
Née à Lyon le 19 avril 1965,
Natalie Dessay (de son patronyme « Nathalie Dessaix ») est une soprano française spécialisée dans les rôles de soprano léger coloratura d'opéra. Elle est connue pour ses talents de comédienne et son investissement scénique important. Sa voix d'une grande facilité dans le suraigu durant la première partie de sa carrière (elle était capable de monter jusqu'au
contre-la) lui a ouvert de nombreuses portes, dans des rôles secondaires mais spectaculaires comme Olympia des
Contes d'Hoffmann ou la Reine de la Nuit dans
La Flûte enchantée. Désormais, elle se consacre à des premiers rôles, plus longs et n'utilisant pas la partie la plus élevée de sa tessiture. Elle admettra à de nombreuses reprises que, ayant commencé relativement tard sa carrière lyrique, elle n'a jamais pu aborder des rôles très complexes sur le plan solfégique, ce qui ne l'empêcha pas d'interpréter des partitions comme
Ariane à Naxos par exemple. Comédienne de formation, elle compense ses limites du début de carrière par l'importance primordiale qu'elle accorde à l'incarnation des personnages qu'elle chante à l'opposé de ses collègues de formation plus classique.
Natalie Dessay grandit à Bordeaux. C'est au cours de ses études secondaires qu'elle décide de supprimer le "h"de son prénom en hommage à Natalie Wood. Elle rêve tout d'abord d'être danseuse étoile puis actrice. Elle interprète un lutin qui fredonne l'air de Pamina dans
L'amour peintre de Molière ; en l'entendant, il lui est conseillé de prendre des cours de chant. Elle entame parallèlement des études d'allemand, de théâtre et de chant. Elle progresse à pas de géant, fait en une année ce que les autres font en cinq et quitte le conservatoire avec un premier prix en 1985. Elle a 20 ans. Après un bref séjour au sein des choeurs du Théâtre du Capitole de Toulouse, elle retrouve Bordeaux et une certitude : elle sera soliste.
En 1989, elle est deuxième prix du concours "Les Voix nouvelles" parrainé par France Télécom. Aussitôt l'Opéra de Paris lui ouvre ses portes et l'invite à rejoindre son "École d'art lyrique" où elle chante l'
Élisa du
Re pastore (Mozart). En avril et mai 1992, sur la scène de l'opéra Bastille, elle interprète pour la première fois
Olympia dans
Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, aux côtés de
José van Dam, dans une mise en scène de
Roman Polanski. Le spectacle déçoit mais la jeune cantatrice remporte une ovation et se révèle au public. Elle triomphera dans ce rôle tout au long de sa carrière internationale. La même année, elle s'inscrit au "Concours Mozart" organisé par le
Staatsoper de Vienne, remporte le premier prix et intègre, en 1993 et pour un an, la prestigieuse troupe de l'opéra viennois. Elle y chante
Blondchen dans
L'Enlèvement au sérail de Mozart. Elle est l'une des chanteuses qui remplace ensuite Cheryl Studer qui devait incarner les trois rôles féminins des
Contes d'Hoffmann. En décembre 1993, son interprétation du personnage d'
Olympia lui ouvre le coeur du public viennois.
Plácido Domingo fait part aux journalistes de son émerveillement face aux performances vocales réalisées sans effort par la Française.
Elle est, dès lors, invitée à se produire sur de nombreuses scènes aussi bien françaises qu'internationales. Elle chante aussi
Madame Herz dans le
Le Directeur de théâtre (
Der Schauspieldirektor) de Mozart,
Zerbinetta dans
Ariane à Naxos de R. Strauss,
Zaïde de Mozart à l'Opéra de Lyon et à l'Opéra Bastille et
Adele dans la
Chauve-souris (
Die Fledermaus) de Johann Strauss fils à Genève.
Blondchen et
Zerbinetta deviennent ses rôles fétiches. L'Opéra de Vienne monte spécialement pour elle
La Femme silencieuse (
Die schweigsame Frau) de Richard Strauss et la presse de chanter le rôle titre de
Lulu, l'oeuvre inachevée d'Alban Berg. Dessay déclinera cette dernière offre en prétextant que sa carrière très prenante ne lui laisse pas le temps nécessaire à l'étude de nouveaux rôles. En mai 1993, à l'occasion de l'inauguration de l'Opéra de Lyon rénové par Jean Nouvel,
Natalie chante à nouveau Olympia, mis en scène par Louis Erlo. Jusqu'en 2001, elle interprètera ce "véritable numéro de music-hall" dans huit productions différentes.
