
Né de parents vénitiens à Génas dans la banlieue de Lyon le 13 mai 1959, c'est au saxophone que
Roger Muraro fourbit ses premières armes musicales en jouant des oeuvres de Marius Constant et
René Leibowitz (instrument qu'il a découvert avec le directeur de la fanfare de la ville). Autodidacte, il joue les
Polonaises de Chopin en 1972 (il a autour de 13 ans) sans avoir appris la
technique pianistique. Après avoir commencé ses études au Conservatoire de Lyon, il les poursuit au Conservatoire National de Musique de Paris où il entre en 1977, dans la classe d'Yvonne Loriod.
Olivier Messiaen tombera sous le charme de ce jeune pianiste qui ne travaille le piano que depuis cinq ans. Après avoir obtenu un premier prix de musique de chambre en 1980, et en 1981 un premier
prix de piano à sa sortie du conservatoire ainsi que le Grand Prix du Concours Franz Liszt à Parme,
Roger Muraro décide de se consacrer au répertoire du XXe siècle. Il se replongera dans la
musique russe qu'il aime tant pour la préparation du Concours International Tchaikovski de Moscou dont il sera lauréat en 1986.
En 1988, il interprète en concert à Paris l'intégrale de
Vingt Regards sur l'Enfant Jésus en présence du compositeur, Olivier Messiaen, qui le couvrira de compliments : «
Merci à Roger
Muraro pour son intégrale absolument sublime de cette oeuvre si difficile ! Avec toute mon admiration pour sa technique éblouissante, sa maîtrise, ses qualités sonores, son émotion, et j'oserai
dire sa Foi !... » Fort de l'aval de Messiaen,
Muraro en devient son meilleur ambassadeur et sera dès lors invité partout dans le monde pour l'interpréter. Son intégrale de l'oeuvre pour
piano en 7 CD chez Accord est une version majeure, de référence.
Si ses dons de coloriste et sa sensibilité s'accordent si bien à la musique de Messiaen, ils servent avec la même réussite tout répertoire pianistique où entre une part d'imaginaire comme la
musique de Schumann, Mozart et surtout Ravel dont son intégrale a été saluée par le monde musical (et piratée en Angleterre sous le nom de Joyce Hatto...). L'intelligence, la sincérité et l'âme
qu'il met dans son jeu en font le digne héritier d'Alfred Cortot et d'Yves Nat dont il se sent musicalement proche.
Roger Muraro aime également jouer les compositeurs qui ont exercé une
influence sur Messiaen, comme - outre Mozart -, Chopin, Moussorgski, Debussy et Albeniz. Il aime également revenir à Liszt dont il a publié en 2011 la transcription pour piano de la
Symphonie
fantastique de Berlioz où éclate son exceptionnelle virtuosité.
Des nombreux chefs (Zubin Mehta, Marek Janowski, Valery Gergiev, Sylvain Cambreling...), de grands orchestres européens et internationaux (Berlin, Vienne, Gewandhaus de Leipzig, London
Philharmonic, National de France, Symphonique de San Francisco...), comme les festivals les plus renommés (Salzbourg, Aix-en-Provence, Roque d'Anthéron...), ont demandé à
Roger Muraro sa
colloboration. En 2001,
Muraro est élu « Soliste instrumental de l'année » aux Victoires de la musique.
Réservant une bonne part de son temps à la formation des jeunes («
Si je n'enseigne pas, je joue mal »),
Roger Muraro est maintenant professeur au Conservatoire National de Musique de
Paris après avoir commencé à enseigner au Conservatoire de Lyon.
Qobuz 01/2013