Georges Prêtre dirige le Concert du Nouvel An
Le 1er Janvier 2009 ? Daniel Barenboïm sera au pupitre de la Philharmonie de Vienne pour le Concert du Nouvel An ! C'est ce qu'annoncent les quotidiens autrichiens. En attendant, demain matin ce sera Georges Prêtre qui lèvera la baguette le premier, pour ce show international immanquable.
A 83 ans, Prêtre, qui fut un intime de La Callas, est le premier chef d'orchestre français à avoir cet honneur. Cocorico ! L'orchestre, avec lequel il entretient une fidèle liaison depuis plus de 40 ans, lui fait là un magnifique cadeau.
Nous citons ci-dessous ses réponses au journaliste de l'AFP :
Q: Comment expliquer cette filiation viennoise ?
"C'est une relation de confiance qui a démarré dès ma première prestation au Staatsoper à Vienne, en 1962, à l'appel de Maestro Herbert von Karajan pour diriger "Capriccio" de Richard Strauss. Cet opéra faisant partie du répertoire, il n'y avait pas de véritable répétition avec l'Orchestre philharmonique, mais seulement une +lecture+ de la partition, pendant deux heures, moins une pause de vingt minutes! A la fin, voyant que je faisais grise mine, les délégués de l'orchestre sont venus me voir pour me dire: "Maestro, ne vous faites pas de souci, nous vous avons compris, faites-nous confiance". Je me suis alors senti en famille et, depuis, tout a marché merveilleusement. Et diriger un tel orchestre, après Karl Böhm et Herbert von Karajan, c'est extraordinaire. J'aime le comparer à un pur-sang et, avec lui, je me sens en famille". "Il paraît même que parfois l'on me qualifie de Viennois. Et Vienne m'a même appelé pour y diriger l'Opéra d'Aran de Gilbert Bécaud".
Q: Vous considérez-vous comme un chef "mal-aimé" en France ?
- "C'est un malentendu. La musique est universelle et donc j'ai toujours considéré dans ma vie l'ouverture au monde comme absolument nécessaire. Mais j'ai aussi beaucoup dirigé en France, dès les années 50, à l'Opéra-Comique de Paris, au Palais-Garnier, puis à l'Opéra-Bastille. Et, partout dans le monde, j'ai passionément défendu la musique française, en particulier Francis Poulenc".
- Q: Le concert du Nouvel An à Vienne, une "apothéose" de votre carrière?
"Apothéose ressemble trop à une fin, je dirais plutôt un moment fort, privilégié, comme ceux que j'ai vécus à la Scala de Milan. Au moment de lever la baguette, j'aurai une pensée émue pour Herbert von Karajan, dont nous fêterons en 2008 le centenaire de la naissance".
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