N'appréciant guère les rôles de méchante,
Natalie Dessay n'a chanté la
Reine de la Nuit qu'à contrecoeur, d'après des propos tenus dans de nombreuses interviews. En 1994, pressentie pour ce rôle au
Festival d'Aix-en-Provence, elle accepte de l'incarner pour cette
Flûte Enchantée dirigée par
William Christie et mise en scène par
Robert Carsen, et celle-là seulement. Elle chante donc pour la première fois ce numéro de voltige vocale, et finalement le reprendra de nombreuses fois par la suite, à Lyon, à Salzbourg, à Vienne et à l'Opéra de Paris en 2000. Au mois d'octobre 1994,
Natalie Dessay fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York, dans le rôle de
Fiakermilli d'
Arabella (Richard Strauss). Elle reviendra en septembre 1997 dans le rôle de
Zerbinetta d'
Ariane à Naxos, salué par les éloges unanimes de la presse musicale puis, à nouveau, en février 1998 avec
Olympia, un nouveau triomphe.
En 1995, elle est, pour la première fois la prêtresse
Lakmé (Léo Delibes) à l'Opéra-Comique. Elle subjugue son auditoire en vocalisant au-delà du
contre-fa sur l'air des clochettes. À cette époque, elle se refuse encore à aborder des rôles qui demandent de la puissance dans le grave ou le médium. Elle refuse également de chanter de l'opérette, qu'elle déteste, mais se laisse pourtant convaincre par l'
Orphée aux enfers (Jacques Offenbach) de l'Opéra de Lyon, mis en scène par
Laurent Pelly, qu'elle interprète aux côtés de son mari, le baryton
Laurent Naouri. Un autre triomphe enregistré en DVD. Cette même année, elle prête sa voix à
Olympia, ravissante poupée capricieuse mise en scène par
Alfredo Arias à
La Scala de Milan.
En 1996, elle incarne, aux côtés de Simon Keenlyside, l'
Ophélie d'
Hamlet (Ambroise Thomas) au Grand Théâtre de Genève. La production de
Patrice Caurier et
Moshe Leiser a longtemps été son plus beau souvenir scénique. Barcelone a mis cette production à son programme de 2003-2004. Elle aime le côté shakespearien d'Ophélie mais se refuse à chanter le rôle en anglais à l'English National Opera. Elle chantera le personnage de
Tytania dans
Le Songe d'une nuit d'été (
Midsummer Night's Dream) de Benjamin Britten en français puis une reprise de
La Flûte enchantée à l'Opéra de Lyon.
En 1997,
Natalie Dessay chante devant le public du théâtre du Châtelet
Le Rossignol (Stravinski) sous la direction de
Pierre Boulez et dans une production du jeune metteur-en-scène
Stanislas Nordey. Après un détour au Met en 1998 où elle interprète
Les Contes d'Hoffmann et
Ariane à Naxos, sous la direction de
James Levine, elle fait son entrée au
Festival de Salzbourg dans le rôle de la
Reine de la Nuit, son cheval de bataille qu'elle a chanté un peu partout sur les grandes scènes françaises et étrangères. Elle revient sur la scène du Châtelet, la même année, en compagnie de son mari, afin d'interpréter
Orphée aux Enfers sous la direction de
Marc Minkowski dans une mise en scène de
Laurent Pelly.
En 1999 elle est
Morgana de l'
Alcina (Haendel) au Palais Garnier aux côtés de Renée Fleming et de Susan Graham sous la baguette de
William Christie. Toujours à ce même palais Garnier, elle chante
Les Indes galantes de Rameau. Le répertoire baroque sied bien à sa voix légère et lui laisse toute la liberté de pouvoir ajouter des notes aiguës.
