Karen Dalton (1938-1993) était une artiste américaine, aux origines mi-irlandaise, mi-cherokee.
Chanteuse de folk et de blues, guitariste talentueuse (elle utilisait une Gibson 12 cordes) et joueuse de banjo (le sien était particulièrement impressionnant puisqu'il comportait pas moins de 27
frettes), elle évolua sur la scène du Greenwich Village au début des années 1960, en particulier avec Fred Neil, Tim Hardin, Bob Dylan ou
encore les Holy Modal Rounders. Son timbre de voix, particulièrement bluesy, est souvent comparé à celui de la chanteuse de jazz Billie Holiday. La publicité du label Capitol pour son premier
album (It's So Hard To Tell Who's Going To Love You The Best, produit par Nick Venet) le décrivait d'ailleurs comme "the folksinger's answer to Billie Holiday" (littéralement, "la réponse de la
chanteuse de folk à Billie Holiday").
L'effroi que suscitait sur elle les studios d'enregistrement ainsi que sa claustrophobie firent qu'elle n'enregistra son premier album qu'en 1969. Karen n'était pas une compositrice mais elle
faisait de chaque chanson qu'elle reprenait la sienne. Sur ses deux albums, elle reprit des chansons de Paul Butterfield, Richard Manuel, Dino Valenti, Fred Neil, Tim Hardin, Leadbelly, Jelly
Roll Morton, George Jones, Richard Tucker aussi bien que des versions personnelles de folk traditionnels.
Elle lutta avec les drogues et l'alcool pendant de nombreuses années et décéda en 1993, à Bearsville, New-York, là où elle avait passé
une grand partie de sa vie. C'est dans cette ville que son second album, In My Own Time, fut enregistré et produit par Harvey Brooks. Les notes du livret furent écrites par Fred Neil, qui, le
premier, attira l'attention du producteur Nick Venet de Capitol sur la jeune fille, sur le label Sunshine de Michael Lang, le promoteur de Woodstock.Les photos utilisées sur les pochettes, quant
à elles, furent prises par Elliot Landy.
Elle est une des influences de Devendra Banhart, CocoRosie ou Joanna Newsom et figure dans le livre "Rock,Pop:un itinéraire Bis en 140 albums essentiels" du rock-critique Philippe Robert .