
René Jacobs a commencé le chant en tant que choriste à la Cathédrale de Gand, sa ville natale. Parallèlement à des études de philologie classique à l'Université de Gand, il approfondit sa formation
à Bruxelles, puis à La Haye. Il rencontre les frères Kuijken, Alfred Deller et Gustav Leonhardt, qui l'encouragent à se spécialiser dans le registre de contre-ténor. En quelques années, il en
deviendra l'un des plus éminents représentants, donnant des récitals à travers le monde entier.
Passionné par un immense répertoire baroque restant à découvrir, il crée dès 1977 le Concerto Vocale. Son activité de chef le conduira à diriger sur les grandes scènes européennes et au Japon les
opéras de Monteverdi, Cesti, Cavalli, Gluck ou Haendel. La plupart de ces productions ont été enregistrées et ont obtenu les distinctions les plus prestigieuses. Depuis 1997, René Jacobs est
directeur artistique du Festival d'Innsbruck. Il se consacre avec passion à l'opéra vénitien depuis de nombreuses années, un travail parvenu à son point culminant avec le triomphe de
La
Calisto de Cavalli au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1993 - une production reprise à Berlin, Barcelone, Lyon et Montpellier. Il conduisait en mai 2004 la création moderne
d'
Eliogabalo du même auteur, autre production de La Monnaie reprise à Innsbruck la même année. En 2005-2006, il dirigeait un nouveau cycle des opéras de Monteverdi au Staatsoper de Berlin.
En tant que principal chef invité et conseiller artistique pour le répertoire baroque au Staatsoper de Berlin, il a dirigé
Orpheus de Telemann,
Cleopatra e Cesare de Graun,
opera
seria de Gassmann et
Così fan tutte de Mozart (ce dernier étant repris au Festival d'Aix-en-Provence en 2000 et au Théâtre des Champs-Élysées). En 2002, ce même théâtre accueillait une
nouvelle production des
Nozze di Figaro, reprise à Paris et à Londres (Barbican) en juin 2004.
Le Syndicat Professionnel de la Critique Dramatique et Musicale lui a remis le "Grand Prix du meilleur spectacle lyrique de l'année 1998" pour
L'Orfeo de Monteverdi, qu'il avait dirigé au
Festival d'Aix-en-Provence en juillet (production du Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles). Le magazine
Diapason le distinguait comme "Personnalité musicale de l'année 1999" pour ses
enregistrements de
Così fan tutte et de l'oratorio
Il primo omicidio d'Alessandro Scarlatti. En 2001, l'Académie Charles Cros lui a décerné sa plus haute distinction, le "Prix in
honorem", pour son enregistrement de
Croesus de Keiser et pour l'ensemble de sa carrière. 2004 marqua un nouveau triomphe dans la presse internationale : son
Rinaldo était distingué
par un " Cannes Classical Award " ; en Angleterre, la revue
Gramophone consacrait son enregistrement des
Noces de Figaro "enregistrement de l'année" ; en France
Le Monde de la
Musique distinguait ce même enregistrement par un "Choc de l'année" alors que
Les Saisons étaient élues "Diapason d'or de l'année" ; en Allemagne, la critique couronnait sa carrière d'un
"Deutsche Schallplattenpreis" alors que le magazine
Opernwelt consacrait la production d'
Eliogabalo comme "redécouverte de l'année 2004". Enfin, en 2005, René Jacobs était élu
"Artiste de l'année" par le Midem qui distinguait également ses
Noces de Figaro de deux "Midem Classical Awards" (meilleur enregistrement dans la catégorie "Opéra" et enregistrement de
l'année 2005). Ce même enregistrement était distingué à Los Angeles par un Grammy Award (Best Opera 2005) quelques semaines plus tard. En 2008, la ville de Magdebourg décernait à René Jacobs son
prestigieux Prix Telemann.
Longtemps professeur à la Schola Cantorum Basiliensis, René Jacobs a gardé une relation privilégiée avec cette institution où il a formé de nombreux chanteurs qui se produisent aujourd'hui sur les
grandes scènes internationales.