Les œuvres du romantisme tardif font partie du répertoire de prédilection du Royal Concertgebouw Orchestra. Ses interprétations de Gustav Mahler, Anton Bruckner et Richard Strauss font
particulièrement référence. L'orchestre est régulièrement cité comme l'un des meilleurs du monde. Sa sonorité soyeuse, sa transparence, la chaleur et la beauté de ses pupitres, l'ampleur des ses
grands tutti en ont fait un orchestre de légende, comparable dans sa perfection et sa « signature sonore» au Wiener Philharmoniker et au Berliner Philharmoniker. Son nom provient du Concertgebouw
d'Amsterdam, le bâtiment (réputé pour son acoustique) où il donne la plupart de ses concerts. Le Concertgebouw est inauguré le 11 avril 1888 mais ce n'est que quelques mois plus tard que
l'orchestre du même nom est fondé. Son premier concert a lieu le 3 novembre 1888, l'orchestre étant alors dirigé par Willem Kes. Sept ans plus tard, c'est Willem Mengelberg qui en devient le
principal chef d'orchestre. Il reste à sa tête jusqu'en 1945, soit durant cinquante ans, un laps de temps assez inhabituel pour un directeur musical (deux autres exemples célèbres sont Evgeni
Mravinski à l'Orchestre philharmonique de Leningrad et Eugene Ormandy à l'Orchestre de Philadelphie). Mengelberg est généralement considéré comme le chef ayant donné à l'orchestre sa carrure
internationale. Durant son « règne », on compte parmi les invités de l'orchestre les noms prestigieux de Richard Strauss, Gustav Mahler, Claude Debussy, Igor Stravinsky, Béla Bartók, Sergei
Rachmaninoff, Sergei Prokofiev. En 1945, c'est Eduard van Beinum qui succède à Mengelberg. Après son décès subit en 1959, Bernard Haitink et Eugen Jochum se partagent la direction, le premier
restant le chef principal jusqu'en 1988. À partir de cette date, et jusqu'en 2004, Riccardo Chailly devient le chef principal de l'orchestre (le premier à ne pas être néerlandais). Depuis 2004,
c'est le chef letton Mariss Jansons qui le remplace à ce poste.