du XXe siècle. Trois chefs dominent le catalogue, Rögner qui a dirigé vingt ans l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin Est (enregistrements Bruckner marquants) ; Bongartz, spécialiste de Reger. Kegel, le troisième, a interprété des compositeurs de tous horizons.

Berlin Classics et le piano

Le piano avec Rösel
et la relève

Au centre du catalogue Berlin Classics pour le piano demeure la figure historique de Peter Rösel, dont l'intégrale de la musique de Brahms reste une référence, mais il interprète aussi avec succès Mozart, Moussorgski ou Busoni. Ses enregistrements pour ce label sont un véritable patrimoine.

751 albums à écouter et télécharger

Brahms, J.: Sonatas & Trio

Johannes Brahms

Classique  -  Paru le 22 décembre 2009 chez Berlin Classics

Schutz, H.: Psalms of David

Heinrich Schutz

Classique  -  Paru le 20 novembre 2009 chez Berlin Classics

Graupner, C.: Per il flauto

Christoph Graupner

Classique  -  Paru le 28 août 2009 chez Berlin Classics

Paganini, N.: Violin Concertos Nos. 1 and 2

Nicolo Paganini

Classique  -  Paru le 1 janvier 2009 chez Berlin Classics

Handel, G.F.: Keyboard Suites, Hwv 426-441

George Frideric Handel

Classique  -  Paru le 1 janvier 2009 chez Berlin Classics