Du 20 mars au 6 avril 2000 à l'Opéra Bastille,
Natalie Dessay est à nouveau pour cinq représentations l'
Olympia des
Contes d'Hoffmann, transformée en poupée Barbie provocante par le metteur en scène
Robert Carsen. Elle part à Vienne pour chanter « une dernière fois » devant les Autrichiens la
Reine de la Nuit au mois de juin mais annule les Chorégies d'Orange. Elle chantera également « une dernière fois »
Les Contes d'Hoffmann au cours de ce même été 2000.
La saison parisienne 2000-2001 de
Natalie Dessay comprend la production viennoise de
Die schweigsame Frau (
La Femme silencieuse) de Richard Strauss au Théâtre musical de Paris (Châtelet), ainsi qu'un récital le 14 mars 2001 (annulé), et sa « dernière Reine de la Nuit » en décembre 2000 au Palais Garnier. Au mois de Janvier 2001, Dessay réalise un rêve vieux de quinze ans : chanter
Lucie de Lammermoor de Donizetti avant d'enchaîner avec
La Sonnambula de Bellini à Milan avec Juan Diego Flórez. Le succès est au rendez-vous mais l'exigence de la cantatrice pour la mise-en-scène en relativise l'engouement. Elle annulera sa participation aux représentations de l'ouvre prévues au Met. En avril 2001, l'artiste est au Capitole de Toulouse pour le rôle d'
Ophélie dans
Hamlet d'Ambroise Thomas, puis du 19 au 28 juin au Châtelet. Elle est désormais prête pour aborder le bel canto. C'est chose faite avec
Amina dans
La Sonnambula de Vincenzo Bellini à Lausanne et à Bordeaux et, plus tard, à Vienne et Milan, déchaînant les critiques de Sergio Segalini qui s'insurge dans la revue musicale
Opera International contre le fait de distribuer ce rôle à une soprane légère. Elle chante en récital à Gênes le 16 septembre 2001, puis à Genève pour interpréter pour la toute première fois
Konstanze de
L'Enlèvement au sérail du 20 octobre au 5 novembre et avant de reprendre le rôle à New York.
Durant la saison 2001-2002 de l'opéra de Vienne (Autriche),
Natalie Dessay commence à éprouver des difficultés avec sa voix et doit se faire remplacer pour toutes les représentations de
La sonnambula. Elle annulera plusieurs autres représentations du printemps 2001 dont une version française de
Lucie de Lammermoor aux côtés de Roberto Alagna et de Ludovic Tézier à Lyon, le rôle de Zerbinetta à Covent Garden, celui d'Olympia, celui de Susanna (
Les Noces de Figaro) prévu pour l'été 2001 avec Riccardo Muti ainsi que quelques concerts. Elle s'éloigne de la scène et se fait opérer d'un polype sur une corde vocale au mois de juillet 2002.
Elle devait chanter les trois héroïnes des
Contes d'Hoffmann avec Marc Minkowski en 2002-2003 à Lausanne (mise en scène de Laurent Pelly) mais, au repos forcé, elle se fait remplacer par Mireille Delunsch aux premières représentations mondiales de la toute nouvelle édition critique de l'oeuvre réalisée par le musicologue, chef d'orchestre et autorité offenbachienne Jean-Christophe Keck, qui offre un nouveau découpage dramaturgique (restitution du final du 4e acte dit « acte de Venise ») ainsi que des airs débarrassés des ajouts et modifications des éditions précédentes, grâce à la découverte miraculeuse d'une partition manuscrite d'Offenbach.
Natalie Dessay revient à la scène le 26 février 2003 pour un concert parisien donné à l'occasion des 10e Victoires de la Musique classique. Elle interprète un extrait de
Manon de Jules Massenet, rôle qu'elle aborde sur scène en 2004. À la fin du mois de mars 2003, elle réapparaît en grande forme au Met. Sa
Zerbinetta (
Ariane à Naxos) virtuose et cabotine éclipse presque l'Ariane imposante de Deborah Voigt, pourtant la chanteuse préférée des spectateurs du Met. Au cours de l'été 2003, elle part donner un récital à Santa Fe. Elle est très attirée par le Nouveau-Mexique en général et plus particulièrement par cette ville mexicaine. L'Opéra de Santa Fe (SFO, Santa Fe Opera) bouscule son calendrier des représentations pour l'accueillir dans
La sonnambula.
