Port O'Brien se détache clairement. Par sa petite histoire d'abord. "Pour Van Pierszalowski l' année a 265 jours jolies. Et 100 jours d' enfers. Van a 24 ans, ecrit et chante le pluspart des
chansons de son groupe Port O’Brien. Chaque été il est dans les eaux en Alaska sur un bateau de pêche de saumon, effectué par son père." Voici ce que nous raconte le dossier de presse. Et on aime
bien ce portrait, dans un français approximatif, presque poétique.
Ce qui tombe bien, c'est que la musique est l'autre atout de Port O'Brien. Et en bon marin, Van Pierszalowski y visite plusieurs ports d'attache du rock américain. Le plus flagrant? Celui où
trainait Bright Eyes à l'époque de ses meilleurs albums (Fevers And Mirrors, Lifted Or The Story Is In The Soil Keep Your Ear To The Ground). Un folk teinté de lyrisme emo et servi par une
écriture à l'élégance rurale. A ce titre, les chansons les plus clairement tournées vers la mer sont épatantes (Stuck On A Boat, Fisherman's Son).
Mais si l'ombre de Conor Orbest plane sur ce second album du groupe, elle n'est pas seule. Une ballade bancale comme Don't Take Me Advice rappelle Pavement (Billie, par exemple, sur Terror
Twilight), tandis que certains morceaux plus électriques évoquent le style de Band Of Horses. Au final, Port O'Brien donne à l'auditeur l'impression de naviguer en eaux connues. Ce qui n'est pas
forcément désagréable. Car si l'originalité n'est pas la qualité première de All We Could Do Was Sing, le talent de songwriter de Van Pierszalowski suffit à séduire. On ne sait pas si cet album
lui permettra de tourner le dos à l'Alaska définitivement, mais si tout ce qu'il peut faire c'est chanter... ben c'est déjà bien.