Pierre Schaeffer est un ingénieur, chercheur, théoricien, compositeur, et écrivain français, né à Nancy le 14 août 1910 et décédé à Aix-en-Provence le 19 août 1995. Il est le père de la musique
concrète et de la musique électro-acoustique.
« Le miracle de la musique concrète, que je tente de faire ressentir à mon interlocuteur, c'est qu'au cours des expériences, les choses se mettent à parler d'elles-mêmes, comme si elle nous
apportait le message d'un monde qui nous serait inconnu » (À la recherche d'une musique concrète, Paris, Seuil, 1952). Élève au lycée Saint-Sigisbert-Saint Léopold de Nancy, à l'École
Polytechnique (Promotion X1929), puis à l'Ecole supérieure d'électricité et des télécommunications de Paris (1931), il intègre le Service de la Radiodiffusion Française en 1936. Fils de
musiciens, il s'est toujours interrogé sur le phénomène musical. De fait, l'essentiel de ses travaux consiste en une réflexion sur la nature et la richesse de l'élément sonore, sa substance et sa
matérialité, qu'il analyse en utilisant le terme d'objet sonore. En 1948, il commence à effectuer des expérimentations au moyen de sons ou de séquences enregistrés sur disques. Ainsi naîtra
l'Etude aux chemins de fer. Ses recherches l'amènent à fonder en 1951 le Groupe de Recherche de Musique Concrète au sein de la R.T.F. qui deviendra en 1958 le Groupe de recherches musicales (GRM)
puis en 1960 un des départements du Service de la Recherche de de la R.T.F. puis de l'Office de Radio-Télévision Française (ORTF, 1964). Ce Service sera l'embryon de l'Institut National de
l'Audiovisuel (INA, 1974). Pierre Henry a été un étroit collaborateur des débuts de cette aventure et est devenu à ses côtés un des grands compositeurs du genre.
Pour embrasser l'ensemble de la personnalité de P. Schaeffer, il faut prendre connaissance des évènements de sa jeunesse ("Radio-Jeunesse", rencontre avec le Groupe Gurdjieff, création de la
grande association "Jeune France"...) de ses activités durant la guerre dont la fondation du "Studio d'Essai" (qui deviendra le "Club d'Essai") où il préparera clandestinement comme Résistant les
émissions de la Libération, de ses missions à l'étranger : O.N.U. (Organisation des Nations Unies), création de la "Radiodiffusion de la France d'Outre-Mer" (R.F.O.M., 1953) qui deviendra la
"Société de Radiodiffusion de la France d'Outre-Mer" (SORAFOM, 1955). Après son questionnement général sur la musique, le directeur de la Radio lui demande de réaliser également une recherche
fondamentale sur l'image d'une télévision naissante. Ainsi naît le "Service de la Recherche". Dans ce Service à l'imagination florissante est conçu en 1968 la série télévisée Les Shadoks dont les
graphismes simples convenaient parfaitement à l'une des machines inventées : l'Animographe de Jean Dejoux (vers 1966).