Dierks Bentley Ces trois dernières années, Dierks Bentley et son groupe ont donné plus de concerts que quiconque. À 20 heures précises, Dierks est monté sur la scène du Memphis Pyramid et a
chanté pendant 30 minutes pour 20000 personnes, venues voir la superstar de la Country Music, Mr George Strait. Puis, ils ont sauté dans le bus et roulé pendant deux heures jusqu’à Oxford,
Mississippi pur donner un mini-concert devant 150 étudiants.
"On passait de la plus grande scène possible au bal de campagne le plus ringard," se souvient Dierks avec amusement. "La rallonge
électrique grillait et l’on n’avait plus de courant pendant 20 minutes."
Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que pour Dierks, ces petits concerts n’étaient pas une corvée, bien au
contraire et le show au Memphis Pyramid n’était pas une fin en soi mais la pièce d’un puzzle bien plus complexe. Il est particulièrement fier d’avoir ouvert les concerts de George Strait et Kenny
Chesney dés ses débuts. Mais les récompenses les plus émouvantes furent de se produire sur les petites scènes avec ses potes de Cross Canadian Ragweed ou dans les festivals country où les fans
faisaient la queue pendant plus de trois heures pour avoir un autographe.
Dierks a habité dans deux villes: Phoenix, Arizona, jusqu’à l’âge de dix ans et Nashville, où il a passé huit années à
devenir la star qu’il est aujourd’hui. La première année de tournées, il a passé plus de 300 jours sur la route, se rendant dans les lieux les plus reculés des États-Unis: Rock Springs, Wyoming,
Elma Washington, Porterfield, Wisconsin et des dizaines de petites villes du Sud.
Pour lui, cela a été le meilleur moyen de découvrir l’Amérique. Quand son chauffeur de bus lui a proposé
d’installer une télé en face de son siège, Dierks a refusé. Le paysage qui défilait devant le pare-brise était pour lui le meilleur spectacle du monde. Dierks a grandi comme la plupart des gamins
américains des années 70, dans un environnement de rock FM et de disco. Bien sûr, il y avait la country qui passait sur l’autoradio de son père. Puis un jour , il entendit Waylon Jennings chanter
la chanson de la série The Dukes of Hazzard ‘Sheriff, fais- moi peur’, et ce fut une véritable révélation. Il se rappelle ‘le rock n’était pas vraiment mon truc. Je n’arrivais pas à chanter comme
David Lee Roth. Et j’ai perdu trois années à écouter et essayer d’imiter de mauvais groupe de chevelus des années 80."
Puis à l’âge de 17 ans, un copain lui apporté un disque d’Hank Williams,
Jr. chantant "Man to Man" un dialogue surréaliste entre un fils et son père mort. "Ce moment a changé toutes mes perspectives. Il y a eu un déclic. C’est la country music que j’aimais."
Il se
mit à composer, cessa de faire des solos distordus et s’entraîna à la guitare rythmique et partit pour Nashville. Et quand les réalités et les difficultés de Music City commençaient à le
décourager, il filait au Station Inn, le bar de Bluegrass le plus réputé de Nashville.
"Je remercie Dieu d’avoir trouvé cet endroit," dit-il. " Le Bluegrass m’a donné toutes mes bases. Je savais
que c’était par cette musique, avec ces gens et dans cet endroit que j’allais commencer à me construire." Et cette construction, elle se faisait chaque mardi soir à écouter les Sidemen et leur
chanteur Terry Eldredge. "Je faisais mien tout ce qu’il faisait," raconte Dierks, qui n’a jamais pris un seul cours de chant. Au lieu de cela, il a suivi tous les conseils d’Eldredge: "Écoute,
fais passer ce que tu entends dans ton coeur, et laisse sortir de ta bouche." Dierks s’est mis à étudier la country music comme s’il était à l’école, s’impregnant des morceaux de Willie Nelson,
Harlan Howard et Mel Tillis. Il s’était fixé comme but de se produire au célèbre Bluebird Cafe avant son vingt-troisième anniversaire et il y est arrivé deux semaines avant la date fatidique. Il
a formé des groupes et a appris en passant de bars en pubs en honky tonks jusqu’au Station Inn. Il a refusé d’aller à la chasse aux producteurs. Au lieu de cela, pour son premier album, il s’est
entouré d’une équipe de grands musiciens de rock du groupe de Jamie Hartford et de bluegrass du groupe de Del McCoury. Son style, mélange de bluegrass traditionnel et de country moderne a tout de
suite plu aux jeunes et Capitol Nashville lui a signé son premier contrat.
Dans le monde de la musique, le meilleur moyen de garder son indépendance est de faire un tube d’entrer de jeu et c’est
ce qui est arrivé à Dierks quand son premier single What Was I Thinkin' est devenu No. 1. Deux autres singles ont suivi ainsi qu’un CMT Flameworthy Award pour son clip vidéo et une nomination à
la CMA en tant que Meilleur Espoir. En plus de l’album, Dierks continua à se produire à travers tout le pays, dans des endroits où aucun autre artiste Country n’avait osé jouer avant lui. Avec
Cross Canadian Ragweed, iI fit le "High Times and Hangovers Tour," une tournée de 35 villes. La route lui prenait tout son temps et une pause de 10 jours fut nécessaire pour préparer le second
album. Dix jours mais aussi dix nuits que Dierks passa dans les studios. Il n’était pas temps de faire des expériences musicales mais temps de faire de la bonne country music. 2008 sera l’année
des tournées internationales, avec notamment cet été un concert qui promet d’être mémorable, celui du plus grand festival de Country Music en Europe, le Country Rendez-Vous Festival de Craponne
sur Arzon en Haute-Loire devant près de 15000 personnes.
Voici la seule interview accordée pour un média Français à ce jour à Londres début 2006 à l'hotel Hilton Islington lors des CMA New From Nashville series. Interview de Dierks Bentley sur
HIGHWAYFM.com.