En 2004-2005, elle doit chanter
Zerbinetta à l'Opéra Bastille et participer à plusieurs concerts de musique baroque au théâtre des Champs-Élysées. Comme pour le Met quelques années auparavant, elle est contrainte d'annuler sa participation à
Ariane à Naxos en raison d'un nouveau polype sur les cordes vocales et sera remplacée par Lubov Petrova pour toute la série des représentations. Elle retourne se faire opérer. En janvier 2005, elle déclare à la télévision française avoir commencé une rééducation et ne pas savoir précisément la date où elle se produira à nouveau devant son public. Elle réapparaît en concert à Montréal le 8 mai 2005. Son retour s'accompagne d'une réorientation de son répertoire lyrique. Elle veut exprimer des choses fortes sur scène en bannissant les rôles qu'elle considère «légers», sans consistance (
Gilda de
Rigoletto par exemple) ou ceux dont elle ne veut plus (notamment la
Reine de la Nuit et la poupée
Olympia), au profit de personnages plus «tragiques». Elle prend des positions tranchées concernant son métier et fustige dans la presse les metteurs en scène qui ne lui donnent aucune matière à pétrir allant même jusqu'à condamner, sans les citer, l'attitude de certains collègues qui, d'après elle, ne donneraient pas leur maximum sur scène. Elle affirme qu'il ne lui reste environ qu'une dizaine d'années à chanter et qu'elle doit faire des choix draconiens. Elle déclare également avoir découvert des exercices vocaux qui l'aident techniquement, en particulier celui du
moito, que pratiquent depuis toujours Christa Ludwig ou Edita Gruberova. Elle abandonne certains rôles et en chante de nouveaux : la
Manon de Jules Massenet au Grand Théâtre de Genève, Juliette de
Roméo et Juliette (Gounod) au Met, Lucia de
Lucia di Lammermoor (Donizetti). Enfin, elle aborde, aux côtés de Rolando Villazon,
Violetta de
La Traviata (Giuseppe Verdi) pour la première fois lors d'un récital toulousain puis parisien. Le triomphe est absolu. Pleine d'humour en raison de ce qu'elle pense du rôle de Gilda, elle finit son récital en chantant un bref passage de
Rigoletto ("Addio... Addio") et propulse la note finale à l'octave supérieure. Ses nouveaux enregistrements la voient s'aventurer sur les terres haendeliennes (
Delirio), vocaliser sur le dernier album de Claude Nougaro (
La Note bleue), réciter un conte pour enfants (
La boîte à Joujoux de Debussy), interpréter en création mondiale un
Ave Maria de Philippe Rombi en prêtant sa voix à Anna Sörensen (interprétée par Diane Kruger) sur la bande originale du film
Joyeux Noël (2005) et chanter la
Messe en ut mineur de Mozart.
En 2006,
Natalie Dessay chante son unique
Pamina dans
La Flûte Enchantée à Santa Fe,
Lucia di Lammermoor à Paris, puis, en 2007
La Fille du régiment à Londres et à Vienne avec
Juan Diego Flórez dans le rôle de Tonio dans une mise en scène de
Laurent Pelly, et, en été, elle chante
Manon à Barcelone aux côtés de
Rolando Villazón.
À l'automne 2007, elle fait l'ouverture de la saison du Met le 24 septembre 2007 dans une nouvelle production de
Lucia di Lammermoor, diffusée en direct sur écran géant devant le Lincoln Center et sur Times Square, et obtient un véritable triomphe. Plus tard dans la saison, elle est programmée dans le même opéra à San Francisco. Elle est aussi programmée dans
La Fille du régiment à New York (l'une des représentations est retransmise en direct et en haute définition dans le monde entier par Metropolitan Opera).
Janvier 2009 la retrouve dans une production très acclamée du "Theater an der Wien" (Vienne). Elle y incarne
Mélisande (
Pelléas et Mélisande de Claude Debussy) aux côtés de son mari
Laurent Naouri. Elle chante
Amina (
La Sonnambula) le 2 mars de la même année dans une nouvelle production du Metropolitan Opera de New York (retransmise en direct dans le monde entier et en haute définition). La dernière représentation de cet opéra date des années 1960 avec Joan Sutherland dans le rôle-titre. La première de ce spectacle signé
Mary Zimmerman est peu appréciée du public (de nombreuses huées, rares au Met, ont salué la mise en scène) et de la critique en dépit des qualités vocales de la distribution. En juillet 2009, elle aborde sa première
Violetta (Traviata), très attendue, à Santa Fe aux côtés de son mari
Laurent Naouri (dans le rôle de Germont) dans une mise en scène signée
Laurent Pelly ; un véritable triomphe. Fin octobre 2009, elle aborde dans
La Bohème ce qui devrait constituer son unique rôle puccinien,
Musetta, à Paris (Opéra Bastille).
En janvier-février 2010 elle chante dans
La Sonnambula pour la première fois à Paris, mais, souffrant d'une pharyngite, elle finit, lors de l'une des dernières représentations, le premier acte aphone et ne peut continuer. Sans remplaçante, le deuxième acte est annulé et les spectateurs renvoyés chez eux. Elle annulera par la suite les deux dernières représentations de cette
Sonnambula et
Hamlet au Metropolitan Opera, dont l'une des représentations devait être diffusée en direct dans le monde entier, en direct et en haute définition. Elle revient à la scène en avril pour
La Sonnambula de nouveau, dans la même production, mais au Staatsoper de Vienne. Cette
Sonnambula sera sa dernière, et à la fin de la dernière représentation, le 20 avril, elle se voit décerner le titre honorifique de "Österreichische Kammersängerin" ; elle est la première chanteuse française à avoir reçu cette consécration. Été 2010, elle reprend
La Fille du Régiment à Londres, puis en juillet, elle donne un concert à Orange en compagnie du ténor
Juan Diego Flórez avant de partir au Japon pour une reprise de
La Traviata.
Début 2011, elle chante pour la première fois le rôle de
Cléopâtre dans
Giulio Cesare de Haendel à l'Opéra Garnier, avec Le Concert d'Astrée dirigé par
Emmanuelle Haïm, avant de retourner au Metropolitan Opera de New York pour une reprise de
Lucia di Lammermoor dont la dernière est retransmise en direct dans le monde entier par Metropolitan Opera : en direct et en haute définition. En avril, elle retourne en Europe pour
Pelléas et Mélisande version concert à Paris et à Londres et
Lucia di Lammermoor version concert à Moscou. Ensuite, direction le
Festival d'Aix-en-Provence pour sa première
Traviata européenne. Fin novembre 2011, elle enregistre avec le pianiste
Philippe Cassard son tout premier récital de mélodies : des pages de jeunesse de Debussy - dont plusieurs inédites -, ainsi que
La Damoiselle Elue, cantate pour soprano, mezzo, chour de femmes et piano. Des récitals sont programmés pour présenter ces mélodies (Montpellier, Paris, Toulouse, Genève et Londres).
En janvier 2012, elle chante le rôle de
Manon dans l'opéra de Massenet, à l'opéra Bastille. Sa prestation est diversement appréciée : toujours très bonne comédienne, elle peine dans ce rôle très lyrique. Michel Parouty dans la revue Opéra de février 2012 note que " la voix... a perdu de son brillant, le suraigu a durci, et quelque notes graves peinent à se faire entendre ".
Natalie Dessay a de nombreux projets :
Marie (
La Fille du Régiment de Donizetti) à Paris en 2013. Elle a abandonné le projet d'un
Faust (Gounod) au Liceu, estimant ne pas avoir la voix adéquate pour chanter
Marguerite, bien qu'ayant programmé l'air des bijoux lors d'un concert caritatif parisien le 11 avril 2009.
Ses distinctions sont nombreuses : Victoires de la musique (six), le titre de « Österreichische Kammersängerin » (Opéra de Vienne), Laurence Olivier Awards (2008), Opera news Award (2008), Prix in honorem pour l'ensemble de sa carrière (Académie Charles-Cros, 2008), Chevalier de la Légion d'honneur (2011), Prix Grand Siècle Laurent-Perrier.
Natalie Dessay vit en France à la Varenne-Saint-Hilaire (Val-de-Marne) avec
Laurent Naouri (épousé en 1994) - lui-même chanteur lyrique baryton effectuant une carrière internationale - et leurs deux enfants Tom-Solal et Neima-Judith.