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 Un opéra insolite de Battistelli à la Cité

Le 16 novembre, le compositeur italien dirigera à Paris son étonnant «Experimentum Mundi» qui met en scène seize artisans, accompagnés par quatre voix de femme, un récitant et des percussions.

Sur Scène | 5 novembre 2007
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Pour son opéra Experimentum Mundi (1981) qui s’installera à la Cité de la Musique à Paris, le 16 novembre, Giorgio Battistelli a choisi des textes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert consacrés aux arts et aux métiers. Le compositeur italien met en scène seize artisans, accompagnés par quatre voix de femme, un récitant et des percussions. Ensemble, ils composent une vaste fresque musicale : avec leurs outils, les gestes de leur travail et les sonorités qu’ils produisent, ces tonneliers, menuisiers, pâtissiers, maçons, forgerons, rémouleurs, tailleurs de pierre et autres cordonniers font revivre des coutumes et des timbres oubliés. Ils interagissent en suivant une trame dramaturgique d’une grande rigueur, tandis que le chœur des femmes chante, crie ou murmure une liste infinie de noms…

Difficile de parler d’œuvre musicale dans le cas de Experimentum Mundi de Giorgio Battistelli. Hormis un percussionniste, le reste de cette fresque sonore consiste en un texte – parfois libre, parfois rythmé – déclamé en français par un acteur reprenant des définitions que propose l’Encyclopédie de Diderot & d’Alembert sur seize corps de métiers anciens mais encore d’actualité : cordonnier, tonnelier, forgeron, menuisier, rémouleur, pâtissier etc. Chacun de ces artisans (la partition exige que ce soient de vrais artisans qui officient : ils sont seize !) exerce, sur scène, son métier en faisant sonner ses instruments de travail : cette symphonie des marteaux mais aussi de bruits plus ténus tels que coquilles d’œuf brisées, entremêlés de quelques voix quasi-incantatoires, offre une heure de fascination sonore, rythmée, foisonnante, avec ses crescendi, ses pianissimos, ses tensions. En quelques sorte l’atelier des Niebelungen en plus convaincant ! Mais le terme de «musique» semble inadapté : parlons plutôt d’une espèce de happening provoquant une sorte de création artistique spontanée donnant naissance à un opéra fait de bruits artisanaux. L’insolite est payant puisque l’ouvrage a été présenté sur les grandes salles de concert internationales